J'ai principalement appris à connaître le fleuve.
Quand on est à Québec ou à Montréal, le fleuve est pas très large. Quand on est un peu plus en retrait et que les deux rives sont plus éloignées, le fleuve offre beaucoup plus de contrastes, notamment au niveau des marées.
Lorsque la marée est basse, le fleuve recule de peut-être 500 mètres parce que la déclinaison du fleuve est très faible (dans le coin de notre chalet en tout cas). L'année passée, on a traversé le fleuve avec un sonar sur la chaloupe et j'ai pu voir à quel point le fleuve était peu creux jusqu'au chenal (espace navigable pour les gros paquebots et délimité par une bouée verte du côté sud du fleuve et une bouée rouge au nord). Grosso modo, pendant au moins un kilomètres, la profondeur variait entre 6 et 12 pieds. Puis, arrivé au chenal (large de seulement 100 ou 200 mètres à certains endroits), la profondeur se met à croitre drastiquement, jusqu'à 80 ou 100 pieds. Impossible de réaliser ça sans sonar. On a juste l'impression que le fleuve est une grosse flaque d'eau. Mais si ça se vidait, on verrait qu'il y a une étroite crevasse au milieu du fleuve et que le reste est une légère pente qu'on peut gravir sans difficultés.
La marée haute est idéale pour se promener en kayak ou en bateau de par sa proximité mais aussi de par le courant qui est de beaucoup inférieur à celui de la marée basse. Si j'ai bien compris le principe, à marée basse, le courant du fleuve est réparti sur une plus petite surface, ce qui implique un courant augmenté.
Quand on regarde le fleuve sur une carte, ça a l'air assez droit. Pourtant, sur une carte détaillée, on voit que le fleuve est pas mal croche. Pire, le chenal est très étroit et encore plus croche que le fleuve. Ce qui revient à dire que le fleuve est très inégalement creux et qu'un bateau qui remonte ou descend le fleuve doit naviguer tout croche pour éviter de toucher le fond. J'imagine que le trajet prend au moins deux fois le temps impliqué par un voyage en ligne droite. C'est impressionnant de voir qu'un bateau doit avoir à virer de presque 90 degrés pour poursuivre sa trajectoire dans le chenal. L'optimisation a pas sa place sur le fleuve. En tout cas, pas l'optimisation des distances.
Qu'est-ce qu'un charognard et qu'est-ce qu'un oiseau de proie? Probablement que les chasseurs sont au courant, mais la plupart des gens pourront vivre jusqu'à 80 ans sans savoir la différence et surtout, sans la voir. J'ai appris cette année que, grosso modo, un oiseau charognard c'est très laid et qu'un oiseau de proie a une allure plus noble.
Les charognards, comme l'urubu, se nourrissent de poissons (ou autres animaux) morts échoués sur le rivage alors que les oiseaux de proie préfèrent la nourriture fraiche, ce qui leur confère une allure beaucoup plus saine.
Je pensais que l'aigle à tête blanche était presque disparu de la surface terrestre, mais, comble de la surprise, y'en a aux abords du fleuve, dans Lotbinière. Cette fin de semaine, j'en ai vu un planer au-dessus du chalet. Il ne battait à peu près pas des ailes et avait une envergure qu'on ne pouvait pas confondre avec celle d'un corbeau. C'était clairement un oiseau de proie qui vole très haut afin de pouvoir voir tout ce qui peut être mangé dans les environs.
On pense aussi avoir vu un aigle à tête brune sur le rivage il y a quelques semaines. Il avait l'air d'attendre quelque chose. On voyait ses grosses serres, plus grosses et beaucoup plus massives qu'une main d'adulte. C'est vraiment impressionnant à voir quand on ne connait que les colibris, les corneilles, les canards et les mouettes qui tournent autour des fast foods. C'est le genre d'oiseaux qu'on ne pourra jamais voir dans un endroit moindrement urbanisé.
J'aime beaucoup le fleuve. Sa grandeur, sa tranquillité occasionnelle, le bruit sourd des gros bateaux de marchandises qui arrivent de je sais pas trop quel pays et qui nous passent dans la face à chaque jour, ses couchers et levers de soleil qui s'étirent sur une plus longue période qu'en ville et qui sont nettement plus spectaculaires. Je me levais justement à 5h30 pour faire pipi en fin de semaine et je me disais que ça aurait valu la peine de prendre une photo. Malheureusement, à 5h30 du matin, c'est difficile d'être vraiment déterminé. Ça fait que j'ai remis ça à mon prochain pipi matinal.
Enfin, quoiqu'il en soit, la campagne, autour du fleuve, c'est un environnement complètement différent de ce qu'on est habitué de voir et dans lequel c'est impossible, ou presque, de développer un ulcère ou un cancer. Combiné à une poignée quotidienne de fruits des champs remplis d'anti-oxydants, on a la recette gagnante pour une longue existence heureuse.
3 commentaires:
le chenal est croche parce qu'il faut suivre les courants de fonds pour que le chenal ne se remplisse pas ou ne se modifie pas trop vite...
du moins c'est ce qu'on m'a dit!
Moi j'ai vu à Découverte que le fait d'avoir creusé le lit du fleuve pour faire un chenal va nous occasionner des problèmes à la longue parce que l'eau coule trop vite vers la mer. ??!!
Pour avoir naviguer souvent sur le fleuve avec notre motoryatch, il nous était essentiel de bien suivre les bouées, sinon nos palmes tournaient dans le sable. C'est bizarre qu'en plein milieu du fleuve, il n'y ai que 2 pieds d'eau à certains endroits. Mon mari me laissait toujours les commandes et allait fumer le cigare en bas. J'étais donc toute seule en haut avec mon chapeau de capitaine , partageant l'espace restreint avec des bateaux de marine marchande. Les gars étaient très impressionnés. On m'envoyait des becs et des tatas.
Avis à ceux qui veulent le faire: Allez suivre le cours de navigation de 6 mois que j'ai suivi, très important.
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