Mais c'est toujours la même chose à chaque année. J'aurais rien de nouveau à ajouter. Donc, outre le fait qu'on m'a appris des choses vraiment songées aujourd'hui, comme: "toute bonne chose à une fin", j'ai le goût, pendant que je m'en rappelle encore, de revenir sur les moments plus spéciaux de mon été.
Ce sont des histoires de camping:
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Avec Camping Boy (nom fictif), je suis d'abord allé faire du camping en Gaspésie. On a commencé par un arrêt à Rimouski où on a passé la soirée à se promener sur la rue St-Germain (là où ça se passe) à essayer tous les bars fréquentables 2 ou 3 fois chacun pour être certains de ne pas passer à côté de quelque chose. Avant d'entrer dans chacun de ces bars, on s'est caché des bières dans les poches ou au niveau de l'entre-jambe pour entrer (on avait une caisse de 24 à passer en 2-3 jours). Bien entendu, ce n'est pas digne de la conduite de deux garçons dans la trentaine, mais agir dignement consiste parfois à agir de façon ennuyeuse. Nous, on a trouvé ça économique, drôle et très stimulant (Camping Boy voulait rentrer 3 ou 4 bières dans un bar, ce qui est vraiment un beau défi quand on est en culottes courtes et en T-Shirt). Mentionnons qu'on s'est fait carter tous les deux au bar le Pull, ce qui ne m'était pas arrivé depuis peut-être 10 ans. C'est d'ailleurs encore plus drôle du fait que le gars qui m'a carté devait justement avoir 10 ans de moins que moi.
À Carleton, on a passé au moins 5 ou 6 heures à se promener dans le centre-ville (ou plutôt le centre-village) en tournant en rond sans arrêt à la recherche d'un endroit avec de l'action. Tous les bars ont été vides jusqu'à 22h environ ça fait que le temps était long. Heureusement, on avait de la boisson en masse dans l'auto. Ça servait à se faire un fond en attendant qu'il se passe quelque chose à quelque part. J'avais aussi emmené le Spice (pot légal) que j'avais acheté chez Echologik sur la rue St-Jean l'été dernier. C'était le moment approprié pour fumer ces épices sentant le manger à poisson avant qu'elles ne perdent leurs propriétés psychotropes à jamais.
Pendant qu'on meublait notre temps à marcher en rond, on est tombés sur un coin un peu plus hippie. Un gars mangeait son homard debout à l'arrière de son Westfalia et ça m'a semblé être le type de personne à posséder du papier à rouler, élément essentiel qui nous manquait. Ça fait qu'on est allés le voir pour lui demander s'il pouvait nous aider. Le gars avait l'air d'un osti de peddler ou d'un jos connaissant (deux synonymes, j'imagine). Instantanément, je ne l'ai pas aimé. Il nous a dit qu'il venait de Campbelton, ville vraiment laide et plate du Nouveau-Brunswick qu'on avait visitée en après-midi dans le but de pratiquer le dialecte local (chiac), vivre une expérience sociologique et manger dans un casse-croûte (on n'a trouvé AUCUN casse-croûte malgré le fait qu'on regardait partout attentivement). Le gars de Campbelton avait l'air fier de venir de là. Quand je lui ai dit qu'on avait visité sa ville dans la journée, il a dit : "Belle ville hein!?" et j'ai pas pu m'empêcher d'en rajouter en disant que c'était écoeurant comme endroit, qu'il y avait de la vie au bout et plein de casse-croûtes. Le gars acquiescait à tout ce que je disais. Je le détestais encore plus.
