jeudi 31 décembre 2009

Résolution pour 2010

Comme j'ai passé les dernières journées à faire une revue complète de ma vie, je n'ai pas vraiment le goût d'effectuer une revue de mon année 2009...

Au lieu de regarder en arrière, je vais regarder en avant. Pour ce faire, quoi de mieux que d'appliquer le bon vieux principe des résolutions annuelles?

Comment devenir une meilleure personne en 2010? Où est-ce que j'ai le plus de chemin à faire?

Comme je vis bien avec ce que je suis, j'aurais tendance à dire que je n'ai rien à faire pour être mieux dans ma peau. Mais si je me sors de ma petite personne et que je situe dans une collectivité, là, j'ai probablement des choses à travailler pour devenir une meilleure personne.

Ça fait que je vais m'efforcer d'être plus empathique à compter de 2010. Je pense que ça va être juste assez difficile pour que je n'aie pas le goût d'aller plus loin dans ma liste de résolutions.

Sixième partie: 1998-2001

J'ai détesté mes années à l'Université Laval. C'est sans doute la période de ma vie pour laquelle j'éprouve le moins de nostalgie.

En septembre 1998, déguisé en mousquetaire, je me rendais à l'Université Laval pour mon initiation au baccalauréat en enseignement secondaire. Rendu sur place, je suis déconcerté en réalisant qu'il ne se passe rien à cette initiation là. Nous sommes tous réunis entre deux pavillons et nous glandons. Ça commence bien.

Malgré ces débuts peu prometteurs, je ferai vite la connaissance de plusieurs personnes, dès la première semaine de cours. La plupart des gens étaient bien sympathiques. Je me rappelle d'une soirée de party, dans la première semaine de cours, où je serai allé me présenter à la plupart des étudiants du bac. J'avais été surpris de constater à quel point tout le monde était gentil.

Si les étudiants étaient sympathiques, les cours m'écoeuraient tous plus les uns que les autres. Particulièrement les cours reliés au domaine de l'enseignement. Je me rappelle entre-autres d'un cours intitulé "L'adolescence" qui me répugnait au plus haut point (fait surprenant puisque j'aimais et avais de bonnes notes à mes cours de psychologie du cégep). Il n'y avait rien de trop compliqué dans ce cours, mais on disait entre autres qu'il fallait accepter les adolescents qui écoutent de la musique de marde comme du rap. J'avais bien beau comprendre qu'il fallait faire preuve d'ouverture d'esprit envers les jeunes, y'était pas question que je coche sur un questionnaire que le rap était une musique qui valait tous les autres styles de musique.

Je suivais également un cours de géographie intitulé "Carte du monde". Ce cours m'a toujours laissé perplexe car tout ce qu'on avait à y faire, c'était de mémoriser par coeur toutes les grandes villes et tous les fleuves de tous les pays du monde. En quoi est-ce que c'est nécessaire de passer par cinq années d'études secondaires et deux années d'études collégiales pour se retrouver à apprendre des lieux par coeur?

Je pourrais revenir sur chacun de mes 5 cours de cette session avec le même verdict. Je n'ai rien aimé.

Parallèlement à tout ça, moins d'un mois après le début de la session, je me suis mis à angoisser quant à mes chances de me trouver une job à temps plein en finissant mes études. À force d'écouter mes collègues étudiants et à réfléchir par moi-même, j'en suis venu à la conclusion que j'allais probablement terminer mes études et me retrouver sur appel pendant 8 ans. Huit années à manger du beurre de peanuts et à ne pas avoir de revenu fixe. Huit années à devoir être mentalement prêt à me faire appeler à 6 heures du matin pour un remplacement. Et ainsi de suite...

Ça fait que je me suis décidé à me réorienter immédiatement. À peine 2 ou 3 semaines après le début de la session, je me suis inscrit au cégep Limoilou, au cours de mathématiques 103. Mon plan était de terminer cette session au bac en enseignement en même temps que je faisais mes maths 103. Ensuite, à la session d'hiver, j'allais faire mes maths 105 et 203 en même temps que j'allais suivre deux cours du bac en administration aux études libres.

Tout s'est assez bien déroulé. J'ai eu de bonnes notes à mes cours de mathématiques et à mes cours d'administration. C'était suffisant pour que j'aie l'impression d'avoir fait un bon choix.

En septembre 1999, j'entrais officiellement au baccalauréat en administration des affaires. Je faisais partie de la première cohorte du programme Ulysse. Ce programme nécessitait l'achat d'un ordinateur portable au modique coût de 3000 ou 3500$. Je réalisai bien vite que l'ordinateur ne servait à rien du tout, à part pour ceux qui n'en avaient jamais possédé et qui allaient apprendre les diverses utilités de cet outil.

Parmi ces utilités, les principales exploitées par les étudiants ont été le "chat" sur ICQ et le download intensif de MP3 pendant les cours. Je me rappelle d'ailleurs principalement de mon ordinateur portatif pour ses performances exceptionnelles de download sur le réseau ultra-rapide de l'Université Laval.

Qu'est-ce que j'ai tant détesté du bac en administration? Tout. J'ai détesté la plupart des étudiants avec qui j'ai dû travailler au sein de travaux d'équipes. J'ai détesté la plupart de mes profs qui étaient soit hautains, distants ou mauvais vulgarisateurs. J'ai détesté avoir à m'acheter un ordinateur pour 3000$ sans qu'il ne serve vraiment. Si je me force, je suis capable de continuer comme ça encore longtemps. Je suis doué pour me conditionner à haïr des choses.

Je crois que les étudiants en administration de cette année là (et peut-être de toutes les autres années, qui sait?) étaient des gens limités. Je me rappelle avoir été consterné à plus d'une reprise par les raisonnements de mes collègues. Je relaterai un exemple qui m'a marqué plus que les autres: dans un cours de management, nous devions écrire un plan d'affaire pour la mise en marché d'un nouveau produit qui était une sorte de véhicule tout terrain s'apparentant à un 4-roues. Au moment de discuter du prix de vente du produit, un de mes coéquipiers a dit: "On pourrait le vendre... mettons... 3000$!". J'avais les jambes sciées. Le but du cours était de détailler la mise sur pied d'une entreprise et lui fixait en moins de 5 secondes le prix de vente de notre unique produit (sans considérer les coûts de production, les prix des compétiteurs, etc)...

J'ai eu d'assez bonnes notes tout au long du bac. J'ai eu quelques A+ et ma plus basse note a été de C au premier cours de finance (si je me rappelle bien, la moyenne du groupe a été d'environ 40% dans ce cours...)

En terminant mon baccalauréat, en juillet 2001, j'ai connu l'illumination. J'étais soudainement humble comme jamais. Je venais de terminer 15 ou 16 années de scolarité et je ne connaissais RIEN. Je ne savais rien faire de concret. J'avais oublié au moins la moitié de tout ce que j'avais appris à l'Université. Tout ce que j'avais appris à faire, c'était de m'organiser par moi-même pour bien travailler, respecter les échéanciers, être méthodique et rigoureux. Mais au-delà de ça, je ne me rappelais pas de grand chose.

mercredi 30 décembre 2009

Cinquième partie: les étés 1998 et 1999

Dans la chanson "Summer of '69", Bryan Adams nous parle des "meilleurs jours de sa vie". J'imagine que tout le monde garde le souvenir d'une période spéciale comme ça. Pour moi, ce furent les étés 1998 et 1999.

Tout avait commencé à l'hiver 1998. Je me disais alors qu'il était temps pour moi de trouver un premier vrai emploi d'été. Jusque là, je n'avais accompli que de petits boulots éphémères: j'avais goûté à un licenciement hâtif dans le cadre de ma carrière de cueilleur de fraises en 1993. À l'été 1997, j'avais travaillé une seule journée dans un terrain de camping, le temps de pelleter un tas de terre noire. Je n'avais pas été rappelé par le propriétaire du camping en question. J'imagine que je n'avais pas été un pelleteur à la hauteur. Ou peut-être que j'avais représenté la main d'oeuvre idéale pour faire cette job de merde et ne plus être rappelé par la suite...

Ainsi, en janvier ou février 1998, en voyant un avis de recherche d'animateurs de terrain de jeux dans le journal local, j'ai décidé de postuler. Je ne sais pas jusqu'à quel point le poste m'attirait mais je suis convaincu que ça me convenait plus que n'importe quel travail manuel.

C'est vers la fin juin de la même année, après quelques rencontres et formations, que j'ai commencé à être animateur. Bien que je me sois senti un peu en dehors de ma zone de confort lors des premières rencontres, j'ai fini par bien m'intégrer aux autres animateurs. Cynthia, la responsable, semblait beaucoup m'aimer, ce qui était un avantage non négligeable pour mon intégration. Je me rappelle qu'à la fin d'une des soirées de formation, tous les animateurs étaient réunis dans un coin de salle. En arrivant, Cynthia m'avait sauté dans les bras sans raison. Je n'ai jamais compris pourquoi c'était arrivé mais j'ai au moins réalisé que j'étais au moins un peu apprécié par la boss.

À bien y penser, les deux raisons principales qui m'ont fait apprécier ces périodes estivales ont été le fait que j'ai été leader d'un groupe de jeunes et membre d'un groupe d'animateurs.

J'ai eu la chance d'être l'animateur de très bons groupes de jeunes de 10 ans au cours de ces deux étés. À chaque année, j'avais avec moi quelques petits leaders qui étaient derrière moi et qui me faisaient parfois sentir comme le gourou d'une secte (ce qui n'est pas quelque chose de désagréable). Je crois que, hormis quelques rares jeunes, la plupart m'aimaient bien. Contrairement aux autres animateurs, j'ai toujours vu les enfants comme des amis plutôt que comme des clients, ce qui faisait nuance d'avec l'approche préconisée. D'ailleurs, je me rappelle que Catherine, la responsable de l'été 1999 (que je n'appréciais guère... et vice versa) m'avait un jour demandé comment je me voyais. Je lui avais répondu "comme un entertainer" et j'avais remarqué qu'elle n'avait pas apprécié ma réponse. Pour elle, nous étions plus que ça. Nous avions un rôle éducatif à jour, ce qui me paraissait très prétentieux et pas conforme avec ce qui m'apparaissait être le souhait des jeunes dans mon groupe. Les petits gars de 10 ans veulent jouer et brûler de l'énergie, pas apprendre des notions de morale (bien entendu, si ça se chamaille ou ça s'écoeure, l'animateur doit intervenir, mais c'est la seule situation où les leçons de morale sont justifiées dans un terrain de jeux).

Enfin, je pourrais argumenter longtemps là-dessus avec tous les professeurs du monde entier qui pensent que, dès qu'on évolue auprès des jeunes, on a un rôle éducatif à jouer. Je pense tout de même que ma conception des choses a bien fonctionné puisque plusieurs jeunes de ces années là se sont par la suite retrouvés dans ma liste ICQ et dans ma liste MSN. Longtemps après avoir quitté le terrain de jeux, j'ai organisé un feu annuel en arrière de chez mes parents intitulé le "By the fireplace". J'y invitais les jeunes qui avaient eu le plus d'importance pour moi. On y buvait de la bière, on composait des chansons,on racontait des niaiseries en masse et, la dernière année (2006), j'avais fait imprimer des T-Shirts du By the fireplace et nous avions mangé une langue de porc tous ensemble. C'était mon événement annuel préféré, loin devant tout le reste. Je ne crois pas que d'autres animateurs aient fait quelque chose de semblable avec d'anciens "clients".

Le deuxième aspect qui a fait de cette période un moment mémorable, ce fut l'ambiance et l'esprit d'appartenance à un groupe d'animateurs. Il n'y avait pas de chicane entre les animateurs, on essayait tous de créer une ambiance dynamique et amusante. On faisait des partys le soir. On organisait des échanges de cadeaux hebdomadaires (les amis secrets), il y avait des projections de film en plein-air et ainsi de suite... De plus, sans le vouloir, j'ai suscité de l'intérêt chez 3 ou 4 belles filles au cours de ces étés là ainsi qu'auprès de 2 ou 3 adolescentes fréquentant le terrain de jeux. En fait, j'ai récemment réalisé que, 10 ans plus tard, j'allais littéralement passer des milliers d'heures sur les sites de rencontre pour faire la connaissance de filles beaucoup moins intéressantes que celles que j'ai connues au cours de ces deux étés là. Près de dix années plus tard, au lieu d'évoluer, j'étais passé à un niveau bien inférieur...

