
Une caisse de 24 bières;
Une caisse de 24 bouteilles d'eau;
2 flasques de vodka;
4 litres de jus d'orange;
8 joints;
des Val-Nature au beurre de peanuts;
des pommes;
des noix mélangées;
Du fromage en grain;
Des fèves de mon jardin.
C'était ce qui était dans la glacière pour notre voyage en Gaspésie/Nouveau-Brunswick, Camping Boy et moi.
Premier arrêt: Rimouski. On arrive vers 21h30. On monte la tente à la noirceur, on se fait un fond pis on s'en va sortir dans les bars de Rimouski à la recherche d'un peu de vie. On essaye donc les bars les plus importants de la ville soit: le Pull, le rétro 50, le Rino et le Sens Unique. Le Pull pogne pas mal, c'est une discothèque remplie de jeunes, particulièrement de jeunes cégépiennes venues profiter de la soirée des dames. Au rétro 50, c'est plutôt le bar des 35-50 et ça manque de vie mais l'ambiance est un peu moins fake. Au Rino, y'a pas un chat, c'est juste bon pour aller pissser. Finalement, au Sens Unique, l'ambiance est pas mauvaise mais ça manque un peu de vie. On rencontre quand même trois gars de Causapscal assez sympathiques mais un peu ti-counes qui snifferont des amphétamines et se rouleront un joint live devant nous et devant tout le reste des gens sur la terrasse. Un de ces gars m'a précisé qu'il ne pognait plus de ticket pour pisser dans la rue depuis qu'il habitait à Causapscal alors que ça arrivait fréquemment à Québec, quand il y habitait. J'imagine que ça lui a enlevé toutes ses inhibitions relativement à ce qui ne se fait pas en public. Y s'est pas crossé par exemple. Mais peut-être après qu'on soit partis?
Deuxième arrêt: Caraquet, Nouveau-Brunswick. On roule toute la journée au travers du très ennuyant Nouveau-Brunswick. Les paysages sont pas vraiment beaux, les villages sont ennuyants et déserts. Y'a personne qui marche dans les rues nulle part. En plus, parmi le peu de gens qu'on voit, on dirait qu'ya un trou noir générationnel entre 18 et 50 ans.
Malgré tout, les gens sont super smattes. Tout le monde ou presque est souriant, sympathique et chaleureux. C'est particulièrement perceptible chez les filles qui sont nettement plus sympathiques qu'à Québec ou à Montréal et ça compense presque pour le fait qu'elles s'appellent presque toutes Lison, Denise, Louise ou Ginette, même si elles ont moins de 40 ans (incroyable).
On avait choisi Caraquet comme destination à cause du festival acadien qui était supposément le plus gros festival de toute l'Acadie. Mais, à notre arrivée là-bas, on est amèrement déçu. Les rues sont vides, y'a pas vraiment de sites majeurs ou d'indications nous laissant comprendre que c'est à tel endroit que ça se passe. Ça a l'air d'un petit festival mineur avec des scènes de très petite taille. Bref, le Festivent de St-Jean-Chrysostôme a l'air au moins 5 fois plus big que ça. Ça fait que, qu'est-ce qu'on fait?
On essaie de se trouver un bar pour boire et rencontrer des indigènes. Malheureusement, on apprend qu'au Nouveau-Brunswick (ou en Acadie, à tout le moins) les bars commencent à se remplir vers minuit et demi ou une heure du matin alors que ça ferme une heure plus tard, soit vers 2h du matin. C'est complètement débile. Les gens sortent pour une heure!?! Pis nous, on va rien faire pendant toute notre soirée en attendant qu'y soit 1h?
Ça fait qu'avant d'aller au bar La Chaloupe qui est supposément l'endroit le plus in de Caraquet, on va virailler jusqu'à Tracadie-Sheila (ville natale de Wilfred Lebouthiller) en espérant que quelque chose s'y passe. Camping Boy se fait dire par un gars du Dooly's de Tracadie-Sheila que c'est vraiment plus à Caraquet que ça se passe.
Ça fait qu'on y retourne pour attendre l'ouverture de la Chaloupe en allant bretter dans un autre bar qui s'appelle le Rafiot (thématique maritime locale) en buvant un pichet et en échangeant un peu avec des gens de la place. On fume aussi 4 joints ce soir là et on se rend compte qu'on est toujours pas des champions en la matière. Ça nous buzz pas assez pour qu'on ait l'impression d'avoir respiré le tout convenablement. Je développe une technique qui consiste à me boucher le nez et à aspirer le joint comme une paille. Ça manque d'élégance mais c'est assez efficace.
Après quelques heures au Rafiot, on traverse à la Chaloupe qui est finalement ouverte et le bar est rempli de pitounes et de gars à calotte. Mais y'est tard et je suis assez fatigué. J'en reviens toujours pas qu'une aussi grande quantité de gens se déplacent uniquement pour une heure. L'ambiance est bonne mais je suis pas un grand amateur de discothèques, surtout quand je suis fatigué, ça fait que j'ai de la misère à en profiter au maximum. Camping Boy trippe un peu plus que moi.
On peut pas se permettre de rien faire de nos journées et d'attendre 1h du matin pour un peu d'action. Ça fait que le lendemain, on aura pas le choix: va falloir retourner au Québec.
Ça fait que le lendemain, on se dirige vers la Gaspésie du Sud, soit Carleton, petit village deux fois moins populeux que Caraquet mais avec au moins dix fois plus d'action durant son festival Maximum Blues.
Camping Boy et moi, on adore Carleton. C'est un super bel endroit et les gens sont encore là tous super smattes, probablement autant qu'au Nouveau-Brunswick, mais avec un dialecte plus proche du nôtre et des prénoms plus acceptables pour des gens n'étant pas retraités.
On commence à se faire un fond à partir de 16h ou 16h30 en allant se chercher de la vodka à la SAQ. On fume aussi nos quatre joints restants sur une période de 2 ou 3 heures en espérant maximiser l'effet et terminer notre périple avec un grand punch. On se promène dans le village pendant quelques heures, on arrête à la microbrasserie pour boire un verre.
On va aussi se promener dans le coin "Woodstock" du village. L'endroit situé aux abords du festival et du fleuve consiste en un camping de fortune où plein de gens vont se stationner et monter leur tente (ou dormir dans leur campeur) sur un terrain non-payant. C'est un peu le coin des Hippies qui ont un econoline, qui ont les cheveux gras et qui fument du pot en bédaine et pissent dans le fossé sur le bord du chemin. On rencontre quelques néo-brunswickois, toujours aussi smattes, mais particulièrement ti-counes. Parmi ceux-là, un gars a un tatou du Nouveau-Brunswick sur la bédaine et un piercing sur un mamelon. Ses chums sont aussi en bédaine et sont assez tatoués. On établit le contact pour leur demander où passer la soirée. Je dis au propriétaire du tatou que ce dernier est super cool et qu'un de mes amis voudrait s'en faire un semblable mais avec la province du Québec. Ça fait qu'il est probablement flatté et me laisse le photographier. Ouin, pis ça a l'air de rien, mais le mamelon percé tombe presque exactement à l'endroit où serait situé le rocher percé si on continuait à dessiner la carte du Canada.
Jusque là, y s'est pas passé grand chose. On a parlé avec peut-être une dizaine de personnes depuis le début du voyage. On a fumé nos 8 joints, on a bu pas mal de bières pis de la vodka-jus d'orange. Mais y s'est rien passé de mémorable.
Ça prendrait un punch pour terminer le périple...