mardi 29 septembre 2009

Mon petit garçon

Le samedi 26 septembre, nous entrions à l'hopital vers 20h pour vérifier si les grosses contractions d'Aimepé annonçaient l'arrivée du bébé.

Cette fois-là, c'était la bonne puisqu'on n'a pas été renvoyés à la maison. Au contraire, Aimepé était dilatée à 5 cm lors de son évaluation, ce qui indiquait que le bébé était près de la porte de sortie.

Après de longues heures d'attente à dormir debout sur la chaise berçante de la salle d'accouchement, le bébé est arrivé. C'était très exactement à 5h16 du matin le dimanche 27 septembre. En gros, j'ai trouvé que l'accouchement ressemblait à un match de football: beaucoup de temps d'arrêts entre les contractions (périodes de jeu) et peu de résultats visibles.

C'est aussi pas mal fatiguant pour le père de voir sa blonde forcer pendant 3 heures à toutes les deux minutes sans que rien ne sorte. Moi, en tout cas, je forçais avec elle par en-dedans. Dire qu'en début de soirée, je pensais que le bébé allait peut-être arriver avant minuit... À un moment donné, j'ai révisé mon estimation pour 3h30 AM au maximum. Finalement, ça s'est terminé presque 2 heures plus tard.

Ça ne m'a pas troublé ou dégoûté de voir le bébé sortir. En fait, la seule chose vraiment dégueulasse, c'est le placenta. On dirait un gros gigot de tiraille, de gras, de veines. Même très bien apprêté, je ne vois pas comment des gens peuvent manger ce truc-là. Enfin, j'ai filmé l'accouchement et c'est déjà pour moi un des souvenirs les plus précieux que je possède. J'ai interrompu mon petit film pour couper le cordon ombilical, substance assez coriace rappelant les élastiques utilisés sur les "sling shot". On m'avait dit que la coupure du cordon était un moment particulier. Ça m'a plutôt laissé indifférent. Faut dire que j'avais un bébé à caresser.

Par la suite, le bébé, qui faisait un peu de fièvre, s'est fait poser un cathéter sur la tête pour recevoir ses médicaments. J'étais en beau tabarnac après l'équipe d'infirmières qui ont dû piquer mon bébé à 20 places différentes (dont peut-être 10 places différentes sur la tête) pour trouver une veine. Je sais qu'elles ne faisaient pas exprès et on m'a expliqué qu'un bébé qui fait de la fièvre est plus difficile à piquer, mais sacrament, c'est inhumain de voir un bébé qui n'a pas encore 3 heures de vie se faire piquer partout sur le corps. J'ai trouvé que sa petite vie commençait pas mal trop raide.

Les choses se sont assez vite replacées. La fièvre du bébé n'a jamais pris d'ampleur. Malgré tout, on a quand même passé 3 nuits (Aimepé 3 nuits, moi 2 nuits) à l'hôpital pour ne prendre aucune chance. On a pas beaucoup dormi pendant ces nuits là parce qu'on était continuellement dérangés par les infirmières qui allaient et venaient pour prendre le poids, la température, donner des médicaments au bébé. On a aussi pogné un couple de colocataires dont le gars ronflait comme un moteur de boeing ce qui a rendu notre sommeil encore plus pénible.

Au bout du compte, malgré tous ces petits inconvénients, j'y ai gagné énormément. Je suis déjà amoureux de mon petit bonhomme. C'est vraiment spécial comme sensation de sentir que quelqu'un dépend entièrement de nous. Ça ne me fait pas peur, au contraire, c'est comme une petite boule d'amour qui devrait normalement m'accompagner pour le restant de ma vie. J'y trouve un grand réconfort.

Je sais qu'il y a des gens qui feraient d'excellents parents mais qui ne peuvent avoir d'enfants pour diverses raisons (infertilité, décision trop tardive, fausses couches à répétition, etc). Je suis très chanceux car ça n'a pas été mon cas. J'ai un beau petit bonhomme en santé que j'embrasse aussi souvent que possible. J'aime sentir ses petits cheveux et sa peau de bébé, j'aime le tenir dans mes bras et le rassurer quand il pleure. J'aime entendre ses petits sons de bébé. C'est aussi la première fois de ma vie où je ramasse les innombrables cacas de quelqu'un d'autre avec le sourire.