Quand je lui ai demandé s'il pouvait nous aider à rouler notre joint étant donné notre manque total d'expérience en la matière, il nous a dit qu'il pouvait nous vendre du pot lui aussi. Camping Boy s'est informé des prix et lui a remis 15$ pour avoir de quoi agrémenter notre soirée. Comme mon Spice m'avait coûté 15$ environ, on se retrouvait avec 30$ de stock pour deux non initiés, ce qui était substantiel. Le gars nous a remis un bon petit paquet de pot dans du Scott Towell et on s'est dirigés vers l'auto de Camping Boy pour essayer de rouler tout ça. Ça nous a donné 8 ou 9 joints (incluant un joint de Spice). Je pensais qu'on allait en fumer un ou deux et s'en tenir à ça mais Camping Boy m'a dit qu'il voulait tout fumer ce soir là. Je trouvais ça un peu abusif pour deux débutants de fumer autant en une seule soirée mais je me suis dit que j'allais slaquer si j'étais trop affecté. On s'est donc rendus dans un endroit tranquille, en arrière de la cour municipale (excellent choix d'endroit) pour fumer tout ça. On en a arraché un peu au début.
Probablement que les 3 premiers joints ont été gâchés par incompréhension de la méthode optimale pour inhaler de la fumée. Lorsque j'ai dit à Camping Boy que je commencais à avoir la gorge qui brûle, il m'a dit que ce n'était pas son cas. Je lui ai dit qu'il fallait que ça fasse un peu mal pour que ça gèle et il m'a dit "Ah ouin! Maudit, ça veut dire que j'ai gaspillé les trois premiers joints!".
À un moment donné, je me suis mis à avoir la mâchoire pas mal molle. Ça devait faire effet (le Spice n'a pas vraiment fait effet par contre, je pense). Camping Boy avait l'air de ne pas ressentir grand-chose. On était quand même très fiers d'avoir fumé 8 joints tous les deux en une seule soirée.
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Au Lac St-Jean, j'ai fait du camping avec Aimepé, à Metabetchouan, directement sur le bord du Lac. Ce camping, comme la plupart des autres au Québec j'imagine, était majoritairement peuplé de baby boomers propriétaires de tentes roulottes et winnebagos. J'ai beaucoup discuté et réfléchi là-dessus cet été. Je pense que les gens de ma génération partagent mon incompréhension là-dessus. Comment des gens peuvent-ils investir 50 000$ sur un gros winnebago, partir pendant 4-5 mois pour se stationner dans un camping, faire brancher Bell Express Vu, se bâtir un patio et une verrière et vivre exactement comme ils le font chez eux? J'ai vu un gars scier une planche pour rénover son patio, ce qui m'a fait comprendre qu'il avait lui-même construit le patio à côté de sa roulotte. J'ai réalisé que ces habitants de camping prenaient leur lieu de résidence temporaire très à coeur et ça m'a un peu shaké.
À Rimouski comme au Lac St-Jean, je voyais plein de gens dans leur roulotte à 20h-21h en train de jouer aux cartes ou à écouter la télé. Ces gens là paient 35-40$ par nuit dans les campings. J'ai pas calculé le retour sur investissement, mais si une chambre d'hôtel coûte 100$ par nuit, j'ai l'impression qu'en tenant compte du coût d'acquisition du winnebago, de la location de terrain, de l'essence, des assurances et des réparations, le winnebago devient rentable en 15 ou 20 ans, soit l'espérance de vie de ses détenteurs. Je peux comprendre que des gens puissent vouloir s'établir sur le bord du Lac St-Jean pendant une longue période, mais sur le bord de l'autoroute ou dans un boisé ordinaire, je trouve ça assez débile. C'est un drôle de mode de vie. Je ne comprends pas comment des gens puissent vouloir vivre entassés dans un winnebago et, pire, entassés au travers d'autres winnebagos habités par des ti-counes, recréant ainsi un village artificiel de ti-counes.
En plus, Aimepé a entendu au moins un gars, sinon deux, se crosser dans la douche voisine pendant qu'elle se lavait. C'est rien pour donner envie de fréquenter des endroits communautaires comme ceux-là. Et moi qui suis déjà dédaigneux de nature, je ne m'aventurerai plus jamais dans une douche publique sans mes sandales.
