mercredi 19 août 2009

Les ancêtres crasseux de ma misérable personne

Il y a de cela belle lurette, alors que Michael Jackson avait encore plusieurs mois à vivre, j'avais écrit le récit d'un appel plutôt désagréable chez Bell Canada. La dame à qui j'avais parlé ne semblait pas comprendre où je voulais en venir et je la trouvais aussi un peu trop agressive. De surcroît, j'avais appris qu'un contrat me liait à Bell pour une période d'un an et demi, ce qu'on ne m'avait jamais dit.

Dans un excès de furie, je me suis précipité sur mon blog, utilisant une fois de plus celui-ci comme arme de destruction massive à l'endroit de tout ce qui ne fait pas mon affaire dans ce monde pourri où je suis continuellement une victime.

Dans ce texte là, j'avais entre autres écrit que je n'avais pas apprécié ma conversation avec une "boat people". C'était à l'époque où je pensais que les ethnies de Bell travaillaient au Canada après une dure traversée de l'océan Pacifique à bord d'un container ayant dérivé au gré des marées pendant des mois. Ces gens avaient survécu en mangeant leurs excréments ainsi que leurs compagnons morts pendant la longue et périlleuse route devant les mener jusqu'à la Terre Promise. Ces gens là avaient passé un bien mauvais moment mais s'en venaient ici bien déterminés à nous voler nos jobs.

J'ai appris par la suite que Bell employait ces gens dans leur pays d'origine et j'ai réalisé que l'expression dont j'étais si fier ("Boat People") et la belle image de persévérance que j'avais en tête ne s'appliquaient même pas...

Je ne sais pas pourquoi j'avais toutes ces idées intolérantes et racistes en tête. Dans ce temps là, je me rappelle que je rêvais parfois la nuit de créer une espèce de 4ème Reich avec mon blog. Quand je regardais mes statistiques sur Google Analytics, j'avais des idées de grandeur. Je m'éveillais parfois la nuit en criant HAIL!, le bras bien tendu dans mon lit.

Je mangeais beaucoup de viandes froides (aliment très riche en sel et en gras saturés) et je commençais même à faire du cholestérol. Je ne songeais qu'à manger jour après jour mes sandwiches au jambon, à la bologne ou autres charchuteries de type "mélamine de viande". Je n'avais jamais le goût de me cuisiner quelque chose de plus sophistiqué. La vie était aussi simple et répétitive qu'une série sans fin de sandwiches au jambon avec du pain blanc. J'allais travailler les cheveux gras, la barbe pas faite, les ongles sales et je ne me passais à peu près jamais de soie dentaire. Quand je le faisais, ça saignait. Je me disais: "À quoi bon être propre si c'est pour redevenir sale à la fin du jour?".

Je pense que j'ai voulu sortir de ce marasme en m'attaquant à tout ce qui était autour de moi et la pauvre réceptionniste de Papouasie-Nouvelle-Guinée a mangé la claque.

Hier, j'ai reçu ce email en réaction à mon texte à propos des Boat People de Bell Canada:

"j'ai lu sur ton blog le commentaire sur bell canada recemment voila je voulais te dire: "Les boat people" sont tes ancêtres qui sont venus ici en bateau expulsé d'Europe comme des rats lépreux. Je pense qu’il te faudrait faire un peu d’histoire. Sinon tu saurais que tes aïeux sont venus ici en bateau expulsé d’Europe parce que la société européenne moderne n’en voulait pas (c’était pour la majorité des sorcières et des criminels). D’ailleurs c’est la raison pour laquelle vous n’avez pas hérité des bonnes manières et du savoir vivre de la société européenne, parce que vous êtes les petites fils des sorcières et des criminels. Ceux que tu appels les boat people malpropre raciste frustré sont venus en avion et la majorité ont plus de diplômes et de connaissances que le meilleur intellectuel de ta famille incluant ta misérable personne."

