mercredi 14 avril 2010

Norbert et les imprimantes couleur

Il y a un an, je quittais ma job aux côtés de Norbert. J'étais bien content de changer d'air, d'obtenir un meilleur salaire et j'étais aussi content de quitter certains de mes collègues dont une des premières personnes auxquelles j'ai fait référence sur ce blog, soit Norbert (voir "Norbert l'acouphène" dans les archives de novembre 2006).

J'ai toujours éprouvé un certain mépris pour Norbert. Oui ce gars n'avait aucune malice et méchanceté, mais c'était un sacrament de ti-coune qui se pensait vraiment bon et qui n'hésitait jamais à dire qu'il avait réglé plein de problèmes ou à se qualifier lui-même de "Senior" en toute occasion, surtout quand l'occasion ne s'y présentait pas.

Je réussissais quand même à avoir des relations adéquates avec Norbert. Il fallait juste savoir le voir venir. Puisque c'était le genre de gars à raconter tous ses problèmes après le "Salut, ça va?" du matin, j'avais fini par éviter toute forme de salutation matinale et à m'asseoir à mon bureau en silence. Quand je le croisais du regard et que je n'avais pas le choix, je lui disais seulement "Salut (POINT)". J'avais ainsi réussi à réduire de façon notable les monologues de Norbert.

Comme ça, c'était ben correct même si ça m'arrivait encore d'entendre Norbert raconter tous ses problèmes de maux de dos ou d'accidents d'auto pendant 5 heures à 8 différentes personnes au téléphone. Enfin, disons que pour le reste de l'histoire, mon lecteur MP3 a fait une grosse différence dans mon exposition aux monologues de Norbert.

BOND D'AU MOINS UN AN DANS LE TEMPS

Contre toute attente, j'ai croisé Norbert hier, en fin de journée. Puisque je l'avais croisé dans un 5 à 7 récemment, je savais qu'il venait de changer de job. Je me suis donc informé à propos de son nouveau poste.

"Pis, t'aimes tu ça ta nouvelle job?"
"Pas pire… Ben, c'est de l'adaptation, faut tout recommencer à zéro. Pis en plus j'ai pas d'imprimante couleur ici…"

Quand on me dit des choses comme ça, je pose toujours une deuxième question détournée pour m'assurer que j'ai bien compris. Est-ce qu'une personne normale peut vraiment tenir compte de l'accessibilité à une imprimante couleur dans l'appréciation de son travail?

Je lui ai donc demandé s'il avait une imprimante couleur dans son ancienne job. Il m'a dit "Ben oui, tu t'en rappelle pas?".

Je m'en rappelais pas, effectivement. Mais ça m'a confirmé qu'on parlait bel et bien d'imprimante couleur et de plaisir au travail.

Après ça, Norbert m'a dit que lorsqu'il avait annoncé son départ pour une nouvelle job, le téléphone arrêtait plus de sonner: les ressources humaines, la comptabilité, tout le monde s'inquiétait de ce qui allait se passer si Norbert quittait son poste. Après tout, selon ses propres dires, Norbert était un expert. Bref, l'absence de Norbert allait créer un trou noir qui allait faire s'auto-détruire tout son ex-milieu de travail.

Le problème, c'est que cet expert porte des souliers à velcro et des petits sacs de voyage en cuir attachés autour de la taille au travail. Je l'ai même déjà vu venir travailler vêtu d'un chapeau avec une plume jaune ou d'une autre couleur qui fesse. On aurait dit une joke, mais c'était pas une joke.

On devine qu'il est important d'avoir confiance en soi ainsi pour se donner de la valeur en entrevue quand notre accoutrement et nos sujets de discussion font l'effet inverse.

(Ce texte est dédié à mon ami Mike Boy).

3 commentaires:

Mayieve a dit…

"On aurait dit une joke, mais c'était pas une joke." haha Tu sais, ça me fait penser à milton dans office space.

Je pense qu'on a tous un Norbert dans notre entourage...

Isablabla a dit…

HAHAHAHAHA! J'en veux encore des histoires de ti-coune... C'est très drôle!

Le Voyou du Bayou a dit…

Mayieve: Ça me dit rien "Office Space", je vais checker ça sur Youtube...

Isa: Malheureusement, il est plus dans mon entourage. J'ai pas d'autre ti-coune à portée de main pour le moment!