jeudi 30 avril 2009

Découvert

En quittant mon ancien boulot, j'étais content pour plusieurs raisons. Premièrement, j'allais recevoir un meilleur salaire et possiblement plus de responsabilités. Ensuite, j'allais changer d'air et avoir l'illusion, pendant un moment, que mon nouveau milieu de travail était plus épanouissant que l'ancien (avant de me réveiller dans quelques mois pour réaliser que c'est partout pareil). Finalement, j'allais pouvoir avoir un peu plus de liberté avec mon blog. En me retrouvant à un endroit où je ne connaissais personne, j'allais pouvoir jeter un œil sarcastique sur mon nouveau milieu et les gens qui y évoluent. J'allais pouvoir blaster tout ce qui m'entoure et m'en donner à coeur joie.

C'est le fun de ne pas trop se retenir une fois de temps en temps.

Eh bien après avoir fait connaissance avec quelques voisins de bureau et avoir discuté un peu plus en profondeur de ma vie avec l'un d'eux, j'ai appris ce matin de sa bouche qu'il avait réalisé que j'étais le Voyou du Bayou. Il m'a dit qu'il lisait mon blog depuis un bon bout de temps. Peut-être 3 ans. Il m'a parlé de Compostelle, de Patachou, d'Aimepé, d'insipidosphère, de musiciens de rue, etc.

En 72 heures à peu près (probablement 24 heures même), j'avais donné assez de détails à mon sujet pour qu'on m'identifie clairement. Bref, j'avais réussi à perdre l'anonymat que j'espérais avoir au sein de cette nouvelle job.

Y'en a combien de travailleurs de bureau à Québec? 20 000? 50 000? Aucune idée, mais sûrement quelques dizaines de milliers. Pis moi, j'ai abouti par hasard dans la même équipe qu'un des plus vieux lecteurs de mon blog. C'était quoi la chance pour que ça arrive? Une sur 1 000?

En y repensant plus en profondeur, je me dis que c'est encore plus débile que l'été dernier, quand Isabelle Découragée m'avait rencontré sur la rue St-Jean pendant que je jouais du rock and roll. Comme je n'ai pas joué souvent à cet emplacement là en 2008, ses chances de tomber sur moi étaient assez minces. Mais c'était certain qu'une résidente du coin avait quand même la probabilité de me croiser.

Par contre, dans un milieu de travail où on ne connaît qu'un assez faible nombre de personnes, les chances pour que ça arrive m'apparaissent minimes.

Enfin, d'une façon ou d'une autre, cette histoire démontre deux choses. La première, c'est que la preuve est maintenant faite: les travailleurs de bureau (et particulièrement les fonctionnaires) constituent l'essentiel des lecteurs de blogs. La deuxième, c'est que j'ai un collet très serré d'attaché autour du cou et que si je veux parler de la job, va falloir que je fasse comme Jésus et que j'utilise des paraboles…

mardi 28 avril 2009

Pendant que maman torche le sous-sol, j'écris sur mon blog

Je me demande s'il y a beaucoup de gars de 30 ans dont la mère se déplace sans avertir pour faire le ménage de la maison ou de l'appartement?

Parce que c'est mon cas depuis un bon bout de temps. Je crois que les visites impromptues ont commencé il y a deux ans, lorsque j'allais passer une fin de semaine sur deux à Rimouski. À cette période là, il m'arrivait assez souvent de revenir à la maison un dimanche après-midi et de sentir une odeur de propreté qui n'était celle de la maison à mon départ. Je recevais plus tard dans la journée un appel de ma mère me demandant comment c'était de revenir dans une maison si propre. Quessé que je pouvais répondre d'autre que "c'est le fun, merci maman."

À mon retour du chemin de Compostelle, l'année dernière, je me rappelle avoir trouvé la maison vraiment propre. Peut-être était-ce simplement une question de contraste avec les dortoirs crottés fréquentés pendant 15 jours. Enfin, ma mère était quand même venue torcher pendant mon absence et ça paraissait encore plus que d'habitude.

En décembre dernier, lorsque je suis revenu de Montréal avec Aimepé pour que celle-ci s'établisse chez moi, l'auto de ma mère était stationnée dans l'entrée. Elle était venue torcher la maison pour que sa brue emménage dans un endroit fréquentable. Encore une fois, je ne lui avais rien demandé.

Ce soir, ma mère est venue passer la balayeuse et faire du rangement dans le sous-sol de 19h30 à 21h30. J'en avais plein mon casque à compter de 21h et je lui ai dit que c'était assez. Elle m'a dit de retourner en haut et de la laisser finaliser quelques affaires (i.e. continuer à passer la balayeuse et faire du rangement). Dans le fond, elle s'en sacrait que je sois là, je crois. Elle voulait simplement se sentir utile.

