mardi 21 septembre 2010

Exploiter la misère du pauvre monde, une idée payante

En fin de semaine, je suis sorti au bar le Chap (autrefois le Chaplin) à Cap-Rouge. Comme on est arrivés vers 20h45 et que le bar était absolument vide, j'ai commencé à jaser avec le barman qui était aussi propriétaire de l'endroit.

Je me suis informé s'il avait toujours sa machine à Pac-Mac inversée qui m'avait tant impressionnée la première fois où j'étais allé dans ce bar. Il s'agit d'une table autour de laquelle deux personnes s'asseoient face-à-face. Au centre de la table, sous une vitre de verre, se retrouve un jeu de pac-man sur lequel les deux personnes peuvent jouer à tour de rôle. Chaque bord de table est muni d'une manette et l'affichage s'inverse à chaque fois qu'une joueur perd une vie. Méchant bon concept. Je pouvais pas m'empêcher d'aller y jouer même si Pac-Man n'est pas vraiment le jeu le plus fascinant qui existe.

Le proprio m'a dit qu'il n'avait plus la table parce qu'elle était tout le temps brisée (les clients étaient trop raides avec la machine). En plus, la ville de Québec lui chargeait 500$ par année pour l'utilisation de ce jeu d'arcade. À 25 cents de la partie, en séparant les profits avec la compagnie de location de la machine, c'était pas très payant.

On s'est mis à parler de tous les frais à payer quand t'as un bar. J'ai appris qu'il fallait payer la ville pour chaque cossin installé dans un bar (machine à peanuts, alcoo-test, table de billard, jeu de baby-foot, jeu de dards, etc) et faut même verser une somme en fonction de la superficie du bar à la SOCAN à chaque année pour la musique qu'on fait jouer! Même si on ne fait jouer que la musique américaine ou anglaise (je pense pas que beaucoup de musique canadienne joue dans les bars), faut payer la SOCAN. Tout le monde gruge les profits du bar et j'imagine que d'année en année, c'est de pire en pire. La ville en veut un petit peu plus en contrôlant une nouvelle affaire ou encore, elle indexe ses tarifs. Moi, ça me mettrait en beau tabarnac. Tu payes des taxes municipales et en plus, y faut que tu payes des taxes supplémentaires sur tes ventes de peanuts!

Ok, certains propriétaires de bars sont vraiment pas à plaindre, mais c'est le principe d'infiltration de la ville partout qui m'écoeure. Pourquoi y checkeraient pas la salubrité des œufs dans le vinaigre pour rendre service aux citoyens au lieu de taxer les peanuts ou les jeux de baby foot? La ville veut juste du cash, le reste, y s'en calissent.

Heureusement, les vidéo-poker viennent à la rescousse. Le gars me disait qu'il était aussi propriétaire d'un Dooly's à Donnaconna et que les vidéo-poker maintenaient le bar en vie. Certaines semaines, ça rapportait 50 000 ou 60 000$! Le bar empoche, si ma mémoire est bonne, 22% des profits. Ça donne un bon 10 000$ en une semaine, ce qui est excellent. Au Chap, ça rapportait pas autant par contre. Mais si on sait où s'établir (idéalement dans un coin un peu plus reculé où y'a peu d'endroits où passer la soirée et où la population travaille majoritairement dans des shops), on peut faire la passe de cash.

Je me suis dit que si jamais j'ouvrais un bar un jour, j'allais tenter de minimiser les commodités offertes à la clientèle tout en maximisant l'offre de vidéos poker. Les joueurs de billard ne sont certainement pas aussi payants que les gamblers compulsifs. Ce serait donc là ma stratégie pour me remplir les poches sans remord aucun sur le dos du pauvre monde!

6 commentaires:

Patate a dit…

La crisse de SOCAN, faut la payer même quand on exploite des clubs vidéo qui font jouer des films dans lesquels de la musique joue.

Que les droits de cette musique aient été payés par les producteurs de films, semblerait que ça n'a pas de rapport.

Un esti de racket, j'te dis.

Mayieve a dit…

Qu'ils doivent payer à la SOCAN, c'est très justifiable. Dans n'importe quel situation où tu fais jouer de la musique (pas la radio) ou un film en public (plus que X personnes selon la loi), tu dois payer des frais de copyrights. Je suis pas mal certaine que la plupart ne le font pas. La SOCAN l'impose comme il se doit.
( plus d'info: http://www.ehow.com/facts_6816243_copyright-playing-published-music-public.html )

Les frais sur les arcades et les peanuts parcontre, c'est étiré pas à peu près! Je serais curieuse de connaître leurs raisons pour ces frais...

Isablabla a dit…

Comment ça que ta conjointe te laisse sortir si souvent???

Le Voyou du Bayou a dit…

Patate: Ayoye, ouin, ils veulent vraiment gratter partout où ils peuvent pour ramasser toutes les miettes possibles. Le proprio du bar m'a dit que ça faisait pas longtemps que la SOCAN réclamait son dû (3-4 ans max). Y'ont pas niaisé pour répertorier tous les endroits où ils pouvaient ramasser...

Mayieve: La question à se poser, c'est surtout de savoir si l'artiste dont la musique joue dans un endroit public en bénéficie ou non. Moi, je suis plus tenté de me dire qu'un artiste dont la musique joue dans un bar verra ses ventes de disques augmenter ou à tout le moins sa popularité augmenter (si on se dit que sa musique doit jouer dans 10 000 bars en même temps en Amérique). Enfin, la SOCAN, c'est une société canadienne à ma connaissance et je vois pas en quoi la musique canadienne est exploitée abusivement dans les bars et les films. Mais y'a certainement quelques points en faveur de la SOCAN. C'est juste que moi, la réglementation partout, ça commence à m'énerver en sacrament.

Isablabla: Parce qu'elle était avec moi ce soir là! Et puis je sors pas si souvent... Une fois par mois maximum.

Isablabla a dit…

Je trouve vraiment cool les couples qui sortent encore de temps en temps ensemble...

Lolita Gauthier a dit…

Je connais très bien les propriétaires du chaplin puisque j'ai fréquenté l'endroit pendant plusieurs années et je peux vous assurer que la plupart des renseignements énoncés dans cet article sont éronés... En particulier concernant les chiffres avancés... Soyons logique... 10 000$ par semaine... Les gars seraient millionnaires! Et au lieu de vous battre contre les propriétaires de bars qui sont de simples entrepreneurs comme les autres, engagez donc votre bataille contre loto-québec! Je n'ai rien contre la liberté d'expression et le journalisme, mais il faut dire la vérité dans les articles!!!!