Aux nouvelles de 18h aujourd'hui, on voyait l'adolescente de Québec âgée de 16 ans qui a décidé d'aller faire un tour de banquise sur le fleuve la semaine dernière. À la télé, on voyait la fille assise sur un morceau de glace à la dérive au milieu du fleuve. Ayoye, méchante image! On aurait dit une version hivernale et féminine du Petit Prince, tout seul sur sa planète...
Au moment où les policiers (ou un quelconque autre service d'intervention) se sont approchés d'elle en bateau, la fille s'est carrément sacrée dans le fleuve, au milieu des morceaux de glace. Les secours ont tout de même réussi à la rattraper et à la sauver...
Ça fesse de voir ça, c'est complètement capoté.
Moi, je suis incapable de qualifier ce genre de geste. Je suis incapable d'éprouver une grande compassion pour ces gens là, mais je suis aussi incapable de les qualifier de "loosers". Il me manque un trop gros morceau de leur histoire personnelle pour m'avancer. Je me rends toutefois compte que les gens qui ont vécu une dépression ou qui ont des proches qui se sont suicidés sont beaucoup plus portés à prendre en pitié ces gens-là. C'est comme pour tout le reste de l'existence: pour bien comprendre quelque chose, il faut être passé par là...
Mais pourquoi est-ce qu'on détient le record des suicides au Québec? C'est en voyant l'adolescente sur sa banquise que je me suis dit que la réponse était possiblement dans l'image. La température. Il fait tellement frette ici et les gens sont tellement pognés longtemps en dedans de chez eux (d'octobre à avril, soit la moitié de l'année) qu'ils entretiennent leurs bibittes. Pourtant, tout le monde qui sort faire une marche peut réaliser facilement que ça fait du bien de respirer de l'air pur, une fois de temps en temps.
Bien que mon prof d'éducation physique du cégep ait passé son temps à cruiser les étudiantes qui avaient 25 ans de moins que lui, il a tout de même eu le mérite d'émettre une réflexion qui me semblait très juste: regardez les athlètes, y'en a pas un qui est déprimé là-dedans.
Bon ok, je ne connais pas vraiment d'athlète. Mais après une partie de hockey cosom où un 20 minutes de jogging, j'ai rarement le goût de me lancer dans une dépression. Certains diront que la dépression est une maladie mentale et qu'on ne peut rien y faire. Ok, peut-être, j'en ai aucune idée à vrai dire. Mais, à ce compte là, je peux pas croire que tous ceux qui essaient de se suicider sont dépressifs. Je suis persuadé qu'il y en a une bonne gang qui sont déprimés ou désespérés, et ça, c'est pas nécessairement causé par une hormone dans le cerveau.
J'allais conclure ce texte en disant que, pour être aussi désespérée, la fille sur le fleuve ne devait pas jouer à la ringuette. Mais finalement, je me suis dit qu'elle avait peut-être été violée par son père, peut-être qu'elle s'était fait avorter, peut-être qu'elle se faisait harceler à l'école... Et ce n'est pas le fait de jouer à la ringuette qui arrange ce genre de choses.
Finalement, le problème est trop complexe pour que je me prononce.
Maudit que c'est plate de vieillir. On n'est plus capable d'émettre une bonne vieille opinion tranchée sans faire de nuances...
lundi 30 mars 2009
jeudi 26 mars 2009
Choisir un prénom
Choisir un prénom pour son futur héritier n'est pas chose facile. Si on a en horreur les prénoms masculins les plus populaires (qui sont manifestement issus de téléséries américaines), il ne reste pas beaucoup de choix au goût du jour. D'ailleurs, un bon nombre de prénoms masculins à la mode me répugnent et me font présager un petit-criss: William, Brandon, Dylan, Christopher, etc.
Après avoir écarté les noms qui nous dégoûtent, il faut essayer d'en trouver un qui nous plaît assez pour qu'on ait le goût de prononcer ce nom à tous les jours, pour le reste de notre vie. Et il faut finalement que ça coïncide avec les goûts de notre amoureux/se qui n'a pas nécessairement les mêmes préférences que nous.
Ça fait en sorte qu'au final, on n'a pas vraiment l'embarras du choix.
Je me suis rendu compte que, parmi les prénoms les plus populaires recensés sur le site de la RRQ, je n'aimais à peu près aucun prénom de gars mais que plusieurs prénoms de filles me plaisaient. Raison de plus pour souhaiter avoir une fille...
Par contre, mon poupon, si dans quelques années tu lis ceci, sache que je t'aimerai même si tu es muni d'un petit moineau. C'est juste que, mentalement, je me suis fait à l'idée d'une petite fille avec des lulus.
Sur les 100 prénoms les plus populaires, voici en date d'aujourd'hui, ceux que j'aime le plus. Ça pourrait changer. De toute façon, ce n'est qu'à la mi-mai qu'on saura dans quelle catégorie piger. D'ici là, une lente mais sérieuse négociation devra se dérouler avec la maman.
Fille:
Léa
Rosalie
Florence
Gabrielle
Sarah
Coralie
Noémie
Chloé
Ariane
Frédérique
Rose
Marianne
Zoé
Élodie
Garçon:
Olivier
Félix
Charles
Philippe
Après avoir écarté les noms qui nous dégoûtent, il faut essayer d'en trouver un qui nous plaît assez pour qu'on ait le goût de prononcer ce nom à tous les jours, pour le reste de notre vie. Et il faut finalement que ça coïncide avec les goûts de notre amoureux/se qui n'a pas nécessairement les mêmes préférences que nous.
Ça fait en sorte qu'au final, on n'a pas vraiment l'embarras du choix.
Je me suis rendu compte que, parmi les prénoms les plus populaires recensés sur le site de la RRQ, je n'aimais à peu près aucun prénom de gars mais que plusieurs prénoms de filles me plaisaient. Raison de plus pour souhaiter avoir une fille...
Par contre, mon poupon, si dans quelques années tu lis ceci, sache que je t'aimerai même si tu es muni d'un petit moineau. C'est juste que, mentalement, je me suis fait à l'idée d'une petite fille avec des lulus.
