lundi 30 août 2010

Souvenirs d'été

Ce matin, je me suis levé à reculons pour retourner travailler à reculons. Fuck, c'était déjà la rentrée, le retour du trafic le matin et le soir, les autobus avec plus de monde, les réveils à la noirceur pour prendre l'autobus à la noirceur. Et ainsi de suite jusqu'au mal de vivre.

Mais c'est toujours la même chose à chaque année. J'aurais rien de nouveau à ajouter. Donc, outre le fait qu'on m'a appris des choses vraiment songées aujourd'hui, comme: "toute bonne chose à une fin", j'ai le goût, pendant que je m'en rappelle encore, de revenir sur les moments plus spéciaux de mon été.

Ce sont des histoires de camping:

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Avec Camping Boy (nom fictif), je suis d'abord allé faire du camping en Gaspésie. On a commencé par un arrêt à Rimouski où on a passé la soirée à se promener sur la rue St-Germain (là où ça se passe) à essayer tous les bars fréquentables 2 ou 3 fois chacun pour être certains de ne pas passer à côté de quelque chose. Avant d'entrer dans chacun de ces bars, on s'est caché des bières dans les poches ou au niveau de l'entre-jambe pour entrer (on avait une caisse de 24 à passer en 2-3 jours). Bien entendu, ce n'est pas digne de la conduite de deux garçons dans la trentaine, mais agir dignement consiste parfois à agir de façon ennuyeuse. Nous, on a trouvé ça économique, drôle et très stimulant (Camping Boy voulait rentrer 3 ou 4 bières dans un bar, ce qui est vraiment un beau défi quand on est en culottes courtes et en T-Shirt). Mentionnons qu'on s'est fait carter tous les deux au bar le Pull, ce qui ne m'était pas arrivé depuis peut-être 10 ans. C'est d'ailleurs encore plus drôle du fait que le gars qui m'a carté devait justement avoir 10 ans de moins que moi.

À Carleton, on a passé au moins 5 ou 6 heures à se promener dans le centre-ville (ou plutôt le centre-village) en tournant en rond sans arrêt à la recherche d'un endroit avec de l'action. Tous les bars ont été vides jusqu'à 22h environ ça fait que le temps était long. Heureusement, on avait de la boisson en masse dans l'auto. Ça servait à se faire un fond en attendant qu'il se passe quelque chose à quelque part. J'avais aussi emmené le Spice (pot légal) que j'avais acheté chez Echologik sur la rue St-Jean l'été dernier. C'était le moment approprié pour fumer ces épices sentant le manger à poisson avant qu'elles ne perdent leurs propriétés psychotropes à jamais.

Pendant qu'on meublait notre temps à marcher en rond, on est tombés sur un coin un peu plus hippie. Un gars mangeait son homard debout à l'arrière de son Westfalia et ça m'a semblé être le type de personne à posséder du papier à rouler, élément essentiel qui nous manquait. Ça fait qu'on est allés le voir pour lui demander s'il pouvait nous aider. Le gars avait l'air d'un osti de peddler ou d'un jos connaissant (deux synonymes, j'imagine). Instantanément, je ne l'ai pas aimé. Il nous a dit qu'il venait de Campbelton, ville vraiment laide et plate du Nouveau-Brunswick qu'on avait visitée en après-midi dans le but de pratiquer le dialecte local (chiac), vivre une expérience sociologique et manger dans un casse-croûte (on n'a trouvé AUCUN casse-croûte malgré le fait qu'on regardait partout attentivement). Le gars de Campbelton avait l'air fier de venir de là. Quand je lui ai dit qu'on avait visité sa ville dans la journée, il a dit : "Belle ville hein!?" et j'ai pas pu m'empêcher d'en rajouter en disant que c'était écoeurant comme endroit, qu'il y avait de la vie au bout et plein de casse-croûtes. Le gars acquiescait à tout ce que je disais. Je le détestais encore plus.

Quand je lui ai demandé s'il pouvait nous aider à rouler notre joint étant donné notre manque total d'expérience en la matière, il nous a dit qu'il pouvait nous vendre du pot lui aussi. Camping Boy s'est informé des prix et lui a remis 15$ pour avoir de quoi agrémenter notre soirée. Comme mon Spice m'avait coûté 15$ environ, on se retrouvait avec 30$ de stock pour deux non initiés, ce qui était substantiel. Le gars nous a remis un bon petit paquet de pot dans du Scott Towell et on s'est dirigés vers l'auto de Camping Boy pour essayer de rouler tout ça. Ça nous a donné 8 ou 9 joints (incluant un joint de Spice). Je pensais qu'on allait en fumer un ou deux et s'en tenir à ça mais Camping Boy m'a dit qu'il voulait tout fumer ce soir là. Je trouvais ça un peu abusif pour deux débutants de fumer autant en une seule soirée mais je me suis dit que j'allais slaquer si j'étais trop affecté. On s'est donc rendus dans un endroit tranquille, en arrière de la cour municipale (excellent choix d'endroit) pour fumer tout ça. On en a arraché un peu au début.

Probablement que les 3 premiers joints ont été gâchés par incompréhension de la méthode optimale pour inhaler de la fumée. Lorsque j'ai dit à Camping Boy que je commencais à avoir la gorge qui brûle, il m'a dit que ce n'était pas son cas. Je lui ai dit qu'il fallait que ça fasse un peu mal pour que ça gèle et il m'a dit "Ah ouin! Maudit, ça veut dire que j'ai gaspillé les trois premiers joints!".

À un moment donné, je me suis mis à avoir la mâchoire pas mal molle. Ça devait faire effet (le Spice n'a pas vraiment fait effet par contre, je pense). Camping Boy avait l'air de ne pas ressentir grand-chose. On était quand même très fiers d'avoir fumé 8 joints tous les deux en une seule soirée.

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Au Lac St-Jean, j'ai fait du camping avec Aimepé, à Metabetchouan, directement sur le bord du Lac. Ce camping, comme la plupart des autres au Québec j'imagine, était majoritairement peuplé de baby boomers propriétaires de tentes roulottes et winnebagos. J'ai beaucoup discuté et réfléchi là-dessus cet été. Je pense que les gens de ma génération partagent mon incompréhension là-dessus. Comment des gens peuvent-ils investir 50 000$ sur un gros winnebago, partir pendant 4-5 mois pour se stationner dans un camping, faire brancher Bell Express Vu, se bâtir un patio et une verrière et vivre exactement comme ils le font chez eux? J'ai vu un gars scier une planche pour rénover son patio, ce qui m'a fait comprendre qu'il avait lui-même construit le patio à côté de sa roulotte. J'ai réalisé que ces habitants de camping prenaient leur lieu de résidence temporaire très à coeur et ça m'a un peu shaké.



