jeudi 28 avril 2011

Le manger islandais

C'est ici que se termine cette série d'articles sur l'Islande ayant suscité tant d'engouement et de frénésie.

Pour terminer, pourquoi pas parler de gastronomie? Ici en Islande, la température est fortement instable. Par contre, la bouffe est assez stable dans le domaine du mauvais. Je ne me considère pas capricieux sur la qualité de la bouffe quand je mange quelque chose de standard, mais ici, franchement, soit que la bouffe goûte rien, soit que ça a un petit goût tannant.

Premier exemple, le buffet du matin à l'hôtel (photo). Je me suis levé à chaque matin un peu déprimé d'aller y manger. Y'a pas vraiment de choix (tranches de tomates, tranches de concombres, tranches d'oranges plus ou moins belles, espèce de melon miel qui goûte pas grand chose, viandes froides qui goûtent rien et de toute façon, me semble que des viandes froides, on mange pas ça au déjeuner, etc...) Les céréales pis le yogourt goûtent rien aussi. C'est super déprimant.

Je travaille avec un français qui dit que la bouffe est super sucrée en Amérique. Il a peut-être raison et j'ai essayé de garder ça en tête pour éviter de faire preuve d'ethnocentrisme. Malgré tout, je vois vraiment pas comme un extraterrestre pourrait préférer cette bouffe à ce qu'on a au Québec, au Canada, en Amérique du Nord.

Il y a plus d'un an, un ami m'avait parlé du kiosque à hot-dogs de Reykjavik "Baejarins beztu" (aucune idée comment ça se prononce, en fait, ici, y'a plein de lettres qui se prononcent pas comme en français ou en anglais) qui était réputé pour être un des meilleurs endroits au monde pour manger un chien-chaud. Bill Clinton et James Hetfield y étaient allés. Un journal anglais avait déclaré que l'endroit était le meilleur dans toute l'Europe pour ce type de nourriture. Je m'étais donc promis d'arrêter y faire un tour. C'est vraiment minuscule cet endroit là, c'est un petit kiosque de 2 mètres par 2 mètres environ.

Ce soir là, j'avais pas mal faim. J'ai donc pris 2 hot-dogs. C'était pas particulièrement cher considérant la réputation du kiosque (environ 2,50$ canadiens par hot-dog). Le look était bizarre: des gros hot-dogs avec un coulis brun et un autre coulis mystérieux. Bon, tant mieux me suis-je dit, ca va rendre l'expérience encore plus exotique. Ça fait que j'ai croqué à belles dents dans mon premier hot-dog pis j'ai essayé de focusser sur mes émotions. C'était moyen. Pis plus j'en mangeais, moins je trouvais ça bon. En fait, c'était ordinaire. Mettons que j'aurais accordé une note de 5 sur 10. La saucisse était croustillante par endroits (ce que je trouve dégueulasse) et les sauces étaient pas mauvaises, mais ça fittait avec mon idée d'un bon hot-dog. J'ai essayé d'aimer ça, je le jure. J'avais faim aussi et dans ce temps là, nos critères baissent. Ben après deux bouchées de mon deuxième hot-dog, je l'ai jeté aux vidanges. J'imagine que c'est un sacrilège en Islande de faire ça parce que la file au kiosque était toujours assez substantielle lorsqu'on passait devant.

Pour le reste, on a pratiquement toujours été déçus de ce qu'on a mangé. Chez Bonus (épicerie économique locale semblable à un Maxi mais avec moins de choix), je me suis acheté des petits morceaux de chocolat avec du riz. J'étais certain que c'était exactement comme la barre de chocolat Crunch (qui est excellente). Ben non, y'avait de la réglisse noire dans les morceaux de chocolat. Ça faisait une couple de fois qu'on mangeait des trucs qui contenaient des mauvaises surprises. Comme les croissants du Bonus qui contenaient du jambon pis une espèce de fromage alors qu'on pensait que c'était des croissants standards. On en est venus à privilégier les marques américaines et les produits standardisés et emballés commercialement (palette de chocolat islandaise).