Au cours de mon premier été, un autre animateur m'avait surnommé Patou. En l'espace d'une ou deux journées, tous les gens fréquentant le terrain de jeux s'étaient mis à m'appeler ainsi, ce qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne m'a jamais dérangé. Quelques années après avoir quitté le terrain de jeux, il m'arrivait encore de croiser dans la rue des jeunes qui m'appelaient toujours ainsi.

Parfois, j'entends la chanson "The boys of summer" de Don Henley à la radio et je me dis que ce serait la chanson idéale pour repenser à ces étés là avec nostalgie. Je ne sais pas jusqu'à quel point j'en suis nostalgique et à quel point ce serait plaisant de revivre ces étés là. Je sais par contre que ce fut la période la plus colorée et amusante de vie.

mardi 29 décembre 2009

Quatrième partie: 1996-1998

Si on se fie aux autres transitions scolaires de ma vie, on pourrait anticiper que j'ai pleuré pendant toute ma première session au cégep de Ste-Foy.

Mais non, car c'est ici que se situe une nette coupure avec le reste de mon parcours scolaire. Car de toutes mes années d'école, ce furent assurément celles passées au Cégep qui furent les meilleures.

Si je n'avais qu'à utiliser un mot pour décrire le Cégep, ce serait le mot "filles". Après avoir passé cinq années dans une école où les classes étaient généralement composées de 4 à 10 filles (4 filles dans ma classe de secondaire 1 contre peut-être 8 ou 10 filles dans ma classe de secondaire 5), je me retrouvais maintenant dans un milieu composé à plus de 50% de filles, et, comble de l'amélioration de situation, une impressionnante quantité de ces filles étaient belles ou très belles. Je ne crois pas, par la suite, avoir fréquenté un milieu aussi fertiles en jolies filles que le Cégep de Ste-Foy.

Un autre aspect qui me plaisait du cégep, c'était l'étendue des gens et des lieux qu'on y trouvait. Il y avait la COOP étudiante où on faisait presque tous nos achats. Dans l'aile H se trouvaient les artistes (H pour haschish). Il y avait une immense cafétéria de deux étages. Dans cette même cafétéria se trouvaient quelques regroupements particuliers, dont une table de déficients et de ti-counes qui s'échangeaient des cartes de Magic The Gathering. À l'association étudiante, on retrouvait quelques petits politiciens en herbe qui voulaient faire des grèves pour n'importe quelle niaiserie (on a d'ailleurs eu quelques grèves pour des niaiseries). Il y avait un journal étudiant dans lequel j'ai tenté, sans succès, d'écrire. Il y avait la radio-étudiante à laquelle j'ai participé le temps d'une session avec mon émission sur le rock classique. Je crois que mon émission n'a été acceptée que parce qu'une plage horaire était libre et que personne d'autre que moi n'avait postulé (j'ai toujours été déphasé par rapport à ma génération pour la musique).

Mais parmi tous les endroits du Cégep, mon lieu préféré était assurément la bibliothèque. Je m'y rendais pour faire mes travaux et devoirs mais aussi pour regarder toutes les créatures du bon Dieu qui y passaient du temps. C'était merveilleux.

J'aimais beaucoup l'autonomie du cégep. Le concept de "trous" entre les cours me plaisait énormément. Je pouvais faire ce que je voulais. Je me souviens d'être parti à pied du Cégep (en passant par cet endroit étrange qu'était le Campus de l'Université Laval) pour me rendre au Archambeault du Boulevard Laurier pour aller y lire des livres dans les allées.

Mais l'utilisation la plus mémorable que j'ai faite de mes trous fut sans doute de me rendre au bar La Relève à quelques reprises en après-midi, entre deux cours. J'allais y boire plusieurs pichets avec mes amis Christian et Erick dans l'unique but de prendre un coup entre cégépiens. Je me rappelle entre autres avoir été complètement saoul lors d'un cours de philosophie. Puisque je ne comprenais pas grand chose à la matière en étant à jeun, j'allais peut-être saisir où le prof voulait en venir avec quelques pichets dans le corps.

J'ai suivi des cours d'éducation physique bizarres puisqu'on m'accordait toujours mes derniers choix (on devait faire 4 ou 5 choix de cours d'éducation physique et on me graciait toujours de la dernière ou avant-dernière position). J'ai donc hérité des cours de jogging, relaxation et finalement, de tai-chi. Mon cours de jogging fut dispensé par Marcel Bouchard, le chroniqueur sportif de TVA. Marcel aimait beaucoup jogger avec les jolies filles de la classe, groupement dont je ne faisais pas partie. Je me rappelle avoir fait un exposé oral dans ce cours où Marcel pleurait tellement il riait. J'avais dit quelque chose comme: "Avant de faire de l'exercice, il faut s'assurer d'avoir mangé une ou deux heures au préalable car sinon, on peut vomir et ce n'est ni pratique, ni agréable". Bon, c'est pas particulièrement drôle, mais dit de façon sérieuse lors d'un exposé oral, c'est un peu plus amusant, j'imagine.

Je n'ai pas eu une très bonne note pour ce cours (ni pour cet exposé j'imagine?) ainsi que pour tous les autres cours d'éducation physique. J'ai d'ailleurs subi une humiliation suprême dans le cours de tai-chi. Nous pratiquions notre "forme courte" ou une quelconque autre série de mouvements lorsque le prof est passé à côté de moi en disant "C'est pauvre". J'essayais pourtant de faire de mon mieux et je n'ai jamais compris pourquoi mon prof avait été aussi dur à mon endroit ce jour-là. Quoiqu'il en soit, j'espère que ce vieux calisse est mort aujourd'hui.

En repensant à cette époque, je me souviens de plusieurs personnes et de certains cours que je n'ai vraiment pas apprécié. Heureusement, ce qui était bien, c'était que la plupart des gens n'étaient avec moi que dans un seul cours, deux si j'étais chanceux/malchanceux. Je n'ai donc pas trop rêvé de tuer des gens à cette période de ma vie. Malgré tout, les travaux d'équipe me servaient plus à détester les gens qu'à m'y faire des amis. En fait, à cette époque, je ne détestais pas explicitement les gens. Je crois que j'étais un peu plus subtil, notamment en les écartant. À ce sujet, je me rappelle d'un cours de méthodologie du travail en sciences humaines où j'ai dit à la fille qui était avec moi lors du travail précédent que j'allais être seul pour le prochain travail (au travail prédécent, elle n'avait pas fait grand-chose et ce qu'elle avait fait était mauvais). Je me suis retrouvé avec une note parfaite avec cet autre travail. Peut-être cela a t-il contribué à me faire comprendre qu'on n'était jamais si bien servi que par soi-même?

Je m'étais dirigé en sciences humaines dans le but de devenir géographe, historien ou démographe. J'entendais souvent dire que ces domaines n'étaient pas très prometteurs mais j'étais persuadé que seuls ces sujets m'intéressaient au point d'en faire une carrière. Au moment de faire mon choix pour l'Université, au début de 1998, j'ai coché "Enseignement secondaire de la géographie et de l'histoire" comme premier choix et "Géographie" ou "Histoire" en deuxième, sur le formulaire. Je me disais que l'enseignement me permettrait de me trouver une job et les sciences humaines, d'aimer ma job.

J'ai passé une entrevue de groupe à l'Université pour entrer au B.E.S.S. J'y ai très mal performé. J'écoutais les gens s'obstiner entre eux telles de petites bolles du secondaire et ça ne me tentait vraiment pas de débattre avec ce type de gens. Heureusement, le dossier académique avait une plus grande importance que l'entrevue, ce qui m'a permis d'être accepté au Bac. Entre-temps, je m'étais renseigné et j'avais finalement compris que j'avais plus de chances de me nourrir de beurre de peanuts à long terme en étudiant en géo ou en histoire que dans un domaine plus pratique.

C'est ainsi qu'en l'espace de quelques semaines, quelque part au début de 1998, j'ai décidé de devenir professeur au secondaire.

lundi 28 décembre 2009

À travers les sapins verts, c'est l'hiver...


Ça me tentait de partir une tradition saisonnière ou annuelle aux côtés de poupon. Comme les suggestions ne viennent pas souvent de lui, j'ai imposé une promenade en traineau dans le boisé, pas très loin de la maison. Quoi de mieux que de se retrouver dans la nature entre hommes?

Ça m'aura pris presque 5 ans avant de m'aventurer dans ce coin si proche. Encore une fois, je réalise que, dans la vie, on cherche toujours à visiter des endroits éloignés avant de connaître son environnement rapproché. Comment ai-je pu aller faire le Chemin de Compostelle et visiter l'Ouest américain sans connaître ce qui se trouvait à moins de 500 mètres de chez moi?

J'étais tout seul avec poupon dans ce sentier semi-épeurant. J'ai croisé deux individus louches (un monsieur qui me tournait le dos, assis sur une genre de vieille caisse vide, et qui ne s'est jamais retourné à mon approche, pareil comme dans un film d'horreur... et puis ensuite, un ado sans manteau d'hiver qui courait face à moi). Mais enfin, je me sentais inatteignable avec mon poupon, symbole de pureté auquel personne ne peut toucher sans aller en enfer par la suite.

C'était donc un très beau sentier qui semblait toutefois être fréquenté par des gens particuliers. Un jour, si je tue quelqu'un et que je cherche un endroit pour l'y enterrer discrètement, je songerai probablement à ce coin là. Ou peut-être pas, vu que je suis en train, comme un bel épais, de laisser des traces de ma démarche.

Au lac Baïkal

Criss que c'est pas facile d'écrire quelque chose à tous les jours et d'être intéressant en plus. Je crois qu'en réussissant le test de la fréquence, j'échoue automatiquement le test de l'intérêt.

Mais bon, plus que 3 jours à faire. Après ça, je prends des vacances au Lac Baïkal.

dimanche 27 décembre 2009

Trois mois de vie

Aujourd'hui, mon bébé a 3 mois. Le temps passe vite. Bon, c'est certain que d'entendre des jeunes mères de famille dire "Eh que ça passe vite, son linge de bébé naissant lui fait déjà plus!", c'est un peu plate à entendre et j'ai l'impression que de suivre ce fil conducteur me ferait vite glisser sur ce terrain.

Mais, il y a un an, le bébé n'était même pas conçu et aujourd'hui, il se tient parfois sur ses deux pattes pendant quelques secondes (avec du soutien). Il est même capable de marcher si on lui tient les mains. Il sourit et jase un peu (débuts de gazouillis). C'est un gros bébé mollo qui fait de bonnes nuits de 10 ou 12 heures parfois. Lorsqu'il pleure, ça ne dure jamais bien longtemps et ça lui arrive toujours de s'endormir sur la job ou sur ses débuts de pleurs.


C'est vraiment spécial, un nouvel être humain. Aucune ride, aucune tache sur la peau, tout est lisse. Ses petits yeux sont ronds et un peu globuleux. Depuis quelques semaines, poupon se fait des réserves de gras de bébé pour ses poussées de croissance à venir. Souvent, quand je le vois dormir longtemps (c'était particulièrement le cas durant ses premières semaines de vie), je me dis qu'il se repose pour sa longue vie à venir.

Et quand on lui souffle dans le nombril, il ne sait pas trop s'il doit rire ou si c'est une pratique normale de l'existence...

samedi 26 décembre 2009

Troisième partie: 1991-1996

Selon ma mère, j'ai pleuré tous les soirs pendant mon premier mois au Collège de Lévis. Je ne crois pas que sa version soit exacte. Je me rappelle très bien avoir pleuré le premier soir, et peut-être les 2 ou 3 soirs suivants, mais je ne pense pas que ce soit étiré au-delà d'une semaine. Enfin, jusqu'à maintenant, on peut voir que les transitions de vie ont pour moi été synonymes de braillage.

En changeant complètement d'environnement, je voulais changer d'air, connaître de nouvelles personnes, fréquenter une école privée avec de "bons élèves" comme moi. Je pense que c'était ça la raison principale derrière mon choix d'aller au Collège de Lévis: je voulais être entouré d'élèves stimulants comme on se l'imagine en écoutant les films sur les écoles privées.
Malheureusement, j'ai vite constaté que c'était à peu près la même chose qu'ailleurs. La seule différence, c'est que les très mauvais élèves ne sont pas acceptés et qu'il y avait un code vestimentaire de base (pas de jeans déchirés ou de T-Shirts avec des têtes de mort par exemple). Pour le reste, il y avait quand même de mauvais élèves, de petits bums, des T-Shirts de groupes de heavy metal sans tête de mort et ainsi de suite…

Mis à part un gars de ma classe en sixième année et une amie de jeunesse qui avait un an de plus que moi (et qui ne m'a jamais vraiment parlé pendant que nous étions tous les deux au Collège de Lévis), je ne connaissais personne dans cette nouvelle école. C'était tout un choc d'arriver à un endroit où plusieurs personnes se connaissaient déjà, ayant fait leur primaire ensemble alors que moi, je sortais de nulle part.

