vendredi 30 octobre 2009

Un enfoiré de prolétaire

"Yo man, quessé tu penses de la vaccination pour la grippe H1N1? "

"Je sais pas man. Fais toi vacciner ou fais toi pas vacciner mais ferme ta yeule. Je suis trop occupé à rien crisser de mes journées pour penser à ça."

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Mes cinq semaines de congé parental se terminent aujourd'hui. Ce fut une période dépourvue d'inspiration pour moi. En fait, pendant ces 35 dernières journées, j'ai eu ma routine quotidienne qui n'a connu que de légères variations.

Ça ressemblait généralement à ça:

Entre 4h30 et 7h AM: Je me lève du lit pour prendre le bébé dans son berceau et aller me coucher avec lui sur le divan du salon;
Jusqu'à 12h ou 13h: Je suis seul avec le bébé qui dort généralement sur mon ventre. Quand j'ai le goût de mettre de la fantaisie dans ma vie, j'écoute un DVD ou je joue au Nintendo. Souvent, je me sens comme une fougère et je n'aspire qu'à pouvoir dormir 30 minutes en ligne;
Début PM: Aimepé se lève et je vais prendre ma douche. J'essaie aussi de prendre un peu de temps seul avec moi-même;
Après-midi: Variable, mais rien de trop demandant;
23h environ: Je vais me coucher alors qu'Aimepé se couche à 3 ou 4h du matin afin de prendre en charge les biberons de nuit.
Entre 4h30 et 7h AM: Ça recommence, telle une boucle sans fin.

J'ai donc connu assez peu d'expériences en-dehors des obligations parentales au cours de ces 5 semaines. En fait, ça fait un mois que je raconte que je n'ai rien à raconter. Faut vouloir que le message soit clair hein?

Mes moments les plus forts sont survenus lorsque je me suis fait vomir dessus (2 fois) et que j'ai intercepté du caca liquide avec mes mains pour ne pas que ça salisse le couvre-matelas de la table à langer. Il y a aussi eu les pipis jusque dans le visage, précédemment relatés. Mais à part ça, j'ai peu de choses à déclarer. J'ai un très bon bébé qui ne pleure presque jamais. J'ai vraiment pas à me plaindre. En fait, je devrais plutôt me vanter mais me semble que c'est tellement plus punché quand on a quelque chose de négatif à raconter... Je suis peut-être mal outillé pour exploiter de façon littéraire le positif de la vie?

Cette semaine, Lobsterman est venu à la maison pour manger quelques gommes sûres. Il me disait que je n'avais plus grand chose à raconter et que mon blog allait mourir de sa belle mort. J'étais d'accord avec la première partie de son affirmation ("plus grand chose à dire"). Par contre, je ne vois pas en quoi la platitude des écrits implique la mort d'un blog, considérant le fait que la majorité des blogueurs carburent à la platitude pendant toute la durée d'existence de leur blog. En gardant le cap sur la route de l'ennui, je ferais donc simplement partie de cette gang de gens inoffensifs et ennuyeux...

Récemment, je me suis procuré ma première passe d'autobus à vie et je me disais que j'étais maintenant officiellement devenu un enfoiré de prolétaire. Mais peut-être que de prendre l'autobus avec d'autres banlieusards niais va m'inspirer? Peut-être que ça prendrait plutôt quelque chose de drastique comme l'achat d'une motocross? Peut-être que, dorénavant, tout ce que j'aurai à dire, ce sera d'afficher des photos d'évolution de mon nourrisson? Peut-être que je n'aurai plus jamais rien à raconter?


dimanche 25 octobre 2009

Le droit de chialer

Je reviens d'aller voter par anticipation pour les élections municipales.

Je m'en sacre un peu de la vie politique par ici et je n'y connais pas grand chose. Si le système était clairement plus infiltré par la mafia, comme à Montréal, me semble que ça rendrait les choses plus excitantes...

Enfin, comme j'ai entendu depuis des années que, pour avoir le droit de chialer, il fallait voter, je me suis rendu au bureau de vote pour m'éviter de culpabiliser. Je pense que, si je n'avais pas voté, j'aurais été pas mal embarrassé de me faire demander: "Quessé tu penses de la mairesse Roy-Marinelli toi?". J'aurais été obligé de répondre que je n'avais pas d'opinion puisque je n'avais pas voté aux élections municipales. Hey, c'est frustrant en maudit de voir tout le monde jaser de la mairesse autour de soi et se fermer la gueule parce qu'on n'a pas le droit de rien dire.