À Rimouski comme au Lac St-Jean, je voyais plein de gens dans leur roulotte à 20h-21h en train de jouer aux cartes ou à écouter la télé. Ces gens là paient 35-40$ par nuit dans les campings. J'ai pas calculé le retour sur investissement, mais si une chambre d'hôtel coûte 100$ par nuit, j'ai l'impression qu'en tenant compte du coût d'acquisition du winnebago, de la location de terrain, de l'essence, des assurances et des réparations, le winnebago devient rentable en 15 ou 20 ans, soit l'espérance de vie de ses détenteurs. Je peux comprendre que des gens puissent vouloir s'établir sur le bord du Lac St-Jean pendant une longue période, mais sur le bord de l'autoroute ou dans un boisé ordinaire, je trouve ça assez débile. C'est un drôle de mode de vie. Je ne comprends pas comment des gens puissent vouloir vivre entassés dans un winnebago et, pire, entassés au travers d'autres winnebagos habités par des ti-counes, recréant ainsi un village artificiel de ti-counes.

En plus, Aimepé a entendu au moins un gars, sinon deux, se crosser dans la douche voisine pendant qu'elle se lavait. C'est rien pour donner envie de fréquenter des endroits communautaires comme ceux-là. Et moi qui suis déjà dédaigneux de nature, je ne m'aventurerai plus jamais dans une douche publique sans mes sandales.

Mis à part cette réflexion sur la faune habituelle des campings, à Desbiens, soit tout près de l'entrée du Lac St-Jean, on est allés au Trou de la fée, dans une caverne naturelle profonde de 42 mètres où les chauve-souris hibernent (la caverne est déserte pendant l'été). C'était très très cool. L'endroit est un peu dangereux et assez peu aménagé (les roches de la grotte sont parfois très glissantes, on porte un casque mais on se cogne la tête facilement, il faut faire très attention où on met ses mains et ses pieds pour ne pas se péter la gueule, les personnes avec un léger surplus de poids pourraient rester pris à au moins un endroit...) mais c'est ce qui en fait une activité spéciale et excitante. Si c'était trop facile, la visite serait beaucoup plus courte et l'expérience moins mémorable. Il y a 96% d'humidité dans cette grotte là et ça parait! Je recommande cet endroit à tous, sauf aux grosses madames pas en forme qui resteront prises entre deux roches et mourront probablement de faim ou aux personnes âgées qui pourraient se casser un os facilement (il faut être assez souple à certains endroits pour suivre le chemin).

On a aussi essayé le labyrinthe de blé d'inde à Lac-à-la-croix et c'était assez cheap. Le labyrinthe n'est pas très bien entretenu. En fait, ce n'est pas vraiment un labyrinthe mais plutôt un itinéraire dans le blé d'inde pour s'instruire à propos de l'agriculture au Québec. Il y a aussi deux expositions ennuyantes qu'on peut visiter en payant le forfait de 11$. Je ne recommande cette activité qu'aux gens qui ont des enfants en bas âge qui pourraient être impressionnés en entrant pour la première fois de leur vie dans un champ de blé d'inde. Les adultes qui ne l'ont jamais fait ne seront sans doute pas impressionnés parce que le labyrinthe n'est pas compact, pas très étendu et que les épouvantails disposés un peu partout ont l'air d'avoir été bricolés par des enfants du primaire à qui on a donné une grosse boite remplie de linge des années 70 et 80 pour vêtir leurs créations.

Bref, allez ailleurs et achetez-vous une grosse boîte de bleuets dans le chocolat des pères Trappistes pour à peu près le même prix.

Ce ne furent pas de grosses vacances, mais ce fut simple et apprécié.

vendredi 27 août 2010

Le début de la garderie

Comme je suis nostalgique du temps qui passe, du méconium et du nombril pas tombé de mon bébé naissant! Tout ça est maintenant du passé et je repenserai sans doute à ces moments pour le restant de mon existence en voyant mon bébé grandir. On n'oublie jamais la consistance du premier caca concentré de son enfant.

Comme j'aimerais que mon bébé reste un petit être qui ne fait rien et ne sert à rien! Mais la vie est cruelle et rend les parents de plus en plus inutiles au fil du temps. Aujourd'hui, mon inutilité croît d'un bon coup. En ce jour des 11 mois de bébé, c'est l'entrée à la garderie.

Je me suis donc levé à 7h20, ai fait déjeuner bébé, l'ai habillé et emmené jusqu'à la garderie avec sa grosse boite de couches et quelques trucs personnels comme du tempra, de la crème pour les fesses et autres menus articles.

J'arrive à la garderie. Les deux enfants de la gardienne sont là ainsi qu'un autre petit bonhomme de 2 ans. Aussitôt arrivé, tout le monde m'entoure. Les deux enfants de la gardienne se garrochent sur la boite de couches et vident son contenu comme des pilleurs. J'ai l'impression qu'ils vont ouvrir les sacs de plastique dans lesquels sont renfermées les couches pour éparpiller le contenu partout dans la maison. La mère/gardienne ne dit rien mais finit éventuellement par prendre possession du stock.

C'est la troisième ou quatrième fois que je vois la gardienne et ses enfants. Je peux maintenant qualifier assez justement le petit gars de petit maudit et la petite fille de petite calisse. À ces âges, c'est certain que le savoir-vivre manque de fini mais j'aurais pensé que les enfants de gardiennes avaient une longueur d'avance sur les autres enfants à ce niveau. Pourtant, ça semble être exactement le contraire dans ce cas-ci. En tout cas, l'autre petit gars de 2 ans était pas mal moins envahissant.

Bien vite, la petite fille s'empare de mon sac à couches et décide d'en ouvrir toutes les poches pour le vider. Je m'occupe de la rappeler à l'ordre d'une façon assez autoritaire (puisque la mère ne fait rien). Elle prend ensuite un biberon vide de mon bébé et décide de l'ouvrir. C'est encore moi qui la rappelle à l'ordre avant que sa mère ne lui enlève des mains.

Pas longtemps après, les enfants de la gardienne s'en vont en bas pour chercher un bac de jouets pour que bébé puisse s'occuper (faut que je leur donne ça, ils veulent quand même que bébé ait du fun). Ils lui sacrent le panier de jouets presque dessus. La petite calisse lui met un hochet directement dans la face en insistant. Bébé se met à pleurer devant tant d'insistance. La mère/gardienne ne dit toujours rien. C'est moi qui la rappelle encore une fois à l'ordre en étant de plus en plus ferme. Comme elle ne laisse pas un pouce de bulle à mon bébé et le fait brailler en lui étampant un hochet directement dans la face, je lui prends le bras assez fermement pour lui indiquer de ne pas faire ça et de laisser bébé prendre les choses qu'il veut prendre au lieu de lui imposer. Bref, je ne me suis pas gêné.

