mercredi 30 juin 2010

La grande aventure de la vie de famille

Ma journée habituelle ressemble à ça:

Lever à 6h ou 7h45 (dépendamment de mon niveau de fatigue).

Depuis que je prends l'autobus, je me lève pas mal toujours à la dernière minute pour que ce soit humainement possible de me rendre à l'arrêt d'autobus. Presque chaque seconde est optimisée. Je regarde ma montre pendant que je bouffe mon bol de céréales. Si je me fais un bagel au saumon fumé pour diner, je sacre les bagels dans le grille-pains pendant que je suis dans la douche. C'est une véritable chaine de production de plus en plus serrée à chaque semaine. Ça m'arrive même de couper dans les étapes qui peuvent être reportées à mon arrivée au bureau comme le brossage de dents. Ces fois là, j'espère ne pas avoir à parler à personne dans l'autobus.

Malheureusement, c'est arrivé cette semaine qu'une de mes voisines est embarquée à côté de moi et m'a fait la conversation. Je pense que je puais pas trop de la bouche mais ça m'a quand même rendu inconfortable. J'aimerais mieux être associé à une personne qui a les cheveux gras ou du linge laid qu'à une personne qui pue de la bouche.

Je cours 9 matins sur 10 jusqu'à l'autobus. Je sors presque toujours de la maison 2 minutes avant l'arrivée planifiée de l'autobus. Si je ne courais pas, je manquerais probablement l'autobus un matin sur deux. Ça commence à me faire chier de courir comme ça tout le temps. Je pompe vraiment et j'ai parfois l'impression que je surmène mon système au pire moment possible (le corps pas réchauffé et l'estomac fraichement rempli de céréales). Si j'ai à mourir prochainement, ce sera probablement d'une crise cardiaque précoce sur le chemin de l'arrêt d'autobus.

Au boulot, je suis inutile. Comme le disait Félix Leclerc, y'a pas de meilleur moyen pour tuer un homme que de le payer à ne rien faire. J'ajouterais que de payer une personne à faire des choses inutiles est comparable.

Je reprends habituellement l'autobus vers 16h45 et suis de retour à la maison vers 17h45. Le souper m'attend. Je mange. J'essaie ensuite de faire manger le bébé, de m'en occuper un peu, de lui donner son bain si ce n'est pas fait. Y'est rendu 19h ou 19h30 pis j'ai pas arrêté depuis 6h du matin. Parfois, j'ai même pas pu relaxer un peu dans l'autobus parce qu'un de mes voisins a décidé de s'asseoir à côté de moi pour me parler de la température ou de ses enfants…

Parfois, faut en plus divertir la blonde qui a dû s'occuper du bébé toute la journée. Ça fait qu'on va aux chocolats favoris ou on fait une petite sortie. À ce moment là, on se rend à 21h ou 21h30 sans que j'aie pris plus de 15 minutes relax pour moi. Je suis complètement claqué. Et ça se répète du lundi au vendredi comme ça, avec une partie de poker aux deux semaines le jeudi soir pour faire changement.

Ouais ben c'est ça la vie. Le vide du célibat VS le trop-plein de la vie de famille.

J'ai très peu de marge de manœuvre pour changer quelque chose là-dedans. Plus de temps-libres pour moi voudrait dire moins de temps avec la famille. Ce qui ferait de moi un père/chum absent, ce que je suis déjà pour la plus grande partie de la journée, soit de 6h30 à 18h environ. Je suis certain que ma blonde dirait que je pourrais en faire plus pour l'aider. C'est vrai que je pourrais, mais je pense que je me suiciderais si je réduisais le peu de temps libres qui me reste actuellement.

C'est toute une aventure de conjuguer au plus-parfait-possible la vie de famille, le temps pour soi, la vie en dehors de la famille et la paix d'esprit à se dire qu'on fait de son mieux.

J'imagine qu'une journaliste de Châtelaine ou Clin d'Oeil devrait me contacter prochainement pour reprendre mon texte au sein d'un article intitulé "ces hommes qui ont les mêmes préoccupations que nous".

C'est vraiment un beau texte de femme que je viens d'écrire.

14 commentaires:

Bleuet a dit…

Change le nom de ton blogue pour Chronique d'une voyou dans un bayou en banlieue.

hahaha
tu m'as fait sourire quand même, ça fait du bien dans une autre journée platte au bureau.

Bleuet a dit…

Change le nom de ton blogue

"Chronique d'un bayou de banlieu par la femme voyou"


hahaha
tu m'as fais sourire quand même, ça fait du bien dans une autre journée platte au bureau.

Isablabla a dit…

Ahh ! J'ai écrit un post similaire sur mon blogue en janvier ou février 2009 quand je parlais du criss de train de vie mongol qu'on s'impose...