Sur les 100 prénoms les plus populaires, voici en date d'aujourd'hui, ceux que j'aime le plus. Ça pourrait changer. De toute façon, ce n'est qu'à la mi-mai qu'on saura dans quelle catégorie piger. D'ici là, une lente mais sérieuse négociation devra se dérouler avec la maman.
Fille:
Léa
Rosalie
Florence
Gabrielle
Sarah
Coralie
Noémie
Chloé
Ariane
Frédérique
Rose
Marianne
Zoé
Élodie
Garçon:
Olivier
Félix
Charles
Philippe
mercredi 25 mars 2009
Mon top 2 des meilleures morts possibles
La plupart des gens meurent du cancer ou d'une crise cardiaque. L'étendue des possibilités de décès est assez mince dans notre monde occidental où les grandes épidémies sont disparues depuis longtemps (on attend toujours la grippe aviaire).
Et ceux qui veulent que la décision de s'en aller relève d'eux-mêmes choisissent de se suicider.
Mais tout ça, c'est assez banal. Il n'y a pas de grand effort intellectuel derrière le suicide et beaucoup de passivité derrière l'attente d'un cancer. Mourir de façon banale, je trouve ça plate. Parce que la plupart des gens naissent de façon banale, vivent de façon banale et meurent de façon banale. On pourrait pas chercher à se démarquer un peu à quelque part là-dedans?
J'ai pensé à tout ça et je me suis dit qu'il existait sans doute quelques façons de mourir qui n'étaient pas trop salissantes et pas trop traumatisantes ou déprimantes pour l'entourage (parce que mourir, c'est surtout triste pour ceux qui restent). Malheureusement, ces méthodes sont hors de notre contrôle et beaucoup moins probables que l'apparition d'un cancer.
Il est tout de même permis d'espérer.
1-L'aspiration par un trou noir. En Europe, un accélérateur de particules géant a été activé récemment. Plusieurs craignent que l'accélérateur ne produise un ou des trous noirs qui avaleront ensuite toute la planète. Je ne connais pas assez la physique pour me prononcer sur les probabilités que ça survienne mais ça serait sûrement spectaculaire (et malheureusement trop instantané pour qu'on s'en rende compte) que toute la matière terrestre soit aspirée en quelques secondes. Belle ironie pour l'Humanité qui se détruirait au moment même où la récupération et le recyclage commencaient à prendre de l'ampleur.
2-La combustion spontanée: Cette façon de mourir est tout-à-fait originale et quiconque passe par là mérite le respect. Selon Wikipédia, il n'y a pas plus d'une dizaine de cas d'auto-combustion qui ont été recensés jusqu'à maintenant. Bien que ce doit être un peu paniquant de se sentir fondre sans raison, il n'en demeure pas moins qu'on n'a pas le temps de broyer du noir en se disant qu'on va avoir à subir des traitements de chimio-thérapie dans les prochains mois, voir sa famille atterrée, savoir que notre cancer risque fort de se propager tranquillement, être pogné dans un hôpital où ça pue, etc. Je suis certain que le deuil est très différent pour les proches dans un cas d'auto-combustion. En fait, je n'imagine pas une famille en pleurs suite à l'auto-combustion d'un des leurs. J'imagine pas mal juste une famille complètement estomaquée qui ne comprend rien à ce qui s'est passé. Le deuil ne doit pas être si pire dans ce temps là. C'est donc une mort souhaitable pour tout le monde, en autant que la combustion spontanée s'effectue rapidement et sans douleur importante.
Et ceux qui veulent que la décision de s'en aller relève d'eux-mêmes choisissent de se suicider.
Mais tout ça, c'est assez banal. Il n'y a pas de grand effort intellectuel derrière le suicide et beaucoup de passivité derrière l'attente d'un cancer. Mourir de façon banale, je trouve ça plate. Parce que la plupart des gens naissent de façon banale, vivent de façon banale et meurent de façon banale. On pourrait pas chercher à se démarquer un peu à quelque part là-dedans?
J'ai pensé à tout ça et je me suis dit qu'il existait sans doute quelques façons de mourir qui n'étaient pas trop salissantes et pas trop traumatisantes ou déprimantes pour l'entourage (parce que mourir, c'est surtout triste pour ceux qui restent). Malheureusement, ces méthodes sont hors de notre contrôle et beaucoup moins probables que l'apparition d'un cancer.
Il est tout de même permis d'espérer.
1-L'aspiration par un trou noir. En Europe, un accélérateur de particules géant a été activé récemment. Plusieurs craignent que l'accélérateur ne produise un ou des trous noirs qui avaleront ensuite toute la planète. Je ne connais pas assez la physique pour me prononcer sur les probabilités que ça survienne mais ça serait sûrement spectaculaire (et malheureusement trop instantané pour qu'on s'en rende compte) que toute la matière terrestre soit aspirée en quelques secondes. Belle ironie pour l'Humanité qui se détruirait au moment même où la récupération et le recyclage commencaient à prendre de l'ampleur.
2-La combustion spontanée: Cette façon de mourir est tout-à-fait originale et quiconque passe par là mérite le respect. Selon Wikipédia, il n'y a pas plus d'une dizaine de cas d'auto-combustion qui ont été recensés jusqu'à maintenant. Bien que ce doit être un peu paniquant de se sentir fondre sans raison, il n'en demeure pas moins qu'on n'a pas le temps de broyer du noir en se disant qu'on va avoir à subir des traitements de chimio-thérapie dans les prochains mois, voir sa famille atterrée, savoir que notre cancer risque fort de se propager tranquillement, être pogné dans un hôpital où ça pue, etc. Je suis certain que le deuil est très différent pour les proches dans un cas d'auto-combustion. En fait, je n'imagine pas une famille en pleurs suite à l'auto-combustion d'un des leurs. J'imagine pas mal juste une famille complètement estomaquée qui ne comprend rien à ce qui s'est passé. Le deuil ne doit pas être si pire dans ce temps là. C'est donc une mort souhaitable pour tout le monde, en autant que la combustion spontanée s'effectue rapidement et sans douleur importante.
lundi 23 mars 2009
Les blind dates (de tout type) par Internet
Depuis que j'ai rompu le contact avec Sébastien, je me cherche un musicien de substitution avec qui je pourrais aller jouer dans les rues de Québec l'été prochain. Sinon, un gars simplement sympathique avec qui ce serait amusant de "jammer" à l'occasion pourrait faire l'affaire.