Un peu plus tard, la petite calisse prend une main de bébé qui est en train de se grimper sur un mur pour lui insérer un jouet dans la main. Évidemment, bébé se met encore à chigner un peu, parce que lui, tout ce qu'il veut, c'est faire ses petites affaires en paix. J'interviens encore parce qu'il semble que la petite calisse ne semble pas réaliser que mon bébé est occupé à essayer de monter à quelque part et que s'il prend un hochet qu'elle lui impose, il va sacrer le camp par terre.

Tout ça s'est passé en 15-20 minutes environ. Rien ne s'est fait de façon progressive tout comme par les rencontres passées. À chaque fois où ils m'ont vu, seul ou avec le bébé, les deux enfants m'ont toujours bombardé de questions ou de requêtes "Mets le par terre" (dit au moins 20 fois lors de la première rencontre) "C'est à qui?" (demandé 10 fois à propos des couches que j'emmenais ce matin) et ainsi de suite. Ça peut être cute pendant les 5 premières minutes, mais quand l'enfant demande toujours la même chose sans sembler écouter notre réponse, c'est un peu moins drôle.

D'ailleurs, ce qui me tanne le plus là-dedans, c'est le manque de discipline de la mère. Si je voyais mon garçon tanner les autres enfants, particulièrement les bébés de moins d'un an, c'est certain que j'hausserais le ton avec lui. Jamais je ne tolèrerais que mon flot prenne la suce ou le biberon d'un autre enfant et se le mette dans la bouche comme cette mère/gardienne le tolère (ou n'est pas assez attentive pour le voir) ou encore que mon enfant rentre dans la bulle d'un autre enfant et le fasse pleurer à répétition. Encore plus lorsque les parents de l'enfant sont là.

Malgré tout, ça ne s'est pas trop mal passé. Bébé semblait d'assez bonne humeur ce matin et a même fait des sourires à la gardienne. Il s'est laissé prendre sans trop de difficulté, ce qui est assez rare. Je suis reparti de là après environ 30 minutes en me disant qu'à l'avenir, j'allais devoir faire attention à mes réactions avec la petite calisse. J'ai été assez autoritaire sans dépasser les limites, mais je pense que j'aurais pas pu aller beaucoup plus loin sans créer de malaise avec la mère.

C'était donc là le récit de la première journée de mon garçon à la garderie. Texte important à relire par ce dernier lorsqu'il désirera en apprendre davantage sur les grandes étapes de sa vie.

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En allant chercher bébé après dîner, je l'ai entendu grogner avant d'arriver devant la porte d'entrée. Une fois dans la maison, je l'ai vu marcher à 4 pattes en grognant-chignant. C'était probablement pas la plus belle matinée de sa vie.

mercredi 25 août 2010

Le chemin parcouru

Je reviens d'une nuit de camping à Rimouski. Le fait de retourner là-bas à cette période de l'année m'a fait penser au chemin parcouru au cours des trois dernières années, soit depuis l'époque où j'ai arrêté de me rendre régulièrement à Rimouski.

J'aime beaucoup Rimouski. J'aurais aimé être engagé chez Telus en 2001 mais ça n'a pas eu lieu et je me suis retrouvé à Terrebonne, dans un environnement beaucoup moins à mon goût. Hormis cette expérience avortée, j'associe aussi Rimouski à mon vécu sentimental. Ce serait dur de faire autrement.

J'ai repensé aux bons et moins bons moments et notamment au fait que je m'étais fait dire que je n'aimais pas la vie et que j'étais très dur avec les gens.

Est-ce qu'on pourrait encore dire ça de moi aujourd'hui?

Pour ce qui est d'être dur (ou très dur), récemment, quelqu'un m'a dit que je jugeais beaucoup les gens. Ça m'a fait comprendre qu'à ce niveau là, je n'avais probablement pas changé. Je ne pense pas avoir fait beaucoup d'efforts pour changer non plus. Je vois tout de même du positif dans ce trait négatif en ce sens que je n'hésite jamais à laisser en dehors de ma vie des gens qui seraient acceptés puis rejetés par d'autres personnes. Mais je suis conscient que je suis plus dur et tranché que la moyenne et je gagnerais à me rapprocher un peu plus du milieu.

Pour ce qui est d'aimer la vie, je ne pense pas que c'était exact à l'époque et ça l'est probablement encore moins aujourd'hui. On pourrait dire que le fait d'avoir un bébé y est pour quelque chose mais selon moi, pas tant que ça. Juste le fait de m'être fait dire ça, j'ai été assez fessé pour me conditionner à agir de façon à me prouver à moi-même et (un peu) aux autres que ce n'est pas le cas. Je pense donc avoir légèrement changé ma façon de voir les choses. Ce n'est certainement pas un revirement spectaculaire mais assurément une amélioration sensible.

Toujours pour ce qui est de ma vision de la vie, je mets partiellement la faute sur "The Wall" de Pink Floyd et "Pornography" de The Cure, deux albums qui m'ont beaucoup marqué et qui sont très darks. Je me rappelle des froides soirées d'automne ou d'hiver de mon nouveau célibat où je revenais du chalet de mes parents en écoutant Pornography et en regardant les champs déserts sous le froid vent de novembre. C'est devenu ça ma vision de la vie. Les grands artistes n'aiment peut-être pas la vie, mais ils écrivent d'excellentes chansons. Alors, ça peut quand même être constructif de ne pas aimer la vie, à ce compte là.

Enfin, ce n'est pas de la déresponsabilisation facile attribuée aux musiciens rock, c'est plutôt d'attribuer à autrui l'énonciation claire d'une philosophie qui me parait applicable et juste. Il parait que l'album "Songs in the key of life" de Stevie Wonder est un excellent disque de pièces positives et intelligentes (ce qui est rare). Malheureusement, la musique du disque est un peu kétaine ce qui ne me donne pas le goût de laisser une chance aux paroles.

Mon chemin de Compostelle a joué un petit rôle également dans mon appréciation de la vie. Il m'a suffit de marcher 3 semaines sous la pluie, fréquenter des dortoirs, des douches et des toilettes communes avec des gens de toute origine pour réapprendre à apprécier ma petite vie qui n'avait plus vraiment de saveur. Je devrai repartir lorsque j'en serai retourné là à nouveau. J'ai au moins compris ça.

