Ces temps-ci, je me sens comme Bryan Adams. J'ai l'impression que le meilleur est loin derrière.
C'est pas nouveau et ça doit faire un an ou deux que j'ai l'impression que je n'ai plus rien de nouveau à raconter. Mais, bon, après six mois ou un an, qui peut encore écrire des trucs surprenants ou nouveaux à propos de lui-même? Je pense que j'ai réussi à pas trop être redondant pendant quelques années, ce qui n'est pas si mal. Par contre, ces années ont probablement été 2006, 2007 et une partie de 2008: ça fait un bout.
Y'a un an ou deux, Patate demandait aux blogueurs de quels textes ils étaient les plus fiers. J'avais participé en ciblant 3 aventures que j'avais vécues et racontées sur mon blog. Ce que j'ai réalisé, en choisissant mes trois textes, c'est que j'étais pas fier d'avoir ÉCRIT ces textes là mais que j'étais plutôt CONTENT d'avoir vécu ces histoires. Bref, j'accordais beaucoup plus d'importance à des histoires vécues qu'à des réflexions même si mon blog comptait probablement plus de réflexions que d'anecdotes. Toutes les introspections m'avaient probablement fait du bien sur le coup (ça m'a souvent aidé à structurer mes idées et à comprendre mes états d'esprit) mais je n'en étais pas particulièrement fier (ni honteux).
C'est pas la fierté que je recherchais sur mon blog, ni d'effectuer une démonstration d'intelligence par des propos convaincants et bien structurés.
L'autre jour, je relisais notre aventure au speed dating en novembre 2006. Même si le texte est moyen, je trouve ça le fun de me rappeler de choses spéciales qui se sont passées il y a quelques années. L'aventure la plus spectaculaire restera probablement toujours la fille au bras qui saigne que j'avais rencontrée dans la rue, qui m'avait payé un verre au Turf et qui s'était sacrée à poil dans une ruelle pour que je l'honore. C'est le genre de chose qui ne se passe qu'une fois dans une vie et je suis très content d'en avoir gardé une trace écrite au lieu d'un souvenir qui devient de plus en plus flou avec le temps et qui, 10-15 ans plus tard, nous fait nous demander "coudonc, ça s'est tu vraiment passé?".
Bref, j'ai toujours écrit mon blog pour m'exprimer et non pour échanger avec plein de gens. Je visais beaucoup plus le monologue que la conversation et je n'ai jamais voulu faire partie de la "communauté".
De façon surprenante, le déclin de la "communauté" a fini par m'atteindre. Depuis un moment, la disparition de blogs est nettement supérieure à l'apparition de nouveaux blogs ce qui enlève pas mal de vie. Même si je n'ai jamais aimé grand monde, y'en a quelques uns que j'appréciais qui sont disparus. C'est un peu comme si ma ligue de badminton perdait 75% de ses joueurs dont 3-4 qui étaient mes amis. Même si les 20 ti-counes que je n'aimais pas sont partis, j'ai aussi perdu de vue ceux qui avaient de l'importance pour moi. Et puis, par-dessus tout, mes compagnons des débuts de la ligue ont lâché depuis un méchant bout de temps.
Je m'ennuie un peu de ce qui se passait à Québec y'a 2-3 ans. On était une bonne quantité de blogueurs actifs et même si je ne les aimais pas tous, il y avait un peu d'atmosphère. On aurait dû maintenir les rencontres de blogueurs à une fréquence réduite. Peut-être 2 ou 3 fois par année?
Maintenant, les blogs ne sont plus la saveur du jour. J'ai toujours su que moi, je ne serais pas éternellement la saveur du jour. Ça me surprend de réaliser que j'ai connu un peu de cyber popularité pendant un moment assez long mais ça me surprend encore plus de réaliser que les blogs sont devenus aussi peu populaires. Je pensais que le concept allait rester populaire même si la popularité des individus n'allait jamais durer plus que six mois ou un an.