J'ai tout de même réussi à me faire 2 ou 3 amis. Je me rappelle que j'ai d'abord fait la connaissance de Steve, un gars vraiment ordinaire qui se pensait bon. On s'est mis à manger ensemble dehors sur l'heure du dîner. Marianne, une des rares filles de ma classe, s'est jointe à nous au cours des premières semaines (le Collège était une école mixte depuis peu). Je me rappelle qu'elle m'avait un jour donné une sandwich au jambon parce que j'avais oublié mon lunch à la maison. Sa sandwich ne goûtait pas aussi bon que les miennes, mais j'avais apprécié le geste. Marianne n'est pas resté dans notre entourage très longtemps. Elle ne me plaisait pas tant que ça, ni Steve d'ailleurs. J'ai pris ce qui pouvait être pris.

Le temps a passé et je me suis adapté tranquillement. J'ai fini par avoir des amis un peu plus compatibles avec moi, notamment Philippe et François. Mon secondaire 1 n'a pas été si mal. Je passais toutes mes heures de diner dans une salle d'étude surveillée par un étudiant du collégial. J'y faisais mes devoirs, ce qui faisait en sorte que je n'avais presque rien à faire chez moi le soir. Je n'étais pas malheureux d'y passer mes heures de diner. Je n'avais pas le goût de me mêler aux autres, de jouer au billard ou au ping pong avec des gens dont je n'avais rien à foutre. J'étais un garçon anonyme, ni aimé, ni détesté. Ça ne me dérangeait pas vraiment, même si je n'étais pas particulièrement heureux ou épanoui.

Mon secondaire 2 a été sans doute la pire année de tout mon cheminement scolaire. Plusieurs petits bums étaient dans ma classe cette année là et j'ai été presque un "rejet". Je me rappelle particulièrement d'un enculé qui s'appelait Dumas qui était sur mon cas (je n'étais probablement pas sa victime principale, mais j'y ai goûté). Un jour, dans un cours, il me donnait des "bines" (coup de poing sur l'épaule) à répétition. Je répliquais en lui en sacrant quelques unes moi aussi. J'étais tellement en maudit à un moment donné que je lui en ai sacrée une très forte et j'ai vu à son visage que ça lui avait fait très mal. Lorsque le cours s'est terminée, j'ai ramassé mes affaires au plus vite pour sacrer mon camp! Même si certains bums de la classe étaient occasionnellement sur mon cas, je ne me laissais pas toujours faire. Je me rappelle que, lors d'un cours de science physique de secondaire 2, pendant que tout le monde faisait ses expériences sur les comptoirs, je m'étais promené au travers des tables laissées désertes et j'avais volé ou déplacé quelques objets personnels de gens que je n'aimais pas. Il n'en demeure pas moins que l'année scolaire 1992-93 reste pour moi un très mauvais souvenir.

À l'été 1993, j'ai eu mon premier emploi d'été chez un producteur de fraises de St-Nicolas. L'emploi n'était évidemment pas compliqué mais assez exigeant. Il fallait ramasser toutes les fraises sur notre chemin et j'allais un peu trop vite. Après m'être fait avertir que je laissais des fraises sur mon passage par une superviseure pas très sympathique, j'ai tout ramassé: les fraises vertes et le foin dans les rangs. J'ai mis ça discrètement au fond de mes casseaux avec le sentiment de performer comme jamais. Mais je me suis fait prendre. Et j'ai perdu ma job après 2 ou 3 jours seulement. Mon père et certains oncles et tantes rient encore de moi avec cette histoire là. Pour ma part, je ne trouve pas ça très drôle.

À partir de mon secondaire 3, les choses se sont améliorées à l'école et ce, d'année en année. Je suis devenu plus offensif, plus baveux (quoi que jamais je n'ai été la menace de la classe) et je n'ai jamais hésité à faire des exposés oraux ou des travaux qui varlopaient mes profs ou collègues de classe. C'est avec Jean Breton, mon professeur de secondaire 3 (mon professeur préféré dans tout mon passage au Collège de Lévis) que j'ai été le plus à l'attaque. Lors des périodes d'écriture libre, je composais toujours des textes qui attaquaient plus ou moins subtilement des professeurs ou des gars de mon degré scolaire que je n'appréciais pas. Je garde un souvenir assez positif de cette année là, pas parce que c'était une année exceptionnelle mais plutôt parce que les choses se sont améliorées pour moi.

En secondaire 4, mon ami Maxime et moi avons fait un exposé oral dans le cours d'anglais. On y disait entre autres que notre prof de science physique jouait dans des films pornos. Quelques jours plus tard, le professeur d'anglais à réagi à retardement. Devant toute la classe, il a dit que nous avions agit comme des hommes des cavernes et il nous a fait sortir de la classe, nous envoyant chez le Directeur. Il nous a fallu écrire un texte d'explication. Puis, on a rencontré la prof qui, à ma grande surprise, s'est mise à pleurer en nous demandant ce qu'elle avait fait pour mériter ça. Je ne comprenais pas l'ampleur que ça avait pris. Ok, c'était pas très gentil, mais cette mention n'avait duré que 2 ou 3 secondes dans un exposé oral beaucoup plus long. Mes parents avaient aussi rencontré ma prof et je pense qu'ils trouvaient la situation un peu stupide. Maxime et moi avons rencontré le Directeur qui nous a dit que nous représentions une mauvaise influence l'un pour l'autre et que nous devrions cesser de nous tenir ensemble. J'avais trouvé cette suggestion stupide considérant le fait que nous n'en étions qu'à notre premier avertissement et que bien d'autres élèves avaient fait bien pire. Quand, par la suite, Maxime m'a dit qu'il pensait que nous devrions cesser de nous voir, je l'ai secoué un peu en lui disant "voyons donc, qu'est-ce que tu dis là toi?". Je le pensais plus solide que ça. En fait, peut-être n'était-il pas si solide à ce moment là, mais on m'a dit, plusieurs années plus tard, qu'il avait fini par voler une banque et faire de la prison. Redressement plus qu'honorable au niveau du courage.

C'est au cours de mon secondaire 4 que j'ai reçu ma première guitare. C'était une El Degas achetée chez Piano Experts à Ste-Foy. C'était une guitare nulle pour débutants nuls, mais ce fut tout de même le début d'une longue passion qui dure encore à ce jour. Au cours de l'année suivante, je recevais régulièrement mon ami Christian chez moi les vendredis ou samedis soirs, pendant que mes parents étaient sortis. Nous composions alors des chansons en buvant de l'orangeade cheap (Nesbitt). Parmi ces chefs d'oeuvres, on compte les chansons "Fuck l'éducation" et "Le B.S. solitaire". Le but principal était de mettre au moins un sacre par chanson. C'était le bon vieux temps.

C'est également au cours de cette année là que je suis sorti pour la première fois dans un bar avec ma sœur et quelques uns de ses amis. Nous étions allés au Paladium et, à ma grande surprise, j'avais réussi à entrer sans problème. Une fille m'avait dévisagée tout au long de notre présence, ce qui me donna la fausse impression, pour tout le restant de ma vie, que je pouvais pogner dans les bars.

En secondaire 5, je me suis retrouvé dans une classe comprenant certaines des personnes que je détestais le plus de toute l'école. Voyant que mon année serait pénible, j'ai décidé d'aller voir le Directeur pour lui demander de changer de classe. Il a accepté sans problème et je me suis retrouvé dans la même classe que mes meilleurs amis, ce qui m'assura d'une année scolaire en bonne compagnie.

Avec mes amis Jean-François et Philippe, j'étais très bien entouré cette année là. Ces deux amis là comptaient beaucoup pour moi et je pense que je comptais également pour eux. J'ai aussi eu de bonnes relations avec quelques autres gars de la classe: Nicolas, Mathieu, Jérôme, Jean-Sébastien et peut-être un ou deux autres. C'était une belle année, probablement la meilleure de tout mon secondaire. Cette année là, nous sommes allés à New-York. Je trainais une roulette de ruban électrique dans le but de ficeler mon prof de français sur sa chaise. J'en avais parlé à quelques gars de ma classe et certains trouvaient que c'était une bonne idée. Je me rappelle qu'un jour, un gars nommé Kevin m'avait dit :"On y va ! On le "tape!" Et on était vraiment à deux doigts de le faire… Je crois que ça a été une très bonne idée de nous abstenir.

À la toute fin de l'année, dans le but de laisser notre trace, j'avais orchestré une grande opération d'attaque dans toute l'école avec des bombes puantes que j'avais achetées l'année précédente aux Etats-Unis. Avec quelques amis, j'avais établi un plan selon lequel à la même heure, nous allions être au moins 3 personnes à lancer des bombes puantes en divers endroits de l'école ce qui allait créer de vastes secteurs enfumés et nauséabonds. Le plan a connu quelques ratées mais nous avons quand même réussi à lancer 3 ou 4 bombes avec succès. Il reste de cette journée au moins une trace à ce jour...

J'ai eu de bonnes notes tout au long de mon secondaire. Je crois que ma plus basse moyenne générale a été de 80.0% en secondaire 1 ou 2 et la plus haute, en haut de 90% en secondaire 4 ou 5. Les seules matières où j'ai mal performé ont été la musique en secondaire 1 et la technologie en secondaire 3. Pour ces deux matières, j'étais pratiquement le moins bon élève de la classe et je crois avoir récolté des notes frôlant la note de passage. Toutefois, pour presque tout le reste des cours (mis à part l'éducation physique), j'étais généralement situé parmi les 5 meilleurs de la classe.

L'été suivant la fin de mes études secondaires, je suis allé dans un bar de danseuses avec mes amis Christian et Jean-François. C'était Christian qui nous avaient entrainés là, fréquent client de l'endroit malgré ses 20 ans. Jeff et moi n'avions que 17 ans et je pense qu'on était tous deux un peu déstabilisés de se retrouver là. En fait, on a surtout été déstabilisés lorsqu'on s'est rendus compte que Christian n'était plus avec nous depuis un moment. Plusieurs minutes plus tard, il était revenu et nous avait expliqué qu'il avait 10 dollars de trop dans son porte-monnaie. Je n'avais pas vraiment apprécié mon expérience là-bas, mais ça avait été marquant. Ça se passait au Bar L'Extase de St-Romuald et j'avais trouvé les danseuses vraiment dégueulasses.

En juin 1996, je quittais une fois de plus un environnement dans lequel j'avais passé plusieurs années de ma vie.

vendredi 25 décembre 2009

Noël 2009

J'ai passé un Joyeux Noël 2009 (Noël pour moi, ça a toujours été le 24 décembre).

Le bébé a super bien été accueilli par la famille. Je ne me serais pas attendu au contraire, mais plusieurs personnes regardaient notre poupon avec un air attendri, ce qui m'a touché. Même les petites filles de ma cousine se sont occupées du bébé en lui donnant le biberon ou en le couvrant avec une serviette.

J'aurais pensé que ça allait m'écoeurer de voir tout le monde toucher au bébé, mais non, j'étais bien content de le voir se promener de mains en mains (faut dire que c'était tous des gens relativement propres et en qui je pouvais avoir confiance). Ça me permettait de jaser avec la parenté et ça me donnait l'impression que mon bébé était aimé. C'est le fun d'avoir un rejeton apprécié.

En cadeaux, j'ai été pas mal gâté. J'ai reçu plein d'argent en bons d'achats dans un magasin de musique et je n'aurai pas le choix de m'acheter un banjo ou une nouvelle guitare électrique avec ça (Fender stratocaster ou telecaster?). Ça va me botter le cul, parce que ça devait faire au moins 3-4 ans que je pensais occasionnellement à vendre ma guitare pour m'en acheter une autre. À défaut de vendre la mienne, j'en achèterai quand même une autre. J'ai eu plusieurs autres trucs aussi, mais c'est ce cadeau là qui a le plus d'impact dans les deux hémisphères de mon cerveau.

Aujourd'hui, poupon porte son pyjama de Noël et il a fait de beaux sourires en se réveillant. Ça aussi, c'est un très beau cadeau de Noël!

War is over, if you want it!

jeudi 24 décembre 2009

La petite vendeuse de CD

C'était décembre et la fuck friend d'un chanteur de groupe de musique alternative voulait aider son copain à percer dans le milieu du show-business. Comme tous les magasins de musique avaient refusé de distribuer le CD du groupe, elle décida de prendre le taureau par les cornes et de se rendre dans un quartier résidentiel, par une froide soirée enneigée de décembre pour faire du porte-à-porte.