Aujourd'hui, peut-être pour la première fois de mon existence, je suis très reconnaissant envers la vie.

samedi 26 septembre 2009

Salut pourriture!

J'attendais le jour de la mort de Pierre Falardeau depuis un bon bout de temps. En fait, depuis sa fameuse lettre "Salut Pourriture!" publiée suite à la mort de Claude Ryan, je m'étais dit que j'avais bien hâte qu'il crève à son tour pour qu'il ait la chance de recevoir des éloges comparables.

J'en avais rien à foutre de Claude Ryan. Il aurait pu mourir dans l'anonymat le plus complet que ça ne m'aurait rien fait. Mais ça ne m'empêchais pas de trouver ça complètement débile qu'on puisse lui chier dessus comme ça uniquement pour une question de convictions politiques divergeantes.

En 1996 ou 1997, mon père avait acheté le livre "La liberté n'est pas une marque de yogourt" de Pierre Falardeau. C'est suite à la lecture de ce livre là que j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond chez Falardeau. Son idée fixe selon laquelle tout irait mieux si la Nouvelle-France n'était jamais tombée aux mains des Anglais se retrouvait dans un paquet de textes qui en revenaient souvent à dire: "Ça fait 250 ans que j'ai mal"...

Quessé ça? Tu traines la conquête de 1759 derrière toi comme un boulet qui t'empêche de t'épanouir? Ça t'empêche d'être heureux dans ton travail, avec tes amis, avec ta famille, dans tes loisirs? Je lisais ce recueil de textes et je réalisais que Falardeau avait l'air d'en vouloir plus aux Anglais pour ce qui s'était passé il y a 150 ou 200 ans que les Français ou les Anglais semblent en vouloir aux Allemands pour ce qui s'est passé entre 1939 et 1945. Ça fittait pas pantoute avec ma conception des choses.

La liste de ses gestes/déclarations de malade mental est longue. Peu après les attentats du 11 septembre, il a affirmé que les Américains avaient mérité ce qui leur arrivait. Il s'est mis à venir à Québec à chaque fête du Canada entouré de felquistes pour insulter les gens venus se divertir dans le calme. Cette année, il a menacé de venir à Québec avec des cocktails molotov pour empêcher la commémoration de la bataille des plaines d'avoir lieu. Et ainsi de suite...

Pourquoi en arriver à faire/dire des affaires comme ça? Même si ce sont des menaces en l'air, c'est cave, surtout pour un gars qui a l'air de sous-entendre que ça va mieux aller si on se sépare du Canada. Ben oui, on va être évolués en sacrament si on se sépare en ayant comme modèles des leaders terroristes.

Qu'est-ce que ça calisse que des gens aiment le Canada
? Qu'est-ce que ça calisse que des gens aiment mieux la lasagne que le kraft dinner? Que des gens aiment mieux Led Zeppelin que U2?

Sa mort est une bonne chose pour tout le monde: autant pour les souverainistes que pour les fédéralistes. Les premiers auront l'air moins extrémistes et les autres se feront moins insulter par un colon mal engueulé.

vendredi 25 septembre 2009

Fausse balle

Mardi AM, 22 septembre. Aimepé a un rendez-vous chez le médecin pour son examen hebdomadaire. Elle se fait faire un "stripping", opération plus ou moins claire ayant pour but d'accélérer le processus d'accouchement. Suite à l'intervention, le médecin lui dit que le bébé pourrait arriver dans les 48 prochaines heures.

Jeudi, 24 septembre, c'est la date prévue d'accouchement selon la roulette des secrétaires médicales et selon nos attentes relatives au "stripping". Vers 11h17, je reçois un courriel d'Aimepé qui me dit qu'il est temps pour moi d'aller à la maison puisqu'elle a subi deux pertes de liquide non-identifié. Bien que je sois un peu nerveux par rapport au poupon qui me sera probablement livré cette journée là, je suis content de savoir que mon attente est terminée et que le bébé va naître avant le 1er octobre et pourra ainsi commencer (et finir) l'école plus tôt.