Je surveille donc les petites annonces et essaie d'entrer en contact avec ceux qui semblent intéressants et sympathiques.
Les musiciens sont des gens généralement bizarres. Soit ils se prennent pour la relève non encore révélée (en mentionnant dans leur annonce qu'ils vont faire passer une audition, comme si la décision de jouer avec eux ne relevait que d'eux), soit ils n'ont aucun objectif particulier et pas vraiment de disponibilités pour voir un autre musicien.
Ainsi, sur les petites annonces, j'écarte ceux qui ont l'air de jouer un peu trop aux élitistes et ceux qui ne semblent avoir laissé une annonce que pour passer le temps. Une fois ces styles écartés, il ne reste plus grand chose. Malgré ma tentative d'épuration, je me retrouve bien souvent avec des gens qui écrivent comme des décrocheurs qui travaillent dans une shop de coupage de têtes de poules depuis l'âge de 15 ans. Ça donne des emails comme ceux-là:
"je chante pas vraiment, mais je fais des back vocals,, que tu sois bassiste s'est bien car on serais probablement 2 guit, plus toi, l'autre guitariste se prénome christian, on doit se jaser ce soir, ausitot que jai des news,, je te tien au courant,, au pire aller je peux chanter ,,ou du moins essayer,, si ca passe ok,, au pire on trouvera quelqu'un,,, juste au hasard ??? toi,,,chantes tu un peu ??? dis moi quand on peux se voir pour planifier ca , salut pat a plus "
Même si le gars a l'air chaleureux en m'appelant déjà "Pat", je ne suis pas capable d'aller plus loin dans ma relation avec lui. Comment est-ce que je pourrais avoir le désir de connaître un gars de 40 ans qui met 3 virgules entre ses mots?
En fait, j'ai récemment pris conscience qu'après les filles issues des sites de rencontre, ce sont les musiciens qui représentent la catégorie d'êtres humains que j'ai rencontrés en le plus grand nombre au cours de ma vie. Depuis le milieu des années 90, j'ai dû faire la connaissance d'au moins une cinquantaine de musiciens différents. Parmi ceux-ci, je n'en ai revu (à une reprise ou plus) que 3 ou 4.
Le dernier avec qui le contact a duré plus qu'une soirée était un gars assez sympathique mais ayant une forte odeur corporelle (un genre d'odeur de boules à mites). De plus, malgré ses 31 ou 32 ans, il disait vouloir retourner aux études pour un DEP et ne savait pas s'il allait avoir la tête à rejouer de la musique avec moi. La question que je me suis posé à ce moment là a été : "Pourquoi t'as pris la peine de me rencontrer deux fois osti de cave?" On pourrait émettre l'hypothèse qu'il ne m'a pas aimé, mais on s'est quand même rencontrés à deux reprises et on aimait pas mal le même genre de musique. J'ai rencontré assez de musiciens pas branchés (unplugged) pour considérer que celui-là en était un autre qui n'avait aucune idée d'où il voulait s'en aller et que la panique l'a pris devant l'idée d'avoir un plan de match précis pour le futur.
Il m'a même dit qu'il avait laissé tomber ses rêves d'adolescent de devenir une vedette de la musique. Et que lorsqu'il regardait ce qui s'était passé avec les Beatles, il ne voulait pas vivre la même chose en étant épié continuellement par des fans obsédés.
Quessé ça? Est-ce qu'on avait vraiment le potentiel de devenir les prochains Beatles lui et moi?
En plus, lorsque je lui ai fait écouter quelques tounes sur mon ordinateur, il m'a demandé si cette musique avait été téléchargée légalement. Tu parles d'une ostie de question de Gendarmerie Royale du Canada!?!
Malgré toutes ces expériences et déceptions ne m'ayant mené à rien, je garde espoir et continue de chercher des musiciens, lors de certains moments d'espoir (ou d'ennui). Parce que c'est vraiment le fun de jouer avec un autre musicien qui nous complète et que c'est le passe-temps qui me donne le plus l'impression d'être en vie et/ou de mettre de la vie autour de moi.
Mais le fait est que de trouver quelqu'un qui nous complète dans la vie amoureuse ou dans la musique, c'est vraiment pas évident. Presque tous les blind dates sont voués à l'échec, parce que dès qu'on rencontre un(e) inconnu(e) en ayant un objectif précis ou un but intéressé, ça implique des attentes.
Mes blind dates amoureux et musicaux ont eu à peu près le même très faible taux de succès.
Je surveille donc les petites annonces et essaie d'entrer en contact avec ceux qui semblent intéressants et sympathiques.
Les musiciens sont des gens généralement bizarres. Soit ils se prennent pour la relève non encore révélée (en mentionnant dans leur annonce qu'ils vont faire passer une audition, comme si la décision de jouer avec eux ne relevait que d'eux), soit ils n'ont aucun objectif particulier et pas vraiment de disponibilités pour voir un autre musicien.
Ainsi, sur les petites annonces, j'écarte ceux qui ont l'air de jouer un peu trop aux élitistes et ceux qui ne semblent avoir laissé une annonce que pour passer le temps. Une fois ces styles écartés, il ne reste plus grand chose. Malgré ma tentative d'épuration, je me retrouve bien souvent avec des gens qui écrivent comme des décrocheurs qui travaillent dans une shop de coupage de têtes de poules depuis l'âge de 15 ans. Ça donne des emails comme ceux-là:
"je chante pas vraiment, mais je fais des back vocals,, que tu sois bassiste s'est bien car on serais probablement 2 guit, plus toi, l'autre guitariste se prénome christian, on doit se jaser ce soir, ausitot que jai des news,, je te tien au courant,, au pire aller je peux chanter ,,ou du moins essayer,, si ca passe ok,, au pire on trouvera quelqu'un,,, juste au hasard ??? toi,,,chantes tu un peu ??? dis moi quand on peux se voir pour planifier ca , salut pat a plus "
Même si le gars a l'air chaleureux en m'appelant déjà "Pat", je ne suis pas capable d'aller plus loin dans ma relation avec lui. Comment est-ce que je pourrais avoir le désir de connaître un gars de 40 ans qui met 3 virgules entre ses mots?