Après avoir congné à la porte, elle se présentait: "Bonjour, disait-elle, mon nom est Marie-Noëlle. Est-ce que je peux vous déranger deux minutes?"

En cette froide soirée enneigée, elle avait frappé à la porte de Patrick, amateur de musique mais personne détestant se faire solliciter par qui que ce soit. Comme il faisait si froid, que la jeune femme était sympathique et paraissait bien, il la laissa tout de même entrer dans la maison pour voir ce qu'elle avait à dire.

Marie-Noëlle annonça qu'elle se promenait dans le quartier pour faire connaître un nouveau groupe de musique. Elle demanda à Patrick quels étaient ses genres musicaux. Ce dernier répondit: Pink Floyd et The Police. Marie-Noëlle, ne voyant aucun lien avec le groupe dont elle faisait la promotion, ne trouva à dire que "Beaucoup de gens du voisinage ont aussi l'air d'aimer Pink Floyd…"

Elle tendit à Patrick un écouteur plein de cérumen (tous les voisins avaient inséré l'objet dans leur oreille précédemment) pour qu'il fasse l'écoute du meilleur morceau du CD. Patrick trouva que la qualité sonore de l'enregistrement était bonne, mais ce n'était pas son style de musique et il n'y avait rien de spécial là-dedans. Après l'écoute, Marie-Noëlle dit que le CD était vendu pour seulement 10$.

Patrick dit donc que c'était bien fait mais que ce n'était pas son style. Il conclua en disant qu'il allait laisser la chance à quelqu'un d'autre d'acquérir le CD.

Marie-Noëlle répliqua que Patrick pouvait acheter le CD pour le donner en cadeau à quelqu'un qui aimait ce style musical. Patrick répondit qu'il ne connaissait personne qui aimait ce genre de musique. Marie-Noëlle insista. Elle voulait à tout prix vendre une copie de CD pour que le gars qui la fourrait se mette à l'aimer. Mais Patrick résista et Marie-Noëlle quitta pour une autre maison de banlieue.

Tous refusèrent l'offre car tous ne juraient que par Pink Floyd. Marie-Noëlle savait que, si elle ne parvenait pas à vendre un seul exemplaire du CD, elle se ferait crisser là par son fuck friend. Elle continua donc à cogner à toutes les portes, des jours durant. Lors d'une très froide journée qui n'en finissait plus, elle se mit à greloter. Pour se réchauffer, elle tenta en vain d'allumer un CD avec son briquet. Puis, elle essaya avec les livrets de CD.

Cela était bon, mais ne durait que quelques secondes. Bientôt, tous ses livrets de CD furent brûlés et Marie-Noëlle se rendit compte qu'elle ne sentait plus ses doigts. Elle tenta de chercher de l'aide en cognant aux portes, mais toute la région de Québec s'était passé le mot pour ne plus ouvrir la porte à la vendeuse itinérante insistante.

Elle mourut gelée et ne vendit aucun album de musique alternative.

-Inspiré d'une histoire vraie

mercredi 23 décembre 2009

Deuxième partie: 1984-1991

À l'automne 1984, j'entrais à la maternelle, à l'école La Ruche de St-Rédempteur. Si je me souviens bien, la première (ou les premières) journée, je suis allé me cacher en arrière de la maison pour ne pas prendre l'autobus. Je crois que je pleurais encore à l'idée d'être confronté à quelque chose de nouveau.

Une fois l'adaptation passée, je crois avoir apprécié la maternelle. On faisait du bricolage, on apprenait à écrire de petits mots simples, on écrivait la même chose que la prof au tableau (sans vraiment comprendre ce qu'on écrivait) pour indiquer à nos parents quoi apporter lors d'une sortie. Si je me souviens bien, on pouvait régulièrement choisir un type d'activité parmi les arts plastiques, les blocs de construction et d'autres activités qui m'échappent. Je n'aimais pas la peinture mais j'aimais beaucoup jouer avec les blocs en bois, sans doute comme la plupart des autres petits garçons. Je me souviens aussi d'une pièce de théâtre vue, sans doute à la maternelle. La pièce, amusante mais préventive visait à nous faire comprendre les symboles associés aux produits chimiques d'entretien ménager (les images "corrosif", "mortel", "explosif", etc). Ça m'avait beaucoup marqué, parce que ces concepts là sont saisissants pour des enfants de 5 ou 6 ans. Je crois que j'ai encore la bande dessinée qu'on nous avait remise en même temps que la pièce de théâtre…

Je ne sais pas si ça s'est déroulé à l'époque de maternelle ou avant, mais ma sœur et moi avons eu deux poissons rouges lorsque nous étions très jeunes. Le premier s'appelant Genou, le second dont le nom m'échappe. Quelques années plus tard, longtemps après le décès de Genou et de son compagnon, nous avons eu une perruche dénommée Rikki (ou Ricky, ou Riki… on n'a jamais écrit son nom nulle part alors l'orthographe est flexible). Je me rappelle que j'ai pleuré lorsque je l'ai trouvée morte dans sa cage. Ma sœur a rit de moi. Mais ça, c'était vers la fin des années 80. Revenons en arrière.

Pour ma première année, je devais changer d'école mais je restais en compagnie des mêmes enfants. Faut dire que c'était drôlement organisé à St-Rédempteur dans ce temps là. On faisait notre maternelle ainsi que nos 4ème, 5ème et 6ème année à l'école la Ruche alors qu'on faisait notre 1ère année à l'école Dominique Savio et nos 2ème et 3ème année à l'école Tournesol.

L'école Dominique Savio était une toute petite école qui me paraissait toutefois assez grande à ce moment là. Je n'ai pas vraiment de souvenir associés à cette année 1985-86. Je me rappelle qu'il y avait une odeur particulière dans l'école et qu'il fallait descendre pour se rendre au gymnase. Je me rappelle aussi que ma mère a commencé à inviter mes professeurs à dîner cette année là, pour faire plus ample connaissance.

Lors de ce premier dîner qui se déroula en 1985 ou 1986, je me souviens avoir régulièrement détourné le regard de ma professeure qui mangeait. Ça me dégoûtait de la voir (je la trouvais laide ou elle mangeait mal?). C'est mon souvenir de dégoût associé à un être humain le plus lointain et, encore aujourd'hui, j'ai le dégoût assez facile.

Grâce à ces dîners, ma mère est devenue une bonne amie de Louise, ma prof de deuxième année. Elles ont fait quelques soupers ou partys ensemble et Louise est même venue skier à Stoneham avec nous au moins une fois. Je crois qu'elles ont perdu le contact vers la fin de mon primaire.

Vers la même époque, je me suis mis à m'intéresser beaucoup à la lecture. Je lisais surtout les vieux albums Tintin et Lucky Luke de mon père. Plus tard, j'ai lu des Gaston Lagaffe, Achille Talon, Mafalda, Boule et Bill, Spirou et Fantasio, certains Astérix… J'aimais beaucoup aller à la bibliothèque de l'école et me prendre une bande dessinée. Même si je ne les lisais pas avec autant d'enthousiasme que les bandes dessinées, je me rappelle encore des "Un exemple de…" qui présentaient des personnages contemporains importants comme Louis Pasteur, Terry Fox, Marie Curie, etc. À mon souvenir, ces livres étaient très intéressants et formateurs puisqu'ils permettaient aux jeunes de découvrir des gens qui pouvaient être pour eux des modèles.

En janvier 1987, mes parents m'abonnaient à la revue "Je me petit-débrouille", revue à vocation scientifique pour les jeunes. Je n'avais que 7 ans à l'époque. J'aimais beaucoup recevoir ma revue à chaque mois et, avec le recul, je me rends compte que cet abonnement a eu plusieurs impacts. Premièrement, ça impliquait que j'allais lire au moins une revue par mois. Ensuite, j'allais apprendre des choses qui éveillent la conscience et qui ne sont pas fréquemment connues des jeunes de 7 ans. Ensuite, ça stimulait mon intérêt pour les bandes dessinées et pour la science. L'impact le plus tangible de l'abonnement à cette revue a toutefois été pour moi de brûler des insectes avec une loupe, de les faire congeler, etc. Ces expériences n'étaient pas proposées par la revue, mais j'ai fait preuve de créativité en adaptant à mon compte les enseignements reçus.

Je n'ai jamais été sportif. J'ai fait de la natation par obligation parentale et j'ai passé mes 3 ou 4 premiers écussons jusqu'à ce que je coule mon marron, ce après quoi j'ai abandonné la natation. J'ai fait du taekwon-do à deux reprises (1985 et 1990 environ) et je n'étais pas particulièrement doué, surtout la deuxième fois. J'ai échoué mon examen de première ceinture, en 1990, ce après quoi j'ai abandonné ce sport de combat. J'ai aussi été dans une équipe de soccer vers l'âge de 10 ans mais je n'aimais pas vraiment ce sport (peut-être était-ce le concept d'un sport d'équipe qui me déplaisait?). Finalement, ma famille et moi avons été abonnés à la station Stoneham vers la fin des années 80. J'aimais bien le ski alpin mais pas assez pour me plaindre lorsque mes parents ont décidé de ne pas renouveler le laisser-passer annuel. La seule activité physique que j'ai aimée, ce fut de jouer au hockey dans la rue avec mes amis du quartier: Vincent et ses frères, Christian, Jean-Luc, Crotte-Dure…

Mon passe-temps de jeunesse le plus marquant a été le Nintendo, loin devant tout le reste. Si on me demandait ce que j'ai le plus aimé faire dans ma jeunesse, je répondrais sans hésiter que c'était de me louer une cassette de Nintendo et d'y jouer seul ou avec mes voisins.

Dans un tout autre ordre d'idées, des gens me demandent parfois pourquoi j'aime tant la vieille musique, pourquoi je suis resté figé dans les années 70 et 80. Je ne sais jamais quoi répondre, mais je me rappelle que les premières chansons populaires qui m'ont marquées pendant mon enfance (mis à part Boy George) ont été "Born in the USA" de Bruce Springsteen, "Somebody" de Bryan Adams, "Don't Forget Me When I'm Gone" de Glass Tiger, "Tarzan Boy" de Baltimora et quelques autres dans le même style. Toutes ces chansons ont été populaires entre 1984 et 1986 et, même si je n'ai jamais reçu d'albums de ces artistes en cadeau, on dirait que leurs airs me sont restés dans la tête pendant toute mon enfance et mon adolescence. Environ 10 ans plus tard, je m'abonnais à la maison Columbia et commandait à peu près tous les greatests hits de groupes des années 80, par nostalgie d'une époque où je n'écoutais même pas officiellement de musique...

De retour à l'école. En 2ème année ou 3ème année, on a passé une bonne partie de l'année scolaire à apprendre à jouer aux échecs. C'est très difficile d'évaluer le temps qu'on y a mis, mais je me rappelle que dans ma petite tête de gars de 7 ou 8 ans, je me demandais souvent si on n'avait pas d'autre matière à voir, même si j'aimais beaucoup apprendre le fonctionnement de ce jeu et les diverses stratégies à appliquer dans tel ou tel contexte. Des années plus tard, je considère que ce fut une très bonne idée de nous apprendre les rudiments de ce jeu. Des notions de stratégie sont au moins aussi importantes à apprendre que des notions d'art plastique ou de musique, à mon avis.

Toujours en 2ème ou 3ème année, ma mère avait organisé un party de fin d'année. Toute ma classe ainsi que ma prof titulaire et mon professeur d'éducation physique étaient venus à la maison pour un party piscine, hot-dogs et hamburgers. On était tous partis de l'école à pied pour se rendre chez mes parents environ 2 km plus loin. Ma mère avait demandé à ses amies infirmières d'aider à l'organisation du party. Certaines s'étaient saoulées avec mon prof d'éducation physique, lequel fut, quelques années plus tard, impliqué dans des histoires de professeur d'éducation physique. C'était un beau party et j'étais fier d'y être associé.

C'est en quatrième année que j'ai le plus apprécié mon professeur. Il s'appelait Michel et j'en avais entendu parler avant de commencer l'année. Tout le monde disait qu'il était très gentil. Je me rappelle qu'il nous lisait parfois des légendes vers la fin de la semaine, pour nous "récompenser" de la semaine passée. Je me rappelle qu'il nous avait déjà dit que la mort pour lui, c'était comme le sommeil. Un jour, il avait fait une marque sur le tableau pour indiquer notre niveau de connaissance. Il avait fait une autre marque deux fois plus haute pour nous indiquer son niveau de connaissance. Ça m'avait un peu troublé. Est-ce que ce prof était vraiment deux fois plus intelligent ou connaissant que moi qui avait pourtant lu pas mal de trucs? À la fin de chaque étape, Michel attribuait des prix aux meilleurs élèves. Je crois qu'on avait le choix entre un diner au restaurant ou un livre de notre choix. Lorsque j'avais gagné, j'avais choisi une bande dessinée et j'en étais très content. Michel fut mon meilleur professeur du primaire.