Dans ces situations de ménage imposé, je suis partagé entre la reconnaissance et le sentiment désagréable de vivre une invasion de domicile. Mais ayant déjà fait pleurer maman par le passé parce que j'étais trop raide avec elle dans des situations où elle se mêlait un peu trop de ma vie, je la laisse maintenant faire, À L'OCCASION.

C'est évident que notre définition de la normalité est établie en fonction de ce dans quoi on a été élevé. Mais j'ai de la misère à trouver ça vraiment normal qu'une mère s'impose à ce point pour ramasser du poil de minou dans un sous-sol avec une shop-vac...

dimanche 26 avril 2009

Manger sur son patio

Ah ma belle collection de photos du premier repas à l'extérieur! Je l'entretiens depuis avril 2006 et ça permet de suivre l'évolution de mon patio et de mon alimentation au fil des années. Ça me permet aussi de suivre attentivement le réchauffement de la planète en regardant la quantité de neige qui reste à l'arrière du terrain.

Les faits marquants:
  • Mon premier repas à l'extérieur de 2009 a été un déjeuner au lieu d'un souper;
  • Je ne me suis pas acheté de jus oasis de format 960 ml ni de languettes de poulet de marque Flamingo depuis belle lurette (photos 2006 et 2007);
  • J'ai de plus en plus le souci de faire un bon placement de produit sur mes photos en affichant clairement la marque des produits consommés;
  • L'année passée, il y a eu un refroidissement planétaire puisqu'il restait plus de neige au sol alors que cette année, il y a eu un important réchauffement planétaire. Les ères glaciaires ne s'étirent plus que sur une année.

avril 2006

avril 2007

avril 2008

samedi le 25 avril 2009

Cette dernière photo a été prise le matin du 25 avril et il fait à peu près 25 degrés cette journée là. J'en ai profité pour jouer à un jeu sur l'ordinateur et laver mes planchers lol!

jeudi 23 avril 2009

Couper dans le gras

Au cours de ma carrière à la fonction publique, je suis passé par 5 secteurs différents (4 au sein du même organisme et un dans un autre organisme). Je n'ai jamais été dans le rush dans aucun de ces secteurs. À mon souvenir, je n'ai pratiquement jamais travaillé 35 heures au cours d'une semaine, malgré le fait que, sur ma paye, j'ai toujours été rémunéré pour 35 heures. En moyenne, je n'ai dû accomplir un travail concret qu'entre 5 et 10 heures par semaine. Si on mettait bout à bout toutes les pertes de temps et le niaisage, je dirais qu'au bas mot, j'ai passé une année complète sur sept à travailler 0 heures par semaine.

C'est révoltant pour les contribuables de lire ça. Mais une fois passée la révolte, il faut comprendre que c'est impossible que je sois une exception parmi tous les employés gouvernementaux. Ça ne se peut pas que je sois tombé sur des secteurs tranquilles 5 fois en ligne. Je pense donc que c'est comme ça presque partout au sein de la fonction publique, du moins pour les emplois de niveau professionnel.

Ma pensée se précise avec le temps sur ce qu'il faudrait faire. Je crois qu'il faudrait couper entre 50 et 66% des postes et augmenter substantiellement le salaire de ceux qui restent. Je pense qu'avec le surplus de travail transféré aux employés qui resteront, ça pourrait justifier de meilleurs salaires et une plus grande productivité et plus de satisfaction au travail (c'est rare qu'un employé est motivé en ne faisant rien de ses journées).

Aussi, fait très important, les employés des gouvernements fédéraux et municipaux sont mieux payés que les employés provinciaux (5 000 à 10 000$ de plus par année) et ne sont assurément pas plus performants. On n'a qu'à appeler à la ville pour s'en rendre compte.

Je pense qu'il faudrait que cet écart soit réduit et que le salaire de l'employé provincial moyen soit à tout le moins équivalent à celui de l'employé municipal moyen. Ça fera en sorte que la fonction publique provinciale pourra attirer de meilleurs candidats, ce qui sera très important dans le contexte de pénurie de main d'oeuvre qui commence à se faire sentir. Si on réduit la taille de l'état, on aura avantage à s'adjoindre les services de gens qualifiés et pas portés à regarder ailleurs pour une job mieux payée.