Même s'il ne s'est pas opéré une transformation profonde de ma personne au cours des trois dernières années, je n'ai jamais oublié ce qui m'a été dit. C'est une des très rares remises en question d'envergure de mon récent passé. Ce fut la première fois de ma vie où mon attitude générale face à la vie a eu un impact sur une relation et je ne veux plus jamais qu'on me dise que je n'aime pas la vie.

Il me reste le point de l'intransigeance à travailler. Ça risque d'être dur, d'abord parce que je vis assez bien avec ce trait de caractère et ensuite, parce que ça me semble plus inné qu'acquis. Peut-être est-ce une mission impossible...

lundi 23 août 2010

Les parents de la réforme

Aujourd'hui, à la radio, on annonçait que les enfants de la réforme (ceux qui n'ont connu que le système réformé) entraient maintenant au cégep. Bref, c'était la première batch de cégépiens n'ayant connu que le nouveau système.

Ça avait pas l'air drôle: l'animateur et sa collaboratrice disaient que les profs devaient craindre le pire devant la venue d'une horde d'imbéciles qui ne connaissent rien.

Je n'ai pas côtoyé beaucoup de jeunes passés par la réforme et je n'ai pas trop lu ou discuté là-dessus, mais la plupart des gens semblent s'entendre pour dire que ça fait dur. De toute façon, quand on me dit que la vie ou une de ses sous-parties est de la marde, je suis généralement d'accord d'emblée. J'adhère donc à cette théorie sans hésitation.

L'animateur et sa collaboratrice ont dit qu'à peu près la seule force des enfants de la réforme était de savoir chercher l'information. Ça compensait partiellement pour le fait que ces jeunes ne savaient pas grand chose.

En entendant ça, j'ai repensé à Daniel, cet ex-collègue avec qui, je l'admets, j'ai fait preuve de rudesse psychologique à de nombreuses reprises. Bon, j'avais pas le choix: moi quand on me répond toujours des niaiseries et qu'on semble ne rien remettre en question, je trouve que ça mérite une bonne décharge électrique verbale (pas du style: "Maudit criss que t'es épais" mais plutôt "Voyons donc sti, quessé tu dis là?")

Chaque diner était l'occasion de sonder la Fosse des Mariannes de ses connaissances générales. Un bon midi, j'avais choisi de discuter de géographie. Il m'avait dit que la population du Canada était de 100 000 habitants ou de 2 milliards. Je sais plus trop. En tout cas, c'était très très loin de 30-35 millions. Ça fait qu'afin de décortiquer la question, je lui avais demandé quelle était la plus grande ville Canadienne selon lui. Il m'avait répondu "Vancouver ou Ontario".

Lorsque je lui avais annoncé que la réponse était ni A ni B mais plutôt C, il m'a dit que ce n'était pas important de savoir ça. Quand on peut trouver la réponse sur Internet, ça ne sert à rien de connaitre ce genre d'information.

Je lui ai demandé ce qui était important dans la vie à ce compte là. Puisque tout est sur Internet, ça revient à dire qu'aucune connaissance n'est importante et qu'on n'a besoin de ne rien savoir.

C'était ça l'osti de problème avec Daniel: il posait toujours des jugements drastiques épais auxquels on pouvait répliquer instantanément quelque chose qui le bouchait.

Puisque ses enfants étaient probablement tous des enfants de la réforme, je me suis demandé s'il avait pris le pli et était devenu un "parent de la réforme". Sinon, peut-être que l'immensité de son ignorance a trouvé un appui de taille en la philosophie de la réforme.

dimanche 22 août 2010

Une supposée recette de bulles géantes

Bonjour amateurs de blogs en déclin. J'écoute présentement la chanson "All Night Long" de Lionel Ritchie et voici le récit d'une activité festive plutôt bien liée à l'écoute de cette chanson et des cris de joie qu'on entend en trame de fond, vers la fin de la pièce.

Une recette qui contient de la glycérine, c'est automatiquement hot. Tous ceux qui ont écouté le moindrement de films de guerre ou de science-fiction pensent automatiquement à la nitro-glycérine, ce puissant explosif qui permet de tuer des Viet-Congs, des Nazis, des Aliens, des Prédateurs et pas mal n'importe quoi d'autre, finalement. En tout cas, peut-être que la fascination n'est pas partagée autant que je ne le crois, mais pour moi, glycérine et nitro-glycérine sont synonyme de coup d'éclat. Et c'est encore plus marquant lorsqu'une recette destinée aux enfants requiert cet ingrédient.

Bref, quand j'avais lu la recette pour faire des bulles géantes et que j'avais vu les ingrédients plus variés que l'habituel sceau rempli d'eau et de savon à vaisselle, je me suis dit que ça devait donner des bulles mutantes qui ne pètent jamais.

Hier, c'était le party de famille annuel au chalet de mes parents et je me suis dit que c'était l'occasion idéale pour essayer la recette. Ça allait épater tout le monde, surtout les enfants de 0 à 10 ans. De plus, l'immensité de l'espace allait faire en sorte que des millions de bulles allaient s'envoler vers le bas du Fleuve, la Gaspésie et le golfe du St-Laurent. Peut-être même Terre-Neuve et le Groenland. J'avais de grandes espérances.

Malheureusement, je ne sais pas si c'est moi qui ai mal appliqué la recette (j'ai pourtant acheté tout ce qui était recommandé, bon ok, on avait de l'eau déminéralisée et non de l'eau distillée, mais ça doit être pratiquement la même chose?) et mon savon à vaisselle n'était pas du Dawn mais bien du Palmolive. J'avais quand même l'ingrédient secret qu'on ne voit jamais nulle part et qui devrait selon toute logique faire la différence (glycérine).

Pourtant, jamais de ma vie je n'ai eu un aussi faible ratio de bulles réussies. Même à l'âge de 10 ans, dans mon bain, en frottant un savon dans ma main et en formant un cercle avec mon pouce et mon index, j'avais un taux de succès beaucoup plus élevé. Pour ajouter l'insulte à l'injure, aucune de mes bulles n'a été géante. Une des plus grosses se retrouve sur cette photo. C'était à peu près de la grosseur de la tête de Thomas.

De plus, j'ai accéléré le processus d'affaissement et de mort de mes plans de tomates en enlevant deux tuteurs pour me servir de bâtons pour l'engin inefficace à bulles. Quelle crisse de marde. Ça m'apprendra à lire des sites de mères de famille et à y trouver mes idées d'activités.

