Ça faisait combien de temps qu'on parlait d'aller en Islande? Au moins 6 mois et peut-être même un an… Oui, ça devait faire à peu près un an que je regardais les prix sur Expedia histoire de savoir quel était le meilleur moment pour s'y rendre sans payer trop cher. Et à compter de janvier de cette année, j'ai commencé à faire toutes les combinaisons possibles pour en arriver au meilleur rapport qualité-prix. J'ai finalement trouvé qu'on pouvait économiser 50% sur le coût total du voyage en partant de Boston.
Peu après que les billets pour l'Islande aient été achetés, il y a environ 2 mois, j'ai commencé à me préparer pas mal, en visitant un paquet de sites Internet qui parlaient des attraits du pays, des sites incontournables, des meilleures compagnies de location d'auto, des meilleurs hôtels. Je me suis pris un livre sur l'Islande à la bibliothèque, j'ai lu des blogues traitant du pays et j'ai même mis du Bjork sur mon lecteur MP3.
Mercredi dernier, on est partis de Montréal pour Boston en autobus. Le trajet se déroulait de nuit et on a pas beaucoup dormi, principalement parce qu'on est restés pognés aux douanes pendant deux heures et demi, soit pendant que deux douaniers ont décidé de jouer aux zélés au beau milieu de la nuit en posant un paquet de questions à tous les passagers et en fouillant l'autobus au complet. C'est sûr que le vieux cambodgien qui avait une valise pleine de poissons n'a pas aidé à la rapidité du processus. Mais personnellement, si j'avais été douanier, j'aurais pas vu de menace à ma nation dans une valise remplie de poissons. Sacrés Américains, ils sont vraiment en train de devenir fous avec la sécurité nationale.
Le délai a fait en sorte qu'on est arrivés à Boston environ deux heures après l'arrivée établie, soit vers 8h30 du matin. On était fatigués, mais comme notre vol n'était qu'à 21h30, on a marché dans Boston jusqu'au milieu de l'après-midi, avec tout notre stock. Nous sommes arrivés à l'aéroport vers 15h et avons bretté en attendant l'ouverture des guichets d'Icelandair prévue à 18h.
Peu après 18h, on a remarqué que la file devant le comptoir d'Icelandair grandissait sans cesse et que les préposés n'avaient pas l'air d'être très vites. On a patienté pour que la file se réduise un peu, bien assis sur les bancs de l'aéroport.
Vers 19h ou 20h, on a annoncé à l'intercom que l'aéroport de Reykjavik était fermé. Un peu plus tard, on nous a dit qu'on nous proposait un vol vers Glasgow, puis vers Oslo, puis vers Akureyri, une petite ville au nord de l'Islande. De là, un autobus nous mènerait dans la capitale après un trajet d'environ 4 heures.
Quoi??? J'avais jusque là suivi minutieusement les vols Boston-Reykjavik et la fumée du volcan n'avait jamais eu d'impact sur cet itinéraire. Ce n'est que la journée précise de notre départ que les choses s'étaient gâtées alors que ça commençait pourtant à se rétablir pour les vols entre l'Europe et l'Amérique. Bref, ça me semblait pas mal plus parti pour s'améliorer que pour s'empirer.
On ne savait rien de l'horaire associé à la proposition de trajet d'Icelandair. Est-ce que ça allait s'étirer sur deux jours? Est-ce qu'on allait poireauter à Glasgow pendant 48 heures? Est-ce que l'Islande allait devenir une zone infréquentable pendant nos escales? Comment est-ce qu'on allait se débrouiller avec notre réservation d'auto (prise à l'aéroport situé à 50 km de Reykjavik) si on ne passait pas par cet aéroport? Comment est-ce qu'on allait se débrouiller avec notre réservation d'hôtel si on arrivait là-bas 2 jours plus tard? Comment on s'adapte en une heure à un changement d'importance comme celui-là après 2 mois de préparation?
La réponse, c'est que c'est tough en criss de se revirer de bord à la dernière minute quand on a ordonné un paquet de choses qui deviennent soudainement désordonnées.
J'avais le goût d'y aller pareil, parce que rendu là, je trouvais qu'on avait fait un trop gros bout de chemin pour revirer de bord. Aimepé avait l'impression que les choses allaient peut-être s'empirer et voulait laisser tomber pour revenir à la maison.
Comme on n'avait que 5 minutes pour réfléchir entre les derniers détails divulgués et le décollage du vol, on a décidé de laisser tomber. On s'est pris une chambre d'hôtel à 200$ au centre-ville de Boston et puis on est repartis le lendemain après-midi pour Montréal, en autobus.
J'étais complètement dégoûté de la vie. Pendant deux jours, je me suis imaginé avec une bombe nucléaire attachée sur le corps et j'avais le goût de me faire exploser ainsi que toute la ville de Boston. C'est peut-être la fois où j'ai été le plus dégoûté/découragé de toute ma vie.
Quatre jours plus tard, c'est pas mal moins pire. C'est certain que ça m'écoeure en criss de retourner à mon ostie de job plus tôt que prévu. Je me serais aussi passé de faire l'épicerie du dimanche et tout le reste de la routine habituelle juste pour une semaine. Ça m'aurait pas dérangé du tout de me rendre en Islande et de rester pogné là-bas plus longtemps que prévu à cause du volcan. En fait, j'aurais même aimé ça.
D'un œil externe, un voyage annulé, c'est assez banal. Par contre, quand on l'attend depuis un an et qu'on a l'impression qu'on va vivre quelque chose d'unique, c'est vraiment vraiment vraiment pas le fun. Je dirais quasiment que je souhaite pas ça à mon pire ennemi.
Ce qui est surprenant, considérant le fait que je souhaiterais probablement un cancer à mon pire ennemi.
lundi 26 avril 2010
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8 commentaires:
Ah shit! Ça écoeure ça! Ok, c'est peut-être plus safe comme ça, mais ça pète une bulle solide quand tu attends un voyage depuis des mois pis que, comme tu dis, en dedans d'une heure avant le départ tu abandonnes le projet...
Va falloir penser à une autre destination j'crois ;)
Maudit sont les volcans.
Je suis déçue pour toi ...
Quelle déception! On peut dire que tu as vécu quelque chose "d'unique"...mais malheureusement pas vraiment au sens que tu l'espérais...
Ah ÇA!... ça c'est pas de change :(
That sucks. Est-ce que vous allez repousser le voyage est c'est tout simplement mort?
quebecparis: Je pense que l'Islande n'est plus recommandable pendant un moment. Moi en tout cas, j'ai pas le goût de racheter des billets en risquant de devoir redemander un remboursement...
En tous cas, si tu rachètes des tickets évite le Chili, Sumatra, la côte ouest américaine, Haïti, etc. Vas y avec une destination hyper safe, genre St-Roch de l'Achigan!
C'est vraiment moche... je suis désolée pour toi!
Je sais la déception que ça peut faire! Ça m'est aussi arrivé!
Ce n'est que partie remise ;)
arhg c'est poche, mais imagine la longueur du voyage s'il avait fallu que tu prennes 3-4 vols.. ouff, j'ose meme pas y penser.
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