Ça fait que, pour participer aux éventuelles discussions politiques, je suis allé voter pour une madame que je ne connais pas, membre d'un parti qui me laisse indifférent. Ouin, j'ai fait la job à moitié car un vrai citoyen conscientisé lit le programme électoral de tous les candidats et assiste aux séances du conseil municipal au lieu de regarder des vidéos des Sex Pistols sur Youtube.

Enfin, même si ma démarche ne sera pas assez complète pour certains, j'ai maintenant le droit de chialer à propos de politique municipale. Malheureusement, il semble que ce soit le seul sujet à propos duquel je puisse émettre une opinion puisque je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà voté à propos de la météo ou à propos du bien-fondé de l'existence des gens que je trouve caves...

mercredi 21 octobre 2009

Stagnation

Aujourd'hui, dans le cadre d'un test d'allergies, à l'hôpital, on a pris la mesure de mon poids et de ma grandeur.

Ça fait longtemps que je sais que je ne deviendrai jamais ventripotent et même probablement jamais proportionnel à ma taille. J'entretiens tout de même l'espoir de sortir de la zone risquée inférieure du test d'indice de masse corporelle. La zone où personne ne se retrouve à part les filles anorexiques.

Je me rappelle que les quelques fois où j'ai tracé ma courbe d'IMC, je suis arrivé à la zone limite du sous-poids ("avertissement, cessez de lire ce paragraphe et procurez-vous une poutine immédiatement").

Résultat, à 20 ans comme à 30 ans, j'en suis à 155 livres pour 6'2.

Un an de Nautilus Plus n'y a rien fait tout comme les sacs de Doritos en format club de chez Costco n'y ont rien fait.

J'aurais pensé que ça changerait un jour...

Objectif 165 livres à 40 ans.

mardi 20 octobre 2009

Mots de Brutus

Il y a quelques années, quelqu'un qui connaissait bien mes habitudes de vie m'a offert un livre de "méditations pour la salle de bain".

Je lisais ce livre récemment et je suis tombé sur la pensée suivante:

"L'une des plus étranges ironies de cette bizarre vie, c'est que ceux qui travaillent le plus fort, ceux qui se soumettent à la discipline la plus stricte, ceux qui abandonnent certaines choses agréables afin de réaliser un objectif sont les gens les plus heureux."

- Brutus Hamilton, pentathlonien

Sibole que c'est vrai et que ça en dit long ça. En fait, je pense que cette pensée unique fait partie du top 3 des choses à savoir et se souvenir tout au long de sa vie pour être une personne heureuse et accomplie. Je suis par contre persuadé qu'un paquet de gens mourront sans jamais avoir pris conscience de cette si simple réflexion.

jeudi 15 octobre 2009

Les pieds de poupon

Quelque part au printemps, Aimepé me parlait des Chocolats Favoris et du bébé en même temps. Probablement qu'elle espérait que le poupon hérite de ses gènes cacao-junkie et aime ces confiseries autant qu'elle.

J'ai dit à Aimepé de me laisser penser 5 secondes. Puis, je me suis écrié :"Eureka!". Je venais de penser à faire des petits pieds en chocolat à partir d'un moule pris sur un pied du bébé. J'ai intitulé ma création non menée à terme "les pieds de poupon". Quel bon (dans les 2 sens) concept.

L'inspiration m'était venue du blog d'Ygreck où j'avais lu, un an ou deux auparavant, que des moules en plâtre des mains ou des pieds de son bébé avaient été pris. J'ai donc repris l'idée en y ajoutant un aspect comestible. Je me disais qu'on allait pouvoir distribuer les petites pieds en chocolat à nos familles et à quelques amis proches...

Ça fait que cette semaine, j'ai essayé à plusieurs reprises de rentrer le pied du poupon dans de la pâte à modeler afin de garder une première trace du pied. Pas facile car la coopération n'est pas une notion innée chez l'être humain. Aussi, fallait peser assez fort sur les pieds pour que ça entre dans la pâte à modeler en laissant des traces pour chaque orteil distinctivement.

Ce matin, j'ai coulé du plâtre de paris dans le moule de pâte à modeler. Ça a encore une fois donné un bon résultat. J'étais confiant, je me disais qu'on aurait peut-être nos pieds de poupon avant la soirée. L'artisanat culinaire m'excitait maintenant. C'est fou ce que la maternité change un homme.

Ça fait que j'ai à nouveau coulé du plâtre dans un plat de margarine vide et j'ai inséré le moule en plâtre là-dedans pour que ça donne un trou dans lequel je pourrais couler du chocolat. À mon grand désespoir, ça n'a donné que des résultats médiocres. Et j'ai gaspillé une bonne partie de mon plâtre avec ces essais infructueux.