JE NE SUIS PAS UNE MÈRE DE FAMILLE MALGRÉ LES APPARENCES JE NE SUIS PAS UNE MÈRE DE FAMILLE MALGRÉ LES APPARENCES JE NE SUIS PAS UNE MÈRE DE FAMILLE MALGRÉ LES APPARENCES JE NE SUIS PAS UNE MÈRE DE FAMILLE MALGRÉ LES APPARENCES JE NE SUIS PAS UNE MÈRE DE FAMILLE MALGRÉ LES APPARENCES.

lundi 16 août 2010

Quatre films récents loués, écoutés et critiqués en prenant bien soin de dévoiler le plus de punchs possible

1- Paranormal Activity (2007):

Synopsis: Un couple constitué de deux imbéciles a des problèmes avec un démon qui hante la femme du couple depuis que cette dernière a 8 ans. Le mâle décide d'utiliser sa caméra personnelle pour filmer ce qui se passe dans la chambre et dans le corridor qui mène à la chambre à chaque nuit. Le démon se sentant de plus en plus à l'aise au fil du temps, ses manifestations se font de plus en plus inquiétante. De simples bruits étouffés, ce seront bientôt des ombres qui passeront devant la porte, puis des bruits de pas, des lumières ouvertes dans le corridor, l'agrippement pur et simple de la femme pour la sortir du lit, la mordre, la posséder et la pousser à tuer son conjoint lors de la nuit finale.

Critique: Au début du film, ça ne parait pas que le couple est constitué de deux imbéciles. Mais à force de voir le gars filmer toutes les scènes banales de la vie quotidienne, comme les brossages de dents de sa blonde, on en vient à le trouver assez épais. Mais c'est surtout devant leur réaction par rapport aux manifestations de plus en plus inquiétantes du démon qu'on en vient à les trouver vraiment caves et à considérer qu'ils méritent ce qui leur arrive. Comment une personne sensée peut-elle s'endormir tous les soirs dans la même pièce en sachant que quelque chose de plus épeurant que la nuit précédente va se produire? Comme une personne sensée peut-elle vouloir rester à cet endroit même si le démon va supposément les suivre où qu'ils soient? Comment une personne avec un minimum d'intelligence peut-elle descendre au rez-de-chaussée et laisser les lumières fermées après avoir entendu des bruits très inquiétants la poussant à aller voir ce qui se passe? Et finalement, comment ça se fait que le gars prend toujours la peine de ramasser sa caméra sur le bureau de sa chambre à chaque fois que quelque chose de terrifiant se produit? Bon, c'est certain que si ces traits d'intelligence minimum étaient respectés, le film serait beaucoup moins épeurant. Mentionnons finalement que le film est bien entendu très inspiré de "Blair Witch Project" avec le concept de caméra à l'épaule et de menace invisible qu'on ne voit jamais. Malgré tous les points négatifs, il y a un bon suspense dans ce film et chaque nouvelle nuit filmée est inquiétante à regarder.

Cote: 7 bayous sur 10.

2- Les 7 jours du Talion (2010)

Synopsis: Un médecin dont la jeune fille a été violée et tuée réussit à mettre la main sur l'assassin et décide de lui faire passer un mauvais quart d'heure (le quart d'heure dure 7 jours) en lui fracassant une rotule avec une masse, le fouettant avec des chaines, lui pratiquant une stomie le faisant chier par le ventre et finalement, on croit le deviner, en lui crevant les yeux. Le médecin se fait finalement retrouver par la police au jour final de sa torture, soit le jour prévu de l'exécution du meurtrier. Après une vision de sa petite fille lui faisant comprendre que quoi qu'il fasse, sa fille demeurera morte, le médecin décide de laisser la vie sauve à sa victime qui, fort probablement, trouvera le reste de sa vie pas mal moins drôle en étant magané comme ça qu'en étant mort.

Critique: Ce film suscite d'intéressantes réflexions. Je me suis moi-même longtemps dit que je n'hésiterais pas à faire souffrir et même à décapiter quelqu'un qui ferait du mal ou tuerait un membre de ma famille. Par contre, après avoir vu ce film, je réalise que je n'irais jamais aussi loin que ce qui est dépeint dans l'histoire. Ça ne sert plus à rien rendu à certain point d'en rajouter et ça devient beaucoup trop cruel. Je peux comprendre pour le coup de masse sur la rotule et pour les coups de fouets avec une chaine, mais pour ce qui est de la stomie, entre autres, je ne vois pas ce que ça vient ajouter comme satisfaction supplémentaire. Ça m'a donc semblé inutilement cruel et trop de détails ont été montrés alors qu'on aurait pu simplement suggérer la violence. Je ne pense pas que quelqu'un puisse regarder ce film et ressentir de la satisfaction à voir le meurtrier se faire torturer ainsi.

Cote: 6,5 bayous sur 10

3- Un prophète (2009)

Synopsis: Un jeune arabe de 19 ans est envoyé en prison suite à des méfaits commis. Il se retrouve bien vite dans un groupe de mafieux de la prison et doit accomplir certaines tâches pour le compte de César, le chef du groupe. De fil en aiguille, ses responsabilités et privilèges croissent et il devient le bras droit de César. À la fin du film, afin de s'émanciper, il réussit à foutre le bordel entre les groupes rivaux de la prison et à se retirer de l'influence de César qui n'était pas un si bon gars que ça. Il sort finalement de prison et tout est bien qui finit bien.

Critique: J'ai eu de la difficulté à relater l'histoire du film parce que j'en ai manqué des bons bouts. Le langage utilisé n'est vraiment pas évident à comprendre. Les ostis de Français ont réussi encore une fois à faire un film que je comprendrais mieux avec des sous-titres anglais qu'en version originale française. Quand j'entends "médocs", je sais qu'on parle de médicaments, "shit", c'est du pot, "matos", c'est matériel. Mais quand j'entends 25 autres mots que je n'ai jamais entendus et qui ont de l'importance pour comprendre l'histoire, je deviens confus. Ce fut donc le cas à l'écoute de ce film. Quelques règlements de compte sont très intéressants à regarder comme le tranchage d'une veine jugulaire avec une lame de rasoir ou encore César qui essaie d'enlever l'oeil du jeune arabe de son orbite avec une cuillère (assez dégueulasse, mais original). J'ai aussi eu l'impression que l'histoire était bien écrite et qu'il y avait de l'intelligence de gangsters dans ce film comme ce qu'on peut voir dans les films de Martin Scorcese (Goodfellas, Casino, The Departed). Le personnage de César me semble d'ailleurs avoir été écrit pour Jack Nicholson qui avait un rôle de chef de mafia dans The Departed.

