vendredi 28 janvier 2011

L'apprentissage de la semaine ou la beauté du syndicalisme, deuxième partie

Dans un contexte où certains employés sont hostiles et/ou incompétents et nuisibles pour l'organisation, c'est toujours bon de connaître nos recours.

Cette semaine, j'ai appris que c'était possible de mettre un employé dehors. La démarche est simple:
  1. Avertissement oral;
  2. Avertissement écrit avec copie aux ressources humaines;
  3. 1 journée de suspension;
  4. 2 journées de suspension;
  5. 5 journées de suspension;
  6. 10 journées de suspension;
  7. Congédiement.
Wow, on a de la pogne. Pour qu'une personne se fasse calisser dehors en contexte syndiqué (en tout cas, dans mon contexte syndiqué), faut vraiment qu'elle soit débile mentale ou qu'elle veuille tester le système au maximum en faisant une genre de mission suicide.

Ça fait que j'ai compris qu'une personne se faisant congédier ne devrait attirer la sympathie de personne, parce qu'il faut que le dossier soit en béton armé et que la personne soit dangereuse pour l'humanité au complet pour qu'un gestionnaire puisse vouloir aller jusqu'au bout du processus.

Au baseball, t'es retiré après 3 prises, chez nous, ça prend 7 prises.

7 commentaires:

Cacawet a dit…

Fait comment de temps que t'es boss ?
Pis tu pense deja a en callisé un dehors, ton idée est deja faite...
C'est pour ça que ces regles la existe...
Je dit pas qu'il le mérite pas, mais toi, t'as pas fait tes devoirs !

Le Voyou du Bayou a dit…

Mon idée est pas faite. C'est qu'il y a un assez long historique derrière certaines personnes et quand je mentionnais que selon moi, on avait pas de "pogne" sur les mauvais employés, je me suis fait répondre qu'on pouvait faire de quoi en suivant ces 7 étapes. Mon texte visait pas à évoquer ma frustration de pas pouvoir passer à l'action mais plutôt la lourdeur du processus.

Une fille a dit…

Ark! Estie que j'haïs ça les syndicats! C'est d'la marde!

Isablabla a dit…

Attention, j'arrive de vacances et je suis en feu...

Moi je respecte beaucoup les luttes qu'ont mené les syndicats à une certaine époque et qui ont eu pour résultat de nous offrir un code du travail et des normes du travail respectables pour tous les travailleurs, autant les employés de l'état que les travailleurs du privé.

J'admets que les énormes centrales syndicales d'aujourd'hui jouent un rôle un peu trop politique, mais à coup de décrets et de Lois spéciales, on peut pas faire de miracles...

Faire la grève pendant 2 ans et revenir travailler la tête entre les 2 jambes (Journal de Montréal) ou revenir avec une amende de 10000$ par tête de pipe (la FIIQ il y a 7-8 ans), c'est pas encourageant...

Voir ta shop fermer pour ouvrir à Pakistanville non plus...

Il y a beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) dont le cordon du coeur traînent dans la marde, qui veulent tout avoir après 2 mois à l'emploi, qui sont surdiplômés mais qui savent rien faire dans le concret, qui entre autres ne connaissent pas l'Histoire du syndicalisme au Québec et qui se permettent de cracher sur les syndicats en répétant ce que leur père disait à table en mangeant du spagath meat ball..."les UNIONS c'est juste là pour protéger les lâches pis faire du cash", ça m'écoeure ben raide!

S'il y a une gradation dans les mesures disciplinaires qui donnent 7 chances à un employé fautif, c'est parce que ça arrive aussi que des employeurs verreux et mal intentionnés se mettent sur le dos d'une personne pour sweet fuck all raison... et que les autres employés, soulagés de ne pas être la cible dudit patron, en rajoutent une couche... Diviser pour mieux régner, ça marche encore aujourd'hui...Machiavel en serait fier! Les 7 étapes donnent une chance à l'employé de se retourner et de réagir... C'est un peu comme dans le criminel où l'on applique l'habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum...

Quand j'étais vp de l'exécutif syndical d'une section locale de 750 employés... on a eu des cas de membres qui jouaient avec le feu en étant vraiment dans le tort et qu'on a fini par faire mettre dehors parce qu'ils ne s'amendaient pas... Pendant les 5 années où j'ai été en poste, j'ai été partie prenante du congédiement d'au moins 6 ou 7 employés parce que ceux-ci le méritaient... Moi je dis que tout n'est pas noir ou blanc... Les syndicats ont leur place...Pis en règle générale, les gens travaillent fort et ne cherchent pas la merde. Pis mon idée à moi, c'est comment ça se fait que les entreprises où il y présence de syndicats embauchent des pareils sans-génie??? Quand tu trouvent une job dans la fonction publique, tu as une période d'essai, de probation, etc... si les boss faisaient leur job comme du monde au départ, ils déceleraient les totons et pourraient les remercier dès le début...

À suivre...

Isablabla a dit…

...suite et fin....


Quand un employé est réellement incompétent, ce n'est pas si long de monter un dossier solide qui résistera au grief (qui doit être fait d'emblée, soit dit en passant pour des raisons que je n'énumérerai pas ici) et à l'arbitrage si tel est le cas. Parfois, quelques semaines, mois suffisent.

Je suis allée étudier en Europe la façon Française de faire du syndicalisme et je pense que pour une société comme la nôtre (pas trop de colonne en général parce que beaucoup de confort), la méthode est bonne. Je connais pas grands québécois qui sont prêts à tout lâcher chaque fois qu'une compagnie est en conflit. On entend assez souvent la maudite phrase suivante : "on est des pauvres otages du conflit"... quand les autobus sont arrêtées, quand les garderies sont fermées, quand les hôpitaux débordent et qu'on marche sous la Loi des services essentiels... on est loin d'être tous dans la rue, les poings levés pour paralyser le système et soutenir la cause... comme le font les Français depuis toujours...

Et je suis certaine que personne ne savait que pendant les grèves qui perdurent, comme celle de Vidéotron, quand le Fonds de grève est épuisé, les autres membres de la centrale peuvent verser (s'ils le désirent) une partie de leur salaire pour aider à soutenir leurs compatriotes... Pendant le conflit de Vidéotron, les employés de l'Hydro versaient 10% de leur masse salariale pour soutenir les employés lock-outés. C'est pas beau ça?? Moi, ça me touche!

(Pat, tu peux effacer la moitié du message... encore une fois, mon impulsivité a gagné!)

Isablabla a dit…

Encore moi:

Ça fait que j'ai rajouté que si je le comprenais bien, l'écriture était vouée à disparaitre pis qu'on allait bientôt communiquer sous forme de dessins.


Asti que je t'aime!

Le Voyou du Bayou a dit…

Isa: Je suis d'accord avec toi et je pense que certains mauvais employeurs en profiteraient s'il n'y avait pas de syndicat. Seulement, moi je suis confronté à l'autre opposé: du monde pas vraiment productif et pas ouverts à s'améliorer qui trainent un long historique derrière eux. Je suis quand même d'accord avec toi pour dire que la majorité fait pas de marde. Mais une minorité nuisible est beaucoup plus tolérée en milieu syndiqué qu'en milieu non-syndiqué. En tout cas, ça me fait chier, parce que du monde intelligent et débrouillard qui se cherchent une job, y'en a assez pis pendant ce temps là, certains ostis de pas bons occupent des postes qui feraient l'affaire de bien des gens.