jeudi 23 septembre 2010

Stooler une collègue

Hier, elle est entrée dans mon bureau en me disant: "Là, j'espère que tu vas pas me sauter à la gorge…".

Je l'ai pas laissée continuer parce que ça m'a instantanément mis en calvaire. Comme si je capotais tout le temps pour rien et qu'en plus, j'étais agressif, voire dangereux.

J'ai répondu: "Quessé ça cette entrée en matière là?".

Elle a rétorqué que la dernière fois où elle était venue me parler, je m'étais mis à lui crier après. C'est vrai que j'avais levé le ton et que j'avais été bête, parce que j'en avais mon tas de toujours l'entendre me parler de conspirations tout en sachant qu'elle venait me raconter ça même si elle me méprisait. Mais j'ai jamais crié. D'ailleurs, selon elle, j'avais probablement plus hurlé que crié car elle croyait que plein de gens dans le secteur m'avaient sans doute entendu. Même la gang de taouins situés dans un racoin à 50 mètres de mon bureau avaient dû m'entendre. Selon mon estimation, faudrait vraiment que je veuille tuer quelqu'un pour que je hurle au point que les gens situés à cet endroit m'entendent.

Elle m'a dit qu'elle avait parlé de moi à son psychologue (ça a l'air qu'elle a commencé à consulter) et que ce dernier lui avait demandé pourquoi elle ne m'avait pas répliqué lorsque je lui avais dit telle affaire (elle faisait probablement allusion au moment où je lui ai dit qu'elle ne démentait même pas qu'elle me méprisait... mais je suis pas certain). En fait, je voulais même pas chercher à comprendre. Ça avait plus de bon sens. En plus d'être rendu un collègue agressif à ses yeux, j'étais le sujet de ses discussions avec son psychologue et de la façon dont elle parlait, j'ai l'impression que sa séance a eu pour thème "comment devrais-je agir avec un collègue agressif?".

On a pas discuté très longtemps. Je lui ai dit: "Te rends tu compte que le problème, c'est toujours les autres et jamais toi? Regarde, laisse faire, ça donne pu rien (de se parler) là…" Et elle est sortie en faisant une face de "y'est donc ben à prendre avec des pincettes lui".

Ça pouvait plus durer. J'étais tellement en maudit que je suis allé prendre un rendez-vous avec le boss pour la stooler avant qu'elle ne se mette à me nuire volontairement. Elle était assez folle pour répandre la rumeur que je criais au bureau et qu'elle avait peur pour son intégrité physique. Même si tout le monde la connaît et sait qu'elle est pas mal spéciale, elle pourrait en pogner 2-3 qui prennent ce qu'elle dit pour du cash. De toute façon, je connais la façon dont elle procède: elle donne des bribes d'informations négatives ici et là pour que ça germe dans l'esprit des gens et qu'ils restent sur une impression négative à propos de quelqu'un. Y'a assez de non-dit pour que ça ne la commette pas trop mais assez de négatif pour créer un malaise.

Par exemple, un jour, elle m'avait dit qu'un gars de l'équipe avait déjà dit des choses à mon sujet. Quand je lui ai demandé c'était quoi, elle avait changé de sujet. Y'a fallu que j'insiste 3-4 fois pour qu'elle me réponde qu'elle ne savait PAS ce qu'il avait dit mais que c'était pas très gentil. Euh!? Si tu le sais pas, comment tu fais pour savoir que c'est pas gentil? Et encore une fois elle est devenue évasive en changeant de sujet. Selon ma théorie, c'est sa façon de procéder pour semer la zizanie et détourner l'attention d'elle. Ça contribue à faire de la marde au travers de laquelle elle se faufile. Si tout le monde se déteste, ça va tirer partout au lieu de tirer uniquement sur elle. On dirait qu'elle a lu "L'art de la guerre" de Sun Tzu.

Je savais que le boss avait de la misère avec elle depuis plusieurs mois et que la plupart des gens de l'équipe ne l'aimaient pas à cause de son mépris avoué pour tout le monde. C'était pas vraiment difficile de rajouter une cerise sur le sundae. Lors de ma rencontre avec le boss, je lui ai dit qu'elle était dangereuse pour l'équipe en semant ses bribes négatives un peu partout et en prenant plaisir à monter les gens les uns contre les autres, à voir la méfiance grandir. J'ai ajouté qu'elle était sûrement paranoïaque et qu'elle pouvait chercher à scrapper ma réputation où celle de quelqu'un d'autre en lui faisant dire des choses qu'il n'avait jamais dites. Le boss a d'ailleurs confirmé mes propos en me disant que, quelques semaines auparavant, elle lui avait mis en bouche des propos qu'il n'avait jamais tenus. Et bien sûr, j'ai reparlé de la grosse secte de tapettes infiltrée partout dont elle parle régulièrement.

Il m'a dit qu'il était sur son cas depuis longtemps, mais j'ai eu l'impression que mon témoignage avait du poids. Le fait que j'ai dit qu'elle était dangereuse pour l'équipe a probablement suscité une prise de conscience. Et puis le boss n'était pas au courant du fait qu'elle n'avait pas serré la main à quelques nouveaux employés qui s'étaient présentés à elle avec la main tendue. Ça a été une preuve supplémentaire de son détachement et même de son hostilité à l'endroit du groupe.

Quelques minutes plus tard, je me suis fait dire que des démarches avaient été entreprises à son sujet.

Y'ont jamais été aussi rapides que ça.