Cote: Si j'avais compris un peu plus l'histoire, je donnerais probablement un 7 ou 7,5 sur 10.

4- Repo Man (2010)

Synopsis: Dans un futur pas très lointain, deux vieux amis d'enfance sont "repreneurs". Ce métier consiste à reprendre les organes directement sur le transplanté lorsque ce dernier est incapable d'honorer ses paiements mensuels exorbitants. Les deux amis ont beaucoup de plaisir à exercer leur métier: ils rient de bon coeur en neutralisant leurs victimes et en leur découpant l'abdomen pour retirer des foies, reins, coeurs, etc. Lors d'un barbecue entre amis, un des deux amis va même jusqu'à s'absenter 2 minutes de la fête avec un couteau de boucher pour opérer directement un client en défaut de paiement. La suite du film enchainera les situations complètement ridicules du même genre. Le film semble vouloir être une science-fiction semi humoristique. On veut d'abord et avant tout vouloir en mettre plein la vue avec des interventions chirurgicales de fortune faites à froid (un peu comme dans "les 7 jours du Talion" mais de façon plus légère). La scène la plus débile du film aura lieu à la fin, lorsque les deux personnages principaux s'en iront au bureau mère de la compagnie de vente d'organes pour scanner chacun de leurs organes afin de faire comme si ces derniers étaient remboursés. Comme le gars a un coeur artificiel, sa compagne lui pratique une incision dans l'abdomen, rentre le scanner par le trou et va lui scanner le coeur directement par l'intérieur. Non seulement c'est complètement dégueulasse mais c'est aussi absolument ridicule. Le film comporte une fausse fin qui laisse croire que le personnage principal s'en est sorti alors que ce dernier est en fait intercepté par la compagnie de dons d'organes qui, on le devine, va probablement lui reprendre son coeur.

Critique: C'est un des films les plus débiles que j'ai vus depuis plusieurs années. Les repreneurs ont vraiment trop de plaisir à faire leur métier, ça a l'air d'être la job la plus amusante de l'univers et les reprises d'organe se font facilement et avec beaucoup de plaisir. Même si le film comporte plusieurs scènes d'action et des effets spéciaux intéressants, l'histoire est absolument nulle et même méprisable. Tel que mentionné plus haut, la scène du scannage de tous les organes artificiels est une des plus débiles que j'ai jamais vues de toute ma vie. Comme le Super Club Vidéotron peut-il avoir un plein mur de pochettes de ce film?

Cote: 4 bayous sur 10

samedi 14 août 2010

Un autre échec avec un autre groupe de musique amateur

Mardi dernier, je me suis déplacé jusqu'à Breakeyville pour aller jouer avec le groupe du gars que j'ai rencontré dans l'autobus.

J'avais écouté leur CD et essayé de pratiquer quelques unes de leurs tounes au préalable. Si Genesis composait des tounes de 23 minutes avec 8 parties différentes en 1972, eh bien ces gars là composent aujourd'hui des tounes de 3 minutes avec 12 parties différentes.

Habituellement, une chanson est composée selon le modèle A-B-A-B-C-B (couplet-refrain-couplet-refrain-middle eight (ou solo) et refrain). Eux, ils font des tounes sans mélodie qui se répète, sans "hook", sans quoi que ce soit auquel on peut se raccrocher de façon répétitive. En plus, il y a des mesures en 7/4, d'autres en 3/4 et même en 9/4 au sein d'une seule toune. Bref, c'est la musique la plus déstructurée que j'ai jamais entendue chez un groupe amateur. Je pense qu'ils se font un devoir et même une fierté de sortir de ne pas suivre une formule établie.

Même si leur musique n'était pas vraiment mon style et que je trouvais ça confus (les parties de guitare varient à toutes les 20 secondes dans leurs tounes) , j'avais le goût d'essayer de me joindre à eux. Principalement dans l'idée de fréquenter d'autres musiciens sur une base régulière et ensuite parce que le gars de l'autobus avait l'air sympathique et habitait près de chez nous. Ça allait m'éviter d'avoir à faire 30 minutes d'auto pour jammer avec un gars de Val-Bélair, par exemple.

De retour à mardi soir, la pratique s'est assez bien déroulée. J'ai pas joué beaucoup. Je les ai plutôt écouté me jouer leur set-list au complet et j'ai émis quelques commentaires ici et là sur leurs tounes (genre: "y'aurait de la place pour de la basse dans cette toune là!"). À la fin, on a jammé un peu sur quelques unes de leurs tounes et 2 ou 3 de mes compositions personnelles dont "le temps qui file". C'était pas si mal.

Hier, j'ai reçu un courriel me disant que le drummer trouvait qu'on n'avait pas des influences assez semblables pour jouer ensemble. Quessé ça? À part Metallica, il ne m'a parlé d'aucune de ses influences. Et même à ça, je ne crois pas qu'un fan de Metallica puisse aimer leur genre de musique qui ressemble pas mal plus à du électro-folk-progressif qu'à du heavy metal.

Moi, j'ai dit que j'avais appris à jouer de la guitare avec Bryan Adams et The Police et c'est peut-être la mention du rocker canadien maintenant très kétaine qui l'a horrifié. Enfin, il m'avait tout de même complimenté précédemment sur la qualité de mes quelques compositions que lui avais envoyé par email. Je ne comprends donc pas en quoi mes influences ont à voir là-dedans.

Ça m'a vraiment fait chier de recevoir cet email. En plus de détester de plus en plus ma job jour après jour, je me fais maintenant rejeter d'un groupe à qui je voulais "rendre service". Bon, OK, j'en aurais tiré l'avantage d'être stimulé et d'avoir une occupation différente, mais j'aurais quand même joué des tounes bizarres pour leur bonheur à eux. Paragraphe super prétentieux mais je trouve pas d'autre moyen de dire ça.

Je réalise une fois de plus que c'est pratiquement impossible de trouver des musiciens avec qui jouer. Il faut que les musiciens soient nos amis dès le départ. Sinon, si la personne est sympathique, elle n'est pas assez motivée. Si elle est motivée, elle n'est pas assez bonne. Si elle est assez bonne, elle n'a pas les mêmes goûts que nous, si elle a les mêmes goûts, elle n'a pas beaucoup de disponibilités. Et ainsi de suite... C'est toujours la même histoire qui se répète de musicien en musicien.