On se rend à l'hopital, on rencontre 3-4 infirmières différentes, un résident, une externe. Tous font une opération différente un à la suite de l'autre (avec des délais de 20-30 minutes entre chaque personne). Le personnel est bien sympathique mais je les trouve un peu empotés. On passe presque 3 heures à l'hopital, à nous faire poser des questions et à subir des tests. Personne n'a l'air pressé, on nous fait bretter sur une civière pendant peut-être 2h sur les 3h que nous passerons à l'hopital. Et comme les trois tests passés sont négatifs, on nous retourne à la maison.

Long, inutile et plate en estie.

Ce qui implique un retour au bureau, un report de mes 5 semaines de vacances, raconter la même histoire de fausse alerte à tout le monde...

Et puis se remettre sur le stand-by.

lundi 21 septembre 2009

Mes derniers mots de non-parent

On n'a pas été particulièrement stressés avec l'organisation de la chambre du poupon. En fait, ça s'est terminé pas mal à la dernière minute. Mais est-ce vraiment terminé? Même pas... Il me reste encore à entrer les tiroirs dans le meuble que j'ai acheté au Club Price et assemblé hier (j'ai jamais eu autant de misère que ça à insérer des tiroirs dans une commode). Il reste encore de petits trucs à arranger, mais rien de majeur. J'imagine que ce sera correct lorsqu'il aura perdu sa myopie de nouveau-né.

J'ai l'impression d'être une personne unidimensionnelle pour qui la vie ne se résume qu'à un ou deux sujets. Me semble que tout ce que je fais de concret depuis un mois ou deux, c'est de préparer la venue du bébé en faisant de la place dans le sous-sol, en peinturant, en assemblant des meubles. Mais bon, je vois pas comment je pourrais prendre ça à la légère en me grattant le scrotum...

Cette fin de semaine, j'ai repensé aux moments les plus stressants de ma vie: mon entrée au secondaire, la fois où je m'étais piqué avec une seringue que mon voisin avait trouvée dans une poubelle (et où j'ai surtout pensé avoir pogné le Sida alors que je n'avais que 10-12 ans), mon entrée à l'université, ma première journée dans ma première job, l'achat de mon auto, de ma maison…? Y'a rien là-dedans qui est comparable à ce que je vis présentement. Le plus proche étant peut-être mes débuts d'année scolaire, quand j'étais au secondaire.

Ce sont probablement mes derniers mots en tant que gars sans enfant. Qu'est-ce que j'ai de brillant à dire avant que tout ne change pour toujours? Est-ce que j'ai une trace marquante à laisser pour me souvenir plus tard de ce que j'étais à ce moment-ci de ma vie? Eh ben j'ai malheureusement pas grand-chose à déclarer. Je suis dans l'attente. Je me demande comment ça va se passer. Est-ce que les eaux vont être perdues pendant la nuit? Pendant que je suis au bureau, en pleine réunion, en train de diner, sur la selle? Est-ce que ça va se passer au pire moment possible? Est-ce que ça va bien se passer? Je sais seulement, comme je l'écrivais plus haut, que tout va changer pour toujours sans possibilité de retour en arrière. D'ailleurs, dans quels cas est-ce que la vie peut changer pour toujours sans possibilité de retour en arrière? Une amputation? Un décès? Je vois rien d'autre que ça et un bébé...

Il n'y a pas si longtemps, je passais mes soirées à l'ordinateur, à écrire sur mon blog, à aller sur le réseau contact, à faire des blind dates, à essayer de m'occuper et à trouver une direction. Maintenant, c'est tout à fait l'inverse. Pis à chaque journée qui va passer, le temps va passer de plus en plus vite, si je me base sur la sagesse des milliards de parents qui ont existé avant moi.

Ce furent là, à 30 ans et 4 mois, mes derniers mots de non-parent.


jeudi 17 septembre 2009

Une crotte en amène une autre

Ce matin, en m'en allant travailler en vélo, je me suis fait chier dessus par un oiseau. J'ai trouvé ça vraiment dégueulasse sur le coup. Toutefois, en poursuivant mon chemin avec ma crotte liquide sur l'épaule, je me suis mis à prendre tout ça avec philosophie et j'ai même essayé d'y trouver un symbole...