Pis tant qu'a y'être, en haussant les salaires, le gouvernement pourrait attribuer une responsabilité supplémentaire aux fonctionnaires. Pourquoi on n'appliquerait pas une fois pour toutes l'osti de concept d'imputabilité? Parce qu'à la fonction publique, quand un dossier tourne mal, c'est jamais la faute de personne. Ni d'un gestionnaire (ce qui est pourtant le cas dans 80% des problèmes qui surviennent), ni d'un professionnel (15% des cas), ni d'un technicien ou d'un agent de bureau (5% des cas). Cette absence d'imputabilité ou de responsabilité à la fonction publique me dégoûte profondément. Je hais savoir que des gens prennent des décisions de cabochon sans en subir les conséquences. Je pense d'ailleurs qu'il y a une impressionnante quantité de cabochons parmi les gestionnaires des divers ministères et organismes. Et je trouve ça complètement débile qu'on ne désigne jamais un ou des responsables lorsque ça va mal, mais que les promotions et les bonus sont distribués lorsque ça va bien. Dans le journal de Québec, on disait, il y a deux semaines, qu'un gestionnaire sur deux recevait un bonus à chaque année! Ark, mon boss qui rote tout le temps à son bureau et qui part souvent à 15h PM a probablement reçu un bonus???

Au bout du compte, tout le monde y trouvera son compte si on coupe dans la quantité mais on augmente la qualité. Si la fonction publique diminue de 50% et que le salaire de ceux qui restent augmente de 20%, ça fera quand même une nette diminution de coûts salariaux des employés de la province. Je suis convaincu que ce serait tout à fait possible d'appliquer ce que j'avance et que ce serait même bénéfique. Le seul effet notable ressenti serait une baisse d'achalandage sur les blogs, les jours de semaine.

Ça ressemble à un programme électoral mais c'est seulement l'opinion de quelqu'un qui a travaillé près de 7 ans dans la fonction publique. Dans mon dernier texte, je disais que le sujet de la fonction publique était une de mes idées fixes. C'est vrai, mais pour que j'y revienne aussi souvent, faut vraiment que les abus que j'y ai constatés m'écoeurent en maudit.

lundi 20 avril 2009

La petite histoire sans grande importance de mon blog

Printemps 2005: Sur ma liste MSN, plusieurs contacts ont un petit soleil jaune clignotant à côté de leur nom. Je ne comprends pas tout de suite ce que ça signifie, mais après quelques jours ou semaines, je réalise que certains de ces gens là ont un blog accessible à partir de MSN;
Juin 2005: Je décide de me créer un blog sur MSN spaces;
Été 2005: Mon blog MSN est entretenu occasionnellement. Avec le recul, je réalise que presque tout ce que j'écris à cette période là est aussi plate que les blogs que je qualifierai moi-même de "plates" au cours des années qui suivront. Seuls les récits de mes premières aventures comme musicien de rue à Québec valent la peine d'être lus;
Septembre 2005: Patate fait référence à mon blog MSN sur son blog MSN. C'est la première référence à mon blog par un blogueur toujours actif aujourd'hui (à ma connaissance, en tout cas). Je ne m'en rendrai cependant compte que près de 3 ans plus tard;
Octobre 2005 - Mars 2006: Petite romance avec une blogueuse nommée Audray;
Mars 2006 - Décembre 2006: Accumulation de rencontres de Réseau contact et quelques brèves histoires impliquant de la fornication;
Février 2007: Transfert de mon blog sur Blogspot et première rencontre de blogueurs de la région de Québec. Les statistiques de plusieurs blogs du 418 (dont le mien) explosent dans les jours qui suivent cette rencontre;
Février 2007 - Septembre 2007: Histoire d'amour avec Patachou;
Septembre 2007 - Mai 2008: Période de célibat, de déprime, de rencontres issues de Réseau Contact. Période pendant laquelle mon blog est sans doute le plus populaire puisque je reçois régulièrement 25 ou 30 commentaires pour des textes relativement insignifiants et je n'y comprends rien. Je ne comprends également rien au fait qu'au moins 10 ou 15 filles, sinon plus (dont plusieurs blogueuses) m'écrivent pour devenir mes amies parce que je fais pitié avec mon coeur en lambeaux;
Juillet 2008 - Aujourd'hui: Plus longue période amoureuse de l'histoire de mon blog, avec Aimepé. Les statistiques de fréquentation commencent à diminuer sensiblement à compter de l'automne 2008, ce qui me fait réaliser qu'un long déclin s'est amorcé. Je me dis que ce sera une excellente occasion d'écrire ce qui me tente en me calissant des 6 personnes qui restent.

C'est en regardant cette petite histoire abrégée de mon blog que je comprends bien des choses. Premièrement, je comprends pourquoi mon blog est perçu comme étant devenu ennuyant par certains (je tiens toutefois à préciser que mes premiers mois comme blogueur en 2005 et même une bonne partie de l'année 2006 sont assez pénibles à relire). Comme je suis dans ma plus longue période de vie de couple depuis que je suis blogueur, plusieurs choses ont changé. Je n'ai pas vraiment le choix qu'il en soit ainsi, non seulement parce que ma blonde lit mon blog (si j'étais continuellement négatif, elle pourrait se dire que quelque chose ne va pas dans notre couple) mais aussi parce que je sens que je n'ai pas vraiment le droit de me plaindre.

