
La ligne en rouge, c'est approximativement le trajet parcouru au cours des deux dernières journées. Environ 1600 km de route, de 9h a 21h à chaque jour. Ayoye. Ce fut pénible. Même si c'est devenu un peu plate à la longue, je ne le regrette pas parce que je pourrai dire que j'ai fait le tour du pays, donc vu une bonne partie des paysages de l'île.
C'est hallucinant à quel point y'a personne qui habite en Islande. On s'en rend vraiment compte en faisant le tour de l'île. En dehors de Reykjavik et de sa banlieue, y'a RIEN nulle part. Grosso modo, je dirais que si on exclue les très rares centres urbains, on a dû croiser 50 ou 100 autos pendant le tour de l'ile. Y'avait vraiment personne. Les villes et villages indiqués sur la carte sont pour la plupart habités par 500 ou 2000 personnes. Ça fait qu'on a très vite fait le tour et qu'on ne prend pas vraiment une grande bouffée de civilisation à chaque fois. En fait, la deuxieme plus grosse ville d'Islande apres Reykjavik et ses banlieues, c'est Akureyri au nord avec 17 000 habitants. Le reste, c'est que des villages de 2000 habitants ou moins. Donc, si on fait un accident en auto et qu'on est mettons dans le Nord-Est du pays, ben ça se peut qu'on passe la journée ou la semaine dans le fossé avant que quelqu'un ne nous y découvre, ce qui nous laisse amplement le temps de mourir de froid. Bref, le pays dans sa quasi-totalité me semble un endroit idéal pour disparaitre sans laisser de traces.
Voici donc quelques clichés de ce très long périple de 1600 km. Je dois dire que si on avait rebroussé chemin après le lac de Jokularson (un peu a l'est du parc Skaftafell), on aurait pas manqué grand chose. Mais ça, on le savait pas et comme on était presque à mi-chemin du tour de l'ile, on s'est dit: aussi bien continuer et revenir par route différente.
Départ de Reykjavik et côte sud du paysAprès un départ un peu déprimant sous la neige, on a finalement rejoint la côte sud de l'île où le décor est devenu vert et super beau. En gros, à notre droite, c'était l'océan tandis qu'à notre gauche, c'était une montage/colline qui s'étirait pendant très longtemps (100 km peut-être?). Plusieurs très jolies chutes tombaient de cette montagne. On a fait un arrêt à deux de ces chutes pour prendre des photos. J'avais spotté la chute de Skogafoss sur Internet avant de partir et j'ai été bien content de pouvoir m'y arrêter. Je suis même monté jusqu'en haut, par un petit sentier assez difficile pour avoir droit à un autre point de vue. Ça ne valait pas vraiment la peine selon moi. La chute était plus belle d'en face que d'en haut. J'ai préféré la première chute visitée (dont le nom m'échappe).
Première chute:

Deuxième chute (Skogafoss). Le sentier que j'ai grimpé pour accéder au haut de la chute est situé à droite, sur la colline.

Du haut des chutes Skogafoss.
VikUn peu plus loin vers l'est, on est arrivés à beau petit village montagneux. La vue était superbe lorsqu'on y est arrivés. Dans l'océan, sur la droite, on pouvait voir un espèce de massif constitué de 5-6 pica. Le soleil venait de sortir après 3 jours de mauvais temps alors on se considérait choyés, surtout du fait que Vik est supposément l'endroit le plus pluvieux d'Islande. Sur la photo, on peut voir le massif au centre de la photo, à travers la brume.
Parc Skaftafell / Glacier VatnajokullC'est quoi un glacier? Une grosse montagne de neige? Quand on regarde la carte de l'Islande, on voit un gros motton blanc à la droite du pays. Eh bien c'est le glacier Vatnajokull qui occupe 8% du territoire (en regardant la carte, on dirait plutôt 15 ou 20% du territoire). Le glacier est renfermé a l'intérieur du pays par une chaîne de montagnes. Ça fait que généralement, on ne voit pas le glacier de la route mais plutôt des montagnes toutes blanches. Il y a toutefois quelques exceptions, entre autres au parc Skaftafell où on a pu voir une langue du glacier sortir au travers des montagnes (ça doit représenter 0,01% ou moins de tout le glacier, bref c'est insignifiant). Pour avoir une vraie bonne idée de l'ampleur de la chose, faudrait prendre l'avion ou l'hélicoptère.

Et plus tard, on a visité le
Lac Jokularson, espèce de réservoir naturel dans lequel des icebergs du glacier se détachent et se jettent à la mer. C'est incroyable comme décor et comme couleurs. Un espèce de bleu vif qualifié de couleur "windshield washer" par Aimepé. L'endroit a servi de décor pour quelques films dont Batman Begins, A view to a kill (yeah, Duran Duran) et Tomb Raider.

