dimanche 31 mai 2009

Traverser le fleuve

Au début avril, je me suis acheté un petit kayak en rabais chez Costco. Le but visé était de me divertir un peu lors de mes visites au chalet familial, situé sur le bord du fleuve.

Jusqu'à maintenant, je n'ai pu faire qu'une promenade en kayak, au début mai. C'était une soirée grise où la pluie était imminente. Ce soir là, des milliers (dizaines de milliers?) d'oies nageaient au milieu du fleuve. Du chalet, on voyait une immense ligne blanche bruyante qui s'étirait au milieu du fleuve.

Après le souper, j'ai décidé de laisser tomber la période de digestion réglementaire pour me lancer sur le fleuve avec mon kayak afin d'aller pagayer au milieu des oiseaux.

Sur le fleuve, je n'entendais absolument rien mis à part le cri des oiseaux. Le fleuve était lisse, sans vagues, sans bateau, sans sea-doo, sans marsouin, sans quoi que ce soit. C'est une sensation vraiment particulière que de se retrouver seul au milieu d'une aussi grosse étendue d'eau en ayant l'impression d'être au milieu de nulle part. J'aimais vraiment ça! Et je ne pouvais même pas dire si le fleuve avait une profondeur de un mètre ou de 50 mètres étant donné la belle couleur brune opaque de celui-ci.

Peut-être rendu à 200 ou 300 mètres des oiseaux, j'ai remarqué que plusieurs de ceux-ci s'envolaient. Du haut des airs, les éclaireurs, chargés de surveiller les menaces potentielles, m'avaient remarqué et avaient alerté les autres oiseaux. C'est pourquoi plusieurs centaines d'oiseaux ont commencé à s'envoler à mon approche. Tout un système de surveillance en tout cas. Ça aussi c'est spécial d'être seul au milieu du fleuve et d'avoir l'impression d'être un char d'assaut allemand qui fait fuir les polonais sans défense dans la panique.

Je suis revenu de cette balade là en étant convaincu du bien-fondé de mon achat. Ça avançait vite (en 10 minutes, je devais être rendu au premier tiers du fleuve), c'était agréable et c'était le calme plat. Tout le monde devrait essayer ça. Ça fait changement de prendre une marche jusqu'à la boite à malle.

D'ici à la fin de l'été 2009, je vise à traverser le fleuve en kayak.

mercredi 27 mai 2009

Dis-moi comment tu élèves tes enfants, je te dirai si tu es un crack pot

Le gars du bureau qui lit mon blog depuis des années se nomme le Bleuet. Lui et moi travaillons avec un type particulier. Dès ma première semaine, j'ai noté que quelque chose ne marchait pas avec ce gars là. J'avais initialement de la misère à mettre le doigt sur le bobo, mais quand la lumière est venue, elle m'a révélé un véritable canyon de faits troublants.

Premièrement, ce type n'arrête pas de me dire: "Tu connais pas encore ça, mais tu vas comprendre telle ou telle affaire quand tu vas avoir des enfants". Ça me fait chier en tabarnac de l'entendre me dire ça à presque chaque jour. Parce que je pourrais lui répliquer la même chose à propos d'événements de la vie qui sont normalement vécus à partir de l'âge de 15 ans mais que ce gars là n'a manifestement jamais eu l'occasion de connaitre, comme vomir de la bière la tête accotée dans un bol de toilette, aller dans un bar karaoké ou fourrer plus que 2 filles dans toute une vie.

Déjà que je savais que le gars avait une intolérance marquée face aux drogues ("Moi, quand j'ai appris qu'André Boisclair avait pris de la drogue, ça a été fini pour moi le P.Q."... Mentionnons également les quelques fois où j'ai parlé de drogue et où j'ai ressenti une espèce de frayeur ou de panique dans ses yeux), j'ai récemment appris que la cigarette était tout aussi redoutée de sa part ("Une de mes filles avait un chum dont les parents fumaient..." me dit-il avec l'air désemparé du père qui désire que ses filles évoluent de façon pure). Sans compter la troublante réplique suivante: "Si ma fille décide de commencer à fumer, elle a intérêt à avoir une maudite bonne raison". Comment peut-on prononcer une phrase comme celle-là sans se rendre compte, en cours de route, que ça n'a aucun sens?

Et depuis quand est-ce qu'on raconte aux gens que nos filles fréquentent des gens dont les parents fument? Non mais on s'en calisse des habitudes de vie peut-être malodorantes mais légales des parents des amis de nos enfants...!?