Comme je n'avais plus mon ricochet, je n'ai pas pu renvoyer l'insulte à quelqu'un d'autre. Ça fait que j'ai absorbé à moi seul tout ce mépris inhérent à la race canadienne-française (ou même à toute l'Amérique?).

vendredi 14 août 2009

Manger une plante sur la rue St-Jean

Hier, je me suis rendu pour une troisième et dernière fois de l'année dans le Vieux-Québec afin de jouer un peu de musique. Avant même d'arriver, je savais que ce serait ma dernière fois. Le fait d'avoir été "inspecté" par une fille de la ville qui m'a demandé mon permis, n'a fait que rendre tout ça officiel.

Je me suis donc installé dans les escaliers et j'ai débuté ma performance vers 18h environ. Ça promettait, car il y avait pas mal de monde en ville hier soir.

Malgré tout, il ne s'est pas passé grand-chose. Quelques personnes m'ont parlé, dont un homme de l'Ile du Prince Édouard et un monsieur de Boston qui est venu chanter (en faussant pas mal) Wild World de Cat Stevens, à côté de moi. Ça a été plutôt pénible ce bout là (essayer de continuer à chanter juste quand quelqu'un fausse à côté de soi), mais le monsieur était quand même gentil et m'a donné quelques sous. J'ai aussi vu un ado de 14-15 ans passer à côté de moi en ayant l'air de voir son idole pendant que je jouais Breathe de Pink Floyd. Il est revenu me voir en étant vraiment content d'entendre ma toune. C'est ça qui est le fun: jouer une toune qui d'apparence laisse la plupart des gens indifférents mais qui pogne droit au cœur le rare passant qui connaît ça.
Étant donné que c'était ma dernière soirée et que la fille de la ville m'a dit que je pouvais terminer mon set, j'ai étiré ma prestation au maximum. J'ai fait quelques essais avec des tounes que je ne joue pratiquement jamais comme "De do do do de da da da", "I Fought The Law" et quelques autres. C'était pas si mal, mais j'ai eu un certain nombre de blancs sans doute causés par mon manque de pratique en public. C'était quand même le fun et je me sentais bien. Je me demande s'il y a beaucoup de gens qui pratiquent une activité dans laquelle ils se sentent aussi bien que ça?

Vers 20h, c'en était assez. Je ne savais plus quoi jouer et je ne recevais plus grand-chose. J'ai donc décidé de partir et je suis allé compter mon argent dans le petit parc à côté du Château Frontenac. J'en suis arrivé à un compte de presque 17$ (pour 2 heures de musique). C'était pas si mal. Mais pour un des meilleurs spots de la ville, ça aurait pu être mieux. J'étais tout de même content de m'être botté le cul et d'y être allé. Honnêtement, quand on ne joue pas souvent dans la rue, la gêne revient vite. Sur le chemin de l'aller, j'ai ressenti toute la gêne et l'embarras de mes premières expériences en solo, en 2006. Je sais que certaines personnes méprisent mon choix de jouer de la musique dans la rue. Par contre, pour ma part, c'est un des aspects de ma personne dont je suis le plus fier. En toute modestie, je pense qu'il faut avoir une bonne dose de courage et d'audace pour faire ça.

**************

Ça aurait normalement dû se terminer comme ça. Je suis retourné tranquillement à mon auto stationnée pas mal plus loin à l'ouest, sur la rue Richelieu. Mais comme j'étais tanné de trainer ma guitare, j'ai décidé de m'asseoir sur un banc de la rue St-Jean pour relaxer quelques minutes et profiter un peu de la belle soirée.

À un moment donné, une auto se stationne en avant de moi. La fille du côté passager me regarde et me fait de grands signes. Je ne comprends pas ce qu'elle me dit. Comme l'auto se stationne en parallèle et rentre dans le pare-choc de l'autre auto en arrière, j'en déduis qu'elle voulait probablement que je les guide. Euh?

L'auto se stationne correctement et je finis par comprendre que la fille veut que je lui joue de la guitare. Elle veut entendre "Father and son" de Cat Stevens et semble y tenir pas mal. Je lui dis que je l'ai déjà jouée mais que je ne me rappelle plus vraiment des accords et seulement de quelques paroles. Elle sort de l'auto, vient me voir, dit au conducteur qu'il peut s'en aller et qu'elle va aller le rejoindre.