Je pense que, pour qu'un blog personnel soit populaire, il faut presque à tout prix qu'il se classe dans une de ces trois catégories là:

  • Les blogs de célibataires qui donnent l'impression d'être "hots" et qui peuvent pogner à peu près n'importe quel gars/fille;
  • Les blogs qui exposent des sentiments vifs (dégoût intense, déprime intense, colère intense, etc);
  • Les blogs de mères de famille.

Je ne pense jamais avoir donné l'impression que j'étais un célibataire "hot" par le passé, mais j'ai assurément exploité à fond le sujet des blind dates et ça a toujours semblé piquer la curiosité des gens. Pour ce qui est des sentiments vifs, là-dessus, j'ai fait un méchant bout de chemin et je continue de le faire occasionnellement. Pour ce qui est de jouer à la mère de famille, pour l'instant, c'est pas si pire, mais ça ne me surprendrait pas que mon blog devienne éventuellement le plus masculin des blogs de maternité. Donc peut-être que je chemine vers une autre phase de grande popularité?

En fait, non, je ne penserais pas vraiment cheminer vers la popularité. Je pense que la plupart des blogueurs et moi-même sommes arrivés au bout de l'intérêt que nous pouvions susciter. On finit par se tanner de toujours lire le même style d'écrits. On finit même par se tanner soi-même d'écrire toujours de la même façon et d'avoir les mêmes idées fixes. Comme les miennes qui sont la mort, l'aspect éphémère des relations, le gaspillage de temps et d'argent au sein de la fonction publique, Pink Floyd, les allusions à la marde, etc. J'imagine que lire 365 jours par année les mêmes idées fixes, c'est comme manger pendant 365 jours une sandwiche au baloney. Tous ces pauvres travailleurs de bureau qui passent leur heure de diner à manger la même sandwiche en lisant les mêmes blogs doivent sentir que leur vie est sans issue...

Je n'entre pas/plus dans les trois catégories parce que je pense que j'en suis rendu à un point de ma vie où je n'ai plus le droit de chialer. Je mène une vie assez confortable, je suis plutôt choyé et je réalise ma chance. Il y a plus d'un an, mon ex-blonde Patachou m'a écrit un email me disant que j'avais beaucoup de choses et que je n'en étais pas conscient. Même si le email était assez raide et que je me sois perçu comme un "punching bag", j'ai fini par me dire: "Criss, c'est ben trop vrai. Je focusse sur tout ce que je n'ai pas pis je suis en train de passer à côté des plus belles années de ma vie à regarder le peu qui me manque et à en faire une montagne...". Je pense d'ailleurs que peu de gens dans la vingtaine (dans le trentaine aussi, pourquoi pas?) prennent vraiment conscience de ce qu'ils ont. L'intelligence, la beauté, l'argent, une famille unie et aimante, des amis, de l'instruction, etc. Tout le monde a au moins 2 ou 3 gros avantages dans sa vie, mais il faut que quelque chose près de nous s'effondre pour qu'on s'en rende compte. Ça sera toujours comme ça.

Je me rends compte que l'univers des blogs tourne en rond en respectant des cycles annuels. À chaque année, depuis la célibataire urbaine, il y a un ou quelques nouveau(x) célibataire(s) hot(s). À chaque année, il y a des rencontres de blogueurs. À chaque année, il y a des petits clans qui se forment. À chaque année, il y a des chicanes et des clans qui se déforment. À chaque année, peut-être le quart sinon la moitié des blogueurs ferment leur blog. J'ai rien contre ces cycles là parce que je suis moi-même passé par là. Je crois aussi que la période la plus trippante de ma vie de blogueur a été celle des 45Nord et des nouvelles connaissances, à l'hiver 2007. Mais quand on est passé par là et qu'on se rend compte que ça n'a servi à rien et que tous les petits groupes se sont défaits, c'est difficile d'être excité par les nouvelles vagues qui vont inévitablement suivre la même trajectoire.