J'ai moins apprécié mes professeurs de la fin du primaire. Ma prof de 5ème année avait un caractère pas particulièrement agréable (je crois que c'est la prof que j'ai le moins appréciée de tout mon primaire) et mon prof de sixième année n'était pas méchant mais un peu bizarre. Je me rappelle qu'il avait pleuré en avant de la classe au lendemain de la rencontre avec les parents. On était tous déconcertés de voir notre prof commencer à pleurer au début de la journée, sans raison. On n'a jamais su la cause exacte. Était-ce vraiment la rencontre de parents qui était en cause? Peut-être que sa femme l'avait quitté? Peut-être que sa perruche était morte?

Un des traumatismes majeurs de mon enfance a eu lieu vers ma 5ème ou 6ème année, lorsque mon ami Vincent m'avait montré une seringue qu'il avait trouvée quelque part, dans le coin des poubelles d'un restaurant quelconque. J'ai enlevé le bouchon pour voir si c'était une vraie seringue et en le remettant, je me suis piqué avec l'aiguille. Ça saignait et je me suis mis à paniquer comme rarement dans ma vie. J'étais persuadé que j'étais devenu le plus jeune sidatique du Québec. J'ai passé des tests au cours des jours/semaines qui ont suivi et tout était normal. J'ai tout de même passé un bon moment à me dire que ma courte vie tirait déjà à sa fin...

Je crois que mon primaire a passé assez vite. J'avais assez d'amis à mon goût. Je n'étais ni exclu ni populaire. J'étais un petit garçon normal. J'ai toujours été un bon élève apprécié par mes professeurs. Je me rappelle qu'une de mes profs m'avait qualifié de "macho" à quelques reprises, ce qui m'apparaît nettement exagéré puisque j'ai l'impression d'avoir toujours été un petit garçon tranquille et assez respectueux. Le plus loin que j'ai dû me rendre, ça a dû être de dire: "le ballon-poing, c'est pour les filles" ou un autre commentaire du genre tout-à-fait juste (les filles jouaient toutes au ballon-poing et les gars jouaient tous au ballon-chasseur).

En 6ème année, j'étais un peu tanné de tous ces gens avec qui j'étais à l'école depuis 6 ans. J'ai décidé d'aller faire mon secondaire au Collège de Lévis plutôt qu'à l'école publique L'Envol où à peu près tous mes amis et connaissances se dirigeaient. La même situation allait se produire 5 ans plus tard lorsque je décidai de poursuivre mes études au Cégep de Ste-Foy plutôt qu'au Cégep de Lévis-Lauzon, comme la plupart de mes compagnons. Je suis souvent surpris de connaître des gens qui ont le même entourage depuis leur jeunesse. Pour ma part, j'ai presque toujours eu le goût de changer d'air après quelques années avec le même entourage. Je n'ai d'ailleurs jamais hésité à me débarrasser de gens avec qui j'avais l'impression d'avoir fait le tour. C'est en écrivant cette partie de ma vie que je réalise que je suis comme ça depuis près d'une vingtaine d'années...

mardi 22 décembre 2009

Première partie: 1979-1984

Je me demande quel est mon premier souvenir? Quand est-ce que ma/la mémoire commence?

Au cégep, dans un cours de psychologie, j'avais appris que l'être humain ne se souvenait habituellement pas des événements survenus avant ses 2 ans. J'aurais tendance a être d'accord avec cette théorie. C'est très difficile de distinguer nos propres souvenirs d'enfance de ce que nos parents nous ont raconté depuis et des photos prises à cette période là. On dirait que tout se mélange et que nos souvenirs de la tendre enfance sont en fait une version hybride entre les photos vues dans les albums et ce que nos parents nous ont raconté sur notre jeunesse.

L'essentiel de ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai été conçu en août 1978 et je suis né en mai 1979 dans une petite ville, pas très développée à l'époque, qui s'appelait St-Rédempteur. C'est là que s'est déroulée toute mon enfance, toute mon adolescence et une partie de mon âge adulte.

Je n'ai pas grand-chose à raconter à propos de mes 5 premières années puisque, même en y pensant très fort, je n'ai que quelques souvenirs diffus. Je me souviens que je faisais du Big Wheel dans la rue, le premier album de musique pop que ma sœur et moi avons reçu a été celui de Culture Club en 1983 ou 1984, nous sommes allés à Disney World en avril 1984 et j'avais été déçu de réaliser que le Château de Magic Kingdom était "vide" et qu'on pouvait marcher au travers en passant dans un tunnel. Je me rappelle aussi les vieux meubles de mes parents et la télé en noir et blanc. Je me rappelle de passe-partout, très vaguement de la pré-maternelle à St-Nicolas… Et c'est pas mal tout. Ce ne sont que des photos dans ma tête, rien de plus. Je n'ai pas vraiment d'émotions associées à ces souvenirs.

Je ne sais pas si tout se joue avant 4 ou 5 ans, mais je crois qu'une partie appréciable de ce que je suis aujourd'hui était déjà définie au cours de ces 5 premières années. Notamment en ce qui concerne mes horaires et ma sociabilité, deux éléments importants dans la définition de ce que je suis.

En ce qui concerne mes horaires, j'ai toujours été un couche-tôt. Ma mère m'a souvent dit qu'elle n'avait aucune difficulté à me coucher lorsque j'étais petit. En fait, je m'endormais moi-même tout seul. Plus tard, à partir du moment où j'ai arrêté de faire des siestes en après-midi, ça m'arrivait de m'endormir en plein souper. Les choses ne se sont jamais vraiment arrangées: encore aujourd'hui, j'aime beaucoup "m'écraser" sur un divan ou sur mon lit pour ne penser à rien. Je n'ai aussi aucun problème à me coucher à 21h30 même si c'est un vendredi soir.

Au niveau du tempérament, quand j'étais bébé, je pleurais beaucoup. Seuls ma mère et mon père pouvaient me prendre dans leurs bras. J'ai entendu un certain nombre d'histoires relatant à quel point j'étais sauvage avec les étrangers. Quand des inconnus ou de la parenté pas trop connue s'approchait de moi, je me mettais les mains devant le visage pour signifier que je ne voulais pas voir ou être approché par ces gens là. Si on me prenait, je pleurais et je me débattais. Quand j'ai été en âge de parler, je disais sans aucune gêne aux gens que je n'avais pas le goût de les voir, notamment par des phrases telles que "ah non, pas encore eux!". Beaucoup plus tard, jusqu'à l'adolescence, je n'ai jamais hésité à m'isoler dans ma chambre pendant que des gens venaient rendre visite à mes parents. Je n'ai jamais aimé les gens.

Cette première partie de ma vie me donne la forte impression que l'inné a beaucoup plus d'importance que l'acquis, du moins pour ma petite personne.

lundi 21 décembre 2009

Modèle parental

Il y a de cela quelques mois, un de mes collègues avait dit "En tout cas, moi si une de mes filles veut commencer à fumer, elle a intérêt à avoir une maudite bonne raison."

Je me demande encore qui demande la permission à ses parents pour commencer à fumer. Le cas échéant, quelles raisons peuvent bien être invoquées pour convaincre les parents du bien-fondé de la démarche?

Aujourd'hui, j'en ai entendu une autre du même style: on parlait de dominants versus dominés dans un couple (ou dans une famille) et je lui demandais si ça lui arrivait de jouer le rôle du dominant.

Après une longue hésitation, il m'a dit: "Y'a une affaire, pis pour ça, je suis ben ferme. Si une des mes filles me disait qu'elle veut prendre de la drogue, je lui dirais "pas question!".

Contrairement à la plupart des parents qui passeraient sans hésitation un 20$ à leur enfant en disant, "pas de troubles ma fille, avec ça, tu vas pouvoir t'acheter une petite ligne, pis même la sniffer!"

21 décembre

Le 21 décembre, c'est la journée la plus courte de l'année. À compter d'aujourd'hui et pour les 6 prochains mois, les journées vont rallonger.

Par contre, il fera de plus en plus froid et il y aura de plus en plus de neige au cours des 2 prochains mois.

Je suis donc de semie-bonne humeur aujourd'hui.

dimanche 20 décembre 2009

1979-2009

Ça fait un bon mois que j'ai commencé à écrire des parcelles de mon existence sur un calepin, au retour de certaines journées de travail, dans l'autobus.

Au début, je trouvais l'idée très inspirante. Puis, mon dynamisme s'est essoufflé et je me suis mis à trouver que c'était un exercice plate et/ou un peu prétentieux. Mais peut-être n'était-ce qu'une excuse pour commencer à dormir dans l'autobus?

Pour la partie "prétentieux", en y réfléchissant un peu, je me dis finalement que je ne vois pas en quoi tout ce que j'écris est plus digne d'intérêt que le reste de ma vie. Et puis, par-dessus tout, c'est quoi ces soucis de l'intérêt du lecteur?

Je trouve que 1979-2009, ça fait un beau chiffre rond de 30 ans. Et même si toutes les biographies que j'ai lues semblaient démontrer que la partie la plus intéressante d'une vie active se déroule plus loin qu'entre 0 et 30 ans, j'ai le goût de faire un bilan. Après tout, on peut se faire frapper par un char à tout moment.

Alors, à compter de cette semaine, jusqu'à la fin de 2009, j'écrirai l'histoire de ma vie.

samedi 19 décembre 2009

IGA vs Maxi

Chez IGA, avec un achat de plus de 70$, on a droit à un jus Oasis gratuit (valeur de 1$).

Chez MAXI, avec un achat de plus de 50$, on a droit à une canisse de sirop d'érable gratuite (valeur de 9$).

Il ne faut pas oublier que IGA offre le panier le plus cher parmi toutes les grandes chaines alors que Maxi offre inversement le panier le moins cher.

Quand on a du jus Oasis gratuit chez IGA, on est content, parce qu'habituellement, c'est plutôt une branche de céleri ou de la bette à carde qu'on reçoit grâce à la promotion.

Quand j'épluche mon publi-sac pour regarder les aubaines de la semaine, je réalise à chaque fois que les cadeaux gratuits de IGA ressemblent à un écoulement de produits mal aimés. Ça contribue à en faire en sorte que Maxi sera tatoué sur mon coeur pour toujours.

vendredi 18 décembre 2009

Le poker

Depuis que je joue occasionnellement au poker dans une ligue de cuisine, je découvre que ce jeu qui me semblait autrefois ennuyant est en fait très intéressant. Ça peut autant être vu comme une activité sociale qu'un jeu de stratégie, de hasard, d'intimidation, de ruse. À ma connaissance, le poker est l'un des rares jeux de cartes où la psychologie a autant d'importance. Parce qu'à la rigueur, même avec de très mauvaises cartes, on peut s'en mettre plein les poches. En fait, dans nos circonstances, plein les poches signifie au mieux 80 ou 100$ puisque chaque joueur mise 10$. Mais bon, avec ou sans gain, payer 10$ pour passer 2 ou 3 heures à jouer à un jeu de stratégie full testostérone, c'est pas cher.

Ce qui est le plus intéressant, c'est de comprendre comment fonctionnent nos adversaires. Ça ne nous assure pas de gagner, mais ça nous permet à tout le moins de réaliser quel type de personne on a devant soi. Un gars qui joue méthodiquement, aléatoirement, qui est confus, qui est là pour l'aspect social de la chose, qui devient chaud au fur et à mesure que la soirée avance...

Le noyau autour de la table est constitué de 6 ou 7 joueurs plus réguliers et de 7 ou 8 autres joueurs occasionnels qui se joignent à nous lorsque le besoin se fait sentir.

Voici mes compagnons de poker:

Dave: grand bluffeur qui n'a pas de problème à miser "all-in"' avec un jeu de marde. Du genre un 4 et un 7. Il fait parfois preuve d'un peu plus de retenue, mais habituellement, il essaie de nous bullshitter avec pas grand-chose. C'est un brave type qui est l'unique organisateur de notre ligue. Il nous assure, à chaque 2 semaines, de rassembler au moins 6-7 joueurs autour de la table, avec un impressionnant roulement au niveau des personnes présentes (j'ai dû jouer avec 20 ou 25 personnes différentes jusqu'à maintenant). Je lui accorde 5/10 pour ses talents de joueur.