Beaucoup ont probablement fini par se tanner de me lire toujours dire que la vie c'est de la marde, que les blogueurs sont des loosers, que la fonction publique est remplie de demeurés, etc. Je les comprends! Moi-même, je suis tanné de penser tout ça depuis des années. Les seuls textes qui ont été plus jovialistes ou émotifs ont été ceux en réaction à la naissance de mon garçon et c'était à la limite du fif. Outre ces écrits, rien n'a changé et je crois que rien ne changera jamais. Mes propos de 2005 seront probablement toujours valides pour moi en 2030. Faudrait peut-être que je lise des livres de philosophie orientale pour apprendre à être plus zen. Mais sibole, ça me tente pas. Je suis comme ça et c'est dans mon ADN. C'est pas un livre qui peut défaire des liaisons d'ADN…
Ma job me déprime un peu et quand c'est le temps de changer mon mot de passe pour me connecter, je suis rendu à inventer des trucs comme "gangdelopettes" ou "mangezunchar" pour envoyer chier mon entourage sans que personne ne s'en rende compte. Mais comme j'ai tellement chialé sur mes jobs antérieures, j'ai pas le goût de continuer dans la même veine. Je suis un peu prisonnier de mon confort et même si je me considère inutile au boulot, je suis convaincu que je ne gagnerais jamais aussi bien ma vie ailleurs. Ça fait que j'avale ma pillule pis je me dis qu'au moins, j'ai le rock and roll.
En fin de semaine, j'aurai 31 ans. Dire que le 1/6ème de ma vie est couvert sur mon blog… J'aurais jamais pensé me rendre là quand j'ai commencé. C'est devenu mon occupation la plus fréquente et la plus durable. Je ressens de moins en moins le besoin de l'entretenir parce que j'ai l'impression que je ne ferais que me répéter. Je pense toutefois que dans mon ADN, y'a aussi quelque chose qui fait que j'éprouve une grande angoisse par rapport à la vitesse à laquelle va la vie et à la disparition dans le néant des moments vécus. Ce qui me force à conserver une trace écrite à quelque part.
Même si la quantité de textes marquants pour moi est minime (peut-être 10 textes sur 730), je suis très content d'avoir eu ce blog pour me souvenir de gens et de moments qui ont été marquants mais qui sont maintenant derrière moi.
vendredi 14 mai 2010
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7 commentaires:
Les Blogs n'ont jamais été à la mode ;)
Bonne fête!
je trouve ça sympathique les blogs à québec parce qu'on y retrouve un peu de notre vie aussi... moi je t'ai abordé un soir sur un banc et j'ai retrouvé l'histoire dans ton blog.
j'ai aussi reconnu ma copine avec qui tu avais eu une date ratée.
et j'ai failli aussi t'aborder quand j'ai vu la longueur de la file d'attente pour les macarons du festival !
même si tu n'écris plus aussi souvent j'aime te lire.
Heu... j'espère que tu parles pas de fermer là ! Je sais que ça fait son temps les blogs, mais bon, c'est toi qui décide le chemin que tu veux lui faire prendre ... beaucoup, à mon humble avis, ont fermés parce qu'ils devaient sentir qu'ils avaient fait le tour ...
Comme c'est a ton tour de te laisser parler d'amour en fin de semaine, amuse toi bien, fais toi plaisir, amuse toi bien.
Bonne fête encore et au plaisirs de continuer de te lire.
J'ai 48 choses à répondre au sujet de ta réflexion... mais je suis trop paresseuse pour les écrire... Alors, bon, je me contenterai de te souhaiter un bon anniversaire.
Et j'espère que tu continueras à écrire encore un bout.
Bon anniversaire!
J'espère que ce n'était pas un adieu.
Depuis que j'ai connu ton blogue, je suis devenue accro... J'ai lu l'intégralité de tes archives dans mes pauses SYNDICALES! Et je trouve que tu abordes les choses avec un angle qui fait du bien parce que ça fait sortir le méchant en moi...
Et puis, des sujets à aborder, il y en a autant qu'il existe de choses dans la vie... Il y aura toujours quelque chose à dire!
Bref, je vais me résigner si tu quittes, mais je serai là pour te lire et t'écrire si tu restes!
C'est drôle, de temps à autres tu écris un texte comme ça et on a tous l'impression que tu vas fermer ton blog, mais tu ne le fais pas. Je te dis, un jour, quand tu vas écrire ton vrai texte d'adieu, on te verras même pas venir!
C'est un peu comme l'homme qui criait aux loups...ou qqchose du genre.
Bref, bonne fête et en espérant que toi et ton blog resteront encore un bout.
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