Les rencontres

C'était le fun, les rencontres de blogueurs. La première rencontre officielle du 45Nord a eu lieu en février 2007 et la dernière, en juin de la même année. Je suis allé à un Yulblog à Montréal en octobre 2007 et puis c'est tout. J'ai eu quelques rencontres non officielles, en plus petit nombre. Je dirais que la presque totalité des gens que j'ai rencontrés avec mon blog (autant ceux qui étaient blogueurs que ceux qui ne l'étaient pas) étaient gentils. En fait, le seul mauvais souvenir que je garde est celui de ma rencontre avec Grande Dame. Bien que cette blogueuse soit quasiment une intouchable de par son statut de sainte mère de famille nombreuse, ce fut de loin ma pire rencontre. Ça m'a vraiment déstabilisé de constater à quel point le contact avec elle était difficile, voire impossible alors que j'ai toujours réussi à jaser au moins un peu avec les gens avec qui je n'avais pas vraiment d'atomes crochus. Mes tentatives pour amorcer une discussion ou essayer d'avoir du fun ont été un échec retentissant même si ça se voulait une rencontre amicale sans que qui que ce soit ait été forcé de s'y rendre. Je me rappelle aussi que le pauvre Patate avait essayé d'être simplement aimable en payant une tournée de shooters. Grande Dame avait refusé son verre en semblant s'en calisser, sans même le remercier.

L'amour
J'ai bien aimé écrire ma façon de penser à propos de certains blogueurs. Je pense que la réaction de totale indignation de plusieurs en a dit long sur leur personnalité (surtout que je n'ai jamais lancé d'insultes personnelles). Ça m'a très vite fait prendre conscience que la plupart des blogueurs désiraient d'abord et avant tout obtenir de l'amour et des caresses. La plupart ne se commentent entre eux que pour attirer des commentaires à leur tour, sur leur propre blog. J'ai toujours trouvé pathétiques tous ces gens qui ont besoin d'avoir des amis virtuels et de faire sentir aux autres qu'ils "reviendront sur cet excellent blog!" en écrivant cette réplique là à 5 personnes dans la même semaine. Combien de fois j'ai lu sur mon propre blog ou sur d'autres des phrases du genre "Je suis accroc à ton style, je reviendrai!". Pourtant, à chaque fois où je n'allais pas écrire de commentaires chez la personne en question, cette personne ne revenait mystérieusement jamais sur mon blog. Serait-ce à dire que mon blog n'est intéressant que si j'accorde de l'attention en retour? Ouais, même lorsqu'on me caressait dans le sens du poil en m'écrivant des éloges dignes d'un prix Nobel de la littérature, j'ai toujours eu un goût de vomi dans la bouche.


Les décès et les résurrections
Parfois, je retourne lire un vieux texte écrit il y a 2 ou 3 ans. Quand je regarde les commentaires reçus, je suis toujours étonné de voir à quel point peu de ces commentateurs là sont toujours actifs. Plusieurs ont fermé leur blog. Je me surprends d'ailleurs à ressentir de la sympathie pour plusieurs personnes blogueurs qui cessent leurs activités. Je me dis: "ils ont enfin compris que ça ne servait à rien de concret!". Le problème survient lorsque le blog est réouvert après avoir été fermé. Là, ça nous fait réaliser une fois pour toutes que l'auteur(e) a un besoin irrésistible d'attention. La personne en question ne se connait tellement pas elle-même qu'elle n'avait pas réalisé qu'en fermant son blog, elle allait soudainement perdre toute l'attention qui lui donnait tellement l'impression d'être quelqu'un. Elle est donc maintenant toute seule au monde et son monde imaginaire n'existe plus. En se rendant compte que toute l'attention est disparue, on réouvre. Le pire move, c'est vraiment une fille qui ferme son blog à chaque fois où elle se fait un nouveau chum et qui le réouvre lorsqu'elle se fait domper ou dompe son chum. Osti que ça fait "j'ai rien de mieux à faire donc j'essaie de me trouver de l'attention sur Internet".

Mon blog existe depuis presque 4 ans, ce qui est mieux que 95% des blogs personnels existants. Malgré sa longévité, il n'a aucune importance. Tous les lecteurs vont finir par crisser leur camp un jour ou l'autre, j'en suis profondément convaincu. Ceux qui vont rester le plus longtemps sont ceux qui viennent écrire des commentaires anonymes pour me dire combien tout ce que j'écris est plate.

mercredi 15 avril 2009

Le printemps et ma petite voisine

Hier, pendant que je râclais le vieux gazon mort sur mon terrain, ma petite voisine de quatre ou cinq ans est arrivée dans mon champ de vision. Par-dessus la haie de cèdres, je lui ai fait un tata et lui ai dit "Allo!". Elle m'a répondu et s'est mise à me faire la discussion comme si on était des amis de longue date.

Océane: "Moi, je vais aller faire du vélo tantôt!"
Patrick: "Ah ouin! As-tu encore tes petites roues?"
Océane: "Oui, mais ma soeur les a enlevées!"

Elle repart se balancer un peu dans son petit parc et revient quelques secondes plus tard.

Océane: "Patrick, as-tu des enfants toi?"
Patrick: "Non, pas encore, mais je vais en avoir à la fin de l'été!"
Océane: "Est-ce que t'as un parc toi?"
Patrick: "Un parc comme le tien avec des balançoires?"
Océane: "Oui."
Patrick: "Non, j'en ai pas, mais peut-être plus tard. Si j'en ai pas, est-ce que tu vas vouloir que mon bébé aille dans ta glissade?"
Océane: "Oui!"