En fait, j'ai récemment pris conscience qu'après les filles issues des sites de rencontre, ce sont les musiciens qui représentent la catégorie d'êtres humains que j'ai rencontrés en le plus grand nombre au cours de ma vie. Depuis le milieu des années 90, j'ai dû faire la connaissance d'au moins une cinquantaine de musiciens différents. Parmi ceux-ci, je n'en ai revu (à une reprise ou plus) que 3 ou 4.
Le dernier avec qui le contact a duré plus qu'une soirée était un gars assez sympathique mais ayant une forte odeur corporelle (un genre d'odeur de boules à mites). De plus, malgré ses 31 ou 32 ans, il disait vouloir retourner aux études pour un DEP et ne savait pas s'il allait avoir la tête à rejouer de la musique avec moi. La question que je me suis posé à ce moment là a été : "Pourquoi t'as pris la peine de me rencontrer deux fois osti de cave?" On pourrait émettre l'hypothèse qu'il ne m'a pas aimé, mais on s'est quand même rencontrés à deux reprises et on aimait pas mal le même genre de musique. J'ai rencontré assez de musiciens pas branchés (unplugged) pour considérer que celui-là en était un autre qui n'avait aucune idée d'où il voulait s'en aller et que la panique l'a pris devant l'idée d'avoir un plan de match précis pour le futur.
Il m'a même dit qu'il avait laissé tomber ses rêves d'adolescent de devenir une vedette de la musique. Et que lorsqu'il regardait ce qui s'était passé avec les Beatles, il ne voulait pas vivre la même chose en étant épié continuellement par des fans obsédés.
Quessé ça? Est-ce qu'on avait vraiment le potentiel de devenir les prochains Beatles lui et moi?
En plus, lorsque je lui ai fait écouter quelques tounes sur mon ordinateur, il m'a demandé si cette musique avait été téléchargée légalement. Tu parles d'une ostie de question de Gendarmerie Royale du Canada!?!
Malgré toutes ces expériences et déceptions ne m'ayant mené à rien, je garde espoir et continue de chercher des musiciens, lors de certains moments d'espoir (ou d'ennui). Parce que c'est vraiment le fun de jouer avec un autre musicien qui nous complète et que c'est le passe-temps qui me donne le plus l'impression d'être en vie et/ou de mettre de la vie autour de moi.
Mais le fait est que de trouver quelqu'un qui nous complète dans la vie amoureuse ou dans la musique, c'est vraiment pas évident. Presque tous les blind dates sont voués à l'échec, parce que dès qu'on rencontre un(e) inconnu(e) en ayant un objectif précis ou un but intéressé, ça implique des attentes.
Mes blind dates amoureux et musicaux ont eu à peu près le même très faible taux de succès.
mercredi 18 mars 2009
380$ plus tard
Vendredi le 13 mars, c'était le premier examen de suivi de grossesse. On a appris à ce moment là qu'il fallait à tout prix passer un test de détection de la trisomie (et autres maladies ou déformations, mais je ne me suis pas trop renseigné, contrairement à mes habitudes) dans le courant de la 12ème semaine, soit la semaine qui débutait avant-hier.
On avait le choix entre un test gratuit fiable à 60% et un test fiable à 90% dont le coût était de... 380$.
Mettons que, vendredi dernier, on est un peu bousculés par cette nécessité de dernière minute. On y pense à peu près 10 minutes et on décide finalement de prendre l'examen à 380$. C'est cher, mais pour toute une vie en santé, on ne pourrait pas qualifier ça de dépense inutile.
Le rendez-vous est pris pour ce mercredi 18 mars. Entre-temps, j'appelle mes assurances pour savoir si ces frais sont remboursables. Selon le guide remis par l'assureur, c'est remboursable, mais la question est de savoir si le père peut réclamer ces frais. Comme Aimepé n'est pas couverte par une assurance privée, il n'y a que moi qui peut réclamer ces frais.
J'appelle chez mon assureur et j'attends un bon 10 minutes avant de parler à une représentante. Elle semble dire que les frais ne sont remboursables que si la mère est couverte. Je demande plus de détails parce que je ne me ferai pas refuser 200$ de remboursement en 5 secondes certain. On me transfère à une autre personne supposément plus calée en la matière.
Je me ramasse avec une ostie de greluche qui me chique de la gomme dans l'acoustique et qui a un petit ton borderline baveux. Je lui demande plus d'informations et elle me dit elle aussi que ces frais doivent être réclamés par la mère. Quand je lui demande "où c'est écrit ça?" elle me répond quelque chose du genre: "C'est comme ça.". Ah ben tabarnac.
Évidemment, les ostis d'assurance, c'est là pour des prothèses capillaires en cas de calvitie. Mais quand c'est le temps de payer pour des vraies dépenses pour des choses utiles, ça trouve le moyen de se dissocier. Je payerai 700 ou 800$ en primes d'assurances en 2009 pis sacrament, j'aurai aucun retour sur ma contribution, si je comprends bien. À moins de perdre mes cheveux ou bien d'avoir un accident qui m'amochera assez pour que je perde toutes mes dents (mais que je reste en vie). Ben oui, les frais de dentiste suite à un accident sont couverts, mais on s'entend tu que c'est le genre d'affaire qui arrive à une personne sur 50 000, tabarnac?