Tom: joueur assez conservateur qui ne fait généralement monter les mises que s'il a quelque chose de solide entre les mains. Occasionnel bluffeur. Pas très volubile et facile d'approche, c'est lui qui a le plus une gueule de mafioso autour de la table. Quand on le connaît un peu mieux, on réalise toutefois que c'est un garçon sympathique. Ça a pris un bon 3 mois avant qu'il ne m'adresse la parole gratuitement. 6/10

Math: le joueur le plus agressif du groupe qui mise sur à peu près toutes ses mains, aussi nulles soient-elles. Bien souvent, après 20 minutes de jeu, il a soit doublé sa pile de jetons, soit perdu à peu près tout ce qu'il avait. C'est un bon gars, mais il jase un peu trop et ce, sans interruption. J'aurais parfois le goût de lui dire de fermer sa criss de gueule. 7/10

Jonathan: Dans ma tête, je le surnomme le petit jeune. C'est un bon petit gars bien sympathique. Il est à peu près de mon niveau, pas mal conservateur qui ne bluffera que très rarement. Parfois, il est saoul et il se dandine sur sa chaise en taponnant sur son cellulaire pendant qu'on joue, à ce moment là, je l'aime un peu moins. 4/10

Sébastien: Pas très bavard, ce garçon joue habituellement de façon modérée et ne bluffe que rarement. Comme Jonathan, ça lui arrive de gosser sur son Ipod touch ou son cellulaire pendant la majeure partie d'un match. C'est quoi cette ostie de manie de gosser sur une bébelle pendant qu'on joue au poker? Lui et Math sont les deux joueurs les plus redoutables de notre ligue de cuisine. Ce sont aussi les deux qui semblent le mieux connaitre le déroulement d'une partie de poker et c'est sans doute ce pourquoi ils font un paquet d'autres choses en même temps qu'ils jouent (ce qui m'énerve et me fait perdre le focus avec brio). 7/10

Moi: Je suis le moins bavard de la gang. Je suis aussi le plus conservateur (je crois), donc une des personnes les plus prévisibles (j'essaie toutefois de me servir de ce trait pour bluffer à l'occasion). Habituellement, je n'hésite pas à me coucher dans le but de laisser la table s'épurer, ce qui fonctionne assez bien. Mon but est de réduire le nombre de joueurs à 3 ou 4, moment à partir duquel je commence à jouer de façon un peu plus active puisque c'est plus facile de gagner des mains à ce moment là. Je pense être le moins bon ou le deuxième moins bon joueur de la gang régulière. Ça ne m'empêche pas de m'en tirer assez bien avec une moyenne de gain ou de conservation de ma mise pour 50% des soirées où je joue. 4/10.

jeudi 17 décembre 2009

Les années 0

Je sais qu'officiellement, les décennies vont de l'an 1 à l'an 10. Ainsi, la première décennie du deuxième millénaire irait de 2001 à 2010. Je crois par contre que, pour la majorité, ces tranches de siècle vont de 0 à 9. Ça fait que, pour moi, la première tranche de 10 ans du siècle et du millénaire va se terminer dans quelques jours.

Les années 30 ont été celles de la grande dépression, les années 40 ont été celles de la grande guerre, les années 60 ont été celles des Beatles et du mouvement hippie, les années 80 ont été les années kétaines, et ainsi de suite. Bref, à chaque tranche de 10 ans, on peut associer une idée forte.

Je me demande comment on va se rappeler des 10 années qui se termineront bientôt. Qu'est-ce qui a caractérisé cette période de l'Histoire? Comment on pourra définir cette décennie en un seul ou en quelques mots?

Ce que je vois de majeur dans les années 0 (ça s'appelle comment la première décennie d'un siècle?), c'est le bug de l'an 2000 qui n'a jamais eu lieu. Ensuite, la date la plus marquante fut assurément le 11 septembre 2001.

Puis, à l'autre bout de la décennie, c'est la crise financière de fin 2008-début 2009 qui a eu le plus d'importance.

Entre les deux, qu'est-ce qu'il y a eu donc? J'ai peine à me rappeler de ce qui s'est passé d'important. On dirait que les événements principaux de la décennie l'ont délimitée...

(...Ah oui, je me demande aussi à quel point on se trouvera laid et mal habillés quand on regardera nos photos de 2009 dans 10 ou 20 ans. L'évolution du bon goût au travers des âges, c'est assez particulier).

mercredi 16 décembre 2009

AC/DC

OSTI DE SOLO DE MARDE QUE J'AI ESSAYÉ DE JOUER DE MON MIEUX JUSQU'À TEMPS QUE LES BATTERIES DU KODAK SOIENT MORTES.

(C'est pas vrai. C'est un très bon solo mais quand je suis en criss, je rajoute "de marde" après les choses qui ne fonctionnent pas).


mardi 15 décembre 2009

Autocardeschutesencoreunefois

L'arrêt d'autobus est situé à environ 5 minutes à pied de chez moi.

À tous les matins, je me lève environ 30 minutes avant le passage de l'autobus. Je mange mon bol de Muslix ou d'Avoine Croquante, je prends ma douche, je fais mon lunch pis je pars 3 ou 4 minutes avant l'heure prévue du passage de l'autobus.

Si on est attentif à ce que j'ai écrit plus haut, on constate que je suis en déficit d'une ou deux minutes entre mon départ et le passage de l'autobus. Ça fait que, pratiquement à chaque matin, je cours en me disant que je vais manquer l'autobus. Trois ou quatre minutes de course angoissée après un bol de céréales, c'est un peu raide. Ce matin, j'ai tellement couru que j'ai failli vomir.

Et vous, avez-vous déjà vomi votre déjeuner ou chié dans un autobus? Bref, avez-vous déjà sali un mode de transport en commun avec quelque chose qui pue?

Remords

Cet engagement à écrire à chaque jour me met en beau maudit parfois. C'est ce pourquoi j'écris des choses qui ne sont pas très belles.

En effet, si tout le monde mourait, ça me permettrait de ne pas tenir ma parole sans que personne ne s'en rende compte.

Ça serait pas une si mauvaise chose, mais j'aurais dû le garder pour moi.

lundi 14 décembre 2009

Révélation

Si vous mourez, ça ne me dérangera PAS.

dimanche 13 décembre 2009

Banc

Comme le poupon est maintenant joufflu et un peu plus dodu, il faut changer son banc de bébé.

Ça fait que j'ai essayé de faire ça ce soir. Pis c'est dur en sacrament car, après installation, le banc n'est pas assez fixe (il bouge un peu trop à gauche et à droite). Dans le livret d'instructions, on dit que si ça bouge trop des deux côtés, les blessures occasionnées par un accident peuvent être mortelles.

Avec tous ces remords pré-accident hypothétique, je me suis scrappé le dos à essayer de stabiliser le siège maudit en poussant dessus avec ma jambe et en ayant le dos voûté et la nuque écrasée sur le plafond de l'auto. Et puis c'était toujours pas satisfaisant d'après ma compréhension du livret. Je peux pas laisser mon garçonnet embarquer là-dedans.

Je m'ennuie en osti du bon vieux temps des calèches.

samedi 12 décembre 2009

Party

C'était hier soir qu'avait lieu le party de bureau de Noël, dans un assez chic hôtel du Vieux-Québec.

Je m'en allais là-bas sans trop savoir à quoi m'attendre, autant à propos du lieu que des gens présents. Les quelques collègues de mon secteur et moi ne connaissions à peu près personne parmi le reste des convives. Ça fait que tout était possible: ou bien une soirée de rejets isolés ou une soirée de découvertes et de connaissance de plein de nouvelles personnes, sympathiques ou pas. Histoire de nous donner une chance, j'avais emmené un petit flasque de Jack Daniels.

On a réussi à avoir pas mal de fun. Pendant le souper, on était assis avec quelques gars qu'on ne connaissait pas. Je les ai abordés en demandant à un d'entre eux: "Toi, qu'est-ce que tu penses de ça Pink Floyd?" (question fréquemment utilisée avec les gens à qui je ne sais pas quoi dire) et on a commencé à jaser de musique à partir de là. Comme il fallait se trouver un nom d'équipe pour notre table, j'ai proposé qu'on prenne le nom d'une toune de Metallica et qu'on la taduise en français. Je suggérais "Rien ne dérange" alors qu'un des gars a dit "Un" et le Bleuet a émis l'excellente suggestion "Tuez les tous". J'aurais voté pour ce dernier choix si on n'avait pas été entouré de baby boomers.

Par la suite, le party a décollé principalement à cause de notre présence intensive sur la piste de danse. J'ai demandé "Girls just wanna have fun" pour un gars de mon équipe qui n'était sûrement pas fan de Cindy Lauper et "Summer of '69" pour une fille rencontrée sur la piste de danse. Ça c'est cool, faire des demandes spéciales au nom d'autres personnes!

J'ai gagné trois prix de présence: un "globe précieux" consistant en une boule de plastique dans laquelle est enfermé un ange qui change de couleur, une boîte de chocolats et 50$ en certificat-cadeau pour les galeries de la Capitale. Le globe précieux est vraiment très quétaine comme prix. J'aurais difficilement pu me ramasser avec quelque chose de pire que ça. Ça va se ramasser à côté de ma petite fontaine électrique, au bureau.

J'ai aussi eu droit à quelques bénéfices marginaux: on m'a donné un coupon de consommation gratuite de plus que prévu, un gars a qui j'avais proposé de donner mon globe précieux contre une bière est allé m'en acheter une et me l'a donnée sans réclamer le cossin tel que le deal le stipulait. Finalement, en fin de soirée, je me suis fait donner deux cigarettes parfumées (aucune idée du nom de la cigarette en question) par un enculé à qui j'avais mentionné que je ne l'appréciais pas, préalablement. C'est de ce coup là dont je suis le plus fier.

À ce moment là, on était en train de quitter les lieux du party qui s'était terminé. Je le voyais se prendre une cigarette et je lui ai demandé de m'en donner une même si je ne fume pas. Fallait que je lui prenne quelque chose juste par plaisir de le dépouiller aussi minimalement soit-il. En fait, je lui ai simplement demandé de me donner une cigarette vu qu'il venait de s'en prendre une. Je pense que ça paraissait dans ma face que je ne l'aimais pas et je m'attendais vraiment à ce qu'il refuse, mais contre toute attente, j'en ai eu une. Dans les minutes qui ont suivi, j'ai, sans le vouloir, cassé la cigarette et je lui ai dit que j'en voulais une autre. Il m'en a donné une autre!

Ce gars là, on est plusieurs à ne pas l'aimer. Au boulot, il avait une attitude d'osti de fendant avec les gens. Sa job consistait à dépanner les autres mais au niveau du service à la clientèle, ça faisait dur en maudit. Il répondait souvent aux requêtes avec un petit ton semi-méprisant de gars qui DÉCIDE s'il va t'aider ou pas. Ça fait que lorsqu'on l'a vu se pointer au party, même s'il avait quitté le bureau pour une autre job ailleurs y'a pas si longtemps, on s'est dit "osti".

Pendant une bonne partie de la soirée, le Bleuet et moi, on se disait qu'il fallait aller lui dire quelque chose. On a pensé à: "Est-ce qu'ils t'ont crissé dehors ou si t'as été congédié?". Ou encore lui dire avec le sourire: "Toi en tout cas, je t'ai jamais aimé!"

Ça fait que lorsque je l'ai vu sur la piste de danse, je suis allé exécuter quelques pas de danse à côté de lui et lui ai glissé à l'oreille:

Moi: "C'est toi qui a calissé ton camp hein?"
Lui: "Ouais, pis j'ai ben fait en maudit!"
Moi: "C'est ça qu'on se disait!"
Lui: "Ahahahaha (lol)"

Et c'est une heure ou deux après cet échange amical que je lui demandais des cigarettes et que je les recevais.

C'est ainsi que s'est déroulé le plus amusant de mes partys de Noël de bureau depuis 2005 ou 2006 et que j'ai vengé toutes les personnes qui avaient reçu un mauvais service de la part de ce garçon.

vendredi 11 décembre 2009

Cocotier

Depuis que j'ai terminé l'Université et que je suis sur le marché du travail, j'ai connu pas mal de gens qui écrivaient tout croche. Je n'ai jamais compris comment on pouvait obtenir un diplôme universitaire et évoluer par la suite sur le marché du travail en écrivant moins bien que des élèves de niveau primaire. Comble du maudit, je réalise que ce n'est même pas mieux dans un milieu où la rédaction est essentielle à l'accomplissement des tâches.

Jusqu'à récemment, ça pouvait toujours aller, parce que je n'avais pas de rôle de supervision par rapport à ces gens qui ne savent pas écrire. Je corrigeais leurs fautes en fermant ma gueule et je retravaillais certaines tournures de phrases lorsque j'avais à reprendre une partie de leurs écrits au sein de mon travail.