Qu'est-ce qu'on a acheté ou mangé à part ça? Eh bien ici, le trio hamburger-frites-liqueur est pas mal à l'honneur partout. On dirait qu'on est aux États-Unis. Pendant le congé de Pâques, les seuls endroits ouverts avaient l'air de n'offrir que ce type de fast food. Pas de troubles une fois de temps en temps, mais on ne voyait que ça partout où on allait. Et puis les burgers étaient un autre bon exemple de "petit goût tannant". Pas mauvais au début, mais un petit quelque chose de gossant vient qu'à ressortir.

Un soir, on s'est payé de la bouffe thaï dans un resto et c'était bien bon. En fait, à Quebec, on aurait trouvé ça bon, mais ici, avec la succession de déceptions culinaires, on a trouvé ça excellent. Le yogourt "Skyr" (marque locale) nous a un peu écoeuré au début mais j'y ai pris goût et m'en suis racheté 2-3 fois. Finalement c'était pas mauvais (ceux à la vanille en tout cas). Le yogourt est plus ferme et moins sucré qu'au Québec.

Pour les prix de la bouffe, j'imagine que le taux de change avantageux (à cause du fait que l'Islande est un des pays les plus endettés au monde) nous donne une chance. À Reykjavik, ça a bien de l'allure. Je trouve ça comparable à Québec, si on s'en tient aux épiceries économiques et aux restos standards. En dehors de Reykjavik par exemple, les prix peuvent exploser. Par exemple, le soir où on a couché à Egilsstadir, à l'autre bout de l'ile, un trio hamburger coûtait environ 12$ soit le double du prix de Reykjavik. Pis l'image donnait vraiment pas faim. Ça avait l'air d'avoir été cuisiné avec de la bouffe avariée. C'est d'ailleurs ce soir là que j'ai soupé avec un milk-shake au sirop de bananes. Quel savoureux souvenir.

Bon, ça fait que j'espère que vous vous serez à nouveau extasié devant cette chronique qui fut la dernière de ce périple au nord du globe.

En gros, ce qu'il faut retenir, c'est que la bouffe est pas très bonne en Islande, que la température est déprimante en avril mais que les paysages sont incroyables et que tout le monde devrait voir des marmites de boue et des jets de vapeur au milieu d'un volcan semi-actif au moins une fois dans sa vie... En fait, les paysages valent autant la peine que les phénomènes géologiques.

La vie est courte pis j'imagine que ce sera le fun d'avoir des souvenirs spéciaux comme ça sur mon lit de mort.

5 commentaires:

Blanco a dit…

Je pense que t'es difficile et que tu es trop habitué à manger gras, sucré et salé, comme un bon Québécois. Et la bière islandaise? Et les Islandaises?

Pur bonheur a dit…

Ouais, assez spécial comme destination voyage. J'y pensais hier. Je me disais que tu avais le choix d'aller où tu voulais. Tu as juste fait comme Robert Plant finalement.
Rock on.
Pis tes hot-dogs là, burk.

Isablabla a dit…

Moi je te trouve pas assez difficile... tabouère que ça a l'air dégueux!!! Pis c'est pas peu dire d'une fille qui passes des mois à Cuba dans des 2 étoiles et qui trouve son compte assez pour ne pas perdre une livre!!!!!!!

En tous cas, au moins les paysages ont valu le déplacement!

MoonLady a dit…

... Mmmmmmm pas super appétissant les hot dogs ... :S

Le Voyou du Bayou a dit…

Blanco: Ben moi je pense que tu devrais aller faire un tour en Islande et me relater tes moments de régal pour qu'on compare notre score. La bière islandaise, j'en ai juste bu une sorte (la Viking) pis c'était pas pire mais pas particulièrement spécial. Les Islandaises, y'en avait quelques unes très hots, genre des Cameron Diaz, mais en général, c'était comparable aux filles de Québec (soit une assez bonne moyenne, mais pas la fin du monde).

Pur Bonheur: Robert Plant est allé où était le cash pour faire un show! Moi c'était touristique, pas commercial...

Isablabla: Ben c'était pas si pire, comparé à la Chine mettons où les gens mangent toutes sortes d'écoeuranteries. En Islande, la bouffe était comme au Québec mais en moins bonne.

Moonlady: Non mais leur réputation l'était!