*** Bout plus serein ***
Enfin, que les frais soient remboursés ou non, nous sommes allés à la clinique ce matin. On a vu poupon avec ses petits bras et ses petites jambes. Il a grouillé un peu. Sibole que c'est spécial. Mes minuscules spermatozoides se sont transformés en petite créature qui bouge toute seule. Le médecin a pris quelques mesures électroniques pour s'assurer que ce ne serait pas un triso-poupon. On n'a aucun verdict pour le moment, mais je ne suis pas particulièrement craintif. On a aussi payé un supplément pour une échographie 4D dans quelques mois. La question que je me pose est de savoir ce qu'est la quatrième dimension? Certains scientifiques ont émis l'hypothèse que le temps était une dimension dans le domaine de la physique. Dans ce cas-ci, je dirais par contre que la quatrième dimension est l'argent.
On avait le choix entre un test gratuit fiable à 60% et un test fiable à 90% dont le coût était de... 380$.
Mettons que, vendredi dernier, on est un peu bousculés par cette nécessité de dernière minute. On y pense à peu près 10 minutes et on décide finalement de prendre l'examen à 380$. C'est cher, mais pour toute une vie en santé, on ne pourrait pas qualifier ça de dépense inutile.
Le rendez-vous est pris pour ce mercredi 18 mars. Entre-temps, j'appelle mes assurances pour savoir si ces frais sont remboursables. Selon le guide remis par l'assureur, c'est remboursable, mais la question est de savoir si le père peut réclamer ces frais. Comme Aimepé n'est pas couverte par une assurance privée, il n'y a que moi qui peut réclamer ces frais.
J'appelle chez mon assureur et j'attends un bon 10 minutes avant de parler à une représentante. Elle semble dire que les frais ne sont remboursables que si la mère est couverte. Je demande plus de détails parce que je ne me ferai pas refuser 200$ de remboursement en 5 secondes certain. On me transfère à une autre personne supposément plus calée en la matière.
Je me ramasse avec une ostie de greluche qui me chique de la gomme dans l'acoustique et qui a un petit ton borderline baveux. Je lui demande plus d'informations et elle me dit elle aussi que ces frais doivent être réclamés par la mère. Quand je lui demande "où c'est écrit ça?" elle me répond quelque chose du genre: "C'est comme ça.". Ah ben tabarnac.
Évidemment, les ostis d'assurance, c'est là pour des prothèses capillaires en cas de calvitie. Mais quand c'est le temps de payer pour des vraies dépenses pour des choses utiles, ça trouve le moyen de se dissocier. Je payerai 700 ou 800$ en primes d'assurances en 2009 pis sacrament, j'aurai aucun retour sur ma contribution, si je comprends bien. À moins de perdre mes cheveux ou bien d'avoir un accident qui m'amochera assez pour que je perde toutes mes dents (mais que je reste en vie). Ben oui, les frais de dentiste suite à un accident sont couverts, mais on s'entend tu que c'est le genre d'affaire qui arrive à une personne sur 50 000, tabarnac?
*** Bout plus serein ***
Enfin, que les frais soient remboursés ou non, nous sommes allés à la clinique ce matin. On a vu poupon avec ses petits bras et ses petites jambes. Il a grouillé un peu. Sibole que c'est spécial. Mes minuscules spermatozoides se sont transformés en petite créature qui bouge toute seule. Le médecin a pris quelques mesures électroniques pour s'assurer que ce ne serait pas un triso-poupon. On n'a aucun verdict pour le moment, mais je ne suis pas particulièrement craintif. On a aussi payé un supplément pour une échographie 4D dans quelques mois. La question que je me pose est de savoir ce qu'est la quatrième dimension? Certains scientifiques ont émis l'hypothèse que le temps était une dimension dans le domaine de la physique. Dans ce cas-ci, je dirais par contre que la quatrième dimension est l'argent.
lundi 16 mars 2009
Mes 30 ans
Dans deux mois, j'aurai 30 ans. Et, en cette journée de mon anniversaire, je sortirai de l'avion en début de soirée pour m'en aller dormir à Las Vegas.
Aimepé et moi, on a décidé de nous acheter un billet pour nous rendre là-bas dans le but de souligner nos anniversaires respectifs et changer d'air après un hiver canadien déprimant.
Las Vegas, ça ne m'a jamais vraiment attiré. Je ne suis pas vraiment un gars urbain (à l'exception de New-York que j'ai beaucoup aimé visiter). Trop de gens, trop de bruit, ça me donne mal à la tête et ça m'énerve. J'aime beaucoup plus me promener tout seul dans un endroit tranquille pour réfléchir à ma place dans le cosmos ou encore pour ne penser à rien du tout. Bizarre, parce que je suis convaincu que j'éprouve une angoisse plus ou moins consciente par rapport au fait que nous sommes tous seuls et qu'il n'y a pratiquement rien de durable dans la vie. Et malgré tout, je suis bien dans ce qui m'angoisse, soit la solitude. Il doit y avoir une explication à laquelle je ne suis pas encore arrivé.
Toujours est-il que je ne m'en vais pas là-bas pour Las Vegas à proprement parler. J'y vais pour les alentours: le Grand Canyon et son skywalk, la Vallée de la Mort, Joshua Tree, Bryce Canyon, etc...

Je ne vois pas ce qui est plus spectaculaire à regarder qu'un immense canyon ou qu'un paysage travaillé par des millénaires d'érosion. L'architecture d'une ville n'est d'aucun intérêt pour moi si on la compare à ce genre de paysages.

Ce qui est merveilleux dans ce voyage, c'est le coût. Pour moins de 600$ chacun, on aura droit à un vol aller-retour et l'hébergement dans un hôtel assez luxueux. Le reste des dépenses m'apparait assez raisonnable (une auto louée coûte environ 40$ par jour).
Fort économique. Et enfin du sable à perte de vue après un hiver avec de la neige à perte de vue...
Aimepé et moi, on a décidé de nous acheter un billet pour nous rendre là-bas dans le but de souligner nos anniversaires respectifs et changer d'air après un hiver canadien déprimant.