Mis à part cette réflexion sur la faune habituelle des campings, à Desbiens, soit tout près de l'entrée du Lac St-Jean, on est allés au Trou de la fée, dans une caverne naturelle profonde de 42 mètres où les chauve-souris hibernent (la caverne est déserte pendant l'été). C'était très très cool. L'endroit est un peu dangereux et assez peu aménagé (les roches de la grotte sont parfois très glissantes, on porte un casque mais on se cogne la tête facilement, il faut faire très attention où on met ses mains et ses pieds pour ne pas se péter la gueule, les personnes avec un léger surplus de poids pourraient rester pris à au moins un endroit...) mais c'est ce qui en fait une activité spéciale et excitante. Si c'était trop facile, la visite serait beaucoup plus courte et l'expérience moins mémorable. Il y a 96% d'humidité dans cette grotte là et ça parait! Je recommande cet endroit à tous, sauf aux grosses madames pas en forme qui resteront prises entre deux roches et mourront probablement de faim ou aux personnes âgées qui pourraient se casser un os facilement (il faut être assez souple à certains endroits pour suivre le chemin).
On a aussi essayé le labyrinthe de blé d'inde à Lac-à-la-croix et c'était assez cheap. Le labyrinthe n'est pas très bien entretenu. En fait, ce n'est pas vraiment un labyrinthe mais plutôt un itinéraire dans le blé d'inde pour s'instruire à propos de l'agriculture au Québec. Il y a aussi deux expositions ennuyantes qu'on peut visiter en payant le forfait de 11$. Je ne recommande cette activité qu'aux gens qui ont des enfants en bas âge qui pourraient être impressionnés en entrant pour la première fois de leur vie dans un champ de blé d'inde. Les adultes qui ne l'ont jamais fait ne seront sans doute pas impressionnés parce que le labyrinthe n'est pas compact, pas très étendu et que les épouvantails disposés un peu partout ont l'air d'avoir été bricolés par des enfants du primaire à qui on a donné une grosse boite remplie de linge des années 70 et 80 pour vêtir leurs créations.
Bref, allez ailleurs et achetez-vous une grosse boîte de bleuets dans le chocolat des pères Trappistes pour à peu près le même prix.
Ce ne furent pas de grosses vacances, mais ce fut simple et apprécié.
7 commentaires:
On est de la même génération parce que je fais la même équation que toi concernant les osti de campeurs pis j'ai jamais réussi à pas trouver ça innocent de pas se prendre un hôtel (ou se louer un chalet).
Y a aucun monde dans lequel c'est une solution de vacances intelligente de traîner sa grosse maison avec tout le même crisse de confort, pour aller te câlisser sur un terrain de 20 pieds par 20 pieds pendant tout l'été, en ayant bien pris soin de polluer l'atmosphère et d'encombre le véritable trafic déjà difficile des routes québécoises.
Pis c'est vrai que c'est cool le Trou de la fée.
Pis si tu avais pensé à ton affaire à l'avance, on aurait été prendre une bière à la microbrasserie du Lac à St-Gédéon, pis je t'aurais fait des steaks sur mon barbecue.
Criss t'es venu chez nous comme par hasard la seule semaine que j'étais là dans l'été!!!!!!!!
T'avais rien qu'à être dans le bottin maudit calisse! Tu viens de crisser à terre la réputation d'hospitalité de ta ville!
C'est vrai qu'ils sont mourants les campeurs. Quand j'étais jeune, mes parents nous faisaient passer l'été au camping. À l'adolescence j'ai refusé de les suivre. Eille, des clôtures en bouchons de bouteilles de bière ou en galons d'eau de javel...
Bien contente que tu es passé une belle été et que tu en sors la tête pleins de souvenirs.
HAHAHAHAHAHAH Oh God ! j'aurais freaké à la place de Aimepé !!! Et la shot des sandales ! Mouahahaha ! je note aussi :D
J'suis pas fana de camping, mais j'ai pris des notes ;)
T'es dont ben drôle! Même si c'est pas ton but!
Je vais faire lire ça à mes parents, baby boomers qui viennent de se procurer un beau Winnebago!
Au moins, ils ont le mérite de se promener avec....ils restent pas stâllés au camping ste madeleine...
Quand tu te promène avec, c'est justifié d'en avoir un je pense (c'est quand même cher, mais bon, si t'as le cash, fais ce que tu veux avec). Comme tu dis, c'est de se staller à quelque part qui est le problème!
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