mardi 31 janvier 2012

Bono est partout

Ça fait un méchant bout de temps que Bono m'énerve. En fait, je pense qu'il m'énerve depuis toujours. On a souvent débattu de ça, mon ami François et moi. Lui, il trouve que tous les artistes que j'aime (principalement Sting, Peter Gabriel et Bryan Adams) sont des prétentieux au même titre que Bono. Moi, je trouve que c'est pas pantoute comparable. Autant dans l'exposition médiatique que dans l'allure générale des artistes en question.

Sting a eu sa période Forêt Amazonienne à la fin des années 80 et il a partagé la scène avec Peter Gabriel et Bryan Adams dans le cadre d'une tournée d'amnistie internationale en 1986 (U2 était là aussi je crois). Mais à part ça, ils ont pas vraiment abusé des kodaks au cours des 20 ou 25 dernières années. En tout cas, certainement pas au même titre que Bono qu'on voit partout et tout le temps, avec ses lunettes fumées, son coat de cuir pis ses cheveux soit très gras, soit immergés d'une bouteille complète de DIPPITY DO.

En plus, faut dire que U2 dure depuis vraiment trop longtemps. Aucun groupe ne devrait exister plus de 15 ans. Passé cette durée, la sauce est étirée au maximum. Malheureusement, ils vendent encore des albums en masse. Ça invalide en bonne partie ma vision des choses.

Enfin, tout ça pour dire que je lis en parallèle deux livres. Le premier est sur Warren Buffett et ça s'appelle "L'effet boule de neige". Le deuxième est la biographie de Steve Jobs. Deux gros livres pesants qui font le tour de la vie de deux des Américains les plus importants des cent dernières années. C'est intéressant. C'est intéressant dans le sens que la vie de Warren Buffett est pas mal plate (c'est dramatiquement plate de passer l'essentiel de sa vie à s'isoler pour lire des rapports annuels) et que la vie de Steve Jobs a été remplie de puanteur corporelle, de consommation de drogues psychotropes et surtout, de ténacité et d'arrogance.

Eh ben contre toute attente, dans les deux livres, Bono est cité. Parce que Bono a gravité autour de ces deux personnages vers 2004. Semble t-il que l'ex-femme de Buffett était l'âme soeur de Bono (ça adonne tu ben que Bono trouve son âme soeur chez la conjointe de l'homme le plus riche du monde). Aussi, Bono a négocié avec Apple pour la création d'un Ipod dédié à U2 mais, au cours de la négociation, a joué la carte du "quand on était ados à Dublin, on s'était juré de jamais faire de pub" (en réaction au fait que Steve Jobs proposait une répartition des profits qui lui semblait injuste).

What the fuck? Comment peut-on sortir un argument comme ça dans le cadre d'une entente à but uniquement mercantile? D'autre part, je vois pas en quoi c'est plus indécent de faire de la pub que de charger 150 ou 200$ pour un billet de spectacle.

Bref, je suis même pas capable d'avoir la paix de Bono quand je m'asseois sur le trône pour lire une bonne biographie non-musicale.

jeudi 26 janvier 2012

Se servir de son pipi et de son caca comme diversion

Mon garçon est pas mal "rough". Il aime se chamailler de façon très virile pour un petit gars de 2 ans et 4 mois. Il retient définitivement pas ça de moi car je déteste me chamailler. Je trouve ça super agressant comme type d'activité pis ça finit souvent mal.

Mais enfin, comme j'aimerais mieux que mon fils devienne un agresseur plutôt qu'une victime, je participe occasionnellement à des séances de chamaillage ayant souvent lieu dans mon lit.

Faut toujours se surveiller et le surveiller. On peut recevoir un coup de tête dans la face ou ben il peut lui-même se sacrer, sans le vouloir, en bas du lit dans un excès d'enthousiasme et des aptitudes plus ou moins développées pour évaluer le danger.

Cette semaine, comme ça arrive assez souvent, il a frappé ma tête avec la sienne (sans faire exprès, mais quand même...). S'ensuivit alors cette fascinante discussion:

-Ayoye! Bobo... T'as donné un coup sur ma tête, j'ai un bobo.
(regard sous-entendant qu'il se ressaisit) Envie de pipi... Aller faire pipi papa".
-Bobo... j'ai un bobo sur ma tête...
-Aller faire pipi là-bas!
Et il débarque du lit pour s'en aller dans le salon ou la cuisine, esquivant ainsi d'éventuelles excuses.