Cette fille (madame) là, c'est le genre de personne pour qui on comprend instantanément que quelque chose cloche. C'est une dame d'environ 45 ans, est super expressive, tient un discours disjoncté, rit très bizarrement (comme une cokée ou une schizophrène?) porte des souliers "converse" qui montent jusqu'en haut de la cheville...

Elle vient s'asseoir à côté de moi, sur le recoin de la poubelle à côté de mon banc…? Je sors ma guitare et me met à lui jouer du Pink Floyd (encore). Elle sort un 20$ qu'elle se met à rouler bien serré. Je me dis qu'elle va se sniffer une ligne drette devant moi. Mais à ma surprise, elle le dépose sur mon étui. Je lui demande si elle me donne vraiment ça. Elle me répond que oui… Je lui dis qu'elle est pas mal généreuse et je décide de lui en donner pour son argent en continuant de jouer.

Les choses commencent à déraper sérieusement lorsque je la vois se rendre jusqu'à un pot contenant une plante, sur le bord d'un commerce. Elle arrache un gros morceau de feuille de la plante, se la met dans la bouche et commence à la mâcher en riant et en ayant l'air bien fière d'elle. Juste au moment où je pense qu'elle l'a avalée, elle la recrache. Je me dis que quelqu'un qui a pogné la rage, ça doit ressembler à ça. C'est d'ailleurs un des moments les plus bizarres de toute ma carrière à temps partiel de musicien de rue (je devrais relire mes archives pour voir si j'ai déjà vécu quelque chose de comparable).

Elle appelle un gars sur son cellulaire et lui dit qu'elle est à côté d'un guitariste sur la rue St-Jean. Elle me prête le gars qui veut entendre "Sang d'encre" de Jean Leloup. Comme je n'ai jamais joué cette toune par le passé, je suis un peu embêté. Mais au bout de 5 minutes de gossage et avec les conseils du gars au téléphone ("faut que tu montes d'un ton!"), je finis par leur sortir le riff et ils ont l'air bien contents tous les deux. Le gars du téléphone me félicite et dit que si je suis capable de sortir le riff aussi rapidement, c'est que je dois être un bon guitariste.

Ainsi, je suis sur la rue St-Jean avec ma guitare, je parle à un cellulaire déposé sur ma cuisse pendant que la fille me parle en même temps que je parle au gars. La fille trippe sur n'importe quel accord que je joue au hasard. Elle commence même à improviser des paroles de toune pendant que je joue n'importe quoi. À un moment donné, la fille dit qu'elle me laisse continuer de jaser avec le gars dans le cellulaire sur ma cuisse et qu'elle va aller prendre un verre de vin pour revenir par la suite. Je lui dis de pas me laisser son cellulaire parce que je vais partir bientôt...
La fille me parle d'un party ou d'une soirée de musiciens qu'elle veut organiser chez elle, à l'Ile d'Orléans, samedi soir. Elle me demande mon numéro de téléphone. Afin de noter mon numéro, elle intercepte plusieurs passants pour leur demander s'ils ont un crayon mais aucun ne répond par l'affirmative. Faut dire que, même si la fille n'est pas laide, elle a l'air dérangée et j'imagine qu'elle doit faire peur aux passants.

Histoire de raccourcir cette étrange aventure qui n'en finit plus, je lui dis de me donner son numéro et que je vais le retenir. Elle me le donne en me disant de l'appeler ce soir (vendredi) sur l'heure du souper et qu'elle va m'inviter chez elle. Ça n'a pas l'air sexuel son affaire, elle a trop l'air dans les nuages pour ça. Elle me dit qu'elle va aller prendre un verre et m'invite à y aller avec elle (et le conducteur de l'auto, j'imagine). Je décline en lui disant que je dois quitter. Elle me réitère son invitation pour demain soir...