Peut-être que ça signifiait que j'allais être chanceux aujourd'hui? Peut-être aussi que ça signifiait que le bébé allait arriver dans le courant de la journée?

Pendant toute la journée, je me suis dit que quelque chose allait se passer. Mais rien n'est arrivé, sauf deux lettres à la poste, au retour à la maison.

Dans l'une de celles-ci, j'avais une nouvelle entente de mon courtier d'assurance. Je l'ai ouverte pour voir ce que ça signifiait et j'ai vu qu'au sein de mon contrat de 18 mois avec eux, j'avais deux honoraires de courtier de 10$ ajoutés à mes primes de mai et novembre 2009. Ah ben tabarnac, moi, me faire facturer des frais supplémentaires sans être au courant, ça me met en beau calisse. Bell ont essayé de me fourrer de façon mensuelle pendant 2 ans avec des factures gonflées de 10-15$ par mois sans raison, ce qui a fait de moi un enragé de la mauvaise facturation.

En mars, j'appelais mon courtier d'assurances pour qu'Aimepé soit assurée sur mon auto. Je ne le savais pas, mais on allait me charger 10$ deux mois plus tard (mai) pour cette modification à mon contrat.

Ensuite, en septembre, j'appelais pour dire que je n'allais plus prendre mon auto pour me rendre au travail. Je m'attendais à recevoir une réduction intéressante sur ma prime mensuelle mais on m'a annoncé que ma prime ne diminuait pas parce que ma blonde avait moins de 25 ans au moment où mon contrat avec le courtier était entré en vigueur (même si Aimepé n'était pas assurée avec moi à ce moment là...?). Je n'ai rien compris au fait que l'âge de ma blonde antérieur à sa couverture d'assurance ait un impact sur mes primes. J'ai compris que le dicton "tout ce qui monte doit redescendre" s'appliquait pour à peu près tout sauf pour les assurances.

Ainsi, dans la lettre que je recevais aujourd'hui, on m'a chargé un 10$ supplémentaire (deux mois plus tard, soit en novembre) pour cette modification à ma police. Je me suis ostiné avec la fille pour lui dire que personne ne m'avait dit que des frais étaient applicables alors qu'elle avait l'air sûre que j'étais au courant que des frais de 10$ étaient attribués à chaque modification au contrat.

Me semble que n'importe quel cave serait capable de comprendre que si j'appelle mes assurances pour leur dire que je ne prends plus mon char pour aller travailler, c'est dans le but de faire des économies. Pas pour voir ma prime rester au même niveau et me faire facturer 10$ d'honoraires de modification (qui ne change rien) à mon dossier.

Courtier J.A. Lemieux, je vous emmerde. Voilà ma petite crotte qui trainera sur le web juste pour vous.

...Et finalement, la crotte du matin n'aura servi à rien.

mercredi 16 septembre 2009

Québec VS Montréal

Hier, pendant les 3 sacraments d'heures passées au garage à attendre qu'une pièce soit livrée pour mon auto, j'ai eu le temps de lire 3 fois le Journal de Québec mais aussi d'entendre un intéressant sondage à Salut Bonjour sur la perception de Montréal par Québec et vice-versa (http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/regional/archives/2009/09/20090915-054339.html).

Le sondage disait notamment que 35% des Montréalais aimeraient habiter à Québec alors que seulement 13% des Québécois aimeraient habiter à Montréal. Les chiffres démontrent assez bien ce dont j'ai l'impression depuis un bon moment: les gens de Québec ont une mauvaise image de Montréal et les gens de Montréal ont une image moyenne de la ville de Québec.

Il n'y a pas si longtemps, j'étais du même avis que mes animateurs préférés de radio-poubelle: Montréal était une grosse ville de marde remplie d'ostis de fuckés, de gens stressés, de Jos Connaissants qui n'étaient jamais sortis de chez eux mais qui avaient une opinion sur tout, particulièrement à propos de choses se passant en des endroits dont ils ne connaissent rien, comme le reste du Québec.