J'ai changé de tactique en après-midi. J'ai fait fondre mon chocolat au bain-marie (je parle maintenant de bain-marie, c'est clair que je suis rendu fif) et je l'ai versé sur une plaque. Je voulais ensuite me servir de mon pied en plâtre comme empreinte à poser un peu partout sur la grosse plaque de chocolat. J'ai attendu que le chocolat refroidisse mais ça donnait quand même un très mauvais résultat de chocolat qui colle sur le pied.

Toute cette aventure est devenue beaucoup plus compliquée que ce qui était escompté.

Les pieds de poupon sont en péril et ça me fait chier parce que ça faisait au moins 6 mois que j'attendais de faire ça.

lundi 12 octobre 2009

Mon meilleur move financier à vie

Il y a un an, c'était la débandade pour tous les gens ayant des placements à la banque. Mes REER détenus sous forme de fonds communs de placement chez Desjardins avaient perdu plus du tiers de leur valeur (environ 2500$ de diminution). J'étais en beau calisse après Desjardins et je maudissais le fonds Diapason.

Parallèlement à cette crise boursière, j'avais commencé à lire sur la bourse et à en discuter avec mon voisin de bureau, type très connaissant en la matière (mais pas du tout "gambler" pour autant). Ces lectures et discussions m'avaient convaincu de me débarrasser au plus sacrant de mes fonds communs de placement pour m'occuper moi-même de mes REER.

Comme tout allait vraiment mal partout et que même les entreprises solides voyaient la valeur de leurs actions diminuer de beaucoup (plus de 50% de diminution dans certains cas), mon voisin a fini par me convaincre que c'était le moment ou jamais de me lancer en bourse. Selon lui, je ne verrais probablement plus repasser des occasions de ce genre avant un sacré bout de temps.

Même si j'avais étudié en administration, à ce moment là, je ne savais pas clairement ce qu'était une action. Ok, je savais que ça représentait une part dans une entreprise, mais je ne pouvais pas aller plus loin que ça dans ma définition. J'ai fini par comprendre que dans le fond, acheter une action, c'est prêter directement son argent à une entreprise au lieu de laisser son argent trainer à la caisse populaire contre un taux d'intérêt ridicule (1%) pendant que la caisse pop prête cet argent aux compagnies contre un taux d'intérêt pas mal plus élevé (8-10%). Alors pourquoi pas prêter moi-même mon argent aux compagnies en récoltant plus de bénéfices en retour?

À la fin octobre 2008, j'achetais mes premières actions en bourse. J'ai choisi d'investir dans la Banque Scotia, une des plus solides entreprises canadiennes, établie depuis plus de 150 ans. Considérant ces informations et le fait que les profits annuels de la compagnie s'établissaient à plusieurs centaines de millions de dollars, je me suis dit que le risque était minime. Tant qu'à prêter son argent, aussi bien le faire à une compagnie qui va bien et qui fait du cash en masse. C'est moins stressant que de prêter son argent à une entreprise dont les profits diminuent d'année en année...

Si cette banque venait à tomber à cause de la crise, ça signifiait qu'à peu près toutes les autres entreprises allaient faire faillite ainsi que l'économie canadienne au grand complet. Dans ce contexte, la valeur du dollar allait s'effondrer et la pinte de lait de l'épicerie allait nous coûter 100 000$, comme dans l'Allemagne d'après guerre. Bref, si j'investissais 1000$ dans la Banque Scotia et que, quelques mois plus tard, la banque faisait faillite, ça voulait dire que ces 1000$ qui auraient dormi à la caisse pop ne vaudraient de toute façon plus grand chose. Quoi de mieux qu'un bon scénario catastrophe pour modérer ses angoisses.

Dans les mois qui ont suivi, j'ai liquidé mes fonds communs de placement (ce faisant, mes pertes de 2500$ devenaient bien réelles) et me suis acheté d'autres actions de la Banque Scotia ainsi que des actions de la Banque Royale (plus grosse banque au Canada) et de TransCanada Pipelines (entreprise d'oléoducs).

Mes actions de la Banque Scotia ont été acquises à un coût de 31$ et valent aujourd'hui 47$ (50% d'augmentation), celles de la Banque Royale ont été acquises à 33$ et valent aujourd'hui 56$ (70% d'augmentation), celles de TransCanada ont coûté 30$ et valent aujourd'hui 34$ (un peu plus de 10% d'augmentation).

