Cet été, j’ai opéré une profonde refonte de mon portefeuille en fonction de notions que j’ai apprises de mon bon ami Pierre-Olivier avec qui je vais régulièrement manger des ailes de poulet. J’ai aussi emprunté le livre « Investir à la bourse et s’enrichir » de Bernard Mooney qui m’a permis d’apprendre d’autres choses faisant de moi un investisseur un peu moins épais.
Je pense toujours être un peu épais dans le domaine et j’ai encore beaucoup de croûtes à manger. Par contre, je suis moins épais que Jean-Guy qui a 25 ou 30 années d’expérience de plus que moi en investissement et qui semble n’investir que dans des entreprises québécoises ordinaires parce qu’il ne sait pas lire en anglais, occultant ainsi les meilleures entreprises du monde.
Toujours à la recherche de la simplification ultime de l’existence, j’ai analysé une bonne cinquantaine de grosses entreprises reconnues comme étant des choix d’investissements intéressants. J’ai cherché les caractéristiques communes des meilleures entreprises et j’ai réalisé que 3 indicateurs précis permettent presque à coup sûr d’identifier une entreprise dans laquelle il serait bon d’investir.
Tout d’abord, le retour sur capitaux propres (ROE ou Return On Equity en anglais) doit être considéré en ne retenant que les entreprises qui obtiennent au moins 18 ou 20%. L’indicateur revient à peu près à dire qu’un shack à patates frites qui a coûté 10 000$ à construire et qui rapporte 20 000$ par année vaut plus cher qu’un shack qui en a coûté 15 000$ et qui rapporte les mêmes profits. C’est peut-être pas tout à fait ça, mais ça ressemble à ça comme concept. Bref, ce que ce ratio permet d'indiquer, c’est la profitabilité d’une entreprise. Peut-être qu’un cave va venir me blaster en me disant que je suis un ignorant-dans-le-champ, comme sur le forum sur la bourse où un gars est venu me dire que mes connaissances à propos de Coke laissaient à désirer parce que je savais pas que Coke possédait Tropicana. Finalement, un autre gars est intervenu pour dire que c’était en fait Pepsi qui possédait Tropicana. Ça fait que j'étais effectivement ignorant, mais au moins, je parlais pas à travers mon chapeau, calisse de tabarnac.
L’endettement est aussi super important. Une compagnie peu endettée n’implique que très peu de risques pour l’actionnaire. Parmi toutes les compagnies que j’ai analysées, aucune de celles ayant une faible dette n’était une mauvaise compagnie. Il en existe peut-être, mais j’en ai pas trouvé et je suis persuadé que c'est très rare. Quand la dette totale d’une entreprise est inférieure à quatre fois les profits annuels, on est presque certain de faire un bon choix, ou à tout le moins, un choix correct. Y’en a pas tant que ça, des entreprises peu endettées. C'est comme des gens en bonne santé financière, c'est rare en tabarouette. Cet indicateur est donc un autre bon critère pour raffiner les recherches.
Finalement, les rachats d’actions. Si une compagnie rachète régulièrement de ses actions, les profits annuels par action augmentent même si les profits restent stables. Ça implique donc automatiquement un accroissement de la valeur des actions. Presque à chaque fois où j’ai analysé une grosse compagnie solide qui rachetait de ses actions, il s’agissait d’une bonne entreprise (excluons Pages Jaunes, mettons). Malheureusement, la pratique est beaucoup moins répandue au Canada qu’aux États-Unis.
Bref, avec un ROE élevé (plus de 18-20%), un faible endettement et des rachats d’action, le risque de faire un mauvais investissement est très faible. C’est possible qu’on paie trop cher pour les actions de la compagnie ainsi choisie, mais on se retrouve quand même avec une très bonne compagnie entre les mains et la quasi-assurance de voir notre placement croître de façon intéressante, si on investit à long terme, bien entendu. Ça garantit pas de choisir les meilleures entreprises de la voie lactée, mais ça garantit certainement de choisir des entreprises nettement meilleures que la moyenne.
C'est ainsi que, cet été, j’ai fait un grand ménage, en fonction de ces critères (et d'autres critères aussi). J’ai vendu mes actions de Pages Jaunes, Transcanada, Cominar et une partie des mes actions de la Banque Scotia et la Banque TD.
J’ai acheté du BMTC, MTY Food Group, Home Capital Group, Hélicoptères Canadiens, Grainger, Apple et Intel. Ça fait beaucoup de changements, mais c’est sans doute pour le mieux. Toutes ces compagnies me semblent solides et en mesure de bien performer.
Voici la répartition de mon portefeuille en date du 1er septembre 2011. Toutes mes compagnies américaines ont un ROE élevé, un faible endettement et procèdent à des rachats d’actions (sauf Apple). Pour ce qui est de mes compagnies canadiennes, le ROE est assez élevé (bien qu’un peu moins que les compagnies américaines en général), l’endettement est faible ou raisonnable et les rachats d’action sont malheureusement inexistants (sauf pour BMTC).
Idéalement, je ne toucherais plus à ces placements pour les 20 ou 30 prochaines années, jusqu'à ce que ça ait une valeur immensément élevée et que je ne sache pas quoi faire avec tout cet argent. J'espère ne pas mourir trop jeune, en ayant tout fait ça pour rien.
Portefeuille canadien (77,9%)
Banque TD: Secteur financier, 17,9%
Banque Scotia: Secteur financier, 16,7%
SNC Lavalin: Génie conseil, 14,4%
Groupe BMTC: Consommation (mobilier), 9,3%
MTY Food Group: Consommation (manger), 8,3%
Home Capital Group: Services financiers, 7,2%
Hélicoptères canadiens: Transports, 4%
Pages Jaunes: Activités préhistoriques, 0,1%
Portefeuille américain (22,1%)
W.W. Grainger: Consommation (construction), 6,6%
Apple: Secteur de l'amour, 6%
Johnson and Johnson: Consommation (santé/propreté), 5,6%
Intel: Technologies, 3,9%