*********

Même si je me sens pas tout à fait comme un poisson dans l'eau lorsque je rencontre des gens comme ça, j'essaie toujours de profiter du moment en me disant que peu de gens ont l'occasion de rencontrer du monde bizarre comme ça peut être mon cas. D'ailleurs, parfois, je me dis qu'en quelques années comme musicien de rue, j'ai rencontré plus de gens étranges que la moyenne des gens durant toute leur vie...

mercredi 12 août 2009

La pureté de l'art

Au printemps, un gars m'avait écrit pour se proposer comme accompagnateur lors de mes soirées comme musicien de rue. J'avais accepté son offre parce que ses goûts musicaux fittaient avec les miens et, surtout, parce que bien peu de gens ont assez d'audace pour essayer ce genre d'expérience.

Un soir de juin, on est allés jouer ensemble et on a eu bien du fun. Sur la base des sommes amassées, c'était ma meilleure soirée à vie. On avait récolté environ 49$ en une heure ou une heure et demie, ce qui est excellent.

Mon accompagnateur m'avait mentionné qu'il ne s'était pas déplacé pour jouer en public et amasser les dons des passants. Une soirée à l'abri des regards à jouer des tounes de quelque groupe progressif obscur l'aurait amplement satisfait. J'ai pas de problème avec le principe, mais si on m'écrit pour s'offrir de se joindre à moi, c'est qu'on a normalement lu quelques uns de mes récits de soirée de musique à Québec et qu'on sait que ça ne se passe pas dans un champ ou dans un vieux hangar. Et que je ne joue pas trop de Gentle Giant ou de Porcupine Tree non plus.

Enfin, dans mon texte, j'avais écrit que le capitalisme avait gagné lorsque mon accompagnateur avait accepté sa part du magot récolté ce soir là. La cupidité triomphait de l'art une fois de plus. Ce à quoi j'ai reçu quelques commentaires de sa part dont le suivant:

"N'essaies juste pas de me faire passer pour quelqu'un que tu as glorieusement et aisément fait rentrer dans le moule des machines commerciales mainstream, c'est juste ça mon problème."

Je ne me rappelais pas lui avoir mis de la pression pour renier ses principes en lançant un album techno. Mais peut-être que j'étais saoul.

Malgré tout, il avait l'air de vouloir remettre ça. Malheureusement, comme on a eu de la pluie 9 jours sur 10 pendant une bonne partie de l'été, ça n'a pas adonné pour une reprise.

Je l'ai appelé cette semaine pour lui proposer une soirée de musique. Il me dit quelque chose comme: "J'imagine qu'on va là pour l'argent et pas pour le plaisir?". Je réponds: "Bien sûr! Le plaisir ça sert à rien mais pas l'argent par exemple... T'en parleras à Phil Collins (une de ses idoles) et sa tournée avec Genesis avec des billets à 100$ pour voir si l'argent c'est important!"

Ce à quoi je me suis fait répondre que Phil Collins avait dit qu'il ne faisait pas cette tournée là pour l'argent et que ça se passait au Stade Olympique (ce qui justifiait le prix des billets).

Et j'ai aujourd'hui reçu un email me disant que même s'il avait accepté au téléphone, la soirée ensemble n'aurait finalement pas lieu car ma mention sur le capitalisme qui gagne contre l'art l'avait trop froissé...?

Ok, Phil Collins est pur et fait de la musique pour de nobles motifs alors que moi je suis impur en allant jouer de la musique à Québec en espérant repartir de là avec 10 ou 20$?

Je ne pense pas qu'un artiste de la rue soit sale ou impur, ou brainwashé au capitalisme s'il se rend jouer de la musique en espérant faire mieux que la dernière fois. L'argent qu'on reçoit, c'est la seule preuve tangible que les gens ont apprécié notre prestation. Qu'est-ce qu'il y a d'autre que l'argent? Un sourire? Est-ce qu'un sourire veut vraiment dire que le passant apprécie ce qu'on joue? À la rigueur, pour la personne pessimiste ou négative, le sourire pourrait être interprété comme une personne qui rit de nous.

Mais si quelqu'un met la main dans sa poche pour nous jeter un dollar, normalement, c'est parce qu'il apprécie ce qu'on fait. Peut-être est-ce par pitié, mais je ne pense pas avoir l'air d'un gars dont la survie dépend de l'argent amassé au cours d'une soirée.

Bref, j'accorde de l'importance aux sommes amassées pour ce que ça sous-entend. Dix ou vingt dollars de plus dans mon porte-monnaie ne changeront pas grand chose à mon rythme de vie (ça changerait la vie de qui, à part un étudiant adolescent qui n'a pas de job?), mais je veux faire mieux que la dernière fois, ou, à tout le moins, être dans la moyenne. Je ne vois pas comment je pourrais repartir de Québec avec 2,75$ en poche en me disant: "Wow, ça a vraiment été une bonne soirée!".

Ça serait un peu comme un pêcheur qui revient bredouille en disant: "Wow, j'ai vraiment bien accroché mon ver, j'ai super bien lancé ma ligne mais même si j'ai rien pogné, j'ai super bien fait ça!". Je suis un bon pêcheur.

vendredi 7 août 2009

Musique liturgique

Un type illettré m'a contacté pour que je lui donne des cours de guitare:

"moi , jaimerais,aprendre des chanson,des partion personnelle,ou bien le but est de pouvoir ls jouer bientot. je connait plusieur accor,note le solfege je le connait pas toute bien mais me debroulle un peu. si cest correcte pour toi , je voudrais commencer vers le 20 aout ok..a plus"

Même si la première impression n'était pas au rendez-vous, j'ai rencontré le gars pour un essai. Dès la première seconde, il m'apparait comme un cas lourd de slow-motion: il ne marche pas vite, semble ne pas trop porter attention au fait que son étui de guitare pourrait "pucker" mes murs et a un regard un peu vide.

Je lui explique quelques trucs de base et j'ai souvent l'impression que le gars ne saisit pas où je veux en venir. J'ai beau lui dire de placer un doigt sur la dernière corde de la troisième frette, ça prend 3 fois avant qu'il ne comprenne ce que je lui dis de faire.

Lorsque je lui demande quel genre de musique il veut jouer, il me tend un recueil de partitions en me disant que c'est cette musique composée par un groupe chrétien qu'il veut jouer. Je regarde quelques pages et remarque que le nom des pièces ressemble à "Je crois en toi", "Tu es ma voix", "Divin Messie", etc...

Ça, c'est le coup de grâce. Déjà que je sens que je n'aurai jamais de plaisir à enseigner à un gars comme ça, j'ai maintenant l'impression d'avoir devant moi un gars de secte. Ou bien un gars qui s'est détourné de ses vices (alcool, drogue, jeu?) pour se tourner vers l'Église...

Je vais passer mon tour pour enseigner à ce type.

Ça aura au moins validé à 100% ma théorie selon laquelle deux des meilleures façons de juger quelqu'un sont d'observer son écriture et sa démarche.

mercredi 5 août 2009

Le cours prénatal

C'était ce soir, qu'avait lieu notre premier cours prénatal. Aimepé m'avait fait savoir à de nombreuses reprises qu'elle n'avait pas le goût d'y aller. Elle disait qu'on allait se retrouver dans un groupe, assis sur des coussins et qu'un ballon serait lancé en l'air pour que se présente avec un poème la première personne qui allait l'attraper. Selon elle, je ne voulais y aller que pour avoir une histoire à écrire sur mon blog.

C'était pas faux, quoique bien souvent, j'ai l'impression que telle ou telle aventure deviendra une bonne histoire à raconter et ça se termine en n'étant pas du tout le cas. Enfin, je crois que je voulais y aller principalement par curiosité et pour rencontrer du monde bizarre. Parce que je m'imaginais que ça allait être un peu new age. J'anticipais une rencontre de parents ésotériques et d'une animatrice portée sur les grandes questions philosophiques dans le style: "Qu'attendez-vous de votre enfant? Vous voyez-vous grandir spirituellement avec un enfant?".

Mais non, c'était rien de tout ça. Huit couples et demi étaient rassemblés autour d'une grande table et l'animatrice (qui était infirmière) nous présentait son Powerpoint à propos du travail et de l'accouchement. C'était absolument pas psychédélique.

Les futurs pères y ont été d'une participation nulle. Un seul gars a posé une question à savoir si le "faux travail" était quelque chose de psychologique ou de physique. Les filles n'ont pas posé beaucoup plus de questions, mais elles semblaient plus réceptives aux informations données par l'infirmière. Personnellement, j'étais fatigué de m'être levé de bonne heure et d'être allé travailler en vélo mais j'ai tout de même l'impression qu'il régnait une atmosphère de pré-sommeil dans la pièce. En tout cas, la formatrice n'a pas conclu la rencontre en nous disant: "Wow, je vais m'ennuyer de vous car vous avez été mon meilleur groupe à vie!".

Malgré tout, j'ai apprécié apprendre certains trucs... parce que j'avais pas lu grand chose à propos de l'accouchement avant cette rencontre. J'ai beaucoup aimé les petites capsules vidéos qui nous ont montré la course des spermatozoïdes vers l'ovule. J'avais lu des trucs là-dessus, mais c'est toujours plus impressionnant de voir concrètement ce dont ça peut avoir l'air. J'ai aussi trouvé très intéressant le vidéo sur l'administration de l'épidurale. Ayoye, y'a toute une aiguille après ça! C'est assez capoté de voir ça live.

J'ai même été ému en regardant un petit reportage montrant un couple à la veille de l'accouchement. Le petit bébé était reconstitué de façon informatique et on le voyait dormir dans le ventre de sa mère en entendant vaguement la voix de ses parents et son père qui lui jouait de l'harmonica. Wow, ce bout là il m'a vraiment fait de quoi. Je pourrais peut-être essayer de jouer un peu de guitare pour mon petit foetus?

Bref, ce sont d'abord et avant tout les images et les vidéos présentés que j'ai aimés au cours de la soirée.Je l'admets, je ne connais pas grand chose en biologie humaine. En fait, je ne savais même pas que le bébé était enfermé dans une poche contenant le liquide amniotique. J'étais certain que le bébé flottait dans le ventre de sa mère comme ça, sans "limite". J'imagine que certaines personnes seraient découragées d'apprendre qu'un gars de 30 ans ne savait même pas ça. Mais d'après moi, la majorité des gars n'en savent pas beaucoup plus. Enfin, ça prouve que le cours aura été bénéfique pour certains.

C'est spécial de réaliser qu'on peut connaitre ou s'intéresser à un paquet de sujets qui n'ont aucune incidence dans notre existence tout en ignorant les fondements de la vie humaine.

lundi 3 août 2009

Argent facile

Courriel reçu cet après-midi:

Bonjour, Je suis à la recherche de gens ambitieux qui veulent faire un revenue de plus que ce qui fait par mois!!!! Que ce sois que 2-3 ou 10 hrs par semaines un petit 1000$ est facile a aller chercher! Hé oui!!!! c'est possible! Donner moi de vos nouvelles!!! MErci

Réponse:

Bonjour,

Je suis le sergeant Patrick-André Smith de la GRC, division Québec-Centre. Nous enquêtons présentement sur un important réseau oeuvrant dans le secteur du trafic international d'organes humains. Ce réseau opérerait à partir de la Capitale Nationale.

Comme on le sait, il est facile d'endormir quelqu'un avec du chloroforme pour ensuite lui pratiquer une incision avec un instrument de fortune et lui voler un rein, poumon et même, dans certains cas, certains os importants du corps humain tels que le fémur ou le péroné. Ces opérations illégales se déroulent habituellement dans une courte période allant de 2 ou 3 heures à 10 heures par semaine. Il n'y a malheureusement rien de plus facile pour se bâtir un confortable revenu discrétionnaire.

Nous vous invitons à rester sur place pour qu'un de nos agents se déplace jusqu'à votre domicile pour examiner votre congélateur.

Patrick-André Smith
Caporal-chef, GRC/RCMP
Division enquête du vol et recel d'organes