Dans mon ancienne job, j'avais été identifié en 2 ou 3 jours par un nouveau collègue qui lisait mon blog. Suite à ça, je me suis dit que j'allais toujours faire attention à l'avenir.
J'avais l'intention de faire attention dans le contexte de ma nouvelle job. Mais là, je me rends compte que j'ai deux employés nuisibles qui sont assez bien partis pour me faire chier. Pis comme ces employés à problème sont tolérés par l'organisation, je vois pas comment ce texte ne pourrait pas être toléré s'il venait à être connu.
J'en ai un qui arrive à 10h le matin, qui défonce toujours les échéanciers, qui n'a aucune méthode de travail. Ma job sera consacrée en bonne partie à repasser sur tout ce qu'il fait et à le suivre pas à pas dans ses dossiers pour m'assurer qu'il fait pas trop de marde. Aussi, ce gars parle en une heure d'un sujet qui se résumerait en 5 minutes. Quand il part, on peut à peu près pas l'arrêter. Un paquet de détails inutiles. Si on lui demande où il veut en venir, il répond: "Un instant, j'y arrive". Alors on ferme notre gueule en se disant que ça va venir. Mais non, ça prend encore 10 minutes. On intervient à nouveau pis là, il finit par aboutir. Mais ça a pris 20 minutes avant d'en arriver là. Et comme on l'a appris au primaire, l'introduction représente 10% d'un texte, le développement 80% et la conclusion 10%. Ça fait que si l'introduction prend 20 minutes, ben le développement est long en siboire. Quand il sort de mon bureau, c'est comme si j'avais mangé 8 Big Macs: j'ai juste le goût de piquer un somme.
J'en ai un autre qui a une attitude de marde. Je lui demandais s'il pouvait me fournir des documents sur ses dossiers en cours et il me répondait sur un ton plus ou moins sympathique d'aller fouiller sur le serveur pour trouver ses trucs... alors que A-j'ai aucune idée du nom de ses dossiers en cours et B-je sais pas comment les documents sont classés sur le serveur.
En pleine réunion de suivi de dossiers, il me disait qu'il allait faire une analyse sur Powerpoint. J'étais pas d'accord parce que Powerpoint, c'est pas fait pour faire des analyses, c'est fait pour RÉSUMER des analyses en vue d'une présentation orale. La discussion a eu l'air de ça:
Moi: Je suis pas vraiment d'accord avec l'utilisation de Powerpoint, ça donne des résumés d'analyse, avec des points de forme. Je trouve que ça fait pas vraiment professionnel...
Lui: Ça donne rien de trop écrire. Les gens lisent plus.
Moi: C'est pas parce que les gens travaillent tout croche qui faut faire comme eux autres...
Lui: Ça, c'est TA PERCEPTION, pis d'ailleurs, va falloir que ça change.
QUOI?
J'étais chef d'équipe de ce type pis je me faisais parler comme ça?
J'ai pas réagi si mal que ça sur le coup, mais j'ai parti un débat sur l'utilité de l'écriture et c'était peut-être pas la meilleure chose à faire. En gros, j'ai dit que je comprenais pas l'utilité de niveler vers le bas. Il m'a répondu que c'était une tendance mondiale de moins lire et que les documents qui n'en finissaient plus ne servaient qu'à s'empiler sans jamais servir. Mon point, c'était pas de faire des documents de 100 pages mais juste de faire de quoi de professionnel (calvaire, les étudiants universitaires pis mêmes les étudiants du cégep remettent même pas de travaux sur Powerpoint, je vois pas comment ça peut être accepté sur le marché du travail). Ça fait que j'ai rajouté que si je le comprenais bien, l'écriture était vouée à disparaitre pis qu'on allait bientôt communiquer sous forme de dessins.
La discussion a continué encore quelques minutes pis ça s'est terminé de façon assez sèche.
Je suis parti de là en beau TABARNAC. Pendant la soirée, pis même pendant la nuit, j'ai repensé à ça. Je me suis demandé ce que L'Art de la guerre me suggérerait comme réaction optimale dans une situation semblable.
Je pouvais pas laisser passer ça. Ça fait que le lendemain, j'ai rencontré le type en question seul à seul et je lui ai dit que j'accepterais pas qu'il me reparle sur ce ton là et encore moins en réunion. Il a tenu son bout, m'a dit que j'avais perçu ça comme une attaque mais que c'en était pas une parce que lui et les autres gars de l'équipe se parlaient supposément régulièrement comme ça. Bizarre, moi en 9 ans de carrière, personne m'a jamais parlé comme ça.
Il m'a même dit à un moment donné: "Si ça se reproduit, qu'est-ce que tu vas faire?"
J'étais à nouveau en calisse. À cause de la réplique pis à cause de la beauté du syndicalisme. Ce type le savait: je pouvais pas rien faire. À part le stooler à mon boss, mettre des notes à son dossier pis le tabletter. Ce qui revient à perdre un poste en le laissant occupé par une personne à qui on ne donne aucun dossier mais qu'on ne peut mettre à la porte...