Cependant, depuis un moment, je dois valider des documents réalisés par d'autres personnes qui gagnent pas mal plus cher que moi. C'est ça la sous-traitance. On engage au gros prix des consultants qui sont encadrés par des gens de l'interne. C'est comme ça que ça marche dans bien des endroits, du moins, dans les grandes entreprises.

Généralement, les dossiers réalisés par le sous-traitant sont très difficiles à comprendre (on devine que le rédacteur n'a pas pris la peine de trop approfondir le sujet), dépourvus de synthèse (genre, 10 pages d'introduction et 2 pages de développement) et remplis de fautes d'orthographe qui n'ont pas d'allure. Je pense que bien des élèves de niveau secondaire pourraient commencer à avoir le goût de botcher leurs travaux en réalisant que des gens sur le marché du travail gagnent bien leur vie en produisant de la marde lexicale.

Par exemple, au sein d'un document d'à peine quelques pages, j'ai vu qu'on féminise le mot "espace" ("est-ce que l'espace est adéquate?"), on accorde au pluriel des mots singulier, on écrit "planché" au lieu de plancher et inversement, on met des "er" aux mots qui devraient prendre un "é". En contrepartie de ce bel ouvrage, un salaire annuel de 80 000 ou 100 000$ est versé à ces champions du français.

Est-ce que ces gens comprennent qu'ils ont l'air de calisse d'épais en écrivant aussi mal?

Le pire, c'est même ceux qui m'épaulent suite à mes courriels d'insatisfaction me mettent en criss par leur réaction. À ce sujet, un collègue dans la cinquantaine m'a récemment écrit: "ouin tu vas faire bouger le cocotier loll."

En plus de ce relâchement éhonté des exigences lexicales dans les milieux de travail, le lol serait-il en train de faire sa place dans les échanges professionnels non humoristiques?

jeudi 10 décembre 2009

Atours

Demain, c'est mon party de Noël du bureau et je me demande si, pour l'occasion, ce serait approprié de revêtir ma robe avec de la dentelle?

mercredi 9 décembre 2009

Chier

Je sais que ceux qui lisent mon blog ne m'ont rien fait mais j'ai quand même le goût de leur dire d'aller chier.

Weird

Pourquoi est-ce que tant de Montréalais (séparatistes) accordent une place de choix dans leur vocabulaire aux mots "weird", "cosy", "random" et plusieurs autres qui sont généralement inutilisés ou carrément inconnus, ailleurs au Québec?

mardi 8 décembre 2009

Modèles

Aujourd'hui, j'ai choisi de parler de mes modèles.

Pas évident de parler de ses modèles quand on n'en avait pas officiellement au début de la journée. En fait, au niveau artistique (musical), j'ai un paquet de modèles, mais est-ce qu'on peut vraiment vouloir tendre vers une personne qui ne sait que composer de belles mélodies?

Ça fait que par un effort intellectuel au-delà de l'accoutumée, je creuse dans mon esprit et liste quelques unes des personnes qui, je le crois, sont de bons exemples à suivre ou, à tout le moins, méritent le respect:

Terry Fox: Pour sa ténacité et son courage. Un paquet de gens pas mal moins bad luckés que lui se plaignent constamment et n'oseraient jamais se lancer dans un projet comme le sien (traversée du Canada à pied malgré un cancer et une jambe amputée).

Pierre Eliott Trudeau: Bien qu'il soit détesté par la majorité des souverainistes et considéré comme un "traître" envers la nation québécoise, je pense que Trudeau a été le politicien le plus intelligent de toute l'histoire du Canada. C'était un homme extrêmement charismatique, avec énormément de culture et de vécu. Il avait fait le tour du monde dans les années 40 et n'a jamais eu peur, autant au cours de ce périple qu'au cours de sa carrière politique, de foncer et de faire face à des endroits/gens hostiles. Je suis totalement d'accord avec sa vision du Canada, comme quoi si on accorde au Québec le statut de peuple distinct, pourquoi ne l'accorderait-on pas aux Hurons, aux Iroquois, aux Inuits et ainsi de suite jusqu'à morceler entièrement le pays pour satisfaire tout le monde.

René Lévesque
: Dans une moindre mesure que Trudeau, j'éprouve de la sympathie pour la personnalité de Lévesque (probablement le seul péquiste de qui je pourrais dire ça) qui n'était pas anti-américain, qui était parfaitement bilingue, qui avait parcouru le monde (participé à la deuxième guerre mondiale et à la guerre de Corée notamment) et pour qui la souveraineté n'était pas une idée fixe.

Jack Nicholson
: Un acteur qui a persévéré envers et contre tous jusqu'à l'âge de 30 ans avant d'être reconnu. En fait, si je le cite comme exemple, c'est surtout de par sa personnalité affichée dans certains films tels que "Vol au-dessus d'un nid de coucou". Je crois qu'après avoir vu ce film, j'ai commencé à voir la vie un peu à la manière de son personnage fonceur et contestataire. J'ai toujours été un peu comme ça, mais la franchise du personnage était plus affutée que la mienne et peut-être que je m'en suis inspiré? Certains autres de ses rôles m'ont beaucoup marqué mais je ne pourrais pas dire qu'ils constituent autant des modèles pour moi. Bien que j'admire son rôle dans Shining, je ne peux pas vraiment m'en faire un modèle.

Friedrich Nietzsche
: Ce que j'aime de Nietzsche, c'est sa remise en question de tout le système judéo-chrétien et même de la civilisation en général. Il n'avait pas peur d'émettre des réflexions très choquantes quant à la condition humaine. Il fallait beaucoup de courage à cette époque là pour dire que Dieu était mort. Je pourrais sans doute citer plusieurs autres philosophes mais c'est Nietzsche qui m'a le plus marqué.

Pythagore ou tout autre défricheur de l'antiquité
: Je pense que les personnes que j'admire le plus, au-delà de tous ceux nommés précédemment, ce sont ceux qui, par leur réflexion (et à partir de pas beaucoup de concepts établis avant eux), ont fait progresser l'humanité. Je nomme Pythagore, mais tous ceux qui ont réfléchi à un concept innovateur qui a fait faire un grand bond à la civilisation, je les admire plus que toute autre figure. Dans l'histoire de l'Humanité, il y en a eu combien de gens comme ça? Une cinquantaine tout au plus?

lundi 7 décembre 2009

Apprentissage

Est-ce que les gens se posent les mêmes questions que moi dans l'autobus?

Parfois, au retour du travail, il m'arrive de me demander ce que j'ai appris au cours de la journée. Quand j'étais petit, on disait qu'on apprend normalement une nouvelle chose par jour (ou alors qu'une journée où on n'a rien appris est une journée perdue).

Eh bien, à chaque fois où je me pose la question, je me retrouve plus ou moins devant le néant. Enfin, si ce n'est pas le néant, ce n'est rien de très marquant ou d'utile.

C'est sûr qu'en écoutant la radio ou les nouvelles à la télé, on apprend automatiquement quelque chose à chaque jour (y'a toujours des morts ou des politiciens qui font des déclarations quelconque), mais tant qu'à rechercher à tout prix la nouveauté, je pourrais bien compter les marches qui me mènent à mon étage, compter les craques dans le trottoir, le nombre de secondes pendant lesquelles je suis capable de retenir ma respiration sans me faire demander par un collègue ce que je suis en train de faire, mémoriser l'alphabet à l'envers, etc...

À bien y penser, c'est quand la dernière fois que j'ai appris quelque chose de vraiment utile et marquant? Quand j'ai appris que les filles ne faisaient pas pipi par le même trou qu'elles faisaient l'amour?

dimanche 6 décembre 2009

Brem

Soirée de marde à jaser avec Brem de goûts musicaux sur MSN. Brem m'envoie tout le temps des liens de Youtube pour des artistes ethniques sortis de nulle part qui me font toujours m'exclamer: "quessé ça tabarnac?".

Moi, en répartie, je lui envoie des liens de vidéos de mes 12 groupes préférés. Depuis un an ou deux, je lui pose toujours les mêmes questions mais il n'a pas l'air de se tanner. On dirait deux vieux de 85 ans qui font de l'alzheimer et qui se parlent toujours du même sujet sans comprendre que le tour a été fait depuis longtemps.

Ça fait qu'on parle habituellement de rock des années 70 ou 80. Comme ça:

brem dit :
j'aime paul simon

Le Voyou du Bayou dit :
YOU CAN CALL ME AL (note: par excès d'enthousiasme, j'ai tendance à écrire des titres de tounes ou des paroles en caps lock au sein des conversations sur MSN)

brem dit :
yeahhhhhhhhhhh

Le Voyou du Bayou dit :
c'est pas mal sa seule que j'aime
IF YOU BE MY BODYGUARD

brem dit :
bah, plein de tounes avec garfunkel
oui, bodyguard le video avec chevy chase

Le Voyou du Bayou dit :
y se pinnaient tu ces deux là?

brem dit :
HEHEHe possible

Le Voyou du Bayou dit :
Est-ce qu'il se visitaient le back office?

brem dit :
la vie sexuelle, ya juste celle de Tiger qui m'intéresse

Le Voyou du Bayou dit :
est-ce qu'ils jouaient au mulot dans le terrier?

brem dit :
mais bon, mes goûts changent
j'aimais bien billy joel

Le Voyou du Bayou dit :
WE DIDN'T START THE FIRE

brem dit :
ouin... pas sa meilleure

Le Voyou du Bayou dit :
ou bedon SHE'S ALWAYS A WOMAN TO ME

brem dit :
new york state of mind
oui she's always a woman ca torche

Le Voyou du Bayou dit :
avoues le que t'aime ses slows poches
qui jouent à rock détente

brem dit :
ben j'aime les tounes intenses
new york, state of mind, elle est intense

Le Voyou du Bayou dit :
attends un peu, j'aimerais continuer sur le cas de Billy Joel
qu'est-ce que ça te procure comme sensation d'en écouter?

brem dit :
vas-y
ben, ca dépend, durant mon secondaire, c'était amusant
donc, mélancolie de cette époque là?

Le Voyou du Bayou dit :
qu'est-ce que tu aimes le plus de Billy Joel?

brem dit :
bah, je sais pas... j'aimais que ses tounes avaient des cuivres, mais là je sais plus...
new york state of mind, elle déchire parce que tu sens que le gars est malheureux

Le Voyou du Bayou dit :
ok, pis toi t'aurais le goût de lui prêter ton épaule pour le consoler? Ou plus que ça?

brem dit :
hahahaha
non..
mais la musique transmet les émotions

________

Je suis pas allé plus loin parce que je savais vers où ça s'en allait: on commence en disant qu'on aime Simon and Garfunkel, après ça, on parle des ballades quétaines de Billy Joel. Et une fois que la table est bien mise, on dit qu'on aime se faire piner dans le cul.

Décembre

Décembre, c'est le mois de Noël, mais avant d'être trop heureux, il ne faudrait pas oublier tout ce qu'on a perdu en décembre...

Décembre 1980: John Lennon se fait tuer. Ma réaction est de faire caca dans ma couche.

Décembre 1989: 14 étudiantes se font tuer à l'école polytechnique. Ma réaction est de continuer à jouer au Nintendo. Peut-être même à Duck Hunt, dans une inconscience totale.

Décembre 2002: Joe Strummer, le leader du groupe The Clash meurt d'une défaillance cardiaque. Ma réaction est d'avoir 23 ans et de ne même pas savoir de qui il est question. Lorsque je réalise sa mort 5 ans plus tard, alors que je suis depuis peu un fan de The Clash (30 ans en retard), je vis un véritable deuil. Joe Strummer, c'est un des artistes qui avait l'air le plus sympathique et authentique dans l'histoire de la musique rock. Je ne t'oublie pas Joe.

J'espère que vous passez tous un beau moment ensemble au paradis parce que vous le méritez!

Ce message, comme bien d'autres à venir, n'a d'autre but que de remplir mon engagement à écrire un texte par jour au minimum.

samedi 5 décembre 2009

Quizsupercool

Un plaisir des yeux?

Le printemps (particulièrement le mois de mai) et, tout récemment, mon bébé qui sourit.

Un plaisir de partage?

Partager mes gommes sûres avec des collègues du bureau ou avec Lobsterman.

Un plaisir d’enfance?

Faire du big wheel dans la rue, jouer au Nintendo (Zelda, Metroid, Ninja Gaiden, que de bons souvenirs).

Un Plaisir odorant?

Se libérer (triste mais vrai).

Un plaisir égoïste?