Le pire a été vécu aujourd'hui. Ce type nous a dit qu'il n'accepterait pas qu'une de ses filles se dirige en arts plastiques au cégep. Je lui ai demandé ce qu'il ferait si sa fille lui disait qu'elle voulait à tout prix se diriger là-dedans. Il m'a alors répondu qu'il lui expliquerait qu'on ne pouvait pas faire sa vie là-dedans, que c'était un hobby et que ça devait s'arrêter là.

Ok, mais si ta fille veut se diriger en géographie, en histoire, en théologie? Eh bien c'est un peu moins pire, parce que ça peut être récupérable en professeur, par exemple. Mais encore là, j'essaierais de lui expliquer que les statistiques de placement ne sont pas très bonnes dans ces domaines là et qu'elle devrait plutôt axer son choix sur une de ses forces (français, mathématiques) en lien avec un domaine qui a de l'avenir.

Bref, pour ce père de famille, mieux vaut une fille comptable et aisée mais malheureuse qu'une fille artiste-peintre pauvre mais accomplie.

Ce que je ne lui ai pas demandé, c'est: "By the way, pourquoi ta femme reste à la maison si c'est si important d'occuper sa vie avec quelque chose de rentable?". Pourquoi un calvaire de DEC en arts plastiques est inacceptable pour ta fille alors que la femme dans ton lit passe ses journées à la maison ou à dépenser l'argent que toi tu ramènes?

lundi 25 mai 2009

Anecdotes en anglais

Ce qui m'aura le plus marqué de mon voyage à Las Vegas, ce sont les nombreux paysages vus tout au long des routes parcourues.

Je n'ai jamais vu de paysages comparables de toute ma vie. Je pense que ceux qui ont les moyens, le temps et le désir devraient à tout prix aller faire un tour dans ce coin là. Mais plusieurs préfèrent rester chez eux, chialer sur leur misérable existence et empiler leur argent en prévision de la vie dans l'au-delà. D'ailleurs, parlant d'argent, ce voyage ne m'a coûté que 575$ pour l'hôtel et l'avion pour une semaine. Mettons que c'est à la portée de pas mal tout le monde.


Outre ces spectacles naturels, j'ai vécu certaines expériences humaines à Las Vegas. Une des expériences les plus particulières consistait en diverses rangées de 10-12 hispanos dispersées tout au long de la Strip (rue principale). Ces derniers étaient vêtus de t-shirts aux couleurs éclatantes sur lesquels étaient inscrits les numéros à joindre pour une partie de plaisir avec une beauté locale. Par-dessus tout, ces sympathiques hispanos distribuaient des cartes de putes aux passants. Même les familles et les couples se faisaient interpeller et se faire tendre une carte de "hot babe". C'est assez spécial de se promener avec le bras autour de l'épaule de sa blonde et de se faire tendre des cartes (style carte de hockey, avec la face de la fille en question) par 4-5 gars un à la suite de l'autre.

The cossin seller

Ça se passe juste en avant des ascenseurs nous menant à notre chambre. Des gars tannants ne cessent d'interpeler les passants pour leur offrir leur cossin qui sert à je ne sais trop quoi mais qui doit être posé sur un téléphone cellulaire. Quelques jours après notre arrivée, je me laisse approcher par un des gars en question:

Vendeur: Hey you, let me tell you about my little cossin… blablabla"

Moi: Is it necessary to have a cell phone?

Vendeur: Yes.

Moi: I don't have one.

Vendeur: Why?

Moi: Because I don't want to get brain cancer.

Vendeur: But what do you do if you're in a car and you have an accident and blablabla…"' (ayoye, est-ce que je suis si bizarre que ça de pas avoir de cellulaire?)

Moi: I die.

Vendeur: !

Le vendeur n'a pas exactement prononcé un point d'exclamation, mais ça ressemblait à ça. Devant une allusion à la mort, il n'y avait plus grand-chose à ajouter de toute façon. Peut-être que cette réplique pourrait être réutilisée dans une autre circonstance où je me retrouverai face à un vendeur achalant ou me donnant l'impression que je suis un épais de ne pas encore avoir en ma possession son produit.

The naked company

Le matin de notre dernière journée, juste avant de prendre la navette qui allait nous mener à l'aéroport, je suis retourné dans l'hôtel pour pisser. En sortant des toilettes, je croise le regard d'une assez jolie fille. Elle me fait un clin d'œil et je lui réponds par un sourire. Dans ma tête, je suis flatté et très surpris: j'ai réussi à attirer le regard d'une belle fille à 8h du matin, malgré mon t-shirt rouge uni. De toute façon, je n'ai l'impression d'attirer les regards de filles que 2-3 fois par année, alors c'est encore plus marquant quand ça arrive un matin où je suis habillé en gars qui s'en va faire son jogging.

