jeudi 24 novembre 2011

Monsieur Lazhar

Une partie appréciable de ma vie est consacrée à la fréquentation de l'autocar des chûtes, matin et soir. Et puis, les jeudis soirs, ça m'arrive de me rendre au cinéma des chûtes pour profiter des films à 5 piastres. Lorsque je m'y rends par soirée hivernale, je prends garde aux plaques de glace pour ne pas faire de chute. Et quand le film débute, je me tais afin d'éviter qu'on me crie "Chut".

J'espère que vous avez bien ri avec ces abus lexicaux parce qu'à partir de maintenant, on rit plus, on pleure.

Synopsis
: Dans une école de Montréal, une professeure se pend dans sa salle de classe. Deux élèves la voient au travers de la fenêtre, les pieds au-dessus du vide, ce qui contribue probablement à la diffusion de l'information détaillée chez les autres élèves. Dans les jours qui suivent, un immigrant Algérien se propose comme remplaçant et obtient le poste après avoir mentionné qu'il adorait les enfants. Traînant avec lui son propre drame familial, il essaiera de comprendre ce qui a pu causer ce suicide.

Critique: Sachant que le film avait été réalisé par Philippe Falardeau, fils de feu Pierre, je m'attendais à un film avec des sous-entendus politiques tendancieux. J'ai été agréablement surpris de m'être entré le doigt dans l'oeil jusqu'au biceps. (MISE À JOUR: NE VÉRIFIANT PAS MES SOURCES AVANT D'AVANCER QUOI QUE CE SOIT, ÇA M'ARRIVE D'ÉCRIRE DES CONNERIES ALLANT DE "CONNERIE MINEURE" À "SUPERBE CONNERIE". CE LIEN DE PARENTÉ INEXISTANT EST PROBABLEMENT DE NIVEAU "CONNERIE MAJESTUEUSE". MERCI À MES SOURCES POUR CONTRIBUER À CONSOLIDER MON STATUT DE MÉDIOCRE SOURCE D'INFORMATION). Le film n'a rien de politique, enfin presque rien, à part deux scènes devant la commission de l'immigration du Canada. Grosso modo, le film traite de la réaction de l'école au complet face au suicide surprise d'une prof sur son lieu d'enseignement. On a le point de vue de presque tout le monde: la Directrice, les profs, les élèves... Et tout le monde est dépassé par ce qui s'est passé. Y'a pas de méchant, ou presque pas. Pas de tension, de violence, et presque pas d'histoire d'amour. Bref, ça dérive peu du sujet principal. Le film est aussi ponctué d'humour, ce qui fait en sorte que l'histoire pourrait être qualifiée de comédie dramatique.

Ça peut peut-être ressembler un peu à la Société des poètes disparus. Y'a pas de ressemblance frappante entre les deux films, mais les histoires se croisent un peu.

Les deux jeunes acteurs qui jouent les élèves principaux sont super bons. Il y a une scène-punch très marquante avec le jeune garçon qui est vraiment écoeurante. En fait, dans les 10-15 dernières minutes du film, il y a un super crescendo d'émotions qui aurait bien pu me faire brailler comme une fillette si ça s'était poursuivi 2 minutes de plus.

Somme toute, un très bon film que tous devraient voir. J'avais lu les critiques sur www.cinoche.com et le film m'attirait pas plus que ça. Possiblement que mon résumé n'est pas si vendeur que ça non plus. Mais c'est vraiment bon. Je suis sûr qu'une gang d'ados réussirait à rire dans les bouts dramatiques, juste pour avoir l'air hot. Mais s'ils s'y rendaient seuls plutôt qu'accompagnés, ils riraient pas pantoute pis peut-être même qu'ils pleureraient en silence sans jamais l'avouer de peur d'être victime d'intimidation pour cause de réaction de tapette.

Note finale: Au moins 8 bayous sur 10.

4 commentaires:

Philippe Rancourt a dit…

Philippe Falardeau n'a aucun lien de parenté avec le défunt Pierre Falardeau...

Le Voyou du Bayou a dit…

C'est vrai. Je viens de faire la vérification pis j'ai fait une mise à jour dans le texte.

Philippe Rancourt a dit…

Ta mise à jour m'a bien fait rire... à l'image de l'ensemble de ton blogue qui est très bon.

letapage.com a dit…

Je suis allé voir le film quelques jours après la lecture de ta critique. 8 bayous sur 10, je n'avais pas le choix de visionner le truc. Je seconde ton évaluation. Merci bien Voyou du Bayou.