C'est drôle de me faire poser ces question par ma petite voisine qui vit à côté de chez moi depuis presque 4 ans. Bien entendu, on ne se voit pas très souvent durant l'année (d'octobre à avril, tout le monde vit à l'intérieur). Ses notions de permanence de l'objet et/ou de l'être humain doivent donc être mises à rude épreuve. Malgré tout, elle se rappelait de mon nom. Et elle était assez à l'aise pour me parler de tout ce qui lui passait par la tête. Elle m'a donc dit que son manteau était bleu et qu'en-dessous, elle portait une petite jupe rose qu'elle m'a montrée.

Ça fait changement des discussions de paravents, mettons.

Ce qui est le plus drôle, c'est lorsqu'elle se retrouve en avant de ma maison. Tout semble alors être différent dans sa tête puisque sa perspective visuelle change (arrière VS avant de nos terrains). On dirait alors que, dans sa tête, on n'est plus du tout à la même place que 10 minutes plus tôt, lorsqu'on était simplement à l'arrière de nos terrains respectifs.

J'étais donc rendu sur le côté de ma maison, face à la rue où Océane se promenait maintenant sur son vélo avec des petites roues.

Océane: "Est-ce que c'est ton auto ça?"
Patrick: "Oui!"
Océane: "Pis est-ce que c'est ta maison ça?"
Patrick: "Oui, est-ce que tu te rappelle, l'année passée, t'étais venue voir mon minou?"
Océane qui sourit: "Oui! Est-ce qu'il fait dodo?" (Parce que l'année passée, pour ne pas qu'elle me dérange, son père lui avait dit que mon minou faisait dodo).

Depuis deux ans, mon printemps commence comme ça: en râclant mon terrain et en jasant avec Océane. C'est ma plus ancienne amie dans le quartier.

mardi 14 avril 2009

Une job avec de l'impact

Quand j'ai recommencé à écrire sur mon blog après quelques semaines d'arrêt, je me suis dit que j'allais changer un peu mon style. De un, plus de bullshit, ou en tout cas, beaucoup moins. De deux, moins de trucs négatifs car j'ai évolué assez longtemps dans ce domaine là. De trois, ne plus écrire au "vous" parce que ça donne vraiment l'impression qu'on croit que notre blog est la moulée quotidienne d'une gang d'animaux qui n'attendent que ça. De quatre, faire attention à ce que j'écris pour ne pas blesser les gens autour de moi, même si ça impliquera sans doute que mon blog deviendra très plate. Oh oui, les textes que j'ai le plus aimés écrire ont vraiment été ceux qui m'ont permis de blaster quelqu'un de mon entourage avec qui je savais que ça n'allait plus nulle part.

Malgré tout ça, aujourd'hui, j'écris au vous, peut-être pour la dernière fois.

Qui est-ce qui sent que sa job a de l'importance ou un impact quelconque? Est-ce que ça se peut un travailleur de bureau passionné?

jeudi 9 avril 2009

Joie de vivre

Depuis un bon bout de temps, je m'emmerdais au bureau. Il n'y avait rien à faire et mon patron ne semblait avoir aucune reconnaissance et aucun intérêt à notre endroit.

En fait, la seule marque d'attention était de nous offrir, pour Pâques, par exemple, de petits chocolats.

Bref, ma carrière goûtait comme une chiquée de plastique depuis un sacré de bout de temps. Mais, en croquant dans mon chocolat, tout est soudainement devenu plus savoureux. Tout à coup, j'étais épanoui au travail.

CETTE PARABOLE ENGAGÉE VISE À DÉNONCER SUBTILEMENT TOUS LES EMPLOIS OÙ L'AMBIANCE DE TRAVAIL EST MERDIQUE ET/OU INEXISTANTE ET OÙ LES PATRONS SEMBLENT PENSER QU'UNE MARQUE DE RECONNAISSANCE BANALE PEUT COMPENSER POUR TOUT LE RESTE.

mardi 7 avril 2009

Deux trios Big Mac

Deux amis du travail et moi-même avons fait un pacte selon lequel le premier d'entre nous qui obtenait une promotion en salaire ou en responsabilités (ou les deux) allait se voir offrir un prix par les deux autres.

J'ai proposé que le prix soit un trio Big Mac. Ce fut accepté, car ce n'était pas trop coûteux.

Hier, j'ai reçu un coup de fil m'annonçant qu'on m'offrait une promotion. Ça voulait donc dire que j'avais gagné le concours.