Mon opinion a un peu évolué. Je crois encore que cette mentalité montréalaise est applicable pour certaines personnes mais j'apprécie davantage Montréal aujourd'hui qu'il y a un ou deux ans. J'ai ma préférence pour Québec et je crois que je l'aurai toute ma vie, mais je suis capable d'admettre que cette préférence est probablement liée au fait que je suis originaire d'ici. Le problème, c'est que la plupart des gens semblent n'avoir jamais pensé au fait que leur opinion de leur ville découlait directement du fait qu'ils y étaient nés. Exactement dans le même sens qu'on est attachés à la maison de notre enfance, aux rues et aux champs dans lesquels on a joué pour la première fois avec nos petits amis, notre première école primaire... et ça s'élargit comme ça tranquillement jusqu'à la province de Québec, avec un attachement qui diminue au fur et à mesure que le périmètre s'accroit.

Prenons les bébés nés à Montréal et déplaçons les à Québec et je suis certain qu'ils préféreront Québec plus tard. Même chose pour les bébés nés à Québec qui seraient déplacés à Montréal. Pis sûrement que ces bébés transférérés vont plus tard voter pour le Parti Libéral ou le Parti Conservateur à Québec et pour le Bloc Québécois à Montréal. Ils vont préférer la poutine de chez Ashton à Québec et celle de la Banquise à Montréal. Le seul point sur lequel tout le monde s'entendra, c'est que la meilleure crème glacée dans le chocolat brun est aux Chocolats Favoris, à Québec...

Dans toutes ces histoires: Montréal VS Québec, Québec VS Lévis, Montréal VS Laval, Province de Québec VS reste du Canada, Serbes VS Croates, Hutus VS Tutsis, j'ai l'impression que c'est toujours la même histoire: des gens qui ne sont jamais sortis de chez eux ont entendu de la bouche de plusieurs autres personnnes jamais sorties de chez elles que tel endroit était un trou rempli de niaiseux. Même si je suis persuadé que beaucoup plus de Québécois parlent de Montréal en connaissance de cause que l'inverse, les Québécois sont ceux qui se font le plus brainwasher à mépriser Montréal par des animateurs de radio d'intelligence inférieure.

Mais je sais aussi que plusieurs personnes de Montréal méprisent Laval ou Longueuil sans raison. Ça fait que le mépris qui est porté sur une ville est reporté par cette ville sur une autre, et ainsi de suite jusqu'à l'infini... Pis on s'en sortira jamais.

dimanche 13 septembre 2009

Texte pro-nazi

Il y a environ 2 semaines, je suis allé au cinéma pour voir le film "Inglorious Bastards" de Quentin Tarantino. Un très bon film qui consistait en quelque sorte à un fantasme de revanche des Juifs sur les Nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

J'ai eu de la misère avec au moins une madame dans la salle qui semblait trouver beaucoup de satisfaction à voir les méchants Nazis se faire éclater le crâne à coups de bâton de baseball ou se faire scalper. Je peux comprendre qu'on soit heureux de voir les méchants manger une volée après avoir notamment tué et sacré une petite fille en manteau rouge dans un truck de vidanges (lien avec un autre film ici), mais de là à rire de joie? Qui était cette petite madame là qui allait au cinéma durant un après-midi de semaine? Qu'est-ce qu'elle avait accompli de sa vie pour rire des Allemands?

Comme plusieurs, j'entretiens une haine-admiration pour les Allemands. Ce sont les êtres dépeints comme les plus inhumains du XXème siècle, mais en même temps, ils étaient tellement bien organisés qu'on ne peut pas les décrire comme des animaux qui n'ont qu'orchestré un saccage à la machette. Ce qui fait que je ne pense pas qu'on puisse rire d'eux. On peut les détester, mais pas les tourner en ridicule.

C'est assurément un des rares peuples supérieurs de l'Histoire de l'humanité aux côtés des Grecs, des Romains, des Anglais et de quelques autres. La différence est qu'ils ne se sont pas servi de leur supériorité pour faire évoluer l'humanité (quoi que j'ai déjà entendu que la médecine et la psychologie avaient beaucoup évolué à cause des recherches de savants nazis/allemands).