Une règle appliquée avec fermeté, c'est qu'on ne crie pas dans la maison. Surtout après une journée de travail, ça me met en tabarnac d'entendre crier à table. Ça fait qu'habituellement, on donne 2 ou 3 chances et après, c'est en punition dans le lit.

-AAAAAAAAAAHHHHH!
-Bon ok, là ça va faire, tu t'en va dans ton lit!
-(braillage)
-On avait dit de pas crier ça fait que tu vas faire dodo dans ton lit!
(fermeture de la porte de sa chambre)
-(braillage) accompagné de ENVIE DE CACA! VEUX FAIRE CACA!

La vérité est que les vrais cacas surviennent habituellement derrière un divan du salon. On entend forcer et quand on s'informe de ce qui se passe, on se fait répondre un "Non papa, allaite (arrête)! Reste tranquille, vas dans cuisine!"

lundi 23 janvier 2012

Point de rupture

Juin 2006: Je fais la connaissance du nouveau chum de ma soeur et de son fils. J'ai pas vraiment de commentaire relatif au chum. Je suis indécis et/ou désintéressé. Pour ce qui est du fils, j'écrirai sur mon blog, après la soirée: "Pour son fils par contre, c'était dur de demeurer sans opinion. Ce dernier entre dans ma maison, commence a fouiller dans mes DVD après même pas 30 secondes, avant de jouer avec une étiquette de yogourt en faisant de très sonores bruits de navette spatiale dans la cuisine." Je me rappelle que c'était pas des bruits d'enfant normal, c'était super agressant. Histoire de poursuivre l'agression, pendant le souper de famille qui suivra, il pincera notamment les mamelons d'un de mes cousins et, parait-il, donnera des coups de tête à au moins une personne.

2006-2012: Les deux enfants ne sont pas éduqués de la même façon. D'un côté, le fils du chum est un enfant à problème qui doit prendre des médicaments et avec qui aucune ou peu de discipline n'est appliqué. Anecdote illustrant le tout: en visite chez mes parents, il prend plaisir à pitcher les pièces du jeu "Trouble" par terre sans arrêt un dimanche matin. Son père n'intervient pas même si c'est insupportable. Et de l'autre côté, on a un enfant un peu trop gâté mais sage et posé qui semble avoir tous les privilèges et les faveurs de la part de sa mère et ses grands-parents. C'est effectivement le cas, mais comment traiter sur un pied d'égalité deux enfants dont un a constamment besoin de discipline dans le genre "ramasse la chaise que tu viens de sacrer par terre en sortant de table"?

Été 2007: Ma soeur vient seule chez moi avec le cellulaire de son chum et me montre des textos osés échangés entre lui et son ex-blonde. Les échanges datent d'avant son début de relation, mais elle trouve ça spécial que ça ait été conservé et que le niveau de langage soit du type "jai envie ke tu me fourrent". Elle m'apprend également que son chum dévisage régulièrement les filles qui passent dans son champ de vision quand elle est en sa compagnie et qu'il a récemment voulu jouer une partie de strip-poker avec un couple d'amis. Il a notamment dit à la fille du couple qu'elle était belle, lui a donné un bec et mis la main sur sa cuisse ou peut-être un peu plus bas. Tout ça devant ma soeur. À quoi ça pouvait bien ressembler quand ma soeur était pas là? Je trippais pas sur son cas avant d'avoir droit à ces informations mais là, ça devient GAME OVER.

2008-2009: Son chum s'intègre un peu plus à notre famille et on se met à le trouver pas si pire malgré le fait qu'il soit du genre à caler sa bière en 5 minutes ou à déjeuner avec une cigarette. C'est pas vraiment un type sophistiqué. En fait, quelques années plus tard, je comprendrai que la meilleure façon de le qualifier est "mangeur de hot-dogs".

Été 2010: Achat d'une maison ensemble et début d'une cohabitation officielle avec leur progéniture respective, soit un fils chacun (bien qu'ils aient habité tous ensemble avec les deux garçons en garde partagée dans le condo de ma soeur depuis un an ou deux).