Las Vegas, ça ne m'a jamais vraiment attiré. Je ne suis pas vraiment un gars urbain (à l'exception de New-York que j'ai beaucoup aimé visiter). Trop de gens, trop de bruit, ça me donne mal à la tête et ça m'énerve. J'aime beaucoup plus me promener tout seul dans un endroit tranquille pour réfléchir à ma place dans le cosmos ou encore pour ne penser à rien du tout. Bizarre, parce que je suis convaincu que j'éprouve une angoisse plus ou moins consciente par rapport au fait que nous sommes tous seuls et qu'il n'y a pratiquement rien de durable dans la vie. Et malgré tout, je suis bien dans ce qui m'angoisse, soit la solitude. Il doit y avoir une explication à laquelle je ne suis pas encore arrivé.
Toujours est-il que je ne m'en vais pas là-bas pour Las Vegas à proprement parler. J'y vais pour les alentours: le Grand Canyon et son skywalk, la Vallée de la Mort, Joshua Tree, Bryce Canyon, etc...

Je ne vois pas ce qui est plus spectaculaire à regarder qu'un immense canyon ou qu'un paysage travaillé par des millénaires d'érosion. L'architecture d'une ville n'est d'aucun intérêt pour moi si on la compare à ce genre de paysages.

Ce qui est merveilleux dans ce voyage, c'est le coût. Pour moins de 600$ chacun, on aura droit à un vol aller-retour et l'hébergement dans un hôtel assez luxueux. Le reste des dépenses m'apparait assez raisonnable (une auto louée coûte environ 40$ par jour).
Fort économique. Et enfin du sable à perte de vue après un hiver avec de la neige à perte de vue...
samedi 14 mars 2009
Les problèmes de Dédé Fortin
Lorsque Dédé Fortin s'est suicidé en mai 2000, j'avais lu quelques articles dans les journaux au sujet de son geste. Un chroniqueur du Soleil (J-Jacques Samson?) disait que ce n'était qu'un grand adolescent qui avait peur de vieillir et que tout ce qu'il avait trouvé à faire pour "esquiver" le problème, c'était de se suicider.
Je me rappelle avoir lu dans le courrier des lecteurs qu'on reprochait à André Arthur d'avoir pissé sur la dépouille encore chaude de Dédé Fortin. Je sais qu'Arthur avait qualifié Dédé Fortin de "pot head", mais pour le reste, je ne connais pas trop la teneur de ses propos.
Il y avait aussi les avis de ceux qui prenaient Dédé Fortin en pitié et qui en faisaient déjà une légende. Parce qu'évidemment, quand on meurt, on devient un génie, un être brillant mais incompris. Je ne sais pas si c'était au verso du livre écrit suite à son suicide, mais j'ai vu à quelque part qu'on le qualifiait de "géant". Dédé Fortin un géant???
Pour ma part, je pense que je n'en avais pas grand chose à branler de Dédé Fortin. Sa musique et ses paroles étaient correctes mais je n'ai jamais trippé sur les Colocs. Encore aujourd'hui, ce n'est qu'en comparant ce que les Colocs ont fait avec la merde québécoise habituelle que je trouve leurs chansons intéressantes. Malgré tout, Dédé Fortin n'écrivait pas des paroles stupides comme à peu près tout ce qu'on entend à la radio. Ça ne veut pas dire qu'il était un être sympathique et merveilleux. Et ça ne veut sûrement pas dire que c'était un "géant" non plus. Par contre, je pense qu'il était plus intelligent que l'artiste québécois moyen, ce qui n'est pas particulièrement difficile à battre.
Je suis allé voir le film sur Dédé Fortin hier. C'était un bon film. Par contre, à partir d'un moment, je me suis mis à être en osti. Parce que, dans le film, on présente quelques moments qui apparaissent comme les raisons principales du suicide de Dédé et ça me semble le type de problèmes au travers desquels n'importe qui passe au travers de son existence.
On voit tout d'abord à quel point la mort de Patrick Esposito dit Napoli, le joueur d'harmonica sidatique du groupe, en 1994, a traumatisé Dédé. On voit que la défaite du OUI au référendum de 1995 lui a aussi rentré dedans.
Ok, c'est ben plate tout ça (pour les souverainistes en tout cas), mais y'a rien là-dedans qui fait de Dédé un être maudit sur qui le Bon Dieu s'acharne. Tout le monde perd des amis. Peu en perdent à cause du SIDA, mais tout le monde en perd pour des raisons variables.
Et tout le monde qui vit jusqu'à un âge pas si avancé finit par perdre des êtres chers qui décèdent. Et tout le monde vit des déceptions dans sa vie. Moi, l'émancipation de la société québécoise qui souffre le martyr depuis des siècles sous l'oppression du Régime Britannique, je l'ai profondément loin dans le rectum. Mais je suis capable de transposer cette déception - que je n'ai jamais vécue - à d'autres niveaux de ma vie et je suis capable de comprendre la profonde déception de Dédé par rapport à un idéal.
Le gros morceau qui m'a mis en osti, c'est que Dédé avait l'air de se sentir bien seul vers la fin de sa vie. Il ne voulait pas vieillir (et probablement qu'il se disait qu'il n'aurait jamais de famille puisqu'il n'était pas capable d'aimer ou d'accorder une attention soutenue à quelqu'un toute sa vie). On voit que Dédé n'a pas pu s'empêcher de cocufier les blondes qu'il aimait pourtant (et qui semblaient plutôt belles et intelligentes). Dans un moment de lucidité, lorsqu'il se rendait compte qu'ils les avaient perdues pour de bon, ça lui rentrait dedans et il semblait complètement démoli. Bravo pour l'anticipation des conséquences de tes gestes...
Oui, j'étais un peu en criss parce que Dédé n'était finalement pas du tout à plaindre malgré le fait que plusieurs personnes qui verront le film lui dédieront probablement une prière. Il était à plaindre pour sa capacité à passer au travers des épreuves de la vie, mais pas pour les épreuves qu'il a traversé. Parce que ses problèmes n'étaient pas pires que ceux de n'importe qui.
Je me rappelle avoir lu dans le courrier des lecteurs qu'on reprochait à André Arthur d'avoir pissé sur la dépouille encore chaude de Dédé Fortin. Je sais qu'Arthur avait qualifié Dédé Fortin de "pot head", mais pour le reste, je ne connais pas trop la teneur de ses propos.