Quoiqu'il en soit, l'Allemagne a tout de même vaincu et envahit une grande partie de l'Europe au cours des deux grandes guerres. Qui sait, peut-être auraient-ils gagné la Deuxième Guerre si Hitler n'avait pas eu l'idée de grandeur d'envahir la Russie? Enfin, malgré tout, après chaque défaite, le pays a réussi à se relever et à redevenir la première puissance économique d'Europe. Pour une question de système d'éducation ou de gènes, ils réussissent toujours à remonter la pente. Pendant que des pays comme l'Italie ou l'Espagne (qui n'ont sans doute rien connu de comparable en terme de reconstruction d'après guerre) ont un système beaucoup moins performant.

Sur le Chemin de Compostelle, j'avais trouvé que les Allemands n'étaient pas particulièrement chaleureux ou sympathiques. Ils étaient par contre les seuls Européens à généralement savoir parler plus d'une langue. Je me rappelle avoir parlé avec au moins 4 Allemands qui parlaient 4 langues (allemand, français, anglais, espagnol). En fait, je ne me rappelle que d'un seul qui était unilingue alors que la plupart des Français, Anglais, Américains, Espagnols rencontrés ne savaient parler que leur langue maternelle.

Au fond, je pense que les peuples latins (France, Italie, Espagne, Portugal) évoluent dans des climats plus confortables (ce qui n'incite pas à se dépasser ou à user d'ingéniosité), ont un mode de vie plus axé sur le chialage, sur les discussions qui n'en finissent plus alors que les peuples germaniques (Allemagne, Royaume-Uni, Scandinavie, Pays-Bas) évoluent dans des climats plus hostiles, ont un système de langage qui en vient au point plus rapidement et ont un tempérament plus actif (possiblement issu de leur génétique de vikings?). La religion y est sans doute pour beaucoup aussi car pour le catholique, faire du profit c'est mal et il faut être repentant alors que pour le protestant, le commerce est mieux vu (quelqu'un qui a de l'argent, c'est quelqu'un qui a travaillé fort alors que pour les catholiques, c'est un crosseur) et les embûches de la vie sont vues comme un défi à surmonter au lieu d'une pénitence.

Tout ça pour dire qu'on ne rit pas des Allemands, même si on peut les haïr. Car, si j'avais à dresser une liste des nationalités avec le plus de potentiel, ça ressemblerait à ça:

1- Allemands
2- Britanniques
3- Canadiens
4- Scandinaves (Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas aussi même s'ils ne font pas partie de la Scandinavie)
5- Américains
6- Français
...
89- Espagnols

mercredi 9 septembre 2009

As-tu hâte?

"As-tu hâte?", c'est la question qui revient le plus souvent à l'approche d'un accouchement. Cette question a été entendue de plus en plus fréquemment au cours des dernières semaines, si bien que je sacre maintenant intérieurement à chaque fois qu'on me la pose.

Je réponds habituellement que je ne vois pas comment je pourrais avoir hâte sans savoir ce qui m'attend. Est-ce que mon bébé sera laid, autiste, toujours malade, est-ce qu'il va avoir une malformation cardiaque, est-ce qu'il se suicidera à 17 ans? Y'a tellement d'inconnus que je n'ai aucune idée si j'ai vraiment hâte. C'est un billet de loto avec un gain négatif potentiel et j'ai malheureusement toujours été plus versé vers les probabilités négatives que vers les probabilités positives. Je travaille là-dessus, mais on s'entend que c'est pas un meuble Ikéa avec un potentiel défaut de fabrication qui est sur le point d'être livré. Et je me connais assez pour savoir que ça me fait pas mal chier quand mes meubles Ikéa sont montés tout croche...

Mes amis Michel et Emmanuelle ont l'air de penser que ma vie va changer du tout au tout. Que je n'aurai plus de temps pour eux (bien qu'on ne se parle et/ou voit déjà pas si souvent), que je vais faire du ménage dans ma vie, que je n'aurai plus les mêmes intérêts, les mêmes disponibilités. Pourtant, s'ils savaient à quel point j'ai l'impression que rien de ce que je suis ne va changer (à part mon niveau de liberté et mes réserves de sommeil). J'aurai toujours besoin de temps seul avec moi-même, de jaser avec les quelques personnes avec qui j'aime jaser, de jouer de la musique, etc. En fait, j'ai l'impression que j'aurai encore plus besoin de gens comme Mike ou Emmanuelle dans les prochains temps, parce que ce sera nécessaire de changer d'air et d'être entouré pour ça. Eux, ils se voient plus éloignés, moi je les vois à la même distance, ou plus proches.

