J'ai détesté mes années à l'Université Laval. C'est sans doute la période de ma vie pour laquelle j'éprouve le moins de nostalgie.
En septembre 1998, déguisé en mousquetaire, je me rendais à l'Université Laval pour mon initiation au baccalauréat en enseignement secondaire. Rendu sur place, je suis déconcerté en réalisant qu'il ne se passe rien à cette initiation là. Nous sommes tous réunis entre deux pavillons et nous glandons. Ça commence bien.
Malgré ces débuts peu prometteurs, je ferai vite la connaissance de plusieurs personnes, dès la première semaine de cours. La plupart des gens étaient bien sympathiques. Je me rappelle d'une soirée de party, dans la première semaine de cours, où je serai allé me présenter à la plupart des étudiants du bac. J'avais été surpris de constater à quel point tout le monde était gentil.
Si les étudiants étaient sympathiques, les cours m'écoeuraient tous plus les uns que les autres. Particulièrement les cours reliés au domaine de l'enseignement. Je me rappelle entre-autres d'un cours intitulé "L'adolescence" qui me répugnait au plus haut point (fait surprenant puisque j'aimais et avais de bonnes notes à mes cours de psychologie du cégep). Il n'y avait rien de trop compliqué dans ce cours, mais on disait entre autres qu'il fallait accepter les adolescents qui écoutent de la musique de marde comme du rap. J'avais bien beau comprendre qu'il fallait faire preuve d'ouverture d'esprit envers les jeunes, y'était pas question que je coche sur un questionnaire que le rap était une musique qui valait tous les autres styles de musique.
Je suivais également un cours de géographie intitulé "Carte du monde". Ce cours m'a toujours laissé perplexe car tout ce qu'on avait à y faire, c'était de mémoriser par coeur toutes les grandes villes et tous les fleuves de tous les pays du monde. En quoi est-ce que c'est nécessaire de passer par cinq années d'études secondaires et deux années d'études collégiales pour se retrouver à apprendre des lieux par coeur?
Je pourrais revenir sur chacun de mes 5 cours de cette session avec le même verdict. Je n'ai rien aimé.
Parallèlement à tout ça, moins d'un mois après le début de la session, je me suis mis à angoisser quant à mes chances de me trouver une job à temps plein en finissant mes études. À force d'écouter mes collègues étudiants et à réfléchir par moi-même, j'en suis venu à la conclusion que j'allais probablement terminer mes études et me retrouver sur appel pendant 8 ans. Huit années à manger du beurre de peanuts et à ne pas avoir de revenu fixe. Huit années à devoir être mentalement prêt à me faire appeler à 6 heures du matin pour un remplacement. Et ainsi de suite...
Ça fait que je me suis décidé à me réorienter immédiatement. À peine 2 ou 3 semaines après le début de la session, je me suis inscrit au cégep Limoilou, au cours de mathématiques 103. Mon plan était de terminer cette session au bac en enseignement en même temps que je faisais mes maths 103. Ensuite, à la session d'hiver, j'allais faire mes maths 105 et 203 en même temps que j'allais suivre deux cours du bac en administration aux études libres.
Tout s'est assez bien déroulé. J'ai eu de bonnes notes à mes cours de mathématiques et à mes cours d'administration. C'était suffisant pour que j'aie l'impression d'avoir fait un bon choix.
En septembre 1999, j'entrais officiellement au baccalauréat en administration des affaires. Je faisais partie de la première cohorte du programme Ulysse. Ce programme nécessitait l'achat d'un ordinateur portable au modique coût de 3000 ou 3500$. Je réalisai bien vite que l'ordinateur ne servait à rien du tout, à part pour ceux qui n'en avaient jamais possédé et qui allaient apprendre les diverses utilités de cet outil.
Parmi ces utilités, les principales exploitées par les étudiants ont été le "chat" sur ICQ et le download intensif de MP3 pendant les cours. Je me rappelle d'ailleurs principalement de mon ordinateur portatif pour ses performances exceptionnelles de download sur le réseau ultra-rapide de l'Université Laval.