Il y avait aussi les avis de ceux qui prenaient Dédé Fortin en pitié et qui en faisaient déjà une légende. Parce qu'évidemment, quand on meurt, on devient un génie, un être brillant mais incompris. Je ne sais pas si c'était au verso du livre écrit suite à son suicide, mais j'ai vu à quelque part qu'on le qualifiait de "géant". Dédé Fortin un géant???
Pour ma part, je pense que je n'en avais pas grand chose à branler de Dédé Fortin. Sa musique et ses paroles étaient correctes mais je n'ai jamais trippé sur les Colocs. Encore aujourd'hui, ce n'est qu'en comparant ce que les Colocs ont fait avec la merde québécoise habituelle que je trouve leurs chansons intéressantes. Malgré tout, Dédé Fortin n'écrivait pas des paroles stupides comme à peu près tout ce qu'on entend à la radio. Ça ne veut pas dire qu'il était un être sympathique et merveilleux. Et ça ne veut sûrement pas dire que c'était un "géant" non plus. Par contre, je pense qu'il était plus intelligent que l'artiste québécois moyen, ce qui n'est pas particulièrement difficile à battre.
Je suis allé voir le film sur Dédé Fortin hier. C'était un bon film. Par contre, à partir d'un moment, je me suis mis à être en osti. Parce que, dans le film, on présente quelques moments qui apparaissent comme les raisons principales du suicide de Dédé et ça me semble le type de problèmes au travers desquels n'importe qui passe au travers de son existence.
On voit tout d'abord à quel point la mort de Patrick Esposito dit Napoli, le joueur d'harmonica sidatique du groupe, en 1994, a traumatisé Dédé. On voit que la défaite du OUI au référendum de 1995 lui a aussi rentré dedans.
Ok, c'est ben plate tout ça (pour les souverainistes en tout cas), mais y'a rien là-dedans qui fait de Dédé un être maudit sur qui le Bon Dieu s'acharne. Tout le monde perd des amis. Peu en perdent à cause du SIDA, mais tout le monde en perd pour des raisons variables.
Et tout le monde qui vit jusqu'à un âge pas si avancé finit par perdre des êtres chers qui décèdent. Et tout le monde vit des déceptions dans sa vie. Moi, l'émancipation de la société québécoise qui souffre le martyr depuis des siècles sous l'oppression du Régime Britannique, je l'ai profondément loin dans le rectum. Mais je suis capable de transposer cette déception - que je n'ai jamais vécue - à d'autres niveaux de ma vie et je suis capable de comprendre la profonde déception de Dédé par rapport à un idéal.
Le gros morceau qui m'a mis en osti, c'est que Dédé avait l'air de se sentir bien seul vers la fin de sa vie. Il ne voulait pas vieillir (et probablement qu'il se disait qu'il n'aurait jamais de famille puisqu'il n'était pas capable d'aimer ou d'accorder une attention soutenue à quelqu'un toute sa vie). On voit que Dédé n'a pas pu s'empêcher de cocufier les blondes qu'il aimait pourtant (et qui semblaient plutôt belles et intelligentes). Dans un moment de lucidité, lorsqu'il se rendait compte qu'ils les avaient perdues pour de bon, ça lui rentrait dedans et il semblait complètement démoli. Bravo pour l'anticipation des conséquences de tes gestes...
Oui, j'étais un peu en criss parce que Dédé n'était finalement pas du tout à plaindre malgré le fait que plusieurs personnes qui verront le film lui dédieront probablement une prière. Il était à plaindre pour sa capacité à passer au travers des épreuves de la vie, mais pas pour les épreuves qu'il a traversé. Parce que ses problèmes n'étaient pas pires que ceux de n'importe qui.
jeudi 12 mars 2009
Réflexion #4 par rapport au poupon
Mike Boy me disait que j'allais probablement devenir encore plus niaiseux avec un bébé. Je crois qu'il a raison. Après tout j'ai déjà emmené Thomas à Place Laurier pour poser sur le sol plusieurs de ces petits pétards qui explosent quand on marche dessus. Ça ne me surprendrait pas que je fasse le même genre de choses avec poupon.
Je ne sais pas si je vais devenir un être unidimensionnel qui ne parle que de la couleur des cacas de son bébé. Peut-être bien. Quand je suis allé à l'hopital, j'ai lu un pamphlet sur le mur qui présentait l'évolution de la couleur et la fréquence des cacas au fil des premières semaines de la vie du nouveau-né. J'ai trouvé ça intéressant.
Je ne sais pas si je vais devenir un être unidimensionnel qui ne parle que de la couleur des cacas de son bébé. Peut-être bien. Quand je suis allé à l'hopital, j'ai lu un pamphlet sur le mur qui présentait l'évolution de la couleur et la fréquence des cacas au fil des premières semaines de la vie du nouveau-né. J'ai trouvé ça intéressant.
Réflexion #3 par rapport au poupon
Pour Noël, Aimepé m'a donné un tambourine, instrument de percussion dont n'importe qui est capable de "jouer".
Je me suis dit que lorsque poupon aura un an ou deux, je pourrais l'emmener avec moi à Québec et lui donner l'instrument pour qu'il m'accompagne pendant que je joue de la guitare. Même si ce n'est pas particulièrement mélodieux, je suis sûr que ce sera payant.
Je me suis dit que lorsque poupon aura un an ou deux, je pourrais l'emmener avec moi à Québec et lui donner l'instrument pour qu'il m'accompagne pendant que je joue de la guitare. Même si ce n'est pas particulièrement mélodieux, je suis sûr que ce sera payant.
mercredi 11 mars 2009
Réflexion #2 par rapport au poupon
Au cours des années 80, j'ai été voisin et ami avec un petit garçon, de deux années mon cadet, qui s'appelait Maxime. C'était un petit gars avec les cheveux frisés, sympathique et relativement jovial. Je n'ai pas de souvenir précis quant à ce que nous faisions ensemble, mais je me rappelle qu'un jour, je lui avais dit que je n'avais jamais donné de coup de poing à personne et je me demandais quelle sensation ça procurait. Il s'était proposé pour que je lui en donne un dans le ventre. J'y avais été mollo mais je l'ai fait pareil, je crois.