***

Pire que "As-tu hâte?": tous les commentaires caves de gens qui me font de la philosophie à 5 cennes. Comme ce gars du bureau qui me disait:

"Hey Patrick, j'ai entendu dire que t'allais avoir un bébé!"
"Eh oui… dans quelques semaines!"
"Ah c'est le fun… c'est ton premier?"
"Oui"
"Les enfants, c'est spécial… c'est… c'est… comment je te dirais ben ça? C'est…la vie".
"Ok, oui, c'est le cycle de la vie tu veux dire?"
"Oui, mais… c'est… c'est plus que ça… (divagation qui s'étire pendant 30 secondes)
"Ouin"
"C'est comme avec ton père, parles en à ton père, tu vas voir comment il voit ça. Ou bien si tes frères et sœurs ont des enfants, tu vas voir, c'est spécial"
"Ouin, ma sœur a un petit gars pis je suis assez proche de lui"
"Bon ben c'est ça, dans le fond, c'est comme avec ton neveu…"
"Oui, ben c'est mon filleul"
"Ok, ton filleul, pis si ça se trouve, t'es peut-être même son parrain"
"Oui, ben si c'est mon filleul, normalement, c'est que je suis son parrain".

Je parais sans doute intolérant, mais ce genre de discussion là, ça me met en criss, parce que ça aboutit jamais. Plusieurs personnes m'ont dit: "Un enfant, ça change une vie" et je trouve ça aussi inutile que stupide de dire des évidences comme ça. Mais au moins, c'est dit en 5 secondes alors on peut passer à autre chose rapidement. Mais quand des gens essaient de construire leur réflexion devant nous en ne disant rien de nouveau et même rien de concret, c'est fatiguant en sacrament.

Surtout, on ne devrait pas ouvrir la bouche pour parler pendant 10 minutes quand on n'a rien à dire. Endurer des discussions (monologues) comme ça, ça me donne mal à la tête.

Patrick, le 09-09-09

mardi 8 septembre 2009

Pee-pee teepee


La langue anglaise a le tour de fournir des termes punchés. La preuve est faite une fois de plus avec le pee-pee teepee for the sprinkling wee-wee, cadeau le plus amusant qu'on a reçu jusqu'à maintenant.

C'est au Shower du 15 août dernier qu'on a reçu cet amusant cache-pipi qui m'a beaucoup fait rire. C'est avec ce genre de truc qu'on se rend compte à quel point il existe maintenant une abondance de cossins pour répondre à tous les besoins du bébé ou de ses parents. Combien de trucs ont été inventés depuis 10 ou 20 ans? Et comment ils faisaient, les gens en 1850, avec leur poêle à bois et leur séchoir à poisson pour divertir leurs bébés? Où était la compagnie Graco pendant ce temps?

Enfin, on a été pas mal gâtés. On a reçu beaucoup de linge, de beaux paniers de nos soeurs respectives, un petit siège d'amusement, une subvention pour acheter un lit de bébé et plein d'autres affaires que seule Aimepé pourrait énumérer.

Ma mère et ma soeur sont complètement déchainées. Elles se laissent aller à leur instinct de consommatrices compulsives en dépensant des centaines de dollars chacune. Je pense que dès que l'occasion se présente, elles s'en vont dans un magasin de bébés pour acheter quelque chose de nouveau. Elles ont l'air de l'acheter principalement dans le but d'habiller une petite poupée. Ça me gêne un peu, mais je me rends compte que la venue d'un bébé, c'est quelque chose qui fait perdre toute rationalité aux filles de la famille. Il n'y a plus de dimensions, il n'y a plus de logique, il n'y a plus de gravité. Il n'y a que des petits coeurs qui flottent partout dans l'air.

Ma responsabilité

On m'a déjà dit que j'avais une responsabilité sociale avec mon blog. Considérant le nombre de gens lisant celui-ci, je me devais de faire attention à ce que j'écrivais étant donné l'impact que pouvaient avoir mes écrits.