Été 2011: Ma soeur découvre que le fils de son chum (qui est maintenant un ado boutonneux en voie de devenir un bum) se branle en fréquentant des sites de pieds (dans le genre Youfeet ou Feettube). Internet est maintenant interdit dans la maison. Puis, pour je ne sais quelle raison, c'est rétabli mais l'ordinateur devra être consulté à la vue de tous, dans la cuisine. Un psychologue est rencontré et semble dire qu'il n'y a rien qui cloche ou rien de dangereux. Ce après quoi je me dirai qu'il n'y a rien de dangereux également à manger sa propre merde. Ma soeur apprend que le fils de son chum a demandé à son fils de lui mettre ses pieds dans la face. Les probables déviances sexuelles de son beau-fils l'inquiètent depuis déjà un bon moment puisqu'elle refuse de laisser les deux garçons jouer ensemble à l'écart. Quelques semaines plus tard, elle le surprend un après-midi à se branler à la table de cuisine en regardant des pieds sur Internet. Elle craque.

Janvier 2012: Les chicanes à propos des enfants, des privilèges d'un versus l'autre, finissent par atteindre leur paroxysme. Le chum de ma soeur change son état civil sur Facebook et devient son ex-chum. Considérant le fait que sa dernière action sur Facebook remonte à deux mois (sous-utilisateur) on peut déduire qu'une grosse chicane a eu lieu ou bedon qu'il s'est dit que d'officialiser le tout devant plein de monde allait faire en sorte qu'il n'allait plus pouvoir reculer cette fois-là.

Ça m'avait pris 10 minutes. Ça a pris presque 6 ans à ma soeur.

samedi 21 janvier 2012

Tunnels dans la neige

Une chose qu'on oublie en vieillissant, c'est à quel point c'est le fun de faire des tunnels dans la neige.

Le meilleur spot pour en faire, c'est toujours l'endroit où la souffleuse garroche la neige, parce que c'est le plus gros monticule sur un terrain. Si on s'arrange pour grossir le tas au maximum en période où la température s'approche de zéro degré Kelvin, ça gèle pis ça devient une super structure solide sans grande possibilité d'effondrement.

Bref, aujourd'hui, je suis sorti dehors avec mon rejeton en me disant que la construction de tunnels/igloo serait une super belle activité père-fils. Je trippais comme un malade avec mes deux pelles adaptées aux petits et gros trous. Ça fait que j'ai creusé, encore et toujours plus loin. Pas facile pour un gars de 6'3 de creuser un tunnel assez large et assez long pour s'abriter en entier.

Puis, mon gars s'est mis à brailler. Était-il en train de geler sur place ou trouvait-il cela simplement plate à mort de pas pouvoir participer aux travaux?

En rentrant, j'ai regardé la température sur Météomedia: -17 degrés celcius. Ouin, deux ans et quatre mois, c'est probablement pas le meilleur âge pour rester une heure dehors à regarder son père faire des trous...

Malgré tout, quand j'ai défoncé le mur qui séparait les deux tunnels, on a vécu un grand moment de bonheur.

mercredi 18 janvier 2012

Se comparer aux meilleurs

Aujourd'hui, j'ai réalisé que, dans moins de 4 mois, j'aurai l'âge auquel Jésus est mort.

Ça m'a fait prendre conscience que ça allait prendre un méchant revirement de situation pour que je laisse ma trace de manière comparable.

lundi 16 janvier 2012

Opération au laser

SAVEZ-VOUS CE QU'ON FAIT AVEC LA PETITE PEAU DU PÉNIS DES GENS CIRCONCIS?

ON FAIT DE LA GOMME POUR LES TAPETTES!

Cette excellente plaisanterie racontée par mon ami Christian, il y a de cela 15 ou 20 ans, me revient à l'esprit en cette journée où j'ai pris la décision de me faire enlever un petit bout d'oeil.

J'ai appelé aujourd'hui pour un rendez-vous visant à faire disparaitre la myopie faisant partie de ma vie depuis au moins le secondaire 3. L'opération devrait avoir lieu dans un peu plus d'un mois, soit le 24 février. Je sais pas trop quelle joke je pourrais inventer avec des restants de cornée. Faut que je pense à ça pour conter à mon chirurgien et ainsi égayer sa journée.