J'étais super content de ma promotion qui allait survenir quelques semaines avant mes 30 ans. Par contre, un peu d'anxiété s'est fait sentir lorsque je me suis rappelé que j'avais moi-même établi la règle selon laquelle le gagnant devait manger ses deux trios Big Mac le même midi.

J'ai jamais fait ça de ma vie!

dimanche 5 avril 2009

Srx lo

Le 5 avril 1994, Kurt Cobain s'enlevait la vie. Je me rappelle que j'avais appris la nouvelle dans l'autobus qui me ramenait de l'école à la maison. Je n'avais pas été là pour Ritchie Valens et pour Jimi Hendrix, mais j'avais au moins été là pour Kurt...

Quinze années plus tard, j'imagine qu'un bon nombre de groupies portent toujours un T-Shirt "Kurt Cobain 1967-1994". Je pense toutefois que rien ne sert de cultiver sa nostalgie du mouvement grunge et des junkies de Seattle qui en ont été les initiateurs. Il faut plutôt se concentrer sur ceux qui restent et sur les problèmes actuels sur lesquels on peut agir. Comme l'analphabétisme chez les jeunes de 18 ans.

D'ailleurs, ce soir, j'ai discuté pour la première fois sur Facebook avec mon ancien petit voisin qui a maintenant 18 ans. J'ai eu un choc en réalisant qu'on était en train de sombrer beaucoup plus bas que ce que j'avais anticipé, il y a de cela 8 ou 10 ans, lors des belles années de MIRC.

18:50Patrick

en passant t'es pas né en 91 toi? T'essayes de te vieillir avec Facebook?

18:50 Guillaume

ouai en 91 ces quand jlai fait javais mis co pis o jpx po le changer jai eu 18 yo 1 semaine lol

18:51 Patrick

bonne fête lol! es tu sorti dans un bar pour la première fois de ta vie pour fêter ça?

18:51: Guillaume

ouiais chu sortie mes po pour la premiere fois dma vie lol jrentrais partout ou je vioulais pis lo cette été work dans un bar

18:54Patrick

ah oui tu vas être serveur?

18:56 Patrick

hey t'as 357 amis sur facebook, c'est trop tu devrais faire le ménage

18:56 Guillaume

ahahah je sais

18:56Patrick

c'est pas honnête d'en avoir autant

18:56: Guillaume

lol tes tu chez toi lo

18:57 Patrick

lol certain mais tu devrais en flusher au moins 3-4 je pense que tu te sentirais mieux avec ta conscience

oui lo chu chez nous lol

19:00 Patrick

SVP flushes en 3 maintenant, j'aimerais que tu diminusse à 353

19:00: Guillaume

kk

19:00Patrick

est-ce que je peux les choisir?

19:00: Guillaume

non, au pis srx on sen fou lol

19:01 Patrick

srx qu'est-ce que ça veut dire cette abréviation de déficient là?

19:01: Guillaume

serieux

19:02 Patrick

tu devrais pas écrire ça, c'est dégueulasse!!

19:03: Guillaume

eh ben

19:03 Patrick

tu me sembles froissé là

19:03: Guillaume

lol

19:03 Patrick

j'essaie juste de t'aider à t'améliorer lol! MDR

19:04: Guillaume

MDR ces quoi co ces horrible!!!

19:04 Patrick

ça veut dire mord des raies, LOL

19:05: Guillaume

lol

19:08 Patrick

lol srx!!

**********

Légende:

Lo = là

LOL = Laugh out loud

MDR = Mort de rire

srx = sérieux

kk = Ok

mes = mais

co = ça

po = pas

yo = y'a (le concept, c'est de remplacer les "a" par des "o")


jeudi 2 avril 2009

L'étendue des réactions lorsqu'on annonce à quelqu'un qu'on va avoir un bébé

Les événements marquants d'une vie entrainent des réactions de notre entourage qui sont parfois fort révélatrices. Je n'ai jamais gagné de gros montant à la loto alors je ne sais pas trop ce que ça peut entrainer comme manifestations d'hypocrisie autour de soi. J'ai par contre un bébé en route et c'est le genre d'annonce qui est suffisante pour susciter des réactions particulières.

La plupart des gens sont poliement (dés)intéressés. En fait, presque tout le monde s'en sacre, mais les gens font au moins preuve d'une curiosité polie. C'est bien correct comme ça. Un "Ah ouin, t'es pas sérieux!?" fait amplement mon affaire. Je n'ai même pas besoin de félicitations (même si je trouve ça gentil).

À part les réactions classiques, j'ai identifié deux extrêmes, jusqu'à maintenant.