Toutes ces actions versent des dividendes à tous les 3 mois. Cette somme globale de dividendes correspond à un intérêt annuel de 6% qui m'est versé sur les sommes investies. Ainsi, même si mes actions ne prennent pas de valeur pendant une année, mes REER sont assurés d'augmenter au minimum de 6% par année uniquement grâce aux dividendes.

Au final, aujourd'hui, un an après avoir vu mes REER perdre 2500$ de leur valeur, j'en suis à un point où leur valeur a crû de 8 000$ (ce qui donne un gain de 5500$). Bien entendu, ça ne me rend pas plus riche car c'est de l'argent dont je ne devrais bénéficier qu'en 2037 environ (à moins de faire un cancer d'ici là). Même si ça ne change rien quant à ma situation financière actuelle, j'ai réussi à améliorer de beaucoup l'état de mes avoirs alors que je suis persuadé que j'aurais encore plusieurs centaines de dollars de perte si j'avais conservé mes fonds communs de placement au lieu d'acheter des actions de ces compagnies.

Cette idée d'investir en bourse a été mon meilleur move financier à vie.

dimanche 11 octobre 2009

Deux semaines plus tard

Depuis que j'ai trouvé Dieu à l'intérieur d'une couche de bébé, on dirait que même si j'essaie très fort, je ne trouve plus rien à extraire de mon quotidien. Ça me fait un peu capoter parce que j'ai l'impression que c'est la période de ma vie pour laquelle je devrais garder le plus d'écrits...

Faut dire que, depuis 2 semaines, je traine à chaque jour un petit mal de tête de fatigue ou quelque chose qui s'y apparente. Ça fait que la simple idée de m'imposer une tâche qui nécessite de structurer mes pensées me donne encore plus mal à la tête. Alors je reste couché sur le divan avec le bébé sur mon ventre en écoutant les DVD de Dexter qu'on m'a prêté il y a presque un an et que je n'avais toujours pas écoutés.

Je me dis qu'avec cette succession de textes d'épanouissement personnel relatifs à la paternité, j'ai peut-être l'air d'un gars qui vient de rentrer dans une secte et qui a enfin trouvé sa place sur la Terre. D'ailleurs, j'ai vu que j'avais perdu quelques abonnés sur Google Reader récemment. Je comprends ces gens là et je comprendrai tous ceux qui suivront. Ces histoires de paternité ne respectent pas du tout le fil conducteur des 4 dernières années qui s'en allait plutôt vers une vie de réclusion, dans dans une grotte.

À vrai dire, si je m'extrais de ma propre personne et que je m'imagine en train de lire ailleurs les mêmes choses que j'ai écrites ici dernièrement, je me dirais probablement: "Ah fuck, y manquait plus rien que ça! Un gars qui se transforme en blogueuse mère de famille!". Mais je me demande si ça serait mieux de répéter les mêmes choses qu'avant, pendant encore 4 ans?

Enfin, ça fait aujourd'hui deux semaines que mon petit bonhomme est né et je ne vois pas encore de côté obscur à cette aventure. Je suis toujours aussi attendri à chaque fois où je le vois couché dans son petit parc et je lui donne une grande quantité de becs à chaque jour, ce qui ne me permet par vraiment d'entretenir mes bibittes... et de toute façon, je serais trop fatigué pour le faire.

Je redeviendrai bien en criss après la vie un jour ou l'autre.

mardi 6 octobre 2009

Life is a brassée

En 1991, Tom Cochrane chantait "Life is a Highway". 18 ans plus tard, moi, je dis: "Life is a brassée".

Ça fait une semaine qu'on est revenus de l'hôpital avec le poupon et jamais je n'ai vu autant de linge se retrouver dans la laveuse en aussi peu de temps. Bon, ok, on a reçu de la visite pendant quelques jours ce qui implique du lavage de draps. Mais quand même, le linge de bébé souillé de pipi se ramasse régulièrement dans la laveuse.

Faut dire que:

1- Les couches du bébé ne semblent pas étanches, ce qui fait que son pipi se ramasse parfois dans son dos (mais est-ce vraiment du pipi ou de la sueur localisée uniquement en un endroit???)

2- Le bébé a tendance à se faire pipi dessus régulièrement quand on lui change sa couche. Ça se rend habituellement jusque dans son visage ou dans ses oreilles, ce qui implique un nettoyage à la débarbouillette du corps et de la face au milieu de la nuit suivi d'un changement de vêtements. Il y a 2-3 jours, au milieu de la nuit, j'étais complètement démuni face à un bébé couché sur sa table à langer avec plein de gouttes de pisse dans la face.