Après caAprès ça, c'était pas mal le calme plat pendant un sacré bout de temps. On a fait de la route sur la côte est. Bien sûr, c'était beau, mais après tout ce qu'on venait de voir, c'était pas mal moins marquant. Bref, on ne s'exclamait plus comme deux fillettes. Voici tout de même une photo prise sur la côte est.
EgilsstadirOn s'est rendus à Egilsstadir pour dormir. Pour ce faire, on a emprunté la route la plus dangereuse que j'ai prise de ma vie. On avait le choix entre un chemin asphalté de 120 km ou un raccourci sur la gravelle de 60 km. Comme j'étais pas mal écoeuré de conduire, j'ai préféré prendre le raccourci. Ce que je ne savais pas, c'est que la route s'est mise à monter, très à pic et avec des courbes très prononcées. Pour ajouter 10 degrés de difficulté, j'avais le soleil dans la face et la route était parfois trop étroite pour que deux voitures se rencontrent. Ça fait que c'était stressant en maudit. Honnêtement, je pense que c'est la meilleure route pour se tuer que j'ai empruntée dans ma vie. Dommage qu'on n'ait pas de photo des pentes abruptes en courbe. On était un peu trop stressés pour penser à ça.
Enfin, après toutes ces émotions, on est arrivés à Egilsstadir, ville de 2000 habitants située au centre-est de l'ile. C'est la ville la plus populeuse du coin. Malgré ce statut de capitale régionale, y'avait rien. On s'est pris un hôtel dans une genre de vieille ferme réaménagée. Ça avait bien du bon sens mais y'avait rien d'intéressant à manger autour. Ça fait que j'ai mangé un milk shake pour souper.
MardiMardi matin, on s'est levés d'assez bonne heure pour poursuivre notre chemin dans le but de revenir a Reykjavik en soirée. On a poursuivi au nord-est du pays. En fait, pas tout à fait au nord-est parce qu'on a coupé un peu au centre des terres avec la route 1 (route principale du pays) afin d'éviter 5 heures de route supplémentaire pour se rendre nulle part, juste pour le trip de voir l'océan arctique (ça aurait quand même été cool, mais avec tant de route derrière et devant moi, je me sentais un peu moins curieux). Si on s'etait rendus à la pointe nord-est de l'ile, on aurait frôlé le cercle polaire arctique. On aurait été à moins de 5 ou 10 km de cette zone. Mais quand même, j'estime qu'on s'est rendus à 100 ou 150 km du cercle polaire, ce qui est quand même très bien.
DettifossOn voulait visiter Dettifoss, les chutes les plus puissantes d'Europe. Malheureusement,le chemin était fermé. J'imagine que la route n'était pas praticable avant le mois de mai ou peut-être même juin.
Myvatn et les environsJe ne fondais pas beaucoup d'espoir sur cette région mais je me suis trompé. Le petit parc Namafjall était complètement débile avec ses marmites de boue en ébullition, ses tas de terre fumants qui puaient la marde (précision: ça sentait exactement ce que sent une bombe puante) et qui boucanaient incroyablement fort en faisant beaucoup de bruit. Ça sentait les oeufs pourris/la bombe puante à des centaines de mètres. Incroyable.
Le cratère VitiLe guide du routard nous suggérait fortement plusieurs endroits dans le coin du lac Myvatn. On a essayé le cratère Viti dans lequel se trouvait un lac. C'était beau mais pas aussi exceptionnel qu'escompté. En fait, il faisait très très frette là-haut et il ventait comme rarement, ça fait que même quelque chose d'exceptionnel nous aurait laissé un peu indifférents avec une température comme ça. Je me suis aventuré un peu autour du cratère mais je trouvais ça dangereux avec les bourrasques de 200 km/h qui soufflaient.
Voici une photo de quelques cratères qui agrémentaient le paysage plus loin. Ces cratères n'étaient pas aussi profonds que celui de Viti, mais je trouvais l'image meilleure.
AkureyriLa route s'est poursuivie longtemps jusqu'à Akureyri, deuxième plus grosse ville du pays et probablement le point le plus au nord où nous sommes arrêtés (pour manger une pizza dans le parking du Domino's de la ville). Notre visite s'est arrêtée là. En fait, on a parcouru quelques rues, mais y'avait pas grand chose à voir. La ville était par contre très belle à l'arrivée. La route 1 était située sur le flanc d'une montagne faisant face au flanc d'une autre montagne sur laquelle était construite Akureyri.

Et on a fait 4 heures de route pour revenir à Reykjavik pour 21h environ. J'étais claqué et j'avais mal aux épaules, mais j'avais fait le tour de l'Islande.