De façon surprenante, ce ne sont pas mes parents ni ma soeur qui ont été les plus émotifs suite à l'annonce. C'est plutôt une amie qui était venue chez moi et qui avait été vraiment fessée de découvrir des vitamines de femme enceinte sur le comptoir. Après avoir été estomaquée pendant un bon 30 secondes, elle s'est mise à pleurer. Elle m'a dit que son chum ne ferait probablement pas un bon père et que si elle avait pu (ou plutôt eu l'impression que ce serait souhaitable d') avoir des enfants, ça ferait longtemps que ce serait fait. Peut-être aussi qu'elle se rendait compte que tout son entourage se reproduisait et pas elle. Peut-être autre chose...

La réaction la plus merdique a été celle de mon ami l'avocat. On ne se parle pas souvent lui et moi. Peut-être 2 ou 3 fois par année maximum. En fait, je ne crois pas que le terme "ami" soit encore adéquat puisqu'il ne me donne pratiquement jamais de ses nouvelles et qu'il a le don de me servir des répliques qui me mettent en tabarnac, même si on ne se voit que rarement. Toujours est-il que je l'ai récemment contacté pour lui proposer de m'accompagner pour aller voir le film de U2 en 3D au Imax, sachant qu'il est un grand fan du groupe. En plus de faire l'effort de le contacter et de lui offrir une activité dans ses cordes, j'ai pris de ses nouvelles et je lui en ai donné des miennes (notamment au sujet de ma descendance à venir). Il m'a réécrit un petit email de 2 lignes qui commençait par:

"Bien oui, la blonde qui est enceinte... ctu toi le père? lol"

En plus d'être la réplique la plus "je m'en calisse" que j'ai reçue jusqu'à maintenant, c'est joint à un osti de LOL.

mercredi 1 avril 2009

Saigner du cerveau

Hier, pour la première fois de ma vie, je voyais un médecin embarrassé. J'ai trouvé ça pas mal le fun...

Le médecin avait été convoqué pour nous expliquer un peu plus son projet de recherche qui visait à administrer à des gens souffrant d'un trouble mineur, un médicament ayant causé - dans d'autres études -la slérose en plaques et même la démence.

Le médecin pédalait devant nous et on voyait qu'il ne savait pas trop quoi dire pour justifier l'utilisation d'un traitement aussi radical pour un si léger problème. Il n'a jamais avoué que son projet était trop drastique parce que, bien entendu, un aveu de réflexion insuffisante l'aurait fait mal paraitre et y'a probablement pas un médecin sur terre qui aime mal paraitre. En plus, si son projet était refusé, ça lui coupait des subventions et de l'attention. Bref, pour une rare calisse de fois dans ma vie, j'étais face à un médecin qui n'avait pas le gros bout du bâton. C'était ben, ben, ben le fun. Ça a compensé pour toutes les fois où je me suis retrouvé devant un médecin arrogant qui n'avait pas le goût de m'entendre parler parce qu'il préférait sans doute passer à un autre patient au plus sacrant pour facturer le plus possible. Et ça me faisait prendre conscience que les projets de recherche auxquels on participe peuvent être risqués s'ils ne sont pas révisés attentivement.

On a aussi examiné des études à venir à propos de médicaments administrés à des cancéreux. Ce qui était spectaculaire, c'est que les médicaments pouvaient causer des saignements au cerveau. Bien entendu, quand on est en route vers la phase terminale, on peut se permettre de saigner du cerveau. Mais je n'avais encore jamais vu ce type d'effets secondaires. Ça fait changement de la bonne vieille somnolence.

Tout ça s'est déroulé dans le cadre de ma première réunion à titre de membre du comité d'éthique de l'hôpital où travaille maman.

C'était tantôt très intéressant, tantôt endormant et confus. J'étais autour d'une table qui rassemblait des médecins gagnant au moins 350 000$ par année, une spécialiste en droit des personnes, une spécialiste de l'éthique, une pharmacienne, etc. Comme mon avis au sujet des formulaires de consentement comptait autant que les autres, ça m'a donné l'occasion de me sentir presque l'égal d'un médecin, sentiment rarement vécu par le commun des mortels.

J'étais assurément la personne la moins importante autour de la table, si on exclut la grosse madame (issue de la population comme moi) qui ne faisait qu'aquiescer lorsque quelqu'un émettait un commentaire. Elle avait surligné un paquet de lignes sans importance dans les documents, sans doute dans le seul but d'avoir l'air de s'être préparée à la rencontre. J'ai vu clair dans ton jeu grosse madame, tu ne fais partie du comité que pour être connectée avec des médecins!

Mais, dans le fond, elle n'a pas tort. C'est le fun d'être connecté sur l'élite de la société. Qui sait, si jamais le besoin d'une greffe de coeur se fait sentir, j'aurai peut-être un passe-droit pour avoir le meilleur organe disponible sur le marché? C'est pas parce que les médecins sont généralement prétentieux et hautains qu'ils ne sont pas utiles.