Dans le but de faire un choix éclairé, au cours des deux dernières semaines, je suis allé passer des examens afin d'obtenir une soumission chez deux entreprises oeuvrant dans le domaine du découpage de cornée.

Lasik MD: Tarification: 490$ par oeil. La séance dure environ 3 heures. Les petites madames sont cutes et vendeuses. À la fin, on essaie de nous passer des garanties prolongées comme chez Future Shop (retouches pendant 1, 2, 3, 4 ou 5 ans). La succession d'examens de la vue pourrait clairement prendre moins de temps et être réalisée par seulement une personne au lieu de trois, mais j'imagine qu'on procède ainsi pour avoir l'air plus spécialisé à chaque étape. Et aussi pour prendre un maximum de temps afin que les clients se disent "avec le temps que ça vient de me prendre, j'irai pas comparer ailleurs...". C'est pourtant ce que j'ai fait vu que j'aime mes yeux et que je veux le meilleur pour eux.

Laser Visuel de Québec: Je suis allé là principalement parce que chez Lasik MD, on m'a parlé de halos possibles découlant de l'opération et je me suis mis à freaker en me disant que je ne serais peut-être plus opérationnel en situation de vie nocturne. Dans le fond, je suis pas mal certain de déjà voir des halos, mais l'affaire est que l'opération est permanente et pourrait faire de ma vie un enfer si chaque lumière d'auto ou lampadaire se met à me paraitre comme étant le soleil ou pire, une supernova. Maman m'a parlé de cette clinique et j'y ai donc pris rendez-vous. Tarification: 1790$ par oeil (l'autre type de chirurgie proposé était de l'ordre de plus de 2000$ par oeil). La salle d'attente est plus cheap. Le mobilier a l'air d'être issu des années 80, y'a pas de biscuits dans un pot, ni de pommes, ni de café ou thé à volonté comme c'était le cas chez Lasik MD. Les madames sont ben fines mais nettement moins cutes et donnent moins d'explication. La séance dure un peu moins d'une heure. On semble jouer beaucoup sur la réputation du médecin de la place qui est, semble t-il, un pionnier en Amérique. C'est ben beau, mais me semble que c'est la machine qui fait toute la job, ou presque. Pis j'aurais de la misère à croire que les machines de chez Lasik MD rendent les gens aveugles une fois sur deux alors que celles de Laser Visuel marchent dans 100% des cas.

Bref, je comprends pas pantoute la différence de prix presque quatre fois supérieure chez Laser Visuel de Québec. Évidemment, dans la vie, on est toujours tenté de se dire que ce qui coûte pas cher ne vaut pas cher. C'est probablement vrai dans certains cas, mais ne l'oublions pas, certains consultants de la fonction publique empochent 600$ par jour sans savoir calculer de règle de trois.

J'offre donc ma cornée au plus bas soumissionnaire.

dimanche 15 janvier 2012

-30 degrés au soleil

Pour encore au moins un mois, on est dans la période des grands froids. Hier et aujourd'hui, pendant la nuit, la température baisse jusqu'à -30 ou -35 degrés, avec le facteur vent. En journée, c'est pas beaucoup mieux. La température tourne autour de -20 degrés sans le facteur vent alors j'imagine que c'est à peine mieux que la nuit. Ceux qui sortent dehors avec leur bébé sont des étourdis, ceux qui font une marche de plaisance ont une drôle de définition de la plaisance et ceux qui font une crevaison sur le bord de la route sont badluckés en tabarouette. En fait, ils sont quasiment plus badluckés s'ils prennent les choses en main que s'ils attendent l'arrivée d'une aide quelconque.

La période de l'année que j'aime le moins, c'est soit novembre, soit janvier-février. Mais depuis que je chauffe mon poêle à bois, l'hiver est presque rendu agréable. À chaque soir, en revenant du boulot, je vis dans l'attente de faire mon prochain feu. Mon objectif est de monter la température à 30 degrés dans le sous-sol. Quand j'atteins mon objectif, je trouve que j'ai réalisé quelque chose. Les planchers d'en haut deviennent chaud pis on en oublie qu'il fait 50 ou 60 degrés de moins dehors. Dans le fond, quand on est au chaud, l'hiver, c'est pas si pire.

Et c'est ainsi que se déroule ma saison froide, d'un feu de poêle à l'autre, en attendant le mois de mars.