Qu'est-ce que j'ai tant détesté du bac en administration? Tout. J'ai détesté la plupart des étudiants avec qui j'ai dû travailler au sein de travaux d'équipes. J'ai détesté la plupart de mes profs qui étaient soit hautains, distants ou mauvais vulgarisateurs. J'ai détesté avoir à m'acheter un ordinateur pour 3000$ sans qu'il ne serve vraiment. Si je me force, je suis capable de continuer comme ça encore longtemps. Je suis doué pour me conditionner à haïr des choses.
Je crois que les étudiants en administration de cette année là (et peut-être de toutes les autres années, qui sait?) étaient des gens limités. Je me rappelle avoir été consterné à plus d'une reprise par les raisonnements de mes collègues. Je relaterai un exemple qui m'a marqué plus que les autres: dans un cours de management, nous devions écrire un plan d'affaire pour la mise en marché d'un nouveau produit qui était une sorte de véhicule tout terrain s'apparentant à un 4-roues. Au moment de discuter du prix de vente du produit, un de mes coéquipiers a dit: "On pourrait le vendre... mettons... 3000$!". J'avais les jambes sciées. Le but du cours était de détailler la mise sur pied d'une entreprise et lui fixait en moins de 5 secondes le prix de vente de notre unique produit (sans considérer les coûts de production, les prix des compétiteurs, etc)...
J'ai eu d'assez bonnes notes tout au long du bac. J'ai eu quelques A+ et ma plus basse note a été de C au premier cours de finance (si je me rappelle bien, la moyenne du groupe a été d'environ 40% dans ce cours...)
En terminant mon baccalauréat, en juillet 2001, j'ai connu l'illumination. J'étais soudainement humble comme jamais. Je venais de terminer 15 ou 16 années de scolarité et je ne connaissais RIEN. Je ne savais rien faire de concret. J'avais oublié au moins la moitié de tout ce que j'avais appris à l'Université. Tout ce que j'avais appris à faire, c'était de m'organiser par moi-même pour bien travailler, respecter les échéanciers, être méthodique et rigoureux. Mais au-delà de ça, je ne me rappelais pas de grand chose.
jeudi 31 décembre 2009
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7 commentaires:
Je relis ton dernier paragraphe et j'ai le goût de brailler! Je me suis tapée avec brio 67 cours au Cégep dont une technique en Médecine nucléaire, j'ai fait 3 ans d'université et je ne sais combien de petits cours on-the-side de perfectionnement et je suis.......SECRÉTAIRE dans une direction!!!!!!!!!!!
"Tout ce que j'avais appris à faire, c'était de m'organiser par moi-même pour bien travailler, respecter les échéanciers, être méthodique et rigoureux"
Au moins tu as terminé tes études universitaires avec ces qualités... si tu savais le nombre d'étudiants qui ne terminent pas leur 3 années de baccalauréat avec ce bagage de base...
Et toi Isablabla... tu as fait un bac en quoi si ce n'est pas indiscret...
Ha ha ha! "Carte du monde", que de joyeux souvenirs!! Mon ex a commencé son bac en même temps que toi dans ce domaine aussi, je me souviens de son chialage contre tous ces trucs à apprendre par coeur!
Moi je suis d'avis qu'il nous reste toujours quelque chose d'un cours qu'on a aimé ou pas. On finit par s'en rendre compte plus tard.
C'est difficile pour un jeune de décider pour son avenir. Les orienteurs ne sont pas trop doués on dirait...
Pour Guy: Certificats: Gestion RH et adm. de serv.
3 ans d'université et 2 certificats... je ne veux pas tourner le couteau dans la plaie, mais en 3 ans, un baccalauréat de 90 crédits auraient été plus "payant" au niveau de la carrière que deux certificats...
Désolé...
Je viens tout juste de commencer un bac en administration (en janvier). Te lire me démoralise un peu mais on sait tous que la véritable expérience s'apprend sur le terrain et non à l'école. L'école c'est beaucoup plus pour la culture générale et le "papier"... Sans diplôme t'a pas de job et sans job t'a pas d'expérience.
Je vois l'école plutôt comme un chemin obligatoire à parcourir pour pouvoir enfin accèder au travail que je veux exercer que comme un endroit ou j'apprends mon métier...
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