Moi, j'ai trouvé une semi-solution... mon chum prend 1 avant-midi par fin de semaine. Il part, va s'entraîner, va faire un tour en ville, va chez un de ses amis ou cousin, et revient vers 2 h pm. Moi, 1 journée par moi, je disparais complètement. Je pars à 10h am et je reviens à 2 h du mat. Je vais rejoindre des copines pour faire du scrapbook et manger en leur compagnie... On se respecte là dedans... on fait des petites sorties au travers de tout ça...

Mais OUI, c'est un rythme infernal... et depuis l'arrivée de mon 2e, c'est pas 2 fois pire, c'est 4 fois pire. (Je me disais que c'était pas plus de trouble 1 que 2...)

Isablabla a dit…

Pis juste pour t'encourager: les cours de judo, de natation, de langue, de gymnastique et de soccer sont pas encore commencés :))))))
Parce qu'après on court au moins 2 heures de plus par jour.......

Caro ^_^ a dit…

1 - Aménagement de temps de travail.
2 - Si t'aime pas ta job, change. Y a pas que le gouvernement dans la vie ;o)
3 - Isablabla a une bonne solution. Une fois par semaine, tu as ta soirée à toi, et même chose pour ta blonde. Car si c'est pas facile pour toi, ça doit pas être moins pire pour elle.
4 - Arrête de courrir après la bus comme ça, c'est malsain pour ton niveau de stress. Et à 100 % de ta faute :oP

Bonne chance!

Caro ^_-

MoonLady a dit…

Bienvenu dans la vie de famille mon cher Voyou :)

Comme Isablabla, je pensais aussi que 1 ou 2 kids, y aurait pas de différence. Le premier étant un enfant relativement facile, malgré qu'il soit demandant ...

HOLY SHIT ! NOT ! Mon 2e est pire ! C'est une véritable tornade que rien n'arrête ! toujours après courir en arrière ! Y en a dedans !

Mon chum part à 5h00 du mat de chez nous le matin, revient à 4h00-4h30 dépendant du traffic, va chercher les kids, fait le souper, un peu de lavage et tout. Moi je pars à 6h45 de chez nous et revient à 5h45-6h00 le soir (encore selon l'ostik de traffic) et on mange, on lave le plus jeune, je le couche, le plus vieux veut jouer - donc joue atipeu - le couche vers 8h30-8h45. Si ça va bien, il s'endort tout de suite, sinon on "gosse" encore vers 9h00-9h15.

*soupirs*

annebgodbout a dit…

Pas évident hein... mais ça se tasse un peu quand les enfants vieillissent.

Faut juste être plus brillant que moi et pas en refaire un juste quand tu retrouve ton autonomie en même temps que ton enfant découvre la sienne...

La Folichonne a dit…

C'est en lisant des textes comme ça que je suis contente que le désir maternel n'existe pas en moi.

Mais la question existentielle, es-tu bien, heureux? Je suis sure que oui ;)

ValGod a dit…

Ton post a tellement l'air d'un article de Châtelaine que même les commentaires sont dignes du courrier des lecteurs (ou des lecteuses)!

T'as pas pensé, et je dis ça vraiment juste pour avoir un texte plus long, mettre ton cadran 5 minutes plus tôt? Ne serait-ce que pour t'éviter la course chiante...

Et merci aussi de me rappeler que le fait de ne pas avoir de famille a aussi ses avantages. J'oublie, parfois, quand je fantasme d'entendre des gazouillis dans un moniteur.

small mama a dit…

C'est ça la vie de famille... Ya des bouts chiants!
Là c'est la routine et le temps, quand ça se place c'est la discipline, après l'école et les cours divers (incluant la période des devoirs...), ensuite l'adolescence...
Faut juste pas oublier qu'à travers tout ça y a de bons moments et de bonnes périodes aussi!
En attendant, renoue bien avec ton côté féminin! ;)

Le Voyou du Bayou a dit…

Merci pour votre soutien émotionnel et vos suggestions judicieuses.

Amélie a dit…

Si tu as 8 heures par jour tu es payé à rien faire, c'est que tu 8 heures par jour de "libre" de plus que ta blonde...(ok, j'attends les roches).

Mayieve a dit…

Je sais pas qu'est-ce que ton boss dirait si t'apportais ton lavage au travail. Tu sais, tant qu'à rien faire..

RickyP a dit…

J'adore ton texte, des fois j'aimerais bien être a ta place hi hi

Dans mon cas présentement, je n'ai qui moi à m'occuper, avoir un peu d'action me ferais grand bien et m'éviterais d'avoir du temps pour trop penser.