Faire du vélo très loin et longtemps ou passer au travers d'un sac de Doritos en écoutant un film.

Un plaisir de l'oreille?

La chanson "Once in a lifetime" des Talking Heads me met presque toujours de bonne humeur à part quand je suis vraiment en tabarnac ou que j'ai mal à la tête. Sinon, j'aime bien le bruit du vent qui passe l'été dans la maison, ou le bruit de la mer. Je me vêts alors d'une écharpe et compose des alexandrins.

Un plaisir charnel?

À part fourrer (faire l'amour, pardon), j'ai pas assez de vocabulaire pour savoir ce à quoi s'applique le mot "charnel".

Un plaisir inconnu ?

Fesser quelqu'un à coups de bat de baseball. Ça doit vraiment être cool quand on déteste quelqu'un à mort.

Un plaisir du goût ?

De la salade de fruits, c'est toujours très bon. Sinon, du gâteau au fromage ou de la tarte au citron.

Un plaisir anachronique?

Lire mes "je-me-petit-débrouille" de 1987. C'est pas vraiment plaisant, mais c'est la chose la plus anachronique que j'ai faite récemment.

Un plaisir qui ne coûte rien ?

Jouer de la guitare ou de n'importe quel instrument de musique qui est libéré de ses paiments à tempérament.

Un plaisir honteux ?

Quand j'étais petit, je prenais un malin plaisir à brûler des insectes vivants avec une loupe. Je faisais aussi congeler des mouches dans les cubes de glace du congélateur. Mes parents ont d'ailleurs déjà mis de la glace d'une de mes expériences dans la boisson de la visite. Je pense qu'il n'y avait pas d'insecte cette fois là. Seulement du savon ou quelque chose d'autre. Mais enfin, on devine que la boisson n'a pas été bue.

Un plaisir hors de prix ?

Une contrebasse. C'est pas tout à fait hors de prix, mais je préférerais m'acheter une auto neuve pour le même prix.

Un plaisir défendu?

Conduire saoul.

Un plaisir surestimé?

Une bonne bouteille de rouge entre amis. Quelle phrase de marde utilisée par un million de connasses du réseau contact.

Un plaisir à venir?

Manger du homard en buvant une bonne bouteille de blanc en famille.

vendredi 4 décembre 2009

Sourire

Depuis un peu plus d'un mois, je prends l'autocar des chutes pour aller travailler. Quand j'embarque dans l'autobus, un peu après 8h15, je salue toujours le chauffeur et je pense que j'esquisse même un sourire pour illuminer la journée de ce pauvre type.

Pourtant, ce chauffeur a presque toujours l'air en calisse après moi. Je ne comprends pas pourquoi.

jeudi 3 décembre 2009

Ribbentrop

Au cours de nos années scolaires, on apprend un paquet de choses. On se forge une culture générale qui disparaitra tranquillement au fil du temps, après notre sortie de l'école. Certains entretiennent leur culture en continuant à lire et à se tenir informé mais je pense la majorité amorce un long déclin intellectuel suite à la fin des études.

Pourtant, même si un paquet de trucs appris par cœur le temps d'une étape ou d'une session se retrouvent dans la brume, on a parfois des flashbacks de culture générale.

Hier, le nom "Ribbentrop" m'est arrivé en tête comme ça, sans raison et y est resté. Pendant un bon moment, je me suis demandé: "c'est qui donc ça, Ribbentrop? Un personnage historique, assurément, mais c'était un Allemand ou un Russe? Est-ce qu'il a vécu dans le temps de la guerre franco-allemande de 1870 (la guerre qui a fait perdre l'Alsace-Lorraine à la France)?"

Ça fait qu'un jour plus tard, toujours aussi embêté et tanné de l'être, j'ai fini par regarder sur Wikipédia pour réaliser que Ribbentrop était Ministre des affaires étrangères sous Adolf Hitler. Une de ses premières fonctions importantes, avant la guerre, a été d'être ambassadeur allemand à Londres où il a acquis une réputation d'incompétence totale (ce qui est amusant à lire considérant le fait qu'un allemand/nazi est généralement tout le contraire).

Ensuite, puisque les affaires diplomatiques étaient loin d'être un priorité en temps de guerre, Hitler ne confie pas de grande responsabilités à Ribbentrop qui est, de toute façon, considéré comme incompétent. Il contribue toutefois au rapprochement entre Hitler et Mussolini et participe à la déportation des juifs vers les camps de concentration. Malgré tout, il ne semble pas vraiment comprendre toutes les implications qui découlent de ses agissements et ne semble pas particulièrement méchant, pour un nazi.

Ribbentrop est le premier nazi pendu des suites du procès de Nuremberg en 1946. Sa pendaison fut mal organisée et il prit 17 longues minutes à mourir. Certaines mauvaises langues racontent que Ribbentrop aura tout manqué, même sa mort!

Ouin, finalement, j'avais en tête le nom d'un personnage pas si important que ça.

C'est ainsi qu'environ 130 personnes firent la lecture, en ce 3 décembre 2009, d'un texte qui fit revivre Joachim Von Ribbentrop.

Mythes

Dans les transitions de vie, y'a toujours des gens qui nous questionnent pour savoir comment on vit la transition en question. On dirait que ces personnes ont beaucoup de misère à cheminer dans la vie sans considérer les évolutions normales comme des épreuves.

Moi, j'ai tendance à me dire que des dizaines de milliards de personnes ont peuplé la terre avant moi et la plupart de ceux qui ont vécu au sein d'une société civilisée ont survécu sans trop de problèmes aux étapes normales de l'existence.

Tout nouveau parent doit se faire demander quelques mois par mois comment c'est d'avoir un bébé et si ça change une vie. Je pense que si on a une vie relativement rangée, qu'on n'est pas trop du style bohême ou night life, ça ne change pas grand-chose (outre les horaires). La vie de couple est sûrement plus compliquée que la vie de parent. Mon bébé, c'est la plus belle chose qui me soit arrivé dans toute ma vie, crissement loin devant la maison ou devant une bonne job. Ceux qui sont malheureux ou qui ne voient pas de signification à l'existence devraient essayer ça. Par exemple, il m'arrive de me lever de bonne heure le matin et de me dire "fuck le bureau, je vais passer du temps de qualité avec mon bébé". Alors je prends le bébé dans son lit, et je le couche sur moi, dans le salon. Pis je pars travailler avec le dernier autobus de la matinée. C'est probablement ça, le meilleur moment de ma journée...

Ça coûte cher d'avoir un enfant? Eh bien à date, les allocations gouvernementales me surprennent pas mal considérant notre revenu familial. Je me dis que ceux qui travaillent au salaire minimum doivent recevoir du cash en maudit. À date, ce qu'on a reçu est amplement suffisant pour payer le lait, les couches et la plupart des autres dépenses relatives au bébé à chaque mois. Ça ne sera probablement pas toujours comme ça, mais pour la première année, je suis convaincu que le bébé ne nous coûtera pas grand-chose. En fait, ce sera probablement même rentable.

Les mères de familles nombreuses m'apparaissent maintenant comme des osties de salopes cupides.

Notation

L'autre jour, j'étais tellement découragé de travailler avec une bande de caves que, dans l'autobus, j'ai pris un crayon et un papier et j'ai noté mes collègues sur 10.

J'en suis arrivé à une moyenne de 5,5 sur 10. Comme je me disais que même les plus incompétents savaient lire et écrire, je n'ai pas attribué de note inférieure à 2 sur 10.

Depuis ce temps, je me questionne sur mon barème. Est-ce que le fait d'être alphabétisé attribue un minimum de compétence à un employé, même si ce dernier travaille dans un contexte où lire et écrire est essentiel? Bref, est-ce qu'un employé à problème sachant construire une phrase est automatiquement plus compétent et utile qu'un employé agréable à cotoyer qui ne peut faire qu'un X pour signer son nom?

C'est quoi la différence entre un 0 sur 10 et un 2 sur 10?

mercredi 2 décembre 2009

Le dédain

Quelle est la proportion de gens qui s'asseoient directement sur la bol de toilette, dans les toilettes publiques?

En réalisant qu'un court laps de temps séparait le moment d'ouverture du cabinet et le début des opérations entreprises par la plupart de mes occasionnels voisins de fortune, je constate que beaucoup de gens sont confortables avec les installations publiques.

Moi, j'en suis incapable. Ça me prend au moins 3-4 couches de papier de toilette pour pouvoir me recueillir sereinement.

mardi 1 décembre 2009

Déficit

Ces temps-ci, on parle beaucoup de la dette du Québec. Il y a d'ailleurs un gros dossier en continu à TVA qui s'intitule "Le Québec dans le rouge".

Parallèlement à cet apocalypse financier imminent, des négociations entre le gouvernement et le secteur public ont actuellement lieu, pour le renouvellement des conventions collectives. La première offre du gouvernement faite cette semaine a été 7% sur 5 ans. Les syndicats, quant à eux, réclament environ 12% d'augmentation de salaire sur 3 ans.

C'est bien beau tout ça, mais concrètement, en argent, ça veut dire quoi?

J'ai fait une petite recherche sur le site du conseil du trésor afin de bien comprendre la situation des finances publiques au Québec.

Pour l'exercice 2007-2008, il y avait au Québec environ 560 000 employés gouvernementaux pour une masse salariale globale de 26 milliards de dollars (salaire moyen de 46 000$).
Pour 2009-2010, le gouvernement prévoit un déficit de 4,7 milliards de dollars. Les dépenses de programmes sont de l'ordre de 60 milliards et le service de la dette, de 6 milliards. Bref, la masse salariale des employés du secteur public (ou parapublic) correspond à 43% de la totalité des dépenses gouvernementales.

Ainsi, les employés du secteur public désireraient que leur masse salariale augmente de plus de 5 milliards de dollars au cours des trois prochaines années.

À partir du moment où j'ajoute mon opinion personnelle là-dedans, je commence à radoter.

La pitié

Les gens s'interrogent habituellement sur la signification de mots tels que "anticonstitutionnel", "abnégation" et "méconium" plutôt que de réfléchir aux concepts qu'on traine depuis la naissance tels que le mot "pitié". Pourtant, je me rends compte que ce mot simple et usuel est utilisé dans des circonstances qui varient sensiblement, d'une personne à l'autre:

Pour certains, dès qu'une personne est en mauvais état ou démunie face a un aspect de la vie, elle fait pitié.

Pour d'autres (comme moi), on a généralement ce qu'on mérite dans la vie (pour ce qu'on est devenu, du moins) et la pitié n'est qu'une façon de déresponsabiliser les gens par rapport à la façon dont ils ont mené leur vie.

Bref, j'ai pitié des créatures sans défense (animaux et enfants maltraités, par exemple), des gens qui pognent le cancer sans raison, des familles dont un membre s'est suicidé ou a été tué, des gens qui pognent la bactérie mangeuse de chair et qui se font amputer un membre... et plein d'autres exemples du même genre où un malheur hors de notre contrôle s'abat sur nous.

Par contre, je n'ai pas pitié des gens qui perdent leur job par incompétence, des gens qui sont obèses et ont la peau grasse parce qu'ils mangent (ou ont mangé) mal et ne font pas d'exercice. Je n'ai pas non plus pitié des gens qui ont une attitude de marde et qui n'ont ni amis ni blonde/chum. Même chose pour ceux qui ont choisi de lâcher l'école en secondaire 3 pour aller travailler dans un poulailler pour faire la passe de cash en coupant des têtes de poules.

Je n'ai pas pitié des gens qui se piquent, peu importe le milieu dont ils sont issus. On peut toujours trouver un élément à quelque part dans le vécu de quelqu'un pour en faire la cause de toutes les mauvaises décisions prises par cette personne. En cherchant, je pourrais sûrement me trouver une bonne raison pour me piquer moi aussi. Ouais, j'aurais pu commencer à me piquer en secondaire 1, quand je n'avais pas beaucoup d'amis et que j'étais malheureux dans ma nouvelle école...

On vit dans une société où la majorité, si elle y met l'effort, peut accéder à de bons emplois et gagner sa vie décemment. Ceux qui ont une mauvaise hygiène de vie ne peuvent, selon moi, affirmer qu'ils en ignorent les possibles répercussions. Et malgré tout, je crois que, si on commence notre vie dans un environnement plus ou moins épanouissant, il y a moyen, avec de la volonté et un peu d'ingéniosité, d'améliorer sa condition.

Malheureusement, la plupart des gens naissent avec un potentiel en dessous duquel ils choisissent eux-mêmes de demeurer.

C'est ce pourquoi j'éprouve très peu de pitié pour les adultes en général. On est responsable de la cochonnerie qu'on est devenue.