Je l'ai perdu de vue à la fin des années 80, avec son déménagement. Je ne l'ai revu que 5 ou 6 fois par la suite, mais à chaque fois, il me semblait toujours être le même genre de garçon qu'il avait toujours été pendant nos années d'enfance.
Par une soirée de l'été 2007, ma mère m'appelait pour m'annoncer que les parents de Maxime l'avaient retrouvé pendu à leur retour de voyage. Ça m'a fessé d'apprendre ça, même si je ne l'avais pas vu depuis des années. Comment on peut rester indifférent au suicide d'un de nos premiers amis et qui est resté un petit gars, dans notre tête?
Je ne sais pas trop ce qui était en cause dans son suicide. Tout le monde vit des périodes noires et certains sont meilleurs que d'autres pour se persuader qu'il n'y a aucune issue. Je sais par contre que le père de Maxime était du type maniaco-dépressif, bipolaire ou quelque chose du genre.
Est-ce que c'était génétique? Possiblement. Si ça ne l'était pas, c'est à tout le moins "contagieux". Tout le monde sait que les valeurs des parents sont généralement transmises aux enfants. Ainsi, le fait d'avoir un modèle parental qui voit la vie en noir ou qui est d'humeur continuellement maussade peut assurément être aussi transmissible que les opinions politiques ou l'amour du sport. Bref, le fait de grandir dans une atmosphère lourde n'aide certainement pas un enfant à devenir jovial.
Depuis que je sais que je vais avoir un bébé, je pense à une foule de choses, comme l'histoire de Maxime. Je ne suis pas bipolaire ou dépressif, mais je sens déjà que j'ai la responsabilité d'être un bon modèle pour ne pas entrainer quelqu'un sur une pente "descendante". Étrangement, ma façon de voir la vie change déjà. Ça se fait tout seul, sans que je ne m'y efforce.
Tant que ça n'impliquait que moi ou des adultes de mon entourage, la vie pouvait n'être qu'un moment insignifiant dans un monde où tout le monde pouvait bien mourir à court terme.
Par contre, on ne fait pas des enfants pour qu'ils soient malheureux ou pour qu'ils se suicident. Je ne penserais donc pas emmener mon rejeton faire une promenade dans le cimetière afin de lui inculquer que, quoi qu'il accomplisse de sa vie, c'est là qu'il finira.
Je l'ai perdu de vue à la fin des années 80, avec son déménagement. Je ne l'ai revu que 5 ou 6 fois par la suite, mais à chaque fois, il me semblait toujours être le même genre de garçon qu'il avait toujours été pendant nos années d'enfance.
Par une soirée de l'été 2007, ma mère m'appelait pour m'annoncer que les parents de Maxime l'avaient retrouvé pendu à leur retour de voyage. Ça m'a fessé d'apprendre ça, même si je ne l'avais pas vu depuis des années. Comment on peut rester indifférent au suicide d'un de nos premiers amis et qui est resté un petit gars, dans notre tête?
Je ne sais pas trop ce qui était en cause dans son suicide. Tout le monde vit des périodes noires et certains sont meilleurs que d'autres pour se persuader qu'il n'y a aucune issue. Je sais par contre que le père de Maxime était du type maniaco-dépressif, bipolaire ou quelque chose du genre.
Est-ce que c'était génétique? Possiblement. Si ça ne l'était pas, c'est à tout le moins "contagieux". Tout le monde sait que les valeurs des parents sont généralement transmises aux enfants. Ainsi, le fait d'avoir un modèle parental qui voit la vie en noir ou qui est d'humeur continuellement maussade peut assurément être aussi transmissible que les opinions politiques ou l'amour du sport. Bref, le fait de grandir dans une atmosphère lourde n'aide certainement pas un enfant à devenir jovial.
Depuis que je sais que je vais avoir un bébé, je pense à une foule de choses, comme l'histoire de Maxime. Je ne suis pas bipolaire ou dépressif, mais je sens déjà que j'ai la responsabilité d'être un bon modèle pour ne pas entrainer quelqu'un sur une pente "descendante". Étrangement, ma façon de voir la vie change déjà. Ça se fait tout seul, sans que je ne m'y efforce.
Tant que ça n'impliquait que moi ou des adultes de mon entourage, la vie pouvait n'être qu'un moment insignifiant dans un monde où tout le monde pouvait bien mourir à court terme.
Par contre, on ne fait pas des enfants pour qu'ils soient malheureux ou pour qu'ils se suicident. Je ne penserais donc pas emmener mon rejeton faire une promenade dans le cimetière afin de lui inculquer que, quoi qu'il accomplisse de sa vie, c'est là qu'il finira.
Réflexion #1 par rapport au poupon
À la fin du mois de février, je suis sorti boire de la bière et manger quelques poignées de pop-corn avec Mike Boy. Mon blog ayant été lu, le sujet principal de la soirée fut le poupon à venir.
N'ayant pas le même rythme de vie et le même rapport avec la liberté que moi, Mike me disait que selon lui, avoir des enfants, c'était 1 000 fois plus gros que la mariage. Que c'était une fusion totale dans un couple.
J'ai l'impression que plusieurs personnes voient ça comme ça. Mais moi, sans le prendre à la légère, je ne vois rien de si gros ou de "pire" que le mariage dans le fait d'avoir un enfant.
Je me dis simplement que je vais me faire un ami.
N'ayant pas le même rythme de vie et le même rapport avec la liberté que moi, Mike me disait que selon lui, avoir des enfants, c'était 1 000 fois plus gros que la mariage. Que c'était une fusion totale dans un couple.
J'ai l'impression que plusieurs personnes voient ça comme ça. Mais moi, sans le prendre à la légère, je ne vois rien de si gros ou de "pire" que le mariage dans le fait d'avoir un enfant.
Je me dis simplement que je vais me faire un ami.
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