Principalement à cause de ces réveils nocturnes, je suis continuellement dans un état semi-vedge. Je me réveille pendant la nuit si bébé a perdu sa suce ou s'il manifeste un léger inconfort. Je passe parfois une heure avec lui dans le salon à lui donner à boire pendant que tout le reste de la population de notre fuseau horaire dort, hormis les animateurs de Salut Bonjour.

Oui, la vie est plus limitée avec un bébé et j'ai beaucoup moins d'idées qui me traversent l'esprit. Est-ce qu'on devient moins intelligent avec un enfant? Probablement pas, mais je comprends maintenant pourquoi tant de jeunes mères me paraissaient si dénuées de potentiel de discussion. Quand on a une discussion limitée à la base, comment ça pourrait s'élargir avec quelqu'un dont on doit s'assurer du confort 24 heures sur 24?

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J'ai toujours été marqué par les vieilles photos où mon père était couché sur le divan en train d'écouter la télé avec moi couché sur son ventre. J'avais hâte d'essayer ça moi aussi. C'est peut-être pour ça que j'ai décidé de concevoir un bambin? Enfin, j'ai essayé ça moi aussi à quelques reprises jusqu'à maintenant (avec la télé fermée cependant) et je dois dire que c'est probablement une des choses que j'ai aimées le plus dans la vie.

Je pense que je peux considérer que c'est ça, ma paye contre tout le reste.

dimanche 4 octobre 2009

Le dégraissage de l'État

À propos de notre incroyable dette de 212 milliards dont on parle tant ces temps-ci, j'ai vu le Ministre Claude Béchard affirmer à la télé son désir de voir les choses s'améliorer en dégraissant la fonction publique.

Ah ben calisse!

Ce qui n'a pas l'air d'être connu du public, mais tant qu'à moi, c'est un sacrament de scandale, c'est que le gouvernement coupe peut-être certains postes à la fonction publique (mais assurément pas autant qu'il ne le faudrait) mais ces postes coupés sont très souvent remplacés par des consultants contractuels qui travaillent pour des firmes qui oeuvrent dans le domaine de l'informatique comme CGI, DMR, IBM, R3D, Sinapse, etc.

Or, ces consultants sont engagés dans les Ministères et font le même travail que les employés réguliers de la fonction publique, mais au double, triple ou quadruple du salaire des employés réguliers.

On pourrait dire qu'on est quand même gagnants de pouvoir engager des consultants pour une petite période en ayant le loisir de les clairer lorsque désiré, contrairement aux employés internes qu'on doit payer sans arrêt jusqu'à la retraite.

L'affaire, c'est que ces consultants sont souvent postés dans un Ministère pendant des années, de façon comparable à un employé régulier. Certains sont dans un Ministère pendant 2 ou 3 ans, d'autres se rendent à 10 ans et même plus! Ces derniers sont bien souvent moins compétents que les employés réguliers et doivent se faire "coacher" du début à la fin de leurs dossiers par un employé de l'interne.

Donc, en résumé, c'est l'employé interne qui valide le dossier et qui aide le consultant à se démerder quand ce dernier en arrache. Bref, deux personnes sont payées pour faire la même job, dont un qui gagne le double ou le triple de celui qui agit à titre de mentor!

Concrètement, ça donne des petites analyses de 2 mois confiées à des consultants contre une rémunération de 30 000 ou 40 000$. Ouais, sacrament. Trente ou quarante mille piastres pour réaliser une petite étude simple tout en étant encadré par quelqu'un de l'interne qui gagne peut-être 8000 ou 10 000$ pendant cette même période.

Si y'a un dégraissage de l'État qui s'opère (avec les Libéraux au pouvoir en tout cas), ça va uniquement avoir pour effet de réduire le nombre d'employés internes en augmentant le nombre d'employés externes, lesquels ne seront pas comptabilisés dans les chiffres de masse salariale gouvernementale. Je crois que ces contrats là sont vus comme les autres contrats d'acquisition (exemple: appel d'offre pour renouveler des équipements informatiques). Alors ça passe dans un fourre-tout sans que jamais personne ne soulève le fait que des sommes équivalentes au salaire de 100 employés de l'interne sont en fait le salaire de 30 consultants qui ont pris des semaines à réaliser des études très moyennes remplies de fautes d'orthographe niaiseuses (telles que confondre un mot se terminant en "er" avec un mot qui se termine en "é").

J'y pense très fort et je me dis que les deux seules possibilités pour lesquelles ça fonctionne comme ça c'est que A-C'est vraiment une méthode d'embauche non-comptabilisée dans les dépenses salariales ou B-Il y a de la corruption dans le système et les hauts-placés de la fonction publique se font graisser par les dirigeants des firmes de consultation.