Ça me fait chier. Parce que souvent, j'ai le goût d'envoyer chier tous les losers qui chialent à propos de ce que la vie ne leur permet pas d'obtenir. Les pauvres qui chialent après les riches. Les grosses qui chialent après les belles filles. Les pas d'amis qui chialent après la société qui les garde en marge. Ça m'écoeure de les entendre chialer parce que derrière ces propos, je discerne souvent de l'apitoiement sur soi-même alors que moi, habituellement, quand je veux quelque chose, je fonce et je fais ce que je peux pour l'obtenir.

Si foncer ne donne rien, qu'est-ce qui me reste? M'apitoyer sur mon sort?

Sur ce, je vais me suicider à cause de ce groupe de musique émergente qui n'a pas voulu de moi.

mercredi 11 août 2010

Aventures de whitestrips

Depuis quelques années, je m'administre un traitement annuel de whitestrips de Crest. Ces bandes au peroxyde que je me colle sur les dents d'en avant me procurent un sourire blanc et éclatant. C'est pas vraiment naturel un sourire super blanc mais maudit que ça a l'air propre.

Malheureusement, le principe implique qu'on doit garder les bandes dans notre bouche pendant 30 minutes sans avaler. Ça fait que la bave s'accumule et il faut garder la bouche fermée sans parler parce que sinon, ça coule et c'est vraiment pas chic. Au début, je me gardais un kleenex à portée de main et je crachais l'excédent une fois de temps en temps. J'ai raffiné ma technique et maintenant, je garde la bouche bien fermée, étanche tel un barrage de la Baie James. Une impressionnante quantité de salive s'accumule alors et je me fais une joie d'aller cracher tout ça dans une toilette après 30 minutes.

Avec un bébé, c'est bien difficile de trouver 30 minutes de libres. Ça fait que cette semaine, histoire d'occuper mon poupon, je suis parti en poussette lors de deux matinées, vers 10h. À chaque fois, j'avais mes bandelettes dans la yeule. J'ai fait bien attention de passer par les petites rues les plus tranquilles, soit celles où je risquais le moins de me faire aborder par des gens que je connais. Ce matin, notamment, personne n'était dans la rue sauf ma deuxième voisine. J'ai décidé de partir de l'autre côté de la rue pour éviter d'avoir à la croiser ou la saluer.

Malgré toutes mes précautions et l'horaire choisi, lors des deux matinées, deux autos se sont arrêtées pour me demander des indications pour trouver une rue, ce qui ne m'est JAMAIS arrivé en 5 années de résidence dans le quartier. Les deux fois, j'ai eu l'air d'un super mongol en répondant avec la bouche remplie de 15 ou 20 minutes de salive accumulée. Impossible de faire des phrases qui sonnent bien avant autant de bave dans la bouche.

Heureusement, ces gens étaient sans doute des touristes mais je pense quand même avoir eu l'air d'un déficient. Ça fait qu'après ces deux expériences extrêmement humiliantes, j'ai décidé de ne plus jamais sortir de chez moi avec des whitestrips dans la bouche.

samedi 7 août 2010

L'escroquerie gaspésienne

Je suis allé en Gaspésie cette fin de semaine. J'en ai profité pour arrêter à Ste-Flavie, dans un des nombreux casses-croûte proposant les guedilles au homard et au crabe.

En entrant dans le casse-croûte, je vois que Julien Poulin est assis sur une des 5-6 tables du petit resto. Il semble manger un club-sandwich au crabe ou au homard (autre spécialité de la maison). Puisque Elvis Gratton est entouré de deux autres personnes et que le resto est assez bondé, ce n'est pas le temps de jouer à la groupie. Je vais donc commander la guedille que j'attendais de manger depuis au moins 3 ans.

Surprise, les prix affichés m'apprennent que le club au homard et celui au crabe coûtent environ 20$ chacun. C'est ben trop cher. La guedille, quant à elle, est à 11,25$, ce qui n'a aussi pas de bon sens. Mais j'attends ce moment depuis si longtemps que j'en commande une malgré tout ainsi qu'une moyenne patate frite.

Observations: La guedille contient une portion acceptable de crabe mais vraiment pas assez pour justifier un prix aussi élevé. À l'épicerie, pour 11$, on peut avoir au moins un crabe complet et j'évalue que la quantité contenue dans la guedille ne vaut guère plus de 1$. De plus, c'est un repas très peu nourrissant.

Du côté positif, on peut dire que la guedille a bon goût. Par contre, ce n'est pas un délice justifiant de se nourrir régulièrement de ce fast food raffiné mais manifestement inventé pour impressionner (et fourrer) les touristes ou les riches vedettes montréalaises.


Ci-dessus, un repas d'une valeur de 14,25$.

jeudi 5 août 2010

Guillaume la tapette

J'ai 14 demandes d'amitié en attente sur Facebook. Plusieurs de ces personnes m'ont envoyé un "request" y'a 2 ou 3 ans. Comme ce sont des gens qui n'ont jamais vraiment été proches de moi ou qui ne m'ont jamais intéressé, je les laisse en stand-by. En fait, je soupçonne qu'au moins la moitié de ces personnes ne s'intéressent pas non plus à moi. Ils m'ont juste trouvé smatte à un moment ou un autre et se sont dit: "si y'a de la place pour 250 amis sur ma liste, y'a sûrement de la place pour un 251ème".

Parmi ces 14 chanceux, il y a Guillaume, le gars du bac en enseignement secondaire qui m'avait avoué par email, en décembre 1999, qu'il m'aimait depuis la première fois qu'il m'avait vu.

Lorsque Guillaume m'avait retracé avec Facebook et m'avait envoyé sa demande, au printemps 2008, ça m'avait pas mal surpris. Je ne comprenais pas en quoi on aurait dû reprendre contact 8 ans et demi plus tard, surtout après que je lui aie signifié à l'époque que je n'étais pas du tout intéressé. En fait, j'étais à peine intéressé à être son ami à la base, sans savoir qu'il était fif, je ne vois pas en quoi j'aurais pu avoir un regain d'intérêt à son endroit en sachant que j'étais son coup de foudre.

Hier, j'ai reçu un message privé de Guillaume sur Facebook qui disait: "Salut Patrick, tu ne veux même pas m'ajouter comme ami facebook ? Ça fait plus de 10 ans tout de même cette histoire... "

Euh? C'est pas parce que le temps passe que j'ai le goût de reprendre contact avec tous les gens qui ont partagé certains moments de mon existence. Y'en a certains que j'aimerais revoir, mais sûrement pas la majorité. Probablement que je signifie beaucoup dans sa vie (premier gars à qui il a déclaré son amour), mais lui, il signifie pas grand chose d'autre qu'un moment de totale déstabilisation pour moi lorsque j'ai reçu son email intitulé "Vraiment pas facile à dire".

