Je reviens d'une nuit de camping à Rimouski. Le fait de retourner là-bas à cette période de l'année m'a fait penser au chemin parcouru au cours des trois dernières années, soit depuis l'époque où j'ai arrêté de me rendre régulièrement à Rimouski.
J'aime beaucoup Rimouski. J'aurais aimé être engagé chez Telus en 2001 mais ça n'a pas eu lieu et je me suis retrouvé à Terrebonne, dans un environnement beaucoup moins à mon goût. Hormis cette expérience avortée, j'associe aussi Rimouski à mon vécu sentimental. Ce serait dur de faire autrement.
J'ai repensé aux bons et moins bons moments et notamment au fait que je m'étais fait dire que je n'aimais pas la vie et que j'étais très dur avec les gens.
Est-ce qu'on pourrait encore dire ça de moi aujourd'hui?
Pour ce qui est d'être dur (ou très dur), récemment, quelqu'un m'a dit que je jugeais beaucoup les gens. Ça m'a fait comprendre qu'à ce niveau là, je n'avais probablement pas changé. Je ne pense pas avoir fait beaucoup d'efforts pour changer non plus. Je vois tout de même du positif dans ce trait négatif en ce sens que je n'hésite jamais à laisser en dehors de ma vie des gens qui seraient acceptés puis rejetés par d'autres personnes. Mais je suis conscient que je suis plus dur et tranché que la moyenne et je gagnerais à me rapprocher un peu plus du milieu.
Pour ce qui est d'aimer la vie, je ne pense pas que c'était exact à l'époque et ça l'est probablement encore moins aujourd'hui. On pourrait dire que le fait d'avoir un bébé y est pour quelque chose mais selon moi, pas tant que ça. Juste le fait de m'être fait dire ça, j'ai été assez fessé pour me conditionner à agir de façon à me prouver à moi-même et (un peu) aux autres que ce n'est pas le cas. Je pense donc avoir légèrement changé ma façon de voir les choses. Ce n'est certainement pas un revirement spectaculaire mais assurément une amélioration sensible.
Toujours pour ce qui est de ma vision de la vie, je mets partiellement la faute sur "The Wall" de Pink Floyd et "Pornography" de The Cure, deux albums qui m'ont beaucoup marqué et qui sont très darks. Je me rappelle des froides soirées d'automne ou d'hiver de mon nouveau célibat où je revenais du chalet de mes parents en écoutant Pornography et en regardant les champs déserts sous le froid vent de novembre. C'est devenu ça ma vision de la vie. Les grands artistes n'aiment peut-être pas la vie, mais ils écrivent d'excellentes chansons. Alors, ça peut quand même être constructif de ne pas aimer la vie, à ce compte là.
Enfin, ce n'est pas de la déresponsabilisation facile attribuée aux musiciens rock, c'est plutôt d'attribuer à autrui l'énonciation claire d'une philosophie qui me parait applicable et juste. Il parait que l'album "Songs in the key of life" de Stevie Wonder est un excellent disque de pièces positives et intelligentes (ce qui est rare). Malheureusement, la musique du disque est un peu kétaine ce qui ne me donne pas le goût de laisser une chance aux paroles.
Mon chemin de Compostelle a joué un petit rôle également dans mon appréciation de la vie. Il m'a suffit de marcher 3 semaines sous la pluie, fréquenter des dortoirs, des douches et des toilettes communes avec des gens de toute origine pour réapprendre à apprécier ma petite vie qui n'avait plus vraiment de saveur. Je devrai repartir lorsque j'en serai retourné là à nouveau. J'ai au moins compris ça.
Même s'il ne s'est pas opéré une transformation profonde de ma personne au cours des trois dernières années, je n'ai jamais oublié ce qui m'a été dit. C'est une des très rares remises en question d'envergure de mon récent passé. Ce fut la première fois de ma vie où mon attitude générale face à la vie a eu un impact sur une relation et je ne veux plus jamais qu'on me dise que je n'aime pas la vie.
Il me reste le point de l'intransigeance à travailler. Ça risque d'être dur, d'abord parce que je vis assez bien avec ce trait de caractère et ensuite, parce que ça me semble plus inné qu'acquis. Peut-être est-ce une mission impossible...
mercredi 25 août 2010
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7 commentaires:
C'est dur de ne pas aimer la vie quand t'as un kid.
J'aurai une pensée pour toi le 20 Octobre prochain ... quand j'irai voir The Wall Live au Centre Bell ;)
Brem: Je sais pas jusqu'à quel point ça a un lien. Gaétan Girouard avait 2 enfants je crois. Pis y'a pas mal de monde qui pètent une dépression, même chez les parents.
Moonlady: Bon show! Écoutes pas trop d'extraits sur Youtube pour pas gâcher ton fun...!
L'intransigeance est un luxe, je crois.
Alors, au fond, si tu peux te permettre d'être intransigeant, c'est que ta vie est assez douillette pour ça et qu'il y a espace à ce que tu puisses rester sur tes positions sans que ça te nuise trop, et c'est donc un point positif!
Valgod: Je suis d'accord avec toi. Si on veut absolument avoir des amis ou être entouré, on prend tout ce qui passe. Si on est bien avec ce qu'on a ou qu'on n'a pas le goût de s'entourer n'importe comment, on agit en conséquence.
...t'as peut-être juste TA façon de vivre ta vie, de la concevoir. Ta franchise décappante peut passer pour un genre de mal de vivre mais bon, je crois que finalement, c'était une simple incompatibilité amoureuse.
Pis avoir des enfants, c'est se donner peur pour le reste de sa vie...
Fefille: C'est certainement UN PEU un mal de vivre mon affaire. Je suis un peu trop stické sur l'insignifiance de la vie quand je me mets à trop réfléchir. Mais bon, je pense dire et faire assez de niaiseries pour prouver que je suis capable de passer au travers.
Je veux devenir une meilleure personne, surtout depuis qu'on m'a dit ça, parce que ça m'a secoué. C'est pas évident de se changer soi-même. J'ai toujours eu peur d'y perdre plus que d'y gagner.
Si tu recommence à écrire sur un blog, ça me fera plaisir d'avoir de tes nouvelles!
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