Dire qu'avant qu'elle se fasse embaucher, j'avais donné des références positives à son sujet. Asteur, je donne peut-être les dernières références de sa carrière.

Ouin, probablement pas étant donné qu'elle est syndiquée. Mais ça annule en bonne partie mes références favorables d'antan.

8 commentaires:

Maylika a dit…

Oh que c'est le genre d'histoire qui me donne envie de raconter plein de trucs sur mes collègues de travail... Je ne devrais pas, mais c'est tellement tentant!

Te rends-tu compte que j'ai une collègue qui s'est acheté un portable parce qu'elle a peur que les techs du support informatique lui volent les exercices qu'elle prépare pour ses étudiants... La même prof, la première chose qu'elle a demandé, lorsqu'elle a reçu son portable, c'est «Comment je fais pour enregistrer ce qui se dit autour avec ça?»... Finalement, ce qui est pour moi le top du top: elle ne se branche pas à distance sur son compte de l'école (plate-forme des cours à distance, courriel ou messagerie interne) parce qu'elle est certaine que ça installe «un programme malicieux qui espionne tout ce que tu fais sur ton ordi».

Faut avouer que nos techs informatiques ayant de la difficulté à gérer les préférences système pour l'imprimante... Je les vois mal en train de jouer aux espions pour savoir si elle joue aux cartes sur son ordi pendant l'heure du diner. Je pensais que j'avais une collègue folle, mais je considère que toi, t'as pogné le jackpot!

MoonLady a dit…

C'est pas stooler à mon avis. Si elle "nuit" à la qualité de vie de ton équipe, des mesures doivent être prises. Au moins, tu as des ressources pour ça ...

J'ai beau parler au directeur général ici et à ma boss de ma collègue-chiâleuse, ils ne veulent rien faire ... ils ont trop peur ! Peur de devoir embaucher une nouvelle personne et d'être dans marde ... Et qui écoppe pendant ce temps là? Moi !

Je pense sérieusement entreprendre de chercher ailleurs, malgré que ça m'écoeure de devoir le faire après 10 ans à la même place et maintenant 4 semaines de vacances ... Mais bon, si j'ai pas le choix ...

Bleuet a dit…

Je suis surpris que ton boss réagisse bien. Quand je lui disais qu'elle était folle il ne réagissait pas et me demandait d'arrêter de la dénigrer.

En tout cas, tu fais bien de te protéger.

Isablabla a dit…

Je trouve aussi que tu as bien agi et que ça va te blanchir complètement en cas de campagne de salissage intensive... par contre, moi j'ai le sentiment que tu es secrètement en amour avec et comme elle te méprise, tu te venges.....................

Mayieve a dit…

tiens, tiens, tiens..ce dénouement me semble familier ;)

D'après moi, tu as bien fait et non seulement pour te protéger, mais aussi protéger tes collègues.

Le Voyou du Bayou a dit…

Maylika: Ouin ben ta collègue est pas mal dans le même style que la mienne dans le fond. La mienne me dit depuis un méchant bout de temps que les boss lisent ses courriels. Partout où elle est passée, ses boss ont lu ses courriels (dans sa tête bien sûr). Mais pour revenir à ta collègue, siboire, on dirait qu'elle gère des secrets d'état! Je m'achèterais jamais un portable pour protéger des exercices si j'étais prof. Me semble que c'est de s'imposer des dépenses uniquement pour soulager sa paranoïa.

Moonlady: je pense qu'une collègue juste chialeuse, c'est pas assez. Faudrait qu'elle tape sur le système de tes boss ou à tout le moins de plusieurs autres employés. Et encore là, tant que tu fais pas la preuve qu'elle est vraiment nuisible ou qu'elle fait de quoi de croche, ça me surprendrait que ça découle en une action. Parce que les boss peuvent bien se dire "c'est juste son interprétation à elle...". Enfin, ça dépend des endroits, y'a des shops où le congédiement doit arriver pas mal plus vite qu'ailleurs.

Bleuet: Je pense que depuis que t'es parti, le boss a plus d'historique sur lequel se baser!

Isablabla: C'est vrai que le refoulement de sentiments peut expliquer bien des choses dans la vie. Dans ce cas là par contre, ça doit être enfoui très profondément en moi parce que je m'en rends VRAIMENT pas compte.

Mayieve: Étant donné que presque tout le monde la trouve folle/épaisse/bizarre, je pense pas qu'elle soit excessivement dangereuse mais j'ai pas le goût de prendre de chance.

MoonLady a dit…

Pour ma collègue, ma boss aussi trouve ça très désagréable. C'est le directeur qui veut rien faire. Écoute, elle envoyait quasiment promener le directeur de la qualité qui est responsable du ISO quand il est venu à Montréal pour notre audit. Elle le déteste et ne se gêne pas pour le lui faire sentir ...

Bah, j'commence à être habituée aussi à fermer ma trappe pis à faire avec depuis le temps que je suis ici et que j'ai vu passer des estifis de morons :)

RickyP a dit…

Un moment donné, pas le choix de faire de quoi, la patience a des limites, surtout quand des personnes abuse un peu trop des autres et se pense chef.

J'ai la mauvaise habitude d'endurer et de me taire, alors qu'au contraire, cela serait plus facile de parler afin de régler une fois pour tout, mais plus facile a écrire qu'a le faire quand on vie la situation.

Je ne suis donc pas un bon conseillé pour ce genre d'épreuve.