Aimepé a émis la théorie selon laquelle il devait m'avoir écrit parce que j'étais "gelé" sur sa liste de recherche de Facebook. Bref, ça doit faire une couple de fois qu'il veut m'envoyer une nouvelle demande mais il se rend compte qu'il ne peut le faire car sa première demande est toujours en attente (depuis près de 2 ans et demi).

À chaque fois que je reviens sur cette histoire, j'ai pas le choix de citer Martin qui m'avait dit: "Réalises-tu que ce gars là s'est branlé en pensant à toi?". Bref, quelques jours après avoir reçu le email, j'ai réalisé que j'avais été le fantasme d'un autre gars.

En 2008, j'ai réalisé que c'était encore probablement le cas et aujourd'hui, près de 11 ans après la déclaration initiale, j'ai l'impression que c'est encore le cas. Mon souvenir remplit des kleenex.

Vraiment spécial comme sensation. Personne n'est jamais resté stické sur mon cas comme ça. À part peut-être Hispong Elbayne et ses commentaires anonymes haineux.

lundi 2 août 2010

Mon lucratif été 2010 comme musicien de rue

Cette année, ça ne m'a pas tenté une seule fois d'aller jouer de la musique dans les rues de Québec. J'ai été et continue d'être démotivé.

Je me suis quand même botté le cul à deux occasions pour m'y rendre et ne pas être "blanchi" pour l'année 2010. Je vais donc pouvoir dire que j'ai été musicien de rue à temps partiel à chaque année depuis 2005. Bref, encore une fois, mes actions sont guidées par le respect de la tradition.

Pour me rendre la vie plus facile, j'ai essayé une nouvelle approche cette année: emmener ma guitare au travail et aller jouer dans le Vieux-Québec sur l'heure du dîner. Ça m'évite d'avoir à retourner chez moi en fin de journée pour prendre l'auto, rouler ensuite 20 minutes pour me rendre à Québec, essayer de me trouver un stationnement, potentiellement tomber sur des quêteux sales ou d'autres musiciens de rue déjà sur place au spot où je veux jouer, me faire avertir par une surveillante de la ville qui me demande si j'ai mon permis et devoir retourner chez moi peut-être seulement 2 minutes après être arrivé.

Tout ce que ça me demande, c'est de trainer ma guitare au travail, possiblement me faire poser des questions par mes collègues qui trouvent étrange la forme de ma valise et qui me demandent ce que c'est. J'aurais alors à leur répondre qu'en-dedans, il y a une guitare et que c'est un instrument de musique qui sert à faire du bruit. Le monde est tellement innocent au bureau.

Ma première sortie a eu lieu le 17 mai.

Cette journée là, j'ai marché jusqu'aux escaliers qui mènent au Château Frontenac. À peine 10 minutes après mon arrivée, un gars surgit et se présente à moi comme étant le surveillant des permis de type 1. Ça commence ben mal. Je fais l'innocent en fouillant dans mon étui et lui dit finalement que le permis est resté dans mon autre étui. Il me répond que c'est correct pour cette fois mais que la prochaine fois, je serai délogé. Il me rappelle aussi que l'amende est salée pour les non-détenteurs de permis et blablabla.

J'ai continué à jouer mais je me suis dit que j'étais brûlé pour ce spot pour le restant de l'année. Je n'étais pas particulièrement dedans, si je me rappelle bien, j'y étais allé à reculons. En plus, j'ai vu Eric, un gars avec qui j'avais fait mon bac, qui passait un peu plus haut et qui aurait pu me voir. Ça m'a coupé l'inspiration. Je crois que j'ai perdu mon indifférence d'autrefois par rapport au fait que des gens que je connais me croisent. Faut dire que je suis dans une zone plus à risque que par le passé pour croiser des gens du bureau qui pourraient prendre une marche après avoir mangé leur savoureuse sandwich au baloney quotidienne.

Ce jour là, je me suis fait 5,50$ en un peu moins d'une heure. Pas vargeux.

Aujourd'hui, 2 août, je suis retourné à mon premier spot officiel: la rue St-Jean, en face du Tutto Gelato. C'était la première fois où je retournais à cet endroit pour jouer de la musique depuis 2 ans. Le cimetière est désormais interdit d'accès et il n'y a plus de gens qui y font un somme, qui boivent de la bière en se battant avec leurs amis ou qui retournent des tombes à l'envers pour le simple plaisir de profaner.

J'ai commencé avec "Pigs on the wing" et j'ai enchainé avec la plupart des tounes qui pognaient les années précédentes: "Man on the Moon", "Solsbury Hill", "Moonshadow", "Wild World", "Losing my Religion", "Ice Cream", "Basket Case" et quelques autres. C'était pas mal je crois, mis à part les paroles oubliées à quelques occasions. J'étais assez assuré pour un gars qui ne joue presque plus en public. J'ai même eu du fun à rejouer la plupart de ces tounes.

Malheureusement pour moi, il y avait peu de passants. Un monsieur de 70 ans environ m'a pitché une piastre. Il m'a demandé d'où je venais et m'a dit: "En tout cas, c'est pas pire" ou un genre de compliment abstrait comme ça. Un autre monsieur de 45-50 ans du Minnesota avec un gros kodak autour du cou a traversé la rue pendant que je jouais "London Calling", il avait l'air de bien aimer cet air punk. Il est ensuite venu m'interrompre pendant ma toune de Paul Piché et m'a demandé comment ça fonctionnait pour jouer de la musique dans les rues. Je lui ai expliqué le principe des permis en omettant bien entendu de lui dire que j'étais en train de jouer de façon illégale. Il avait l'air de vouloir essayer ça pendant une journée mais ne voulait pas "go to jail". Il m'a serré la main avant de repartir. Il avait de grands ongles longs et c'était un peu dégueulasses. Il ne me fallait donc pas oublier de me laver les mains avant de me ronger les ongles par mégarde.

J'ai joué environ 45 minutes et me suis fait un gros 2$, ce qui est presque un record plancher à vie (sous-battu de justesse par le 1,75$ ramassé en 2006). Pourtant, ça s'est bien déroulé. Je ne pense pas avoir été plus mauvais qu'à l'accoutumée. Je mets donc ce piètre magot sur le dos de l'heure de diner et sur le fait que nous étions un lundi.

C'est probablement ainsi que se termine mon été 2010 comme musicien de rue (d'eau douce).

...Mais peut-être que je ferai une tournée d'adieu d'une ou deux dates? Histoire de tenter d'atteindre la barrière des 10$. On sait jamais.