Ce qu'on ne m'a pas dit, c'est la quantité de lecteurs à atteindre pour être tributaire de cette responsabilité. À partir de quel nombre est-ce qu'on peut faire évoluer (ou régresser) les mentalités ou provoquer une révolution?

Est-ce qu'en haut de 1 000 lecteurs par jour, on est tenu de constituer une influence positive pour les lecteurs? Où s'arrêtent les responsabilités? Est-ce qu'il faut inciter les gens à faire un sain usage de la langue française? À faire de l'exercice? À manger bio et à acheter québécois? Est-ce qu'il faut, en plus de ça, être intéressant?

Le problème, c'est que si on m'accorde une telle responsabilité sociale, je ne pense pas que je vais m'en servir pour le mieux. Au contraire, ça sera pas trop long que je vais écrire que les grosses madames ont le devoir de faire du jogging et des push-ups pour se reprendre en main et constituer un bon modèle pour leur entourage. On peut voir que je suis assez vite pour refiler à autrui la responsabilité qu'on m'a attribuée.

Et, à l'opposé, est-ce qu'en bas de 20 lecteurs, on peut écrire des incitations à la haine et à la violence sans problème? SIX MILLIONS MORE!

J'ai pensé qu'en n'écrivant rien pendant 3 semaines, le nombre d'abonnés à mon blog sur Google Reader allait baisser un peu et que j'allais pouvoir m'affranchir de ma "responsabilité sociale". Malheureusement, pour ce faire, j'allais devoir déroger à ma responsabilité sociale numéro 38 qui est d'écrire régulièrement sur mon blog afin de fournir une moulée quotidienne aux gens qui s'emmerdent au bureau.

Contre toute attente, pendant ces 3 semaines, le nombre d'abonnés à mon blog a légèrement augmenté. What the fuck? Ça signifie logiquement que ma responsabilité sociale s'est accrue pendant cette période morte. J'aurais pourtant pensé que certaines personnes allaient m'en vouloir de ne rien publier et de les "laisser tomber". Comme il semble que je ne sois pas au courant du contrat que j'ai signé en choisissant le passe-temps de blogueur, je n'aurais pas été surpris qu'on m'en veuille de ne plus donner de nouvelles à des gens qui ne m'en donnent jamais et/ou dont je n'ai aucune idée de l'existence.

Toutes ces conneries m'ont donné le goût de prendre un break. Ça tombait bien parce que j'avais plein de trucs à faire pour mon petit garçon qui s'en vient. Il me fallait arrêter tout ça une fois pour toutes ou m'arranger pour cesser de trouver continuellement les gens cons (même quand je trouve un blog intéressant, il est assiégé de commentateurs débiles). De surcroit, j'ai la fâcheuse manie de me faire le devoir de dire aux gens niaiseux qu'ils sont niaiseux et c'est rien pour arranger les choses. Car ces gens niaiseux ont souvent la manie de devenir fous comme de la marde quand on leur dit qu'on les trouve niaiseux. Ils ne répliqueront pas en disant "t'es niaiseux toi aussi", mais bien en décuplant l'injure, en y ajoutant des méchants jurons et des insultes beaucoup plus personnelles. Et pis ça finit plus après ça. Y'a même du monde assez dérangé pour appeler directement chez vous et faire des menaces. Je ne crois malheureusement pas avoir assez d'impact social pour faire changer ces choses là.

Ça fait que vu que j'aime bien écrire sur mon blog mais que le reste m'énerve, qu'est-ce que je fais? J'arrête de lire des blogs? Pourquoi pas! Je ferai comme mon pote Mike Boy: je lirai uniquement le mien et deviendrai auto-suffisant. J'écrirai pour nous donner du jus à tous les deux, lorsqu'on se rencontre. J'écrirai aussi pour 4-5 autres personnes, dont mon ami Nicolas, perdu au Bahrein, qui comprend mieux où je veux en venir (dans un pays musulman) que bien d'autres clowns du Québec. C'est là-dessus que je dois garder le focus, et aussi sur mon poupon qui pourra peut-être un jour lire des aventures ou des réflexions écrites par son père, avant sa naissance.

Ça m'a pris du temps, mais j'ai enfin réalisé que je n'étais pas assez mal pris pour vouloir plus que ça.