En réponse à mon sourire, la fille s'arrête sur son chemin et revient jusqu'à moi en se plaçant juste assez dans ma bulle et en affichant un petit air séducteur:

Elle: "What are you doing?"

Moi: "Nothing…!" (j'étais pas pour dire que je revenais de pisser, ça manque de classe me semble)

Elle: "I was wondering if you were looking for some naked company?"

Moi: "Euh… I have to go to the airport!"

Je m'attendais pas pantoute à ça. Je venais de me faire accoster par une pute pas pantoute habillée en pute, un samedi matin, à 8h, en sortant des toilettes, juste avant de repartir pour prendre mon vol.

C'est ça des histoires de gars en couple. Ça finit pas en partie de jambes en l'air. Il faudra aller lire des histoires de blogueur célibataire pour un punch final plus lubrifié.

dimanche 24 mai 2009

La plus chaude journée de toute ma vie

Moi, dans la Vallée de la Mort

Depuis notre arrivée à Las Vegas, il faisait très chaud, sans doute aux alentours de 40 degrés celcius à chaque jour. Je ne me suis pas informé de la température mais je sais que c'était comparable (et probablement même plus chaud) que ce qu'on connait à Québec pendant les 5-6 journées d'extrême canicule, à chaque été.

Mais, le lundi 18 mai, quand on est allés se promener en voiture dans la Vallée de la Mort, ça ne ressemblait à rien d'autre. C'était au-dessus de tout ce à quoi je me serais attendu comme température dans un pays comme les États-Unis. Probablement que je me serais attendu à ça dans le Sahara. Mais pas en Amérique du Nord.

Les paysages traversés étaient spéciaux, mais avec le recul, en rien comparable à ce qui allait être vu au cours des journées suivantes (Grand Canyon, Bryce Canyon ainsi que les diverses routes entre ces endroits et celle nous ramenant par la suite à Las Vegas). Malgré tout, contrairement au reste du voyage, c'est seulement dans la Vallée de la Mort que j'ai physiquement ressenti quelque chose. Ce qui en fait l'endroit le plus marquant pour moi.

À la chaleur qu'il faisait là-bas en début d'après-midi (45-50 degrés celcius? Peut-être même plus?), c'est difficile de rester indifférent par rapport à l'endroit. C'est bien beau regarder des photos sur des sites webs ou des blogs, mais la Vallée de la Mort, c'est une expérience qu'il faut vivre sur place, juste pour le trip de réaliser que si on tombe en panne d'essence dans un endroit comme celui-là, on peut assurément mourir de déshydratation en peu de temps. C'est pas pour rien qu'une station service du parc vendait le gallon d'essence 1$ plus cher qu'ailleurs. Ils savaient qu'ils tenaient notre vie entre leurs mains!

La photo du haut me présente en train de me promener dans un ancien lac. Ce qui semble être de l'eau est en fait du sel sédimenté au sol. J'ai touché au sel en question, histoire d'en connaitre la consistance et peut-être même d'y goûter. Ça m'a surpris de voir que c'était très dur, pratiquement comme une roche.

Et à cet endroit là, j'ai eu l'impression qu'il faisait encore plus chaud qu'ailleurs. Je suis sorti de l'auto 5 minutes pour aller me promener et voir de quoi ça avait l'air. En moins de 5 minutes, je crevais déjà de chaleur. En courant jusqu'à l'auto pour retrouver le bienfaisant air climatisé, j'ai échappé une de mes batteries d'appareil photo par terre. J'imagine qu'à l'heure qu'il est, elle s'est fusionnée ou sédimentée à tout le reste.

Quoiqu'il en soit, c'était vraiment cool comme expérience! Pas nécessairement agréable, mais marquant, ça c'est certain.

Mon obsession pour Pink Floyd a été mise à contribution pour cette portion du voyage. Sur mon DVD du making of de Dark Side of The Moon, j'avais appris que le groupe avait composé, en 1969, quelques pièces pour un film appelé Zabriskie Point. Or, dans ma préparation du voyage, j'ai appris qu'il y avait un endroit qui s'appelait comme ça dans la Vallée de la Mort. J'ai regardé quelques images sur Google Images et j'ai trouvé ça vraiment spectaculaire. Ça fait que j'ai voulu à tout prix qu'on s'y arrête, ce qui a été fait, peu avant la sortie de la Vallée. C'était de toute beauté. Il n'y a probablement pas beaucoup d'endroits sur la terre qui permettent de voir de pareils paysages.


Et ce fut sans aucun doute le plus bel endroit vu dans toute la Vallée de la Mort. Tout le monde devrait voir des endroits comme ça au moins une fois dans sa vie. Et avoir chaud comme ça aussi... Après ça, on se demande dans quelles circonstances on est le plus à l'aise: À 50 degrés en Californie ou à -40 degrés au Québec?

vendredi 15 mai 2009

La trentaine

La semaine dernière, je me réveillais en pensant à Philippe. Je ne sais pas pourquoi je pensais à lui comme ça puisque ça ne m’arrive que rarement.

Mon sentiment était flou car ça se passait durant la période entre le sommeil et l’éveil. Mais je me rappelle avoir été triste ou mélancolique. J’imagine que je ressentais qu’il avait été mon meilleur ami et que je n’avais toujours pas réussi à le « remplacer » par quelqu’un avec qui j’aurais pu être aussi connecté.

Bizarrement, en soirée de la même journée, je tombais presque face à lui au Club Price. On ne s’est pas parlés et on ne s’est pas regardés directement mais je suis persuadé qu’il m’a vu avant de tourner dans son allée. Le hasard ne l’avait jamais mis sur mon chemin au cours des 10 dernières années, mais la journée même où je pensais à lui, on se croisait. C’était pas mal spécial...

C’est comme ça que ma vingtaine avait commencé : en perdant mon meilleur ami. Il venait de se faire une blonde et, comme lors de sa précédente histoire d’amour, avait arrêté de me donner signe de vie de façon abrupte.

Histoire de ne pas aider les choses, j’avais composé avec Dominic, notre ami commun, une chanson intitulée « Fucking Brain ». Cette dernière faisait référence au qualificatif employé par un militaire saoul rencontré dans un bar de Québec pour décrire Philippe (à cause de son parcours scolaire).

Sans la chanson, c’eut été terminé de toute façon parce que je n’aurais peut-être revu Philippe qu’une fois par 3 mois et je ne l’aurais pas pris. Mais je sais tout de même que Philippe n’a pas apprécié la chanson (pas particulièrement élogieuse, mais pas vraiment méprisante non plus). Histoire de ne pas m’aider, j’imagine que Dominic lui a dit que j’avais tout composé moi-même ou que les passages les plus « durs » étaient de moi. De toute façon, pour ce que ça a pu changer à l’histoire…

Bien que je ne pense pas à Philippe à tous les jours et que cette histoire ne hante pas mes nuits, elle a une importance majeure dans ma vingtaine et dans la vision de la vie que je me suis forgée. C’est avec cette tranche de vie que j’ai compris que tout pouvait se terminer n’importe quand avec des gens chers à mes yeux.

Ma vingtaine se termine aujourd’hui. Je me rends compte que je traîne cette histoire là depuis 10 ans, de façon latente. Ce n’est pas un nuage qui reste en arrière-plan lors des moments heureux, mais ça contribue sans doute, en partie, à ma vision de la vie. J’ai connu d’autres histoires du même type au fil des années qui ont suivi. Ce cas là a été le premier et le plus important de tous, cependant.

Enfin, je ne suis pas malheureux d’en arriver à 30 ans. Je me rappelle que, lorsque j’étais plus jeune, (entre 18 et 22 ans, environ), le fait de vieillir d’une année me déprimait. J’avais l’impression de ne pas en être rendu au point où j’aurais voulu. J’avais la même vision que la plupart des jeunes de 15-16 ans à propos de l’âge adulte : être casé à 18-19 ans, avoir des enfants pas trop vieux, avoir une bonne job parce que je ne suis pas n’importe qui, etc.

Aujourd’hui, je sais que la seule chose qui est importante, c’est de faire de son mieux dans tous les aspects de notre vie.

Je pense que les plus belles années de ma vingtaine ont été les dernières. À quelques exceptions près (exemple : la moitié de l’année où j’ai eu 28 ans), j’étais beaucoup plus heureux à 29 ans qu’à 21 ans. Plus on est conscient de nos propres limites et de celles des autres, moins on est déçu. Je crois qu’on ne devient vraiment lucide là-dessus que vers 25-26 ans. Pas au début de la vingtaine en tout cas. Je ne retournerais donc pas en arrière, et pas seulement pour une question de lucidité.

J’ai souvent pensé que la vingtaine était la période de la médiocrité, celle où le béton figeait et où les gens limités le devenaient pour de bon. Je crois encore que c’est applicable pour un certain nombre, soit ceux pour qui la vie se résumera toujours à la blonde, l’auto et le travail. J’ai sûrement pris certains mauvais plis au cours de ma vingtaine, mais certains aspects de ma personnalité dont je suis le plus fier ont été développés au cours des dix dernières années.

Ce dont je suis le plus fier c’est d’être devenu une personne avec des intérêts étendus. Je joue de la musique dans la rue (depuis 2005) mais je m’intéresse à la bourse (depuis 2008). J’aime la science (depuis toujours), mais je fais du vélo (surtout depuis 2001). Je me fais un potager (depuis au moins 10 ans) et j’ai un blog (depuis 2005). Je fais du kayak sur le fleuve (depuis 2009) et je suis abonné à la bibliothèque (depuis 2003?). Je pense être assez fonceur et avoir plus d’audace que la majorité des gens. Je suis capable d’analyser les événements de la vie à ma façon, sans reprendre le mode de pensée d’un journaliste, d’un artiste ou d’un quelconque leader.

Le fait que je sois ainsi ne mérite pas d’éloges, ne sauve la vie à personne et ne donne pas de sens à l’existence de qui que ce soit, excepté à la mienne. Mais à défaut d’être une vedette ou une personne importante, je n’ai pas l’impression d’être une personne « moyenne ». Et je crois que c’est au courant de ma vingtaine que j’ai développé une partie appréciable de ce qui fait de moi une personne à l’aise avec ce qu’elle est.

mercredi 13 mai 2009

Le petit pénis

C'est par un mardi après-midi de mai, que j'ai appris que mon rejeton était muni, à l'entrejambe, d'un petit pénis.

lundi 11 mai 2009

Niveler par le haut ou par le bas, voilà la question

La négociation commencera bientôt entre les divers syndicats représentant les employés des secteurs public et para-public et le gouvernement provincial. Le but des négociations sera d'en arriver à une entente (convention collective) qui déterminera les conditions de travail des prochaines années pour environ 475 000 employés (ayoye) sur la liste de paye du gouvernement.

À ce qu'on raconte, les syndicats demanderont près de 12% d'augmentation sur 3 ans, ce correspond à une augmentation annuelle de près de 4%. C'est beaucoup, et il n'y a pas si longtemps, j'aurais dit que c'était trop.

Par contre, ce que les gens devraient comprendre, c'est que les conditions de travail du municipal et du fédéral sont nettement supérieures. Mais ça parait moins car la masse d'emplois à ces niveaux est inférieure. Ainsi, c'est moins fâchant de payer des salaires annuels de 75 000$ pour 150 emplois professionnels à la ville de Québec (ou 1 000 emplois à la ville de Montréal, mettons) que des salaires annuels de 70 000$ pour 15 000 emplois à la fonction publique.

Les gens ont tendance à fesser, à raison, sur les employés de la fonction publique provinciale. Les conditions de travail qui y existent sont confortables (35 heures/semaine, travail syndiqué, horaires variables, 4 semaines de congé par année, une journée de maladie accumulée par mois, régime de retraite confortable, stress généralement nul). Mais, encore là, ces conditions sont comparables à celles du fédéral ou du municipal alors que les emplois au sein de ces gouvernements sont sensiblement mieux payés.

Quand on doit payer 2 000$ de taxes municipales et qu'on ne voit que peu de bénéfices issus de cet argent là, à part la récolte des ordures, le déneigement et les services d'égoûts et d'aqueducs, 2 000$ c'est assez cher payé.

Avec 6 500$ d'impôts pronviciaux payés en 2008, j'avais droit à des services de santé, des routes (en mauvais état, mais des routes quand même), une éducation peu onéreuse au niveau collégial et universitaire, plusieurs assurances de dernier recours (assurance-maladie, assistance sociale, indemnisation des victimes de la route, etc) et un paquet d'autres programmes, dont plusieurs diffusés par Télé-Québec.

Bref, si passer la souffleuse 20 fois par année dans ma rue, me fournir de l'eau potable et prendre en charge mes déchets et excréments vaut 2 000$ par année, je pense que d'avoir accès à des services de santé et d'éducation presque gratuits vaut au moins le triple.

Ceci n'est pas un manifeste pour une augmentation de salaire des employés provinciaux. C'est surtout une prise de conscience comme quoi la colère de la population devrait être répartie équitablement entre les employés municipaux, provinciaux et fédéraux.

jeudi 7 mai 2009

Dis-moi si ta femme reste à la maison, je te dirai si tu es un looser

À chaque fois où j'ai été en couple, j'ai eu l'impression de perdre un peu de tonus, d'avoir à faire un peu plus attention à ce que je dis, de devenir moins punché. J'imagine que c'est la même chose pour la plupart des gens qui ont une personnalité plus colorée que la moyenne. Il faut faire des compromis et, au bout du compte, on a beau perdre sur certains points, on gagne sur d'autres et ça finit par se balancer. De toute façon, je crois que c'est comme ça dans chaque situation de vie où on a à traiter avec quelqu'un d'autre de manière étroite.

Par contre, il y a des gens qui semblent perdre tout ce qu'ils ont de fonceur ou de punché lorsqu'ils se ramassent en couple. En fait, je ne sais pas s'ils étaient comme ça à la base ou si le fait d'avoir une blonde castratrice les a rendus ainsi. Mais le fait est que ces gars là sont soumis et que leur vie et celle de leur famille n'est clairement pas entre leurs mains. Bref, ces gars n'ont aucune colonne vertébrale et on pourrait facilement s'essuyer les pieds sur eux. Là où je veux en arriver, c'est que c'est souvent pour ce modèle de gars là que le modèle familial de la femme au foyer s'applique.

Le mode de vie des gens, je m'en sacre. Je trouve que le fait de rester à la maison avec les enfants, c'est pas une si mauvaise idée que ça. Mais les cas de mère au foyer autour de moi me donnent l'impression que - pour une question de cause ou de conséquence - la personnalité de l'homme est celle d'un mollusque.

Et c'est ainsi que j'ai appris à mépriser les modèles de mâle pourvoyeur-mollusque qui sont autour de moi.

Souvent, le mâle est un looser qui se conditionne à voix haute en public à se dire que sa vie est agréable et amusante, que sa blonde s'acquitte bien des tâches domestiques (ménage, bouffe, gestion financière familiale, etc). Moi, les gens qui parlent de leur vie clairement plate en essayant d'y insuffler verbalement de la joie de vivre, ça me fait chier. Même si la personne en question est bien sympathique, je suis incapable de cacher mon dédain et mon mépris. Des millénaires d'évolution pour en arriver là...

À mon ancien boulot, j'avais un ami dont la blonde était laide (3/10 en appliquant des critères standard), avait l'air bête et avait un flot qui prenait du ritalin. C'était le cas parfait de ce que j'illustre, bien que sa blonde ait travaillé à temps partiel ici et là. Il n'en demeure pas moins que le type en question ramenait le cash à la maison et semblait s'occuper plus du flot que sa propre mère, le tout avec un enthousiasme niais que je ne pouvais m'empêcher de mépriser plus ou moins efficacement. Avec un autre ami, on avait fait un recueil de citations dans le but de conserver par écrit certaines traces de son conditionnement en public. Ces citations là semblent s'appliquer aux autres cas de mâle pourvoyeur qui sont autour de moi:

    « Quand je reçois ma paye, j’en donne immédiatement la moitié à ma blonde car elle se charge de gérer le budget familial. »

    « Si j’héritais d’un certain montant, ça serait autant à ma blonde qu’à moi! Elle fait partie de ma famille!! »

    « Ma blonde m’a dit : "Fais attention, tu sais ce qui peut arriver s’il y a d’autres filles à ta sortie…fais attention c’est dangereux… "

Le pire, c'est d'entendre le gars répéter les paroles de sa blonde/femme et dire ensuite: "Ma blonde m'a dit qu'elle voulait faire des rénovations… c'est pas bête!" ou toute autre phrase du même type. Sacrament que ça me fait grincher des dents et c'est suffisant pour m'indiquer que je suis face à une larve. En plus de répéter la vision de la vie de leur blonde en public, on n'a pas besoin de lire entre les lignes longtemps pour comprendre que ces gars là ne font aucun excès, ne se couchent jamais trop tard, ne disent jamais un mot plus haut que l'autre, sont les premiers à modérer les propos de quelqu'un qui s'exprime avec vigueur, ne boivent jamais trop, n'ont jamais touché à la drogue, ne sortent jamais des sentiers battus. Ils sont ce que j'appelle des "steak-haché/patates" parce que leur vie semble se résumer au steak haché et aux patates en accompagnement, au sens littéraire et figuré.

Il n'y a pas si longtemps, je travaillais à un endroit où certains avaient tenté d'introduire un concept de pause où un employé pouvait se proposer selon son bon vouloir pour cuisiner quelque chose pour les gens du secteur. Mon boss, parfait exemple de "steak haché/patates", avait inscrit son nom sur la feuille pour faire de petits gâteaux. Le jour de la dégustation, j'avais appris que c'était sa femme (femme au foyer) qui avait cuisiné le tout. Criss, écris pas ton nom sur la feuille si t'es pas capable de le faire. Je prendrais jamais d'engagements du genre en déléguant le travail à ma blonde.

Je me suis toujours considéré comme une personne conservatrice et traditionnelle. Par contre, la mentalité des couples dont la femme reste à la maison me donne l'impression que ce sont des répliques actualisées des couples des années 1940. L''homme ramène l'argent à la maison et se fait bosser par sa Germaine qui crie. Dans le fond, c'est une version soft de la femme battue. Et dans les deux cas, j'éprouve un profond mépris pour la personne qui se laisser écraser.

À force d'écouter les gens de ce type me raconter à quel point ils sont contents, jour après jour, de se faire essuyer les pieds dessus par leur blonde/femme, j'ai le goût de le faire moi aussi. Et ma façon de le faire, c'est de leur faire sentir mon mépris par rapport à leur existence qu'aucune personne équilibrée ne pourrait envier.

mardi 5 mai 2009

Procréa, ces ostis

Il y a quelques semaines, j'avais déboursé 380 beaux dollars pour un test visant à déterminer les chances que notre poupon soit défectueux à la naissance. Comme le médecin nous avait appris quelques jours auparavant que le test devait être effectué au plus sacrant et que nous n'avions que deux options (le test gratuit fiable à 60% ou le test à 380$ et fiable à 90% de la compagnie Procréa), on a été un peu bousculés par tout ça. Mais on a tout de même conclu, en quelques minutes, que de vivre toute une vie avec un enfant triso, ça ne serait probablement pas amusant.

Alors, on a pris rendez-vous la semaine suivante. Le dit rendez-vous n'a duré que 15 ou 20 minutes. Ça a nécessité une prise de sang et peut-être un pipi. Il y a aussi eu une échographie. Bon ok, c'est pas parce que le rendez-vous fut bref que l'équipement et l'expertise derrière ne valent pas un certain montant. Mais quand même, y'avait pas une heure de travail derrière les services rendus (en excluant bien sûr les efforts de mise sur pied de l'entreprise, ce qui est le cas dans chaque calisse d'entreprise humaine existante). On est repartis de là en se faisant dire que les résultats allaient nous être communiqués d'ici 24 ou 48 heures.

Peut-être 3 jours ouvrables plus tard, il y avait un message sur le répondeur à la maison. Une employée de Procréa appelait pour nous annoncer pas trop clairement que tout était correct et que les chances que le bébé soit atteint de telle maladie (j'ai pas compris le nom de la maladie) étaient de 1 sur je-sais-pas-combien-de-milliers et que les chances qu'il soit atteint d'une autre maladie étaient de 1 sur je-sais-pas-non-plus-combien-de-milliers. Le message se concluait en disant que les résultats allaient nous être envoyés sous peu.

On n'a jamais rien reçu, mais on se disait que le médecin faisant le suivi de grossesse avait probablement reçu quelque chose, lui.

Un bon mois plus tard, pour le suivi de grossesse, on rencontre le médecin en question. On s'informe à savoir s'il a reçu des informations de Procréa. Le médecin fouille dans ses affaires éparpillées et nous dit qu'il n'a rien là-dessus. C'est certain que sa méthode de classement semblait assez rudimentaire mais il n'en demeure pas moins qu'après quelques minutes de remue-fouillis, il n'avait trouvé aucun détail sur le test à 380$. Pis moi j'aime pas ça payer 380$ et n'avoir aucune idée de ce que j'en retire.

Ça fait qu'aujourd'hui, j'ai appelé chez Procréa pour avoir une copie des examens passés. Les deux jours, j'ai parlé à la même bonne femme et à chaque fois, j'ai raccroché en étant en sacrament.

Après avoir payé 380$, j'apprenais qu'il me fallait payer 5,60$ pour obtenir une copie des documents! Est bonne en tabarnac! Malgré l'importance des sommes déboursées, y'avait des extras pour une copie des documents!

Mais c'est pas tout, plus la discussion avançait, plus je me rendais compte qu'il n'y avait pas vraiment moyen d'obtenir quoi que ce soit.

Je me suis ensuite informé à savoir si on pouvait me fournir verbalement les informations relatives aux tests passés pour que je puisse à tout le moins savoir quelles étaient les fameuses statistiques que je n'avais pas comprises au téléphone. La bonne femme m'a dit que ce n'étaient que des chiffres et que seul un médecin pouvait comprendre. Quessé ça tabarnac? J'ai payé 380$ pour des renseignements incompréhensibles? Pis ce qu'on m'a dit sur le répondeur, y'a pas moyen de le répéter? Y'a pas de travail de vulgarisation d'effectué à ce prix là?

Finalement, on m'a dit que, de toute façon, je ne pourrais pas avoir accès à ces informations car c'était à la mère de faire les démarches. J'ai dit que c'était moi qui avait payé et que j'étais aussi le père de cet enfant là. La bonne femme est partie à rire en me disant que ça ne changeait rien que j'aie payé, parce que c'était le dossier de la mère.

J'étais vraiment en beau tabarnac. J'avais vraiment payé 380$ pour me ramasser avec un service après-vente aussi pourri que ça? Pis surtout, y'a pas un calisse de chat qui est en mesure de me donner un minimum d'informations supplémentaires? Comble du tabarnac, on veut me faire payer un supplément pour recevoir des documents informatifs!

On m'a quand même dit que les documents avaient été faxés au médecin. Mais le médecin lui, est-ce qu'il les paye les ostis de 5,60$ de frais supplémentaires?

Criss de tabarnac, j'espère que plein de femmes enceintes liront mon blog et remettront en question l'idée de faire appel à l'agence Procréa. C'est cher en calisse, trois cent quatre-vingt piastres, pour pas savoir ce qu'on en retire.

Je comprends de plus en plus les regroupements comme "Fathers for Justice". Je me rends compte que le père n'a VRAIMENT pas de droits équivalents à ceux de la mère. Pour Procréa, c'est un dossier pour la mère même si le père a autant d'impact (et surtout autant d'intérêt à savoir) que la mère dans l'ostie de déficience potentielle de son bébé. Même chose pour la réclamation aux assurances. Si ma blonde n'est pas couverte avec mon assurance privée, je ne peux pas réclamer les frais de tests même si c'est moi qui les paye. Ça a beau être mon bébé à moi aussi, c'est encore juste un osti de dossier attribué à la mère, ce qui revient à dire que sur papier, un bébé, c'est juste l'affaire de la femme. Sérieux, je trouvais vraiment ça débile "Fathers for Justice", il n'y a pas si longtemps, mais ma petite histoire banale personnelle me fait vraiment réaliser que quelque chose qui cloche.

lundi 4 mai 2009

La pandémie

Depuis une semaine ou deux, le sujet en vogue, c'est la grippe porcine ou la grippe H1N1. Devant la menace d'un belle grosse pandémie potentielle, j'ai de la difficulté à me positionner.

Premièrement, c'est quoi une vraie menace?

Quand est-ce qu'on va l'avoir le bug de l'an 2000? Quand est-ce qu'on va voir arriver la grippe aviaire attendue depuis au moins 4 ans? Où elle est, la pire crise économique vécue depuis 1929? Pour ce dernier cas, je suis conscient que la ville de Québec en est une de fonctionnaires et que fonctionnaire + crise économique = 0, mais je n'ai pas encore entendu parler de taux de chômage excessivement élevé (sauf en Espagne), de hausse massive de l'itinérance ou de cannibalisme de survie.

Est-ce que les médias ont continuellement besoin de traiter d'une menace potentielle pour se garantir un public ou une clientèle? Comment est-ce qu'on peut penser que la fin du monde s'en vient encore une fois quand on attend toujours la venue des précédentes fins du monde?

Malgré tout ça, en secondaire 5, j'ai écouté le film "12 singes" et la fin du monde décrite dans ce film (à là suite de la propagation d'un virus) est restée gravée dans mon subconscient. Sans doute que plein d'autres films du genre sont aussi restés latents dans mon psyché. Ce qui me fait penser qu'une grand ménage par le biais d'une épidémie est tout de même possible.

Tout ce que je sais, c'est que ça serait bien plate pour moi de pogner la grippe porcine et de mourir juste avant d'avoir pu jouir de ma récente augmentation de salaire, de mon voyage au Nevada et du spectacle de Sting sur les plaines d'Abraham. Si ça avait pu commencer à l'automne, ça aurait fait mon affaire et ça aurait pu rendre un peu plus excitante cette période déprimante de l'année.

En attendant, comme aucune toune n'a été composée par les Cowboys fringants pour nous enseigner à comprendre et à faire face à ce nouveau problème de société, le mieux qu'on puisse faire, c'est de se laisser convaincre par les campagnes de sensibilisation et se laver les mains. Si la pandémie reste dans la fabuleuse dimension des catastrophes non-menées à terme, peut-être qu'on aura au moins la chance de voir un peu moins de gens malpropres sortir des toilettes sans se laver les mains.

...La force du jovialiste, c'est d'extraire